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Full text of "Revue des études juives 1922"

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REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 






REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 

PUBLICATION TRIMESTRIELLE 
DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



TOME SOIXANTE-QUATORZIÈME 






PARIS 
A LA LIBRAIRIE DURLACHER 

142, RUE DU FAUBOURG-SALNT-DENIS 

1922 



101 



LA PARTICULE EMPHATIQUE «LA» 

DANS LA. BIBLE 



§ I. — La langue arabe possède, comme on sait, un adverbe 
d'affirmation consistant dans la particule la, qui peut se préfixer 
soit aux verbes, soit aux noms. Souvent elle ne se traduit pas, mais 
elle a généralement le sens de « certes, certainement ». Elle sert 
donc à renforcer V affirmation. Devant un indicatif, au parfait ou 
à l'imparfait, ce dernier alors nettement avec un sens de futur et 
souvent avec nùn énergique, elle indique ainsi simplement la 
certitude ou Y assurance, par exemple : 

lafa'altuhu, certes, je Lai fait; 
la'alhaqtuhu, certes, je l'ai, atteint; 
la' adribannaka, certes, je te battrai ; 
la'ulzimannaka, certes, je t'obligerai. 

En commençant le second membre d'une phrase conditionnelle, 
elle affirme plus énergiquement sa dépendance de la protase, par 
ex. : law kâna hâka'dd laqulnâ, s'il en était ainsi, nous l'aurions 
bien dit; ou bien law 'akramtanî la ' akramtuka, si tu m'avais 
honoré, je t'aurais honoré également. 

En ce qui concerne les noms, cette particule est préfixée sur- 
tout aux prédicats de Hnna pour mieux les rattacher au sujet, 
par ex. : y innahu lakarîmun, certes, il est généreux; 'inna 
zaydan la'âqilun, certes, Zeid est sage. 

Il est donc naturel que le même la emphatique s'emploie aussi 
dans les serments, ceux-ci ne venant que pour rassurer, par ex. : 
la'amruka, sur ta vie ! 

T. LXX1V, x° 147. 1 



2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

§ II. — Cette particule de renforcement, si connue en arabe, a 
été signalée pour la première fois en hébreu par Haupt, qui en a 
trouvé dans la Bible une dizaine d'exemples 1 , auxquels Casa- 
nowicz 2 et Smith 3 sont venus ajouter quelques autres. Pourtant 
une partie de ces exemples n'ont pas nécessairement la nuance 
de sens indiquée plus haut pour la particule arabe, ainsi Gen., 
ix, 10, xxm, 10; Ex., xxvn, 3, 19; Jos., xvn, 46; Ezéch., xliv, 9; 
Ezr., i, 11. Très nets, au contraire, sont d'autres exemples : 
Eccl., ix, 4; II Chr., vu, 21; Ps., lxxxix, 19; Ex., vin, 22; 
I Sam., xiv, 30, xx, 9. 

§ III. — Or, le présent travail a précisément pour but de mon- 
trer que la particule en question est plus fréquente dans la Bible 
qu'il ne parait à première vue et de faire ressortir l'importance 
exégétique qu'elle pourrait avoir parfois pour dévoiler le sens de 
tel verset obscur qui attend encore une interprétation satisfai- 
sante. Sans prétendre que tous les exemples que je vais citer ne 
laissent plus aucune place au doute, il me semble pourtant que 
presque tous ont pour eux une grande probabilité et que c'est par 
le la emphatique, ou « lamed de renforcement », qu'ils peuvent 
recevoir leur interprétation la plus adéquate et naturelle. 

§ IV. — En effet, très souvent, nous nous heurtons, dans la 
Bible, à des b ou à des ab dans des versets où l'on ne s'attendait 
pas le moins du monde à la préposition jconnue, à Xinfinitif 
construit ou à la négation, qui, grâce à l'apparence trompeuse, 
finissent pourtant — bon gré mal gré — par s'imposer à l'esprit 
des exégètes aux abois. Or, nous allons voir que, dans beaucoup 
de cas au moins, ces textes s'expliquent très naturellement par le 
lamed de renforcement, que les Massorètes, en en méconnaissant 
le vrai caractère, ont confondu — cela va sans dire — avec le 
b de l'infinitif construit ou avec l'adverbe négatif «b. Mais voyons 
la Bible morne : 

1. Prov., xx, 16 : -iî -y\v -o "naa n^b. Ce rrç?b est bien décon- 
certant, puisque, le verbe étant faible par la première radicale, 
nous rencontrons partout ailleurs l'impératif rrp_, sans lamed. 

1. Amer. Journ. of Sem. Lan g., t. XXII, p. 201, et Orient. Litter.-Zeitung, t. X, 
c. 305-309 (Scriptio plena des empliat. la). 

2. Journ. of Ain. Orient. Soc, XVI, p. clxvi-clxxi. 

3. Journ. of Bibl. Liler., 24, 30. 



LA PARTICULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 3 

D'autant plus que, plus loin, chap. xxvn, 13, nous retrouvons le 
même proverbe avec la forme usuelle ri£. Le lamed de n^b n'est 
donc sûrement pas radical; il équivaut simplement au la empha- 
tique et sert à donner plus d'énergie ici à l'impératif : np_b =n£+b. 
Il faut traduire : « Prends donc son habit, quand il aura cau- 
tionné un étranger ». 

2. Ce caractère de forte affirmation apparaît également dans 
Prov., xix, 8 : arj-tf^ttb natan -wto , i^D3 artk ab ïtip. Les 
doux hémistiches étant parallèles de sens et de construction, 
mîrfittfcfcb correspond à "iuîd^ an» ; tfitttb ne peut donc être consi- 
déré ici comme infinitif. Ce serait toujours le « lamed de renfor- 
cement » et il faudrait probablement ponctuer fcntfeb, parallèle- 
ment à ariN. Nous traduisons donc : « Celui qui acquiert du sens 
aime son âme, celui qui conserve la prudence trouve 1 certaine- 
ment le bien ». 

3. 11 en est de même Prov., xvn, 24 : ib nmnb b"<oa tVp 
bas "on rmw «bn. La Vulgate, induite en erreur par ce lamed 2 de 
rmnb qu'elle a pris pour la particule ordinaire signifiant à, pour, 
en, a traduit faussement tout le premier hémistiche : Natus est 
(= nV») stuttus in ignominiam saa??i (le sot est né pour son 
déshonneur). Cela n'est guère parallèle au second hémistiche. En 
réalité, "ib ïiainb veut dire ici mot à mot : certes, affliction à lui 
= il aura certainement de l'affliction. Nous traduisons donc tout 
le verset : « Celui qui engendre un insensé (en) aura certainement 
de l'affliction, et le père d'un fou ne se réjouira point. » 

4. Prov., vi, 30 : a?-p -o iidcs abttb aw ^a awb ina-» ab, 
a été compris généralement comme une seule phrase dont la pro- 
position principale serait asab ina* 1 tfb, tout le reste constituant la 
proposition subordonnée. Cette dernière, selon la Septante et la 
Vulgate, viendrait motiver; elle commence donc par ^3 qui signi- 
fierait ici car, parce que. Pour d'autres, c'est une proposition 
conditionnelle, et ce ^a voudrait dire si. Osterwald, par exemple, 
traduit : « On ne traitera pas ignominieusement un larron, s'il ne 

1. On pourrait être tenté également de traduire ici trouvera, au futur, en consi- 
dérant NiI7ûb comme un imparfait talmudique (voir plus loin). 

2. La suggestion de Kittel qui voudrait effacer le lamed de rtinnb (= ïmn), 
comme dittographie de celui de b^DD, ne s'impose pas : non seulement la Vulgate, 
mais déjà la version syriaque rend cette lettre, tmnb = Nnnnab. 



4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dérobe que pour se rassasier quand il a faim ». Toutes ces tra- 
ductions ne font évidemment aucun cas du parallelismus mem- 
brorum. Sans compter la lourdeur exceptionnelle de cette propo- 
sition subordonnée avec deux rp. Or, la chose changera bien, une 
fois que nous aurons reconnu dans Nbttb le « lamed de renforce- 
ment » : le parallélisme est parfait et la lourdeur disparaît. Nous 
obtenons alors deux petites propositions principales qu'il faudra 
traduire : « On ne méprisera pas le larron quand il dérobe : 
certes, il rassasie (= il ne fait que rassasier) son âme quand il a 
faim ». 

Le second hémistiche commence donc par Nb^b, qu'il aurait 
certainement fallu vocaliser Nb?pb , au parfait; la vocalisation reçue 
vient de Y analogie avec Y infinitif construit, qui s'imposait ici 
nécessairement 1 à l'esprit des Massorètes, ceux-ci ignorant la 
particule emphatique en question. 

5. Dans Prov., xxv, 3 : npn pa trsbtt abi pftso "pai tnnb dtbiû, 
le lamed de û"hb et de pw^b a également gêné les exégètes. La 
plupart lui donnent le. sens de relativement' 1 à, et considèrent 
^ipn pN comme prédicat commun aux trois sujets 'ib:n...'pN'i...û^uJ. 
Osterwald, rendant ce lamed par à cause de, tourne cette phrase 
ainsi : « Il n'y a pas de moyen de sonder ni les cieux à cause de 
(leur) -hauteur, ni la terre à cause de (sa) profondeur, ni le cœur 
des rois ». La Vulgate, sauf qu'elle traduit trrh « en hauteur » et 
p^yb « vers en bas » ou « en profondeur », semble également 
considérer npn •p» « insondable » comme prédicat 3 de chacun 
des trois sujets : Ccelum sursum, et terra deorsum, et cor regnm 
inscrutabile. Toutes ces traductions, faisant de notre verset une 
seule proposition, méconnaissent également la vraie structure 
des Proverbes qui, comme la poésie biblique en général, a tou- 
jours plus ou moins de parallélisme, synonymique ou antithé- 
tique. En effet, reconnaissant ici le lamed de renforcement et 
corrigeant légèrement tmb en n^nb et pttfb en nptt^b, nous 
obtenons trois propositions juxtaposées dont chacune a son sujet 

1. Il serait tout à fait inutile et peu vraisemblable de considérer ici tfb?3 comme 
un exemple archaïque ou araméen du parfait de la conjugaison intensive btpp- 

2. Voir, par ex., Wildeboer : Die Spruche, p. 73, éd. K. Marti. 

3. Cela n'empêcherait pas le prédicat inscrutabile de s'accorder en genre (neutre) 
seulement avec son dernier sujet cor. Mais si nous voulons sous-entendre le verbe 
auxiliaire est après chacun des trois sujets, nous obtiendrons à peu près le même 
sens que celui qui est donné par la Septante, notre verset étant alors composé de trois 
propositions juxtaposées (voir plus loin). 



LÀ PAHT1CULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 5 

avec prédicat ou verbe-prédicat et dont les deux premières, plus 
petites, constituent le premier membre du parallélisme. Lisons 
donc : npn ^n D^ab» abi .ï"ïpra?b ynen iWjb D^aia, et traduisons : 
« Certes, les cieux 50/?/ élevés, et certes la terre est profonde, et 
le cœur des rois est insondable ». En réalité, c'est ainsi que l'a 
bien entendu la Septante : oùpavoç u<J/t,à6ç, y^ & £ paôeïa, xapSi'a 8s 
px7-.À£(o; otveieXeYXToç. Très probablement aussi c'est là le vrai sens 
de la Vnlgate '. 

6. Beaucoup plus embarrassant est le verset Prov., xxi, 12 : 
anb dvib-i C|bott ,*un mab p^ix b^ara. Il n'y a presque pas 
deux exégètes ou traducteurs qui donnent à ce verset le même 
sens. La Septante dit: « Le juste comprend les cœurs des méchants 
(DTWi mab) et il méprise (<pauX{Çet) les méchants dans les mau- 
vaises actions (ou dans le mal, lv xaxoïç). » Or, nous ne trouvons 
nulle part t^bo dans le sens de mépriser ou déprécier. De même, 
jnb avec lamed signifierait bien difficilement « dans le mal » ou 
« dans la misère ». La Vulgate, lisant *nn D"Wi tpob, attribue 
à notre proverbe une tout autre idée : « Le juste songe sérieuse- 
ment à la maison du méchant pour tirer (ut detrahat) les méchants 
du mal». Ni accord avec notre texte massorétique, ni parallélisme. 

Les mêmes défauts caractérisent la traduction d'Osterwald : 
« Le juste considère prudemment la maison du méchant, lorsque 
les méchants sont renversés dans la misère ». D'autres font 
exprimer au verset le succès qui couronnerait le juste, ou Dieu 
même (Rachi, Wildeboer), dans sa lutte contre les méchants, à peu 
près ainsi 2 : « Le juste Yemporte sur la maison du méchant, il 
renverse les méchants dans la misère. » Et c'est ainsi qu'on a fini 
par considérer anb qbo comme une expression toute faite, un 
idiotisme hébreu, avec la signification de « renverser dans la 
misère » ou « culbuter dans la ruine » 3 . 

Or, toutes les traductions ci-dessus mentionnées de S]bç, ainsi 
que la prétendue expression anb C|bo, sont de pures fictions. En 
effet, le sens propre de r]bp dans la Bible est détourner, pervertir, 
avec le complément ^n-n, chemin (Prov., xix, 3) ou nsan (Prov., 
xiii, 6), ce dernier ne signifiant point alors péché, comme on a 

1 . Voir la remarque précédente. 

2. Comp. Targum : Hroion rsabom Buwvi ïrmaa KpTat banoTa 
K t\ « ■» a a . 

3. Voir lbn-Ezra, Commentaire, et aussi Gesenius, liandw., yVD C|bo — *"s 
Yerderben slurzen. 



6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

coutume de traduire, mais bien la marche, le pas ' (= ar. 
hatwatun). Dans un sens plus nettement figuré, t|bo signifie 
fausser, c'est-à-dire écarter, détourner de la droiture ou de la 
vérité. Il peut alors avoir comme complément "nn^, les paroles 
(Prov., xxii, 12; Ex., xxm, 8; Deut., xvi, 19) ou bien un nom de 
personne. Dans ce dernier cas, E|bo peut avoir le sens de : induire 
en erreur, faire pécher, comme dans notre proverbe. Car rrbott 
D'Wi veut dire simplement celui qui induit en erreur (ou au 
péché) les injustes, par antithèse avec :nzn rrab b^DiD» celui qui 
instruit la maison de linjuste 2 (= les injustes). Quant à snb, 
ce n'est point autre chose que le prédicat de d^tzn E|bo» avec 
le « lamed de renforcement » (comp. plus haut IcCàqilun, 
lakarîmun) pour mieux faire ressortir l'antithèse avec p^iir du 
premier hémistiche. Notre proverbe (xxi, 12) signifie donc : « Le 
juste instruit la maison de l'injuste, celui qui induit en erreur 
les injustes est certainement un méchant. » Le verset vient 
donc faire l'éloge de celui qui tâcherait d'indiquer aux D"Wi la 
bonne voie et blâmer celui qui les pousserait au péché 3 . Il 

1. On obtient ainsi, Prov., xm, 6, un excellent parallélisme antithétique. Comparez, 
plus loin, avec Job, xiv, 16. Voir aussi le verbe ^Ntûnn" 1 (Job, xli, 17), passer, 
dépasser, s'éloigner ; comp. avec le verbe arabe hatâ [htw), faire un pas, marcher, 
surtout l'orme v et aussi i passif (hutiya l anhu 'ssû'u ! Puisse le mal s'éloigner 
de lui, être loin de lui !). 

2. Voir Ibn-Ezra, Comment. Prov., xxi, 12 : y\D"l JTPdb bdiïî *T73?73. 

3. La traduction, à notre avis erronée, de y~ib Cpd, renverser dans la misère, 
culbuter dans la ruine, suivie ici par la version syriaque et par le Targum, me 
semble bien due à l'influence de la Septante, qui, dans un autre passage (Job, xn, 19), 
rend Clbo" 1 par xaxÉaTps^sv, vulg. : supplantât = renverser. Or, même pour ce 
dernier verset ^bo" 1 d^rPNT bbltfî d^nb ^" l bl73), l'interprétation de la Sep- 
tante n'a rien qui s'impose nécessairement. En effet, l'expression bb"H2 *pb"ir;, 
d'après la tradition juive qui a prévalu jusque dans l'usage de l'hébreu moderne, 
signifie tromper, induire en erreur, rendre fou; Saadia est le seul qui, comme la 
Septante, traduit ici conduire comme prisonnier de guerre. Mais déjà la Vulgate, 
qui, dans ce dernier verset, a suivi la Septante, rend la même expression dans 
Job, xn, 17 : « adducit in stullum finem ». C'est, d'ailleurs, le sens donné par la 
version syriaque dans les deux versets en question de Job. Le parallélisme même 
avec bbirp, dans Job, xn, 17 (bbim d^asidl bblTO d^^T» ^" , bl73), établit 
assez clairement la synonymie des deux expressions dans le sens ^'enlever la raison, 
sans compter qu'il s'y agit de personnages qui doivent leur rang précisément à leur 
intelligence (d*L32tfî, d ,, ii:3'T , ). Or, le verset mentionné plus haut (Job, xn, 19) n'est 
évidemment qu'une variante de ce dernier, avec bbïttï *rbl72 comme expression 
commune et des synonymes comme noms de personnages (d^rPN, d*3nb). 
t)bd"S parallèle ici à bbvùî *pbltt, en est simplement le synonyme, de même que 
bbirp plus haut; il signilie détourner de la raison, faire commettre des erreurs, etc. 
C'est ainsi que l'ont justement compris des commentateurs juifs comme Gersonide 
(y'Dbn) et m rmi£?3. Il faudra donc traduire Job, xn, 19 : « Il frappe d'insanité 

es prêtres (ou les princes) et enlève la raison aux puissants. » 



LA PARTICULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 7 

équivaut à l'antithèse suivante : « Celui qui instruit les a^tzn 
est un juste, mais celui qui les induit en erreur est un méchant. » 
Le b de mab marque l'accusatif. Pour finir, ajoutons qu'il faudrait 
peut-être lire sra*) ma au lieu de y\a"i ma, à l'instar de "nw ma 
(Ezéch., ii, 6), race rebelle = des rebelles. 

7. Job, xiv, 16 : ^nsan-b* n^ran-Kb ,"©on "»njœ j-puro, a éga- 
lement donné lieu à maintes interprétations différentes, à des 
corrections même. Certains voudraient, d'après la Septante, rem- 
placer n»ujn par na*n, passer outre, pardonner, ce qui — on le 
verra plus loin — est inutile pour le sens même de la phrase. La 
Vulgate change le ton du deuxième hémisliche en supplication, 
comme s'il y avait -ittiarnbN, et traduit : Parce peccatis meis. La 
Version syriaque a ajouté un ab également devant T-Dn («572n «b). 
Quant aux interprétations les plus répandues de ce verset, citons 
en quelques exemples pour montrer comme elles sont différentes, 
parfois même contraires. Ainsi la traduction française Zadoc Kahn 
dit : « Au lieu de compter comme à présent chacun de mes pas, tu 
cesserais de surveiller mes fautes. » Mais la nouvelle traduction 
anglaise, éditée à Philadelphia en 1917 par la Jewish Publication 
Society of America, rend notre texte tout autrement : « But now 
Thou numberest my steps, Thou dost not even ivait for my sin. » 
Cette dernière traduction, tout en tâchant d'être très fidèle au 
texte, met cependant trop de finesse dans l'interprétation de 
i73tt5P"«b. Ehrlich i a cru se tirer de la difficulté en considérant ici 
")DOn ^vs comme un acte d'amour de la part de Dieu, semblable à 
celui des parents surveillant les pas de leurs enfants qui apprennent 
à marcher : Dieu compterait avec amour les pas de Job et ri épie- 
rait point ses fautes. C'est à peu près aussi le sens donné au 
verset par Budde 2 . 

En somme, toutes ces difficultés d'interprétation ont été soule- 
vées surtout par la particule ab du deuxième hémistiche, qui sem- 
blerait ainsi être en contradiction avec le premier. Or, elles dispa- 
raissent complètement dès que nous considérons ce ab comme 
particule emphatique. "rôian-Nb (pour nfaçnb) signifierait ici : 
certes tu surveilles. D'ailleurs, il me semble bien certain qu'ici 
également 3 , comme dans Prov., xm, 6, n^un a simplement le 
sens de hatwatun, « pas, marche », comme synonyme de iix. 

1 . Randglossen zur hebr. Bibel, Band, II, VI (Hiob), p. 238. 

2. Budde : Das Buch Hiob, p. 73-4. 

3. Voir plus haut, p. 24, n. 1. 



8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Nous obtenons ainsi un parallélisme pariait, corroboré d'ail- 
leurs par la comparaison avec Job, xxxi, 4, où Wi correspond 
à notre "inNan '. Nous devrions donc traduire notre verset : 
« Car maintenant tu comptes mes pas 2 , certes tu surveilles ma 
marche. » 

8. Pour Job, vin, 12 : un 1 " -psn bs -osbi tpy* ab ia«a irt , 
presque tous les traducteurs et exégètes anciens et modernes sont 
unanimes à considérer q-jp*» ab comme une « proposition circons- 
tancielle » 3 avec le sens de «alors qu'il ne peut être coupé »\ 
c'est-à-dire non mûr pour être cueilli, ou bien de « and not eut 
down » 5 . De cette façon, il n'y aurait point de parallélisme ici, 
contrairement à ce qui se passe dans les versets précédents et sui- 
vants. Aussi Hoffmann propose-t-il de supprimer t*b 6 . 

Or, ce qui semble évident de prime abord à l'œil non prévenu 
par des interprétations toutes faites, c'est que vp^ ab doit corres- 
pondre ici à W2^ de l'hémistiche suivant et avoir un sens ana- 
logue. Si nous considérons ab comme particule emphatique, 
tpp serait ici un synonyme de un" 1 , ce qu'il n'est pas d'ordinaire 
quand il a simplement le sens du même verbe en arabe : Qatafa, 
cueillir. Mais ici, on serait bien tenté de voir un verbe de la 
même famille, correspondant à l'arabe Qasifa, qui, en parlant 
d'une plante, veut dire (surtout à la forme IV) : être mince, faible 
et chétif au point de ne pouvoir se tenir droit ; cette racine con- 
tient aussi l'idée de fragilité. Si cette différence phonétique de 
a à s, tpp — qsf, nous déconcerte, il ne serait pas sans intérêt 
de constater qu'en syriaque également la racine tpp avec ca, 
en dehors de la signification habituelle qui lui est commune avec 
l'hébreu et l'arabe (cueillir), partage dans une certaine mesure 
l'acception du verbe Ejssp avec £ : tpp, en effet, contient aussi 
l'idée de « fatigue, affliction, misère, accablement, tourment, 

1. Pour l'idée générale, comparer aussi Prov., v, 21. 

2. Quant à savoir si notre verset décrit la triste réalité ou bien un état de choses 
idéal, rêvé par Job, ce qui fixerait le temps (présent, conditionnel ou futur) pour la 
traduction exacte des deux verbes, cette question exégétique reste ici ouverte, n'inté- 
ressant pas directement le but visé par le présent travail. 

3. Voir Ehrlich, Randylossen, B. VI, p. 216. 

4. La Bible, trad. Zadoc Kabn, t. II, p. 405. 

5. M. Jastrow dans la nouvelle traduction anglaise de la Jevvisli Publ. Society, 
Philadelpbia, 1917. 

6. J. Georg Hoffmann : lliob, p. 47, Kiel, éd. Haeseler, 1891. 11 corrige 1 b -QN2 , 
dat. ethic. 



LA PARTICULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 9 

ennui, molestation, etc. ». Le sens du verbe arabe ' ci-dessus men- 
tionné étant tout voisin de celui des verbes hébreux bttp, bbtt, bns, 
qui servent à décrire des plantes qui languissent et se fanent, 
t\up^ Nb pour RjBp^b) signifiera : certes, il se flétrit (ou il devient 
chêtif). Nous traduirons donc notre verset : spp^b ia«à wb a . 
« A peine monté en tige, certes il se flétrit (ou déjà il devient 
ckétif),m* T2tn bs ■rçabn, et il devient sec avant toute autre herbe. » 
Le parallélisme obtient ainsi la satisfaction à laquelle il a droit. 

9. Job, xxiii. 17 : beâ non ■'SBfcl ^tah ^stt *n»£3 sb vd a 
donné lieu à des interprétations plus divergentes encore. Ici 
également on a été gêné surtout parla particule soi-disant néga- 
tive, à laquelle on ne s'attendait guère. Aussi des commentateurs 
éminents, comme Bickel et Budde par exemple, croient-ils devoir 
supprimer ab comme interpolation tardive. Or, ils ont bien raison 
pour ce qui concerne le sens général de la proposition, qui n'est 
pas négatif; mais il n'est point nécessaire d'effacer ce ab qui 
n'est ici qu'une écriture pleine (Tttssrfctb = ^rrçjîMb) de la particule 
emphatique la « certes ». On traduira donc notre verset : "O 
ysn ^D7: T»S5«b « car certes je suis anéanti par l'obscurité », 
bsN hdd ^5s(to)i « et les ténèbres couvrent ma face ». Ce dernier e 
paraît bien s'être glissé ici sous l'influence de ">3SM du premier 
hémistiche. 

10. Pour Job, xi, 11 : 'pmm abi iia-an-n vcxnm Tn finira, 
une des interprétations les plus répandues est celle de la Vnlgate 
qui considère l'expression pinm abi comme une question. Elle 
traduit donc le deuxième hémistiche : et videns iniquitatem nonne 
considérât? D'autres, n'osant toujours pas toucher au texte, 
rendent cet hémistiche ainsi : « Il remarque l'iniquité sans même 
y regarder de près 3 . » La traduction de Renan, presque identique 
pour le fond à celle de Saadia \ semble séduisante : 

« Il sait reconnaître les malfaiteurs, 

Il découvre le crime où on ne le soupçonne pas 5 . » 

1. Une trace nette de cette racine en hébreu est le substantif, isolé dans la Bible, 
ns^p (Joël, i, 7), désignant les parties flétries, desséchées et brisées du feuillage des 
arbres fruitiers (figuiers) après les ravages de la sauterelle. Pour ce mot, voyez 
Yahuda, J. Q. R., XV, 707. 

2. Comp. cet hémistiche avec Job, xiv, 2 : b73"n N^ ^SSD. 

3. Trad. Zadoc Kahn ; comp. Budde. 

4. Saadia : Version arabe du livre de Job, Paris, éd. Leroux, 1899. 

5. Idem : 'pEinsE T»H ?abl bïlN 1T1 = « et voit les gens iniques qui ne 
sont pas soupçonnés » (trad. Derenbourg, item). 



10 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Malheureusement, elle est extrêmement douteuse. Aussi Ehrlich 
et d'autres croient-ils devoir supprimer «bv Ajoutons, à ce propos, 
que la version syriaque ne rend pas non plus la négation ici; 
elle traduit IMarv sbn par pann vn. Elle a bien raison, ce Nb 
aussi n'étant que la particule emphatique. Il faudra donc traduire 
notre deuxième hémistiche : « Il remarque l'iniquité, et certes, il 
y regarde de près. » 

il. Job, xxxin, 14 : rrmup ab trniûai ba— dt rnwsa >a n'a 
encore reçu aucune explication satisfaisante. Non seulement les 
modernes sont bien loin de s'accorder sur le sens de ce verset, 
mais déjà les versions de l'antiquité diffèrent La Septante n'a pas 
rendu du tout ïwrar tfb, donnant un sens positif à tout le verset. 
Elle aurait donc bien compris le sens général de tout ce passage, 
où Elihou tient à persuader à Job que Dieu avertit l'homme plus 
d'une fois (trois fois même, vers 29) avant de le condamner défi- 
nitivement. 

La Vulgate donne un sens tout contraire, en traduisant trnum 
nniuî- 1 ab : et secundo id ipsum non repetit. D'après elle donc 
« Dieu parle une fois et ne répète pas une deuxième fois la même 
chose ». C'est ainsi, à peu près, que l'a entendu également la 
Peshita 1 , en rendant nmia^ ab par ejoTO «b. Et justement, en se 
fondant sur ces deux versions, certains exégètes n'hésitent pas à 
lire sw ab ou bien nm^ «b, ce qui est contraire au sens général 
indiqué plus haut (tant que ab est considéré comme particule 
négative). 

La plupart des modernes qui conservent ici le texte massoré- 
tique croient y trouver le verbe bien connu *vhd, regarder, remar- 
quer. Ils font ainsi de m-nur 1 ab une petite proposition à part qu'ils 
traduisent : « on ne le remarque seulement pas 2 » (Ehrlich) ou 
bien « mais on ne l'écoute pas » (Renan). Pour le reste, nn«a ->a 
ûTism ba na-p, ils se rattachent généralement à l'interprétation 
de la Septante. 

Or, tout cela semble bien forcé, en tous cas bien loin ^paral- 
lélisme. Mais, une fois que nous aurons reconnu ici le caractère 
emphatique, et non négatif, de la particule «b, plusieurs difficultés 
seront vite aplanies. Au point de vue grammatical, nous compren- 
drons maintenant la terminaison un peu surprenante tt5" qui vient 



i. De même Saadia : Vers. av. Job, p. 94. 

2. Budde (ilem) lit HSTMCn fcô « tu ne le remarques pas ». 



LA PARTICULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 11 

simplement donner la forme énergique (2 e ) à Tinr» (sans élément 
pronominal), comme cela est d'usage également en arabe après la 
particule emphatique laadribanna, laulzimanna (voir plus haut). 
Au point de vue du sens, nous aurons seulement à lire ^^^■v^p^ 
avec yod au lieu du ivaiv (confusion fréquente dans la Bible), en 
considérant ce verbe comme causatif (= Hif il) de -n© *, regarder, 
observer, avec la signification de faire observer, faire remarquer, 
indiquer, etc. Le parallélisme aussi sera complet : « Car Dieu parle 
une fois, et il fait la remarque (= il avertit, il indique) même 
deux fois. » D'ailleurs, le même sens pourrait assez bien s'appli- 
quer aussi plus loin, dans le même chapitre, v. 27 : ^ba =) b* ne 
û">T2J3«, il fera remarquer aux gens, etc. 

12. Dans Is., xuv, 14 : ûvik "ib-msb, on peut avec certitude 
considérer rrob comme un parfait, égal pour la nuance de temps 
aux verbes immédiatement suivants qui sont à l'imparfait avec le 
waw conversif, np-n . ..pKK'n. Gela sera, d'ailleurs, en accord 
complet avec la Septante : exo^sv, et avec la Vulgate : succidit. Vu 
le « lamed de renforcement », il aurait donc fallu vocaliser nn^b, 
en traduisant : « Certes, il s'est coupé des cèdres », etc. 

13. DansHag., i, 9 : a*wb rtsm rn-rt ba nbc, la LXX traduit 
ces deux derniers mots hébreux xaî lyévETo ôXfya, et c'est devenu 
peu. La Vulgate, tout en rendant nsm, s'inspire aussi de la Sep- 
tante : et ecce ! factum est minus. Les modernes 2 , gênés par le 

1. Nous pourrions même laisser riD"!"!'^ au Qal si nous admettions la correspon- 
dance de ce verbe avec l'arabe [sâr rac . swr) qui, même à la forme simple, veut 
dire : conseiller quelque chose à quelqu'un. Quant à la forme causative 'asdra, rien 
ne pourrait mieux convenir à notre verset ; en effet, elle signifie : faire signe, montrer 
du doigt, signaler, indiquer, conseiller, recommander. Certes, la correspondance 
vocale semble laisser à désirer, puisque le s arabe est généralement représenté en 
hébreu par un ia. Mais les exceptions à cette règle ne manquent pas, par ex. ffiïïTB, 
■p^ïJ ; et il n'est même pas très nécessaire de recourir à l'hypothèse d'un emprunt 
arabe. En tous cas, aucun rapprochement étymologique plus ou moins satisfaisant 
n'ayant encore été fait de notre verbe ")T»ZJ en question avec un correspondant sémi- 
tique, il ne me paraît point inutile de faire ressortir la possibilité pour les deux 
verbes m \"\'Û et sâr [suer) d'une acception originelle et fondamentale commune : 
regarder, observer. Une différence de manière seulement se serait développée entre 
les deux : l'hébreu a un sens simplement actif : regarder, observer soi-même ; 
l'arabe ayant un sens causatif: faire observer (faire signe, montrer du doigt, indiquer, 
conseiller, etc.). 

Ce rapprochement de ^J■^^\D ,, avec sâr me semble préférable a un autre qui pour- 
rait se présenter à l'esprit, celui avec 'asarra {srr), confier, divulguer (un secret). 

2. Voir Nowack, Die klein. Proph., Gottingen, 1897; aussi Marti, Dodekaproph., 
Tiibingen, 1904. 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

b de a*»b, se voient devant L'alternative d'effacer cette lettre ou 
de corriger, d'après la Septante, nsïti en m-n. Or, toute correction 
serait superflue ici, ce b n'étant que la particule emphatique, bien 
en sa place pour insister plus énergïquement sur la punition de 
Dieu. Nous traduisons notre verset : « Vous comptiez sur beau- 
coup et voilà, certes, peu de chose. » 

14. Eccl., m, 18 : manbi rrnba onab, pourrait signifier « certes, 
Dieu les éprouva 1 pour montrer, etc. ». onnb, dans ce cas, con- 
tiendrait le parfait na (de ma) avec le « lamed de renforcement » 
préfixé et, comme suffixe, le d pronominal de la 3 e pers. plur. 
Donc û-ob =d + ">a + la. Le î initial de manbn pourrait bien n'être 
qu'une interpolation pour rattacher dnab et menb, considérés par 
le copiste comme deux infinitifs ayant également D^nba comme 
sujet logique, m&nb devrait, d'après la LXX, la Pesh. et la Vulg., 
être vocalisé nienb = nis^inb. Nous aurions donc comme texte : 
m'N-ib D^nb» dnab. 

: - ' v: T T : 

§ V. — A ce propos, faisons remarquer que c'est, peut-être, cette 
particule emphatique qui aurait donné naissance à la forme 
talmndique de la 3* pers. de l'imparfait, se rencontrant aussi en 
mandéen 2 et présentant quelques exemples déjà dans Yaraméen 

1. En traduisant « éprouver », je ne fais ici que suivre provisoirement \à Sept., la 
Vulg. et de nombreux modernes, comme Yastrow, Wildeboer, Zapletal, etc. D'autres, 
comme Ibn-Ezra, Renan, Elirlicli, etc., rendent ce verbe par « distinguer, privilégier ». 
Raclii (i"UJ~l) explique « faire connaître » (— rendre clair), d'autres traduisent 
« tamiser, trier » (trad. angl. de la Jew. Publ. Soc). Tous sont donc unanimes à voir 
ici la racine "112. 

Pourtant, je n'hésite pas à me ranger du cùté de la Version syriaque qui rend 
OTlbN Ûinb par Nnbtf "JIDN N131 = que Dieu les a ci-éés, du verbe fcna. 
D"13 = Û+jnS au lieu de dtfna, comme s'il s'agissait d'un verbe ma 

T T T T T T : 

(D3p = Û-fnrp, DN"l = B-r-nai, etc.). Ceci n'a rien d'extraordinaire, puisque, 

T J T t T T T T T 

non seulement dans la Michna, où la chose est fréquente, mais dans la Bible même, 
on confond parfois la conjugaison des verbes N"b avec celle des verbes ïY'b (— ^"b) : 

d^inp (Ps. xcix, 6), mrnnrn (1 Sam., x, 6), rnsianrra (i Sam., x, 13), mabE 

(Esth., i, 5; Job, xx, 22), vin (Is., xxvi, 20), :p3 (I Sam., vi, 10) = wbs, np:; 
(Gen., xxiii, 6) == Nbp*, Vjroii (I Sam., xxv, 33) = ^nCÔS, etc. 

Donc, en considérant le b de nmb comme emphatique, en supprimant le 1 de 
mfrnbl comme interpolation pour les raisons ci-dessus indiquées et en vocalisant 
nixnb (= nianrtb) avec toutes les anciennes versions, nous aurons à traduire 
nifiOb D^nbx 0~nb : « Certes, Dieu les créa pour montrer », etc. 

Mais, quelle que soit celle des deux interprétations générales énoncées ici que l'on 
veuille suivre, le « lamed de renforcement » semble toujours bien à sa place. 

2. NOldeke, Marid. Gramm., p. 215-6, Halle, 1875. 



LA PARTICULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 13 

biblique, comme "jinb, V/inb, firçnb. Répandu autrefois non seule- 
ment en arabe (et en hébreu), le « lamed de renforcement a aurait 
fini, surtout en a ramée n talmudique, par perdre son sens empha- 
tique primitif en restant accolé à la 3 e pers. de l'imparfait '. Gela 
rappellerait, d'ailleurs, le sort analogue qui y est échu à Yarticle 
défini de l'araméen occidental, restant attaché à la fin des noms 
lout en ayant perdu sa signification antique. 

§ VI. — Mais, pour donner quelque vigueur à notre assertion, il 
faudrait d'abord pouvoir expliquer plusieurs points qui semblent 
lui donner un aspect arbitraire : quelle aurait été, pour la langue 
en question, la nécessité ou l'utilité occasionnant cet accolement? 
Pourquoi se serait il produit précisément à la troisième pers. de 
l'imparfait? Pourquoi, affectant au pluriel les deux genres, ne se 
produit-il pas au féminin singulier? S'il s'agit d'un simple acco- 
tement du b, et non — comme suggère Barth — d'un remplace- 
ment effectué entre deux particules démonstratives (■> et b) de 
même valeur, comment expliquer la fréquence dans le Talmud 
de la forme bbpb, sans trace de yodl 

§ VII. — Or, l'on sait qu'en araméen oriental ■; au commencement 
des mots était prononcé*?', et non yi ; cela pouvait donc facilement 
produire des confusions entre la première et la troisième personne 
masculine de l'imparfait singulier. De là se serait naturellement 
ensuivi un fort besoin de différenciation. 

§ VIII. — D'ailleurs, en hébreu même 2 , * était fréquemment 
prononcé comme n et, d'après Kimhi, le segol (») de bbpN (= bb]?8 
dans la ponctuation babylonienne) vient précisément différencier 
dans la prononciation la première personne de la troisième de 
l'imparfait singulier. Aussi sommes-nous parfois induits en erreur 
quand nous prenons, dans la Bible, pour la première personne 
une troisième écrite avec tt, par exemple : yma ^ (Is., li, 19) 
= *]73nr ^73, npsN (Is., x, 12) =7p&, etc. 

g IX. — Or, comme le mascidin et le féminin pluriels avaient, 
à la troisième personne de l'imparfait araméen, le même faible 

1. Pour d'autres hypothèses, voyez : Barth, A. J. S. L, vol. XIII, p. 1-6; cf. 
\Y. Wright, Comp. Gramm. àf lhe Sem. Lang., p. 183-4; C. Levias, Gramm. of lhe 
Aramaic idiom contained in lhe Babylon. Talmud, p. 63, Cincinnati, 1900. 

2. Voir Gesenius-Kautzsch, Hebr. Gramm., % 24, e, §47 b. 



14 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

préfixe * ( ^ bu { r ? — ibppi), ils finirent tous les deux par subir égale- 
ment l'influence analogique de la troisième personne du singulier 
masculin : bçp^+b .^ibapM-b ."rba^+b. Mais cela ne pouvait 
être le cas pour la troisième personne du singulier féminin com- 
mençant par le solide préfixe n , bppn . 

§ X — Cet accolement du b finit par expulser le * d'abord 
phonétiquement, puis aussi graphiquement, grâce à un phéno- 
mène phonétique de la plus grande importance morphologique, 
affectant souvent les consonnes faibles ?, \ a et même le n : c'est 
le recul vocal. Ce phénomène consiste à faire reculer la voyelle 
de ces lettres pour remplacer le shewa de la consonne précé- 
dente, par ex. : -hdjki (Zach., u, 5), ^idwi ;-pa«3 (Is., x, 13) 
< T3.K3, qr- ûania (Néh., vi, 8) < kt. cania, wyntca < nywn ; 

^3 (ls., 111,24) < ^13, DW < ÛTBY), T3TO (ÏS., XXVIII,16)< IIDItt (=13^73) ; 

D , nT<tP , v* (talm. rriw), trna<D , rna l qr. njjra (Is.,xn,5)<ny^r?p, 
!-j3ia<rr3ia (<rp3ia^; û73iaa<D?»iBna, nnia*<rninK, nt"rtè<n1nîanb. 
Le recul vocal, caractère propre surtout à la lettre a, s'est étendu 
aussi à celles qui peuvent s'affaiblir comme elle jusqu'à une simple 
aspiration. C'est bien le cas du yod qui, non seulement inter- 
change souvent avec le n C*as— n1«a», sbç < *ba — trçba), mais 
qui fréquemment disparaît plus ou moins complètement de la 
prononciation, par exemple : rnb < *nip , rrtiporip, ntoofe*, 
tppy<ïptoy, etc. 

§ XI. — bçir.+b = bûpT? devait donc, grâce au « recul vocal », 
dégénérer tôt ou tard dans la prononciation en bopf^b qui, le plus 
souvent, s'écrit bap^b, mais paraît aussi sous la forme bupb. 
Ce qui semblerait confirmer l'idée que le b de la troisième personne 
a d'abord été préfixé au yod, c'est la persistance de cette dernière 
lettre après le lamed même au causatif (= Aph'ël), où la première 
et la deuxième personne ont pourtant des préfixes toujours voca- 
lises avec a : pip-'b, "wmb, iTHD"»b, Tïïmb ' , msrb, mais 
ur;yn, 'rmn, n3iDz?, p->TriN, nns, ipinn, ■prpaœn, nau:D, prns, etc. 
Nous ne pouvons pas considérer ce ■* comme dû à un changement 
de voyelle 2 du b (= r?) : 1° si ce b remplaçait le ■», on ne voit point 
pourquoi sa vocalisation au Aph'ël serait identique ainsi à celle 

1. Tous ces exemples talm. et ceux qui suivent sont cités d'après Levias : Gramm. 
Aram. Bab. Talm., p. 91-9:2. 

2. Levias, item, p. 63-64. 



LA PARTICULE EMPHATIQUE « LA » DANS LA BIBLE 15 

au Qal; 2° on ne comprendrait guère alors les formes rencontrées 
fréquemment sans yod, où le b est unanimement vocalisé a, 
comme p-ob, û"»nnb, Tosb, yaiob, fnBînb, ■pœjnb. D'ailleurs, le 
mandée u b"»opw, libup^D, et le syriaque bçpa, ïibapa, pourraient 
suffire pour nous fixer aussi sur la vocalisation a du b en ques- 
tion. Des formes rares, comme Tnçtfb, mina? (TS., éd. Harkavy, 
§ 335), semblent bien prouver la môme chose. Le •> du Apliël 
serait donc simplement le rudiment de l'ancien préfixe de la 
troisième personne, mort dans la prononciation et souvent omis 
depuis Taccolement du nouveau préfixe b.bïa^-fb = bup^b qui, 
grâce au recul vocal (facilité probablement par la faible pronon- 
ciation bapab), serait devenu bûp("»)b= bapb. 

§ XII. — Le 3, remplaçant notre b toujours en syriaque, très 
souvent dans le Talmud et en mandéen, ne serait — comme 
certains l'admettent — qu'une variation* phonétique de la môme 
lettre et aurait subi la même évolution dans son accolement au 
yod primitif. 

§ XIII — Pour en revenir à la troisième personne avec b, ajou- 
tons que maints exemples assez nets semblent bien s'en trouver 
aussi dans la Bible. 

1. Job, xxx, 6 : pffib D^bn: yn^a, la Vulgate rend ce verbe par 
Vindicatif, liabitabant. Si ce n'est pas la « particule emphatique » 
pour mieux accentuer l'état misérable de la peuplade vagabonde 
décrite, cela ne peut être que X imparfait (tàsrçjb) auquel sont mis 
aussi les verbes du verset suivant, ^pnr, ïinsov 

1 T : • T •.. ; 

2. Is., xxi, 1 : . .aa nmïïtt, tpbnb a^a m-noa, la Vulgate et 
la Peshita traduisent qibnb par un indicatif s'accordant avec 
nisio, — Sicut turbines ab Aphrico veniunt (tf^n \n ttbyb? "tk 
•jmn . Mais E]ibnb, comme «a de l'hémistiche suivant, peut très 
bien s'appliquer à Y ennemi dont le prophète a ici la vision. 
qï'-nb = qibrn, et il faudrait traduire : « Il marche avec rapidité, 
tels les ouragans (traversant) le Midi, il vient du désert », etc.. 

3. Hab., i, 17 : bârn «b, û'nâ ahnb Tnm, nous n'aurons guère 
besoin de corriger, avec Kittel, b»rr en bnm ou nnb en ahrr, 

1. Comp. Driver, Hebrew lenses, Oxford, 1881, p. 302. 



16 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

car ici snnb = nrrv Nous pourrions donc traduire : « ... et que 
toujours il égorge des peuples, qu'il n'ait (jamais) pitié? » 

4. Prov., n,8 : ifet»? in^Dn "pn "ûdu;?û mm» lâtab, il semble 
évident que ito'p, parallèlement à nforç?, n'est qu'un imparfait à la 
troisième personne. La traduction Zadoc Kahn rend donc très 
bien ici : « Il protège les voies de la justice et veille sur la route 
de ses pieux. . . » 

§ XIV. — Enfin, cherchant à distinguer les différentes nuances 
de X infinitif avec lamed ', Driver cite des exemples dont plusieurs 
s'expliqueraient bien plus naturellement soit par le « lamed de 
renforcement », soit par celui de l'imparfait. Ainsi ■^•«ujiïib ^ 
(Is., xxxviïi, 20) est un impératif avec particule emphatique 
(comp. plus haut np_b = n]?+b) et signifie : « Sauve-moi donc, 
ô Dieu! » myb asn (Is., x, 32) peut bien être un imparfait = 
•ifar», comme sisr de l'hémistiche suivant. 

§ XV. — En rattachant ainsi le b de la 3 e personne de 1 imparfait 
talmudique et mandéen à la particule emphatique dont le sens 
aurait complètement pâli, nous pouvons invoquer à l'appui un 
phénomène analogue en assyrien. Là aussi, la particule empha- 
tique lit (ou M), « certes », finit par perdre tout sens spécial en 
s'accolant au prétérit qui, morphologiquement, correspond à Yim- 
parfait des autres langues sémitiques. Notons que cet accolement 
aussi ne se produit que devant une voyelle : à la troisième per- 
sonne masc. sing. et plur., à la troisième personne fém. plur. 
seulement et à la première personne du singulier, mais jamais à 
la troisième personne fém. sing., par exemple, commençant par 
une consonne (n). 

Serait-ce un pur hasard que précisément laraméen du Talmud 
et le mandéen, héritiers d'une région où avait fleuri l'assyro- 
babylonien, présentent un phénomène grammatical ressemblant si 
fortement à ce qui vient d'être signalé dans ce dernier idiome? 

Jérusalem. 

Israël Eitan. 

1. Driver, l. c, p. 299-305. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE 

ET DE SAN MATEO 

(7 FÉVRIER 1413 — 13 NOVEMBRE 1414) < 



I. — Bibliographie. 

A. — Sources hébraïques. — 1° rmrp ans;, éd. M. Wiener, 
Hanovre, 1855, chap. xl, p. 67-78. 

2° NiBicmu tVD"n, éd. Halberstam, dans le Jeschurun, Bamberg, 
1868, t. IV, p. 45-55. 

B. — Sources non hébraïques. — 1° Geronimo Zurita (historien 
aragonais), dans ses Annales de la Corona de Aragon, Saragosse, 
1610, t. II, fol. 414 sq. 

2° Nicolaus Antonius (mort en 1684), Bibliotheca Hispana Vêtus, 
Rome, 1696; éd. F. Bayer, Madrid, 1788, t II, fol. 200 sq. 

3° José-Rodriguez de Castro, Biblioteca espanola, Madrid, 1781, 
t. I, fol. 203 sq. 

4° M. Soave, Controversia tenutasi a Tolosa (!) alla presenza 
delV antipapa Benedetto XIII para Girolamo di Santa Fe ed 
alcuni rabbini délia Espana, Venise, 1862. 

5° Enrique Cl. Girbal, Los Judios en Gerona, Girone, 1870. 

1. L'article qu'on va lire nous avait été envoyé eu juin 1914. Les circonstances en 
ont fait ajourner la publication. L'auteur, Adolf Posnanski, est mort en 1920, à 
Vienne, où il s'était retiré après avoir exercé le rabbinat à Pilsen (Bobéme). 
Il devait être suivi de près dans la tombe par son frère cadet Samuel Poznanski, dont 
on lira, dans le prochain fascicule de cette Revue, une biographie due au D r A. Marx, 
accompagnée d'une complète bibliographie de ses écrits dressée par le (ils du défunt 
Edouard Poznanski et par M. A. Marx. 

T. LXXIV, n° 147. 2 



18 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

6° José Amador de los Rios, Historia social, politica y religiosa 
de los Judios de Espana y Portugal, Madrid, 1875-6, t. II, 423 sq., 
447 sq. 

7° F. Perez Aguado, Cluclad de Dios, Madrid, 1894-6, vol. 
XXXIV-XXXIX. 

8° Franz Ehrle, Martin de Alpartil, Chronicha actitatorum 
temporibus Benedicti XIII, Elberfeld, 1896. 

9° P. Fages, Histoire de saint Vincent Ferrer, apôtre de V Eu- 
rope, Paris, 1894, t. II, p. 29 et s. 

[10° Graetz, Geschichte dcr Juden, t. VIII, note 3 ; cf. Isidore 
Loeb, Reçue des Études juives, XXI, 149-153.] 



II. — Analyse des sources contemporaines. 

A. -— Source hébraïque. — d'mp'W nso, manuscrit Abraham 
Epstein (Vienne), n° 10. — Nous indiquerons plus loin les sujets 
traités dans cet ouvrage de Lorqui; nous en traduisons ici la table 
des matières : 

Voici les hérésies de Josué Lorqui, qui a pris le nom de Geronimo. 
Il y a altéré le sens des paroles du Talmud et des Aggadoth en faisant 
dire aux tannaïm et amoraïm ce qu'il voulait lui-même et, par ces erreurs, 
il a mal tourné '. Voici donc les dires de ce mécréant : 

Chai\ I. — Articles sur lesquels nous et les Juifs nous sommes d'accord 
et ceux sur lesquels nous différons. Où il est expliqué aussi que le 
principe dont dépendent les discussions et les divergences est que nous 
croyons que le Messie est déjà venu, tandis qu'ils admettent qu'il n'est 
pas encore venu. 

CifAP. IL — Où il est expliqué que l'époque de l'avènement du Messie se 
place à la fin du second Temple et peu de temps avant sa destruction. 

Chap. III. — Où il est expliqué que le Messie a pour lieu de naissance 
Bethléem. 

Chap. IV.— Où il est expliqué que le Messie devait naître d'une vierge. 

i. n^izn dizji b* >Tp-\~\b ypv npona -is;n û"»-np^cn on nbN 
mavo "on^vi • "îavia mns nap . D"*3"in*a nu;b viw tjqîti . ap"p 
ib«b imoaai . inanb N-maNtt in sonn ro-na firanb rmanrn mna^n 
.bemir b* Dibiz» .rwi ma-inb n^ o^tzna^n 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 19 

Chap. V. — Où il est explique que le Messie est le fils de Dieu, étant 
émané de la substance de Dieu et étant lui-même vrai Dieu au point de 
vue de la divinité et vrai homme au point de vue de l'humanité. 

Chap. VI. — Où il est expliqué comment les Rois sont venus de l'Orient 
pour annoncer la venue de Jésus et lui apporter des présents et comment 
ils étaient attendus depuis l'époque d'Abraham *\ 

Chap. VII. — Où il est expliqué qu'avant la venue du Messie toutes les 
âmes descendaient en enfer et comment, par la passion et la mort qu'il 
a acceptées, il en a rédimé et sauvé ces âmes et toutes celles qui ont 
suivi pour leur donner la vie éternelle, qui est le monde à venir. 

Chap. VIII. — Où il est expliqué que le Messie devait ressusciter trois 
jours après sa mort, monterai! ciel et s'asseoir à la droite de Dieu. 

Chap. IX. — Où il est expliqué que le Messie devait donner une loi 
nouvelle, abolir tous les sacrifices, sauf celui du pain et du vin, et 
abroger les interdictions de l'ancienne Loi sur les aliments défendus et 
autres choses semblables. 

Chap. X. — Où il est expliqué qu'après la venue du Sauveur l'idolâtrie 
doit disparaître de la terre et que tout le monde doit le reconnaître, — et 
que son salut doit aller principalement aux nations, dont il fait une 
nation sauvée et où il prend des prêtres pour servir Dieu. 

Chap. XI. — Où il est expliqué que son existence en ce monde et sa vie 
au milieu des hommes doivent s'accompagner de pauvreté et d'humilité, 
de maladies et de plaies supportées. 

Chap. XII. — Où il est expliqué que sa venue a été annoncée par un 
héraut clamant dans le désert, que la captivité des Juifs est due à la 
jalousie et à la haine qu'ils ont nourrie contre lui et qui porte le nom de 
« haine gratuite » ', et aussi que, depuis ce jour, les deux sont sourds à 
la prière de tout juif, nonobstant quoi les portes de la pénitence 3 restent 
toujours ouvertes. 

B. — Sources latines. — 1° Hieronimi de Sancta Fide, Judaei 
ad Christianismum converti, librt duo, quorum prior fidem et 

1. [Traduit par à peu près. Le manuscrit porte : jniu 1N31D73 !"PH "pN 
rPCTOri yiZth "p rvjy^tD "i;* , 3N Orp)2N. Comme on le voit plus loin dans le 
texte latin (p. 20), il faut corriger TN3'»D73 en "liOSPD, c'est-à-dire « et comment il 
fut prophétisé dès l'époque d'Abraham qu'il en serait ainsi à l'époque du Messie ».] 

2. n;n nfioi». 

3. Ou : de la conversion (naitIJn). 



20 REVUE DES ETUDES JUIVES 

religïonem [Judaeorum] impugnat, alter vero Talmut. Ad manda- 
tum Domini Papa? Benedicti XIII, facta relatione anno Domini 
1412; mense Angusto, in Hispania. — Apud Andream Gesnerum 
et Rodolphum Vuissenbachium, Zurich, 1552. 

a) « Premier Traité, pour démontrer la perfidie des Juifs : 

Voici les thèses qui, en présence de notre très Saint-Père en Christ et 
Seigneur, notre seigneur Pierre de Lima, dans son obédience et par la 
divine Providence appelé le Pape [Benoît] XIII, et des illustres cardinaux, 
ses maîtres et docteurs en saintes Écritures, et de beaucoup d'autres 
personnes notables, furent proposées et démontrées par respectable 
personne maître Jérôme de Sainte-Foi, médecin de Sa Sainteté le Pape 
lui-même, d'origine juive, contre les Juifs qui nient l'avènement du vrai 
Messie Jésus-Christ, lesquelles thèses furent soutenues au mois d'août de 
Van du Seigneur 1412, la 18 e année de son pontificat .. 

Ces thèses sont résumées et démontrées dans les douze articles 
suivants : 

Le premier chapitre a pour objet de montrer quelles sont les choses 
dans lesquelles les Juifs sont d'accord avec nous, Chrétiens, et celles sur 
lesquelles ils sont en désaccord, en quoi consiste toute la controverse et 
comment tout ce désaccord dépend de cette opinion ou de ce doute : le 
Messie qu'ils attendent est-il venu ou non? 

Le deuxième chapitre établit que le temps assigné pour la venue du 
Messie était vers la fin du second Temple de Jérusalem et peu avant la 
destruction de ce Temple de Dieu. 

Le troisième chapitre prouve que le même Messie devait naître dans la 
ville appelée Bethléem de Judée. 

Le quatrième chapitre prouve que ledit Messie, notre Sauveur, devait 
naître d'une vierge 

Le cinquième chapitre démontre que ledit Messie devait être fils de 
Dieu et non d'un autre père selon la chair, pour cette raison qu'il était 
Dieu conjointement avec le Père dans une même essence divine et qu'il 
devait être vrai Dieu selon la divinité et vrai homme selon L'humanité. 

Le sixième chapitre prouve comment, dès le temps du patriarche 
Abraham, il fut prophétisé que les rois d'Orient de la nation de Saba 
devaient venir adorer le Hoi-Messie et lui offrir comme présents l'or, 
l'encens et la myrrhe. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 21 

Le septième chapitre démontre qu'avant l'avènement du Messie toutes 
le> âmes du genre humain descendaient en enfer, à cause du péché de 
notre premier père, et comment, par la passion et la mort dudit Messie, 
les âmes des justes qui ont vécu avant lui ont été rédimées et retirées de 
l'enfer et admises a la vie éternelle et à la gloire spirituelle et que 
ladite passion et la mort du Messie sont la cause que les âmes de tous 
ceux qui auront cru en lui sont sauvées de la damnation éternelle de 
l'en fer. 

Le huitième chapitre prouve que le Messie, après les trois journées de 
sa passion, devait ressusciter et ensuite monter au ciel et s'asseoir à la 
droite de Dieu le Père. 

Le neuvième chapitre prouve que le Messie devait donner une loi et 
une doctrine nouvelles et abolir les sacrifices qui se faisaient autrefois 
dans le Temple, à l'exception du sacrifice du pain et du vin, et qu'il 
devait abroger et annuler toutes les prohibitions cérémonielles de la loi 
mosaïque concernant les aliments et autres choses semblables. 

Le dixième chapitre démontre qu'aussitôt après l'avènement du Messie, 
l'idolâtrie devait être abolie et détruite, de telle sorte que Dieu devait 
être connu de tous les Gentils, que les nations devaient tout d'abord être 
sauvées par lui, qu'il devait créer avec elles un peuple nouveau et établir 
aussi des prêtres pour le saint service de Dieu et que le salut, après 
son avènement, devait s'opérer par le baptême de l'eau et du Saint- 
Esprit. 

Le chapitre onzième traite de l'humilité du Messie et de sa chevauchée 
sur une ânesse et prouve que la vie du Messie au milieu de nous devait 
être humble et pauvre, c'est pourquoi il devait venir au Temple monté 
sur un àne et sous une apparence pauvre et endurer maintes blessures et 
souffrances. 

Le douzième chapitre prouve que l'avènement du Messie devait préa- 
lablement être annoncé par un certain messager et sa prédication dans 
le désert et que la captivité des Juifs a été la punition de l'ingratitude 
qu'ils ont témoignée envers ce même Messie, ce qui a été nommé haine 
gratuite, « odium gratis », et que, comme conséquence, Dieu le Père a 
désormais fermé le ciel pour n'exaucer aucune prière des Juifs; cepen- 
dant il réservait toujours les portes de la conversion aux vrais pénitents 
qui veulent être baptisés et elles demeurent ouvertes. » 

b) « Des erreurs judaïques d'après le Talmud : 

Chapitre I. — Des choses qui sont contre la charité, l'humanité et la 
loi naturelle. 



22 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Ghap. II. — Des choses qui sont contre le service de Dieu et sa per- 
fection. 

Chap. III. — Des choses qui sont contre la loi mosaïque et les 
Prophètes. 

Ghap. IV. — Des choses vaines, décisions 1 et immoralités contenues 
dans le Talmud. 



Chap. V. — Des choses tout à fait intolérables qui, dans le Talmud, 
sont contre la foi catholique et le Sauveur Notre-Seigneur Jésus- 
Christ. 

Chap. VI. — Des choses qui, dans le Talmud, présentent un très grand 
préjudice et un grand intérêt pour les chrétiens vivant et ayant des 
relations avec les Juifs. » 

Ce traité de Jérôme fut traduit en portugais, vers 1565, par 
l'évoque Gaspar de Leâo à Goa (Indes Orientales) et accompagné 
d'un appel au peuple d'Israël : « Garta de primeiro Arcebispo de 
Goa ao povo de Israël, seguidor aiuda da Ley de Moyses e do 
Talmud por engano e malicia dos seus Rabbis. » 

2° Le document le plus important sur le colloque de Tortose 2 
est le procès-verbal en latin qui s'est conservé à l'Escurial et à 
la Bibliothèque Vaticane. 

a) Le Codex Escortai S. I, 10 (coté autrefois V. E, 6) est l'an- 
cien Codex 156 d'Antoine Augustin, archevêque de Tarragone, 
conservé plus tard à la Chartreuse « Aula Dei » de Saragosse. Ce 
manuscrit sur parchemin, du xv e siècle, comprend 409 pages, 
outre les tables qui occupent six pages. Il porte ce titre : « Hiero- 
nymi de Sancta Fide Medici, Benedieti XIII, Processus rerum et 
tractatuum et quaestionum 401, qui in Conventu Hispaniee Rabi- 
norum ex una parte ac Catholicorum ex alia ad convincendos 
Judœos de adventu Messiae, factus anno 1413. Codex origi- 
nalis. » 

La reliure et l'ornementation prouvent que ce manuscrit était 
l'exemplaire de luxe de la riche Bibliothèque dePeniscola. 

1. [Lire : dérisions.] 

2 D'après Amador, op. cit., II, 438, il existe à la Bibliothèque provinciale de 
Ségovie un manuscrit qui contient une traduction castillane des actes du colloque. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 23 

b) Le Codex Vaticanus n° 4069, parchemin de 203 feuillets, du 
\v p siècle '. 

ïl contient : 

1° Au feuillet 4, les sujets traités au colloque, groupés en seize 
points : 

(( Dans le présent livre ou procès-verbal, il est traité de seize matières 
numérotées comme suit : 

Primo. — Il est traité des choses sur lesquelles les Chrétiens et les 
Juifs sont d'accord en ce qui concerne la foi et de celles où ils sont en 
désaccord et il est question de cela dans la première diète et dans la 
cinquante-huitième, où cela est consigné ou placé en marge du livre A. 

2° Des vingt-quatre conditions attribuées au Messie ([en espagnol :] de 
quoi il fut disputé dans les deux mêmes séances*). 

3° Des termes assignés pour l'avènement du Messie, lesquels sont 
passés depuis longtemps (séances 2, 3, 6, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 46, 47, 
49, 51, 52, 57 et 61). 

4° Qu'au temps de la destruction du Temple le Messie était né (4 e et 
5 e séances). 

5° Que lorsque s'accomplit la destruction prédite du Temple, non 
seulement le Messie était né, mais encore il était venu et s'était manifesté 
(séances 5, 6 et 15). 

6° Que le Messie devait venir dans Tannée même dans laquelle eut lieu 
la passion du Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ (séances 18 et 21). 

7o Que les prophéties parlant des œuvres du Messie, aussi bien que de 
la restauration du Temple, du retour d'Israël à l'unité et de la félicité de 
Jérusalem, doivent être comprises spirituellement et non dans un sens 
matériel (séances 1, 7, 13, 19, 26, 31 et 36). 

8" Des douze questions posées aux Juifs concernant les actes du Messie 
(il en fut parlé dans les séances 23, 24, 26, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 
36, 39, 40, 41, 42, 46 et 62). 

9° Que la loi mosaïque n'est ni parfaite ni éternelle (32 e séance). 

10° Du saint sacrement de l'Eucharistie (33* séance). 

11° Comment et pourquoi fut inventé le traité appelé Talmud J>4 e séance). 

12° Que le Juif est nécessairement tenu de croire tout ce qui est 

1. Comp. Bartolocci, Bibliotheca magna rabbinica, t. III, fol. 776. — Le Codex 
Vaticanus Ottobon n° 351, autrefois n° 84 de la bibliothèque du cardinal Sirleto sur 
papier, in-folio de 425 ff., des xvi e et xvn* siècles, contient, jusqu'au feuillet 361, 
sous le titre « Opus Hieronimi de Sancta Fide contre Judaeos », une copie du Codex 
Vaticanus n« 4069. 

2. Mêmes indications en espagnol dans la suite, sauf à 16*. 



24 HEVUE DES ETUDES JUIVES 

contenu dans le Talmud, que ce soient des explications de la Loi, juge- 
ments, cérémonies, ou bien des « sermons » ou discours, gloses, addi- 
tions ou « inventions » fuites sur ledit Talmud 1 et qu'il ne lui est pas 
permis de nier quoi que ce soit de tout cela (dans la môme 54 e séance). 

13° Ce qu'il faut entendre par article de Loi et où il est prouvé que ce 
n'est point un article de la foi juive d'affimer que le Messie n'est pas 
venu (52 e séance). 

14° Ce que c'est que la foi, Y Écriture et un article (61 e séance). 

15° Des abominations, hérésies, ordures et choses vaines qui sont 
contenues dans le livre appelé Talmud (séances 53, 55, 61 et 62). 

16° Que les Juifs ne sont dans la présente captivité que pour leur péché 
de haine gratuite — « odium gratis » — contre le vrai Messie Notre- 
Seigneur Jésus-Christ, ce dont il est traité dans la 13 e et la 35° diète, sous 
le signe de la lettre S. » 

2° Sur les feuillets 4 V0 à 6 V0 , de courts résumés des soixante-neuf 
séances {dietœ) du 7 février 1413 au 12 (13) novembre 1414 : 

« Suivent les diètes dans l'ordre indiqué ci-après : 

Dans la première séance se place la harangue que maître Jérôme 
adressa aux Juifs pour leur faire connaître l'intention de notre très-saint 
seigneur le Pape Benoît XIII concernant la présente information. 

Dans la seconde séance, pour démontrer que les dates, époques et 
conditions indiquées par les anciens docteurs pour l'avènement du Messie 
sont passées, maître Jérôme allégua comme autorité (la parole talmu- 
dique) « six mille ans » 2 . 

Dans la troisième séance, pour prouver la conclusion ci-dessus, est 
alléguée l'autorité (du passage concernant les) « quatre-vingt-cinq jubi- 
lés » 3 , et aux Juifs qui discutaient sur cette autorité maître Jérôme 
répondit d'une manière satisfaisante. 

Dans la quatrième séance, est posée l'autorité de l'« Arabe»* pour 
prouver que lorsque la destruction du Temple eut lieu, le Messie était 
né. Les rabbins répondirent au sujet de ce texte et Sa Sainteté le Pape lui- 
même leur répondit à son tour, de telle façon que l'un des principaux 
rabbins confessa dans cette séance que le Messie était né, mais que sa 
manifestation et son avènement n'avaient cependant pas encore eu lieu. 

Dans la cinquième séance, maître Jérôme rappela les conclusions des 
diètes précédentes et alors les rabbins confirmèrent ce qui avait été dit, à 

1. [Il s'agit des différents éléments du Talmud et de ses commentateurs : midrach, 
dinim, etc., pérouch, tossafoth ou hiddouchim.] 
-1. Aboda Zara, 9 a, et Sanhédrin, 97 a. 

3. Sanhédrin, 97 b. 

4. j. Berakhot, lia (= Eklia rabba, sur i, 16). 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 25 

savoir quo le Messie était né vers l'époque de la destruction du Temple, 
mais qu'il ne s'était pas encore manifesté. Et maître Jérôme, pour 
prouver que le Messie s'était manifesté, allégua la prophétie d'Isaïe où il 
est dit : « Avant qu'elle eût éprouvé des douleurs, elle enfanta» 1 , et 
cette réponse de maître Jérôme fut satisfaisante. 

Dans la sixième séance, pour continuer que le Messie était déjà venu, 
maître Jérôme allégua la prophétie de Jacob : « Le sceptre ne sera pas 
ôté de Juda, etc. » * et Jérôme réfuta les réponses des Juifs. 

Dans la septième séance, les Juifs disputèrent de nouveau sur les 
choses qu'ils avaient dit être acquises dans la première diète. On les 
interrogea pour savoir s'ils voulaient dire quelque chose sur les thèses 
qui leur avaient été prouvées, à savoir que le Messie était né et avait été 
manifesté. Et l'un des rabbins se mit à faire de nouveaux commentaires 
sur les autorités alléguées et il lui fut pleinement répondu. 

Dans la huitième séance, maître Jérôme rappela tout ce qui avait été 
fait les jours précédents; néanmoins quelques rabbins se mirent à dis- 
cuter de nouveau sur les matières traitées; enfin, par ordre de notre 
seigneur le Pape, le maître du Sacré-Palais leur répliqua et conclut que 
le Messie était né. 

Dans la neuvième séance, ledit maître Jérôme soutint, sous forme de 
proposition, qu'il allait prouver l'avènement du Messie tant par l'autorité 
du passage « le sceptre ne sera pas ôté de Juda » 7 que par d'autres auto- 
rités auxquelles il ne semblait pas qu'on eût suffisamment répondu et il 
demanda aux Juifs s'ils avaient autre chose à dire, car on les écouterait 
volontiers. Et alors l'un des rabbins fit une nouvelle glose sur ladite 
prophétie et il lui fut incontinent répondu par maître Jérôme. Alors aussi, 
sur Tordre de notre seigneur le Pape, le procureur général de l'Ordre 
des Frères Prêcheurs donna la réplique à ces Juifs, et à ce moment les 
Juifs, en protestant, nièrent tout qu'ils avaient précédemment accordé. 
C'est pourquoi notre très saint seigneur le Pape ordonna que de nou- 
veau ladite discussion fût recommencée et que toutes les thèses 
produites par l'une et l'autre partie fussent consignées en procès-verbal 
(in scriptura publica) et il préposa à cet effet des notaires. 

Dans la dixième séance, maître Jérôme proposa par écrit l'autorité du 
passage « six mille ans », montrant par là que le Messie était venu, 
réfutant ou répondant par des raisons aux réponses que les Juifs pou- 
vaient faire, et dans cette même diète les Juifs opposèrent un autre écrit 
à ce que maître Jérôme avait avancé et y alléguant des prophéties par 
lesquelles, selon leur interprétation, il serait prouvé que le Messie n'est 
pas encore venu. 

Dans la onzième séance, maître Jérôme divisa en six parties la réponse 
des Juifs et il répondit successivement à chacune d'elles. 

1. Isaïe, lxvi, 7. 

2. Geuèse. xi.ix, 10. 



26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Dans la douzième séance, les Juifs répondirent aux réfutations de 
maître Jérôme, et dans cette même diète furent baptisés dix juifs notables 
avec leurs femmes et leurs familles. 

Dans la treizième séance, maître Jérôme réfuta les réponses des Juifs 
et leur répondit en leur donnant point par point à comprendre que leurs 
allégations étaient erronées. 

Dans la quatorzième séance, une déclaration écrite (cédule) fut pré- 
sentée de la part des Juifs, dans laquelle il était dit qu'il leur semblait 
bien avoir suffisamment répondu et ne savoir autre chose et, tout en 
reconnaissant que leur insuffisance ne leur permettait pas de répondre 
davantage, néanmoins ils déclaraient vouloir demeurer dans leur opinion 
et leur croyance. Et ce jour là treize juifs avec leurs femmes et leurs 
familles furent convertis à la foi. 

Dans la quinzième séance, il est question d'une nouvelle preuve faite 
par maître Jérôme d'après six rabbins anciens auteurs du Talmud, comme 
quoi le Messie était déjà venu, et de la réponse des Juifs que les auto- 
rités susdites devaient être considérées comme des opinions personnelles, 
ainsi que de l'ordre de notre seigneur le Pape qu'ils eussent à expliquer 
les susdites figures et à déclarer quel docteur les présentait. 

Dans la seizième séance, il s'agit de la réponse d'un juif aux preuves 
de maître Jérôme. Il déclare qu'il n'est pas tenu d'accorder foi aux 
susdites autorités et il s'efforce de prouver qu'il ne s'ensuit pas que le 
Messie soit venu. 

Dans la dix-septième séance, il s'agit de la division de la réponse des 
Juifs en douze parties, de la preuve faite par maître Jérôme que les 
réponses des Juifs ne portent pas et de la cédule des Juifs déclarant qu'ils 
ne voulaient pas répondre autre chose que ce qu'ils avaient dit précé- 
demment et qu'ils n'en savaient pas davantage. 

Dans la dix-huitième séance, maître Jérôme démontra que le Messie a 
dû venir exactement au temps où eut lieu la passion du Christ et, pour 
en faire la preuve, il allégua trois autorités : la première « car un petit 
enfant est né» 1 ; la deuxième « le sceptre ne sera pas ôté de Juda»% 
et la troisième l'autorité du Talmud disant « on enseigne : dix miracles 
avaient lieu » 3 . 

Dans la dix-neuvième séance, il est question de la faible réponse des 
Juifs aux allégations susdites, et à la fin ils déclarent ne pas en savoir 
davantage. 

Dans la vingtième séance, il s'agit de la réplique de maître Jérôme aux 
susdites réponses des Juifs. Il la divise en douze parties et montre que ces 
réponses ne vont pas au but. 

Dans la vingt et unième séance, il s'agit de la cédule des Juifs déclarant 

\ . Isaie, ix, 5. 

2. Gen., xlix, 10. 

3. Yoma, 39 a-b. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 27 

qu'ils persévèrent dans les réponses susdites et ne savent rien de plus, 
et de la réplique faite à ces mêmes Juifs par maître Jérôme au sujet des 
« semaines de Daniel » l pour confirmer la précédente question. 

Dans la vingt-deuxième séance, on trouve une autre réponse des Juifs 
au sujet de la prophétie des semaines et la réplique de maître Jérôme à 
ladite réponse, qu'il réfute par cinq propositions, et la réponse finale des 
Juifs déclarant qu'ils n'en savaient pas davantage, et pendant que tout 
cela s'accomplissait, plusieurs Juifs furent convertis à la foi. 

Dans la vingt-troisième séance, maître Jérôme fit une harangue sur ce 
texte : « Convertimini filii revertentes. Convertissez-vous, mes fils repen- 
tants*. » Dans cette harangue, il montra la dureté de cœur des Juifs et 
prouva par des raisons certaines que les événements dont les Juifs 
attendent la réalisation selon l'Écriture, comme lorsqu'il est question 
d'« édifier le Temple », de « rassembler le peuple d'Israël » et de « faire 
prospérer Jérusalem », doivent être compris au sens spirituel; il for- 
mula ensuite douze interrogations sur les actes du Messie. 

Dans la vingt- quatrième séance, il est question de la réponse prolixe 
des Juifs, essayant de s'excuser de leur dureté et s'efforçant de prouver 
que toutes les prophéties qui ont trait au Messie doivent se prendre dans 
un sens matériel et temporel, ainsi que de leur réponse aux douze 
interrogations. 

Dans la vingt-cinquième séance, la réponse des Juifs, quoique prolixe, 
est divisée en quatre parties et ce jour-là ils rappellent ce qui avait été 
dit dans la première partie. 

Dans la vingt-sixième séance, il s'agit de la réponse contenue dans la 
seconde et la troisième parties, en enseignant clairement qu'une grande 
partie des prophéties parlant du Messie sont prises au sens spirituel. 

Dans la vingt-septième séance, il est montré que les réponses des 
Juifs aux douze interrogations sont fausses et il est prouvé, au sujet de 
la première, par cinq auteurs, que le lieu de la naissance du Messie était 
la ville appelée Bethléem Ephrata. 

Dans la vingt- huitième séance, il est prouvé par plusieurs auteurs 
notables et par des raisons que le Messie devait naître sans semence d'un 
père charnel et sans corruption de la part de la mère, ce qui est contre 
leur réponse. 

Dans la vingt-neuvième séance, il est prouvé que le Messie doit être 
vrai Dieu et vrai homme, contrairement à leur réponse. 

Dans la trentième séance, il s'agit de l'avènement du Messie qui avait 
à sauver les âmes pour la vie spirituelle, etc., et que, par son avènement, 
le péché de notre premier père fut remis et qu'avant cet avènement 
toutes les âmes allaient en enfer, qu'il (le Messie) devait souffrir la 

1. Daniel, ix, 24. 

2. Jér.. m, 14. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

passion et la mort pour effacer ledit péché, et cependant eux-mêmes 
avaient répondu le contraire dans les interrogations 3, 4, 5 et 6. 

Dans la trente et unième séance, il est fait la preuve que le Messie 
avait à sauver tout le genre humain en général, contrairement à ce que 
ces mêmes Juifs répondent dans la septième interrogation. De même il 
est prouvé que le terme d'« Israël » désigne tout le peuple qui viendrait 
à la doctrine du Messie. 

Dans la trente -deuxième séance, il est démontré que le Messie avait à 
donner une loi et une nouvelle doctrine, contrairement à ce que les 
Juifs eux-mêmes répondent dans la huitième interrogation, et pareille- 
ment que la loi mosaïque n'était ni parfaite ni éternelle. 

Dans la trente-troisième séance, il est prouvé qu'au temps du Messie 
tous les sacrifices d'animaux qui se faisaient anciennement dans le 
Temple de Jérusalem devaient prendre fin, ce qui est contraire à ce que 
les Juifs répondent dans là neuvième interrogation. De même il est 
prouvé que les sacrifices du pain et du vin seulement devaient être 
accomplis de la manière actuellement pratiquée dans la sainte Église 
de Dieu. 

Dans la trente-quatrième séance, il est prouvé que les cérémonies 
mosaïques, comme l'interdiction du levain, le sacerdoce tiré exclusi- 
vement de la tribu de Lévi et autres choses semblables, devaient cesser 
au temps du Messie, contrairement à ce que les Juifs repondirent à la 
dixième interrogation. 

Dans la trente cinquième séance, il est clairement prouvé comment 
cette captivité qui pèse aujourd'hui sur le peuple hébreu n'a pas d'autre 
raison que l'ingratitude et la haine quo. ces mêmes Juifs eurent contre 
le vrai Messie, c'est-à-dire le Christ, ce qui est contraire à ce qu'ils 
répondirent dans la onzième interrogation. 

Dans la trente-sixième séance, il est prouvé que les Juifs ne doivent 
désormais ni acquérir, ni conquérir, ni posséder la Terre-Sainte, contrai- 
rement à ce qu'ils répondirent dans la douzième interrogation. Pareille- 
ment il est démontré que la « Terre » et la « Jérusalem » promises dans 
les prophéties pour l'époque du Messie signifient la gloire spirituelle. 

Dans la trente-septième séance, il s'agit de ce que les Juifs opposent 
aux preuves qui leur ont été présentées les vingt-quatrième et vingt- 
sixième jours, et de quelle manière maître Jérôme y répondit en divisant 
leurs objections en huit parties. 

Dans la trente -huitième séance, comment maître Jérôme réfuta les 
autres objections dans fesdits articles. 

Dans la trente-neuvième séance, comment il est répondu aux Juifs, 
disant qu'après délibération sur les triples explications de maître Jérôme, 
ils ne se soucient pas d'en dire davantage, comme des gens qui n'en 
savent pas plus, s'eff'orçant cependant de contester les preuves et faisant 
divers commentaires sur les textes allégués par maître Jérôme, qui 
annihila les susdites gloses par de multiples raisons. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 29 

• 

Dans la quarantième séance, comment les Juifs s'efforcent de contre- 
dire les allégations faites par maître Jérôme dans la deuxième interro- 
gation en faisant des gloses fausses sur les prophéties, et comment 
maître Jérôme les détruit par des raisons suffisantes. 

Dans la quarante et unième séance, comment les Juifs essaient de 
contredire les allégations de maître Jérôme dans sa troisième interroga- 
tion et comment il répondit de façon satisfaisante à leurs arguments et 
a leurs doutes. 

Dans la quarante-deuxième séance, comment les Juifs s'efforcent de 
contredire les allégations de maître Jérôme dans les quatrième, cinquième 
et sixième interrogations, contradictions que maître Jérôme réfuta par de 
suffisantes raisons. 

Dans la quarante-troisième séance, comment les Juifs essaient de 
contredire les allégations de maître Jérôme dans les septième et huitième 
interrogations et comment il réduisit à néant leurs raisons. 

Dans la quarante- quatrième séance, comment les Juifs s'efforcent aussi 
de contredire les allégations faites par maître Jérôme dans les neuvième, 
dixième, onzième et douziè-me interrogations et comment ce même 
maître Jérôme les réfuta par des raisons de nécessité. 

Dans la quarante-cinquième séance, il s'agit de la réponse que don- 
nèrent les Juifs, déclarant qu'après avoir délibéré sur les triples explica- 
tions présentées par maître Jérôme dans la douzième interrogation, ils 
n'avaient pas l'intention d'en dire davantage, comme des hommes qui 
croyaient avoir bien répondu et qui ne savaient rien de plus là-dessus. 

Dans la quarante-sixième séance, comment maître Jérôme, par ordre 
de notre Seigneur le Pape, rappela les raisons et les autorités émises, par 
lesquelles il avait été prouvé que le Messie était déjà venu, en tirant 
finalement des conclusions point par point. 

Dans la quarante- septième séance, comment maître Jérôme acheva de 
mettre point par point lesdites conclusions, requérant les Juifs de donner 
quelque raison, s'ils en avaient, ou de reconnaître qu'ils étaient vaincus. 
Il requit également qu'il fût fait un j>roeès-vcrbal (pubtica scriptura) 
sans commentaire (nude). 

Dans la quarante-huitième séance, comment notre seigneur le Pape 
ordonna de réunir toute sa curie et teus les rabbins et leur déclara de 
quelle manière, dans les deux dernières diètes, un compte rendu avait 
été établi de tout ce qui s'était passé, et, comme Sa Sainteté demandait aux 
Juifs s'ils voulaient répondre encore, que tous répondirent négativement, 
à l'exception de Rabbi Ferrer, Rabbi Mathatias et Rabbi Astruch, aux- 
quels il avait fait donner une copie de ces actes pour leur permettre de 
sortir du doute et d'arriver à la certitude, à l'effet de quoi il avait 
spécialement député des prélats. De même il désigna certains professeurs 
en Saintes Écritures pour instruire les Juifs qui avaient déclaré ne pas 
vouloir discuter davantage, car ils ne savaient rien de plus. 

Dans la quarante- neuvième séance, il s'agit d'un certain texte écrit que 



30 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Habbi Ferrer et ttabbi Mathatias avaient dernièrement présenté contre les 
allégations faites par maître Jérôme soutenant que le Messie était déjà 
venu et où il est fait opposition aux textes sur les « six mille ans » et les 
« quatre-vingt-cinq jubilés », en se tondant sur certaines raisons et 
objections contre ce même maître Jérôme et en faisant surlesdits textes 
des gloses erronées et artificieuses. 

Dans la cinquantième séance, comment maître Jérôme, pour montrer 
les artifices et pour anéantir les raisons et objections faites par les deux 
susdits rabbins, établit une supposition préalable et ensuite divisa tout 
ce qu'ils avaient dit en trois parties, et, dans cette séance, il réfuta la 
première partie par des raisons très suffisantes. 

Dans la cinquante et unième séance, il est traité des raisons que maître 
Jérôme présenta contre la seconde partie susdite en réfutant les trois 
objections faites par eux. 

Dans la cinquante-deuxième séance, comment maître Jérôme démontra 
rationnellement l'artifice et la fausseté contenus dans la troisième partie, 
à savoir dans les gloses faites par ces deux rabbins sur les deux textes 
susdits. 

Dans la cinquante-troisième séance, comment Rabbi Astruch présenta 
un cahier contenant huit points, mais commença à parler et à établir 
devant notre seigneur le Pape et sa curie le troisième point, car les deux 
premiers ne touchaient pas à la matière de la discussion papale, et com- 
ment maître Jérôme répondit audit point. 

Dans la cinquante quatrième séance, comment ledit rabbin Astruch 
développa le quatrième point de son cahier et comment maître Jérôme 
lui répondit. 

Dans la cinquante-cinquième séance, comment maître Jérôme répondit 
à quelques raisons qui restaient du quatrième point. 

Dans la cinquante- sixième séance, comment ledit rabbin énonça les 
cinquième, sixième, septième et huitième points de son cahier. 

Dans la cinquante-septième séance, comment maître Jérôme réfuta les 
quatre derniers points dudit rabbin, réduisant à néant toutes ses paroles 
et démontrant les artifices qu'elles contenaient et attaquant une fausse 
figure que le susdit rabbin avait employée dans son septième point. 

Dans la cinquante-huitième séance, comment ledit rabbin énonça les 
deux premiers points qu'il avait mis de côté et maître Jérôme réduisit à 
néant toutes ses raisons et démontra rationnellement qu'on avait bien 
conclu sur le sujet principal, qui est que le Messie est déjà venu. 

Dans la cinquante-neuvième séance, comment le rabbin Ferrer, contre 
les raisons que maître Jérôme avait établies dans les diètes précédentes, 
présenta un cahier dans lequel il posait dix conclusions et six arguments, 
et il se fondait principalement sur cette affirmation que le Messie n'est 
pas encore venu et que c'est là un article de la foi juive ; et, étant accordé 
pour autant que les autorités alléguées par maître Jérôme démontraient 
que le Messie était déjà venu, il n'en est pas moins vrai qu'elles ne 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 31 

devaient pas être ainsi comprises, mais au contraire que l'on doit les 
interpréter de telle sorte qu'elles ne se trouvent pas en opposition avec 
l'article susdit. 

Dans la soixantième séance, comment maître Jérôme, en répondant 
audit rabbin Ferrer, tit deux choses : premièrement, en montrant une 
variation de ce rabbin et des autres dans toutes les controverses qu'ils 
soutinrent, en dénonçant deux procédés fallacieux ou équivoques dont le 
susdit rabbin s'est servi dans son cahier en question. De même il relève 
une conclusion sur laquelle ledit rabbin fonde tout son raisonnement 
écrit, qui consiste à attendre le Messie aussi longtemps que les Juifs sont 
maintenus en captivité et à y voir un article de la loi mosaïque. En 
outre, maître Jérôme établit huit raisons très authentiques pour prouver 
que ladite conclusion du rabbin Ferrer, de la manière dont il la com- 
prend ou la soutient, est fausse, mais que, néamoins comprise de telle 
façon qu'elle tournerait à l'avantage de la foi catholique, elle pourrait 
être vraie et alors ce serait la démonstration de la thèse opposée à celle 
à l'appui de laquelle ledit rabbin Ta alléguée. 

Dans la soixante et unième séance, comment maître Jérôme fit certaines 
distinctions sur les termes « foi », « écriture » et « article (de foi) » et 
répondit en particulier à chacune des dix raisons et à chacun des six 
arguments dudit rabbin. De même il démontra l'artificieuse perfidie dudit 
rabbin au sujet des textes des « six mille années » et des « quatre-vingt- 
cinq jubilés ». 

Dans la soixante-deuxième séance, comment maître Jérôme, sur l'ordre 
de notre seigneur le Pape, en sa présence et celle de sa sainte curie, les 
Juifs étant présents, résuma tout ce qui s'était passé à partir du jour où 
avait été commencée la discussion ou information jusqu'à ce jour, de 
diète en diète, et aussi les douze interrogations qu'il avait posées aux 
Juifs, et comment alors une grande multitude de Juifs se convertit à la 
sainte foi catholique. 

Dans la soixante-troisième séance, comment maître Jérôme allégua 
certains textes contenant des choses vaines, scandaleuses et hérétiques 
dans le Talmud [Talmut), requérant contre les rabbins, s'ils étaient 
capables d'excuser de telles choses, de le faire, à défaut de quoi ledit 
Talmud devait être condamné; et ils nièrent que l'on dût ainsi les 
prendre à la lettre comme il le soutenait, et alors notre seigneur le Pape 
ordonna d'apporter les volumes dudit Talmud devant lui, et maître 
Jérôme montra aux Juifs dans les textes tout ce qu'il avait allégué. 

Dans la soixante- quatrième séance, comment, de la part de tous les 
Juifs, à l'exception de Habbi Ferrer et de ttabbi Jucef Albo, il fut donné 
une certaine déclaration (cédule), dans laquelle il était dit qu'en raison 
de leur insuffisance, ils ne savaient pas répondre ni excuser d'aucune 
manière de telles abominations dudit Talmud. 

Dans la soixante-cinquième séance, comment notre seigneur le Pape 
fit une très sainte et miséricordieuse exhortation, après quoi maître 



32 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Jérôme, ayant fait lui-même une certaine harangue sur ce thème : 
«Cherchez le Seigneur pendant qu'il peut être trouvé 1 », fit aussi un 
compte rendu sommaire de toute la procédure passée, tant au sujet des 
preuves du Messie que des abominations du Talmud, et qu'à ce moment-là 
le rabbin Jucef Albo et le rabbin Astruch présentèrent un écrit en défense 
desdites abominations, auquel écrit répondit de façon suffisante le révé- 
rend maître André Bertrandi, aumônier dudit notre seigneurie Pape, et 

alors maître Salomon, juif, rabbin de l'aljama de (aljainœ Dertu- 

sensis) présenta certaines raisons en s'efforçant de défendre ledit Talmud. 

Dans la soixante-sixième séance, comment maître Jérôme répondit à 
certain écrit (cédule) qui avait été présenté par la communauté des Juifs, 
dans lequel il était dit que les compilateurs du Talmud étaient des 
hommes de science et de bonne vie et lui même démontre que le con- 
traire était la vérité, en prouvant qu'ils étaient ignares et comment ils 
commettaient tous les sept péchés mortels, et le même maître Jérôme 
présenta sept raisons remarquables contre les affirmations de maître 
Salomon, concluant efficacement de ces raisons la même chose. 

Dans la soixante- septième séance, il s'agit d'un certain colloque que fit 
maître Jérôme, par ordre de notre seigneur le Pape, en forme de narra- 
tion et de monition. Alors le rabbin Astruch, au nom de tous les Juifs, 
présenta une déclaration écrite (cédule), dans laquelle il était dit qu'ils 
ne savaient défendre lesdites abominations et qu'ils n'y ajoutaient pas 
foi. Et tous les Juifs affirmèrent qu'ils étaient d'accord dans ladite 
réponse, à l'exception de deux Juifs, savoir Ferrer et Jucef Albo. 

Dans la soixante-huitième séance, comment, de la part de tous les 
Juifs et à leur place et an nom de leur communauté, fut présentée ladite 
déclaration écrite (cédule) en la ville de San-Mateo, audit notre seigneur 
le Pape, en présence des seigneurs cardinaux et des autres membres de 
la curie, selon la coutume, et comment, en cette circonstance, notre 
seigneur le Pape ordonna de publier, en présence de tous les Juifs, une 
« Somme » rédigée pour eux contre le Talmud, et avec elle, en même 
temps, d'autres Constitutions établies par Sa Sainteté au sujet de la 
manière de vivre des Juifs et de leurs relations avec les chrétiens. 

Dans la soixante-neuvième séance, il fut question du titre et de la 
teneur desdites Constitutions et de ladite Somme. » 

3° Les feuillets 7 à 198 vo contiennent le rapport étendu sur les 
soixante-neuf séances, vraisemblablement rédigé par Gardas 
Alvarez de Alarôn, notaire du colloque. 

4° Sur les feuillets 198 vo à 203 se trouve la Constitution bien 
connue « Et si doctoris genlium », du 11 mai 1415, dont les 
décrets représentent le fruit d'un laborieux travail. 

1 . Isaïe, lv, 63. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 3S 



III. — Jérôme de Sainte-Foi. 

Josué ben Joseph ibn Vives ha-Lorqui, connu plus tard sous le 
nom de Geronimo de Santa-Fe, médecin attaché à la personne de 
l'antipape Pedro de Luna ou Benoît XIII (1394-1417), avait écrit, 
étant juif, un ouvrage contre le christianisme, qu'il adressa à 
Salomon ha-Lévi (Paul de Santa-Maria) de Burgos. Cet écrit est 
suffisamment connu sous le titre de «Lettre de Lorqui »*. 

Dans cet ouvrage, Josué Lorqui exposait à son maître Pablo huit 
objections contre le baptême de ce dernier : 1° le Messie doit 
appartenir à la descendance de David ; 2° il doit être roi ; 3° Jéru- 
salem doit être rebâtie ; 4° la terre doit être remplie de la connais- 
sance de Dieu ; o° le Temple et le sacerdoce doivent être restaurés; 
6° le don de prophétie doit se manifester; 7° la paix doit régner 
sur la terre ; 8° la guerre de Gog doit avoir eu lieu. 

Paul de Santa-Maria fit à son élève une courte réponse sans 
entrer dans l'examen détaillé de ces objections, mais il lui conseilla 
d'entreprendre une étude plus approfondie de l'essence et de la 
doctrine du christianisme 2 . 

Joseph Albo, dans ses lkkarim (1,24, au commencement), donne 
un extrait de l'écrit de Lorqui (= p. 17, éd. Anvers), sans nommer 
l'auteur. Par contre, Joseph ben Ghemtob (1450-1480) cite avec 
éloge fauteur et son œuvre dans son commentaire de la fameuse 
lettre de Profiat Al tehi ka-abotékha 3 . 

Jérôme reçut le baptême des mains de Vincent Ferrer, à la 
canonisation duquel un témoin fit valoir comme mérite spécial la 
conversion de Lorqui à Alcahiz. Ce fait est rapporté par Fages 
(l. c., II, 29). D'après le même auteur, Vincent Ferrer arriva à 
Tortose le 20 janvier 1414. A la conférence à laquelle il assista, 

1. "»pmbn yTDlïT 'n arû. Ms. Bodl., n°2218*; ms. Halberstam, n° 145, actuel- 
lement au Jews' Collège de Londres ; ms. Codex Warner, n° 64, et ms. Codex 
Scaliger, n° 10. Ed. Metz, 1849, et Anvers, 1906. 

2. naittJn, éd. Geiger, dans le Oçar Nehmad, Vienne, 1857, II, 5-6. La signature 
est piquante : mbb fini! *piZ5fin btD iblOB D lia 73 1HN "JHD "priai DN3 

irrampa tmpnïib -ipii: miDB TnbN aiaa mtob "p-ina rrnn rrnm marc 
itjt w* n a nnyï "nb n»b«3 bN y-p Nb ba-nz^a o^asb ."pria bv 

3. Ms. Laurenziana Pluteo 88, Codex 14 : -»pmbN ODnn ^11 HT "pi b:n 

ma wn» maarra îyb* ^nia rra ^ob nwyv marn . 

T. LXXIV, .n u 147. 3 



34 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Lorqui parla de lui dans un discours comme d'un champion du 
christianisme. Il s'exprima ainsi 1 : 

Au temps futur, c'est-à-dire du Messie, Dieu devait donner de sa 
propre bouche une loi de grâce, une loi de joie, une loi perpétuelle, une 
loi qui, jusqu'àmaintenant, serait de la part des nations la moins livrée 
à l'oubli. 

Car il est certain que, pour affirmer cette conclusion si vraie, on a les 
preuves du Nouveau Testament et d'autres encore tirées des paroles des 
docteurs catholiques les plus authentiques que vous entendez chaque 
jour et que, sous la conduite de Dieu, vous entendrez de la bouche du 
très vénérable, très illustre et religieux dominicain, mon très distingué 
Frère Vincent, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, ici présent, et aussi de la 
bouche de beaucoup d'autres pères et maîtres renommés dans l'art de la 
prédication et la science théologique. 

Quant à moi, j'ai voulu seulement vous fournir en cela des informa- 
tions par les autorités de vos rabbins talmudistes, en mettant fin à cette 
huitième interrogation. 

Dans le Sépher ha-Pikkourim, que Jérôme écrivit en 1412 pour 
la défense du christianisme, toutes les aggadot susceptibles de 
recevoir une interprétation chrétienne sont empruntées au grand 
ouvrage Pugio Fidei, de Raymond Martini. Voici le contenu de 
ce traité divisé en douze chapitres ; nous en avons déjà traduit 
plus haut la table des matières d'après le manuscrit A. Epstein. 

Chapitre premier. — La différence entre les juifs et les chrétiens consiste 
dans la croyance à la venue du Messie. Les disciples de l'Evangile, aussi 
bien que les sectateurs du Talmud, a) croient aux vérités de la ïora et 
des Prophètes ; b) ont comme article de foi la croyance en la rédemption 
messianique ; c) s'accordent à reconnaître que le Messie doit appartenir 
à la descendance de David. Mais a) les juifs prennent des lois, d'après le 
Talmud, le côté extérieur, tandis que les chrétiens s'attachent au sens 
intime, conformément à l'enseignement de Jésus et de ses disciples ; 
b) les juifs nient l'avènement du Messie au temps d'Hérode, quarante ans 
avant la destruction du Temple. Les juifs prétendent a) d'après Isaïe, 
lix, 20, que le Messie doit délivrer Israël, b) d'après Isaïe, xl, 11 et lxvi, 
20, qu'il rassemblera Israël à Jérusalem ; c) d'après Zach., vi, 12, qu'il 
reconstruira le Temple; d) d'après Deutér., iv, 2 et Malachie, m, 22, qu'il 
ne changera rien à la Loi. Cependant Maïmonide 2 prenait déjà au sens 
figuré les descriptions dont il s'agit et, d'après Rachi 3 , Jérusalem est la 

1. Ms. Vat., n° 4069, 82 v°. 

2. Michné Tora, H. Techouba, vin, 4. 

3. Sanhédrin, 91b., s. v. 3^30. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 3o 

Cit^ céleste. D'après Beréchit rabba [de Moïse Hadarchan] 1 , Sion, dans 
Isaïe, li, il, est le paradis. Sous le nom d'Israël il faut entendre les 
prosélytes, d'après la Mekhilta {Michpalim, 18) et Abot de Rabbi 
Nathan (chap. xxxvi) ; c'est aussi l'interprétation de Rachi (sur Isaïe, 
xliv, 5). 

Jésus fut le Messie pour vingt-quatre raisons : 1° il a paru au temps 
prédit ; 2° il est né à Bethléem; 3° il est né d'une vierge ; 4° il était le iils 
de Dieu ; 5° il était PHonime-Dieu ; 6° les rois de l'Orient sont venus 
l'adorer ; 7° le précurseur, dans sa prédication au désert, a annoncé à 
l'avance sa venue; 8° depuis Adam jusqu'à son avènement toutes les 
âmes allaient en enfer; 9° il devait apporter la vie éternelle et non 
s'occuper des corps; 10° pour opérer la rédemption, il a subi la passion 
et la mort; 11° il est ressuscité au bout de trois jours et est monté à la 
droite de Dieu ; 12° peu de temps après son avènement le Temple a été 
détruit et Israël est parti en exil; 13° Israël, pour l'avoir renié (d2n rifctt©, 
Odium gratis), a été déporté; 14° Jésus a donné une nouvelle loi; 15° tous 
les sacrifices ont pris fin, à l'exception de celui du pain et du vin ; 16° les 
aliments défendus ont été permis; 17° le culte des idoles a disparu; 
18 J des peuples nombreux ont formé, avec une partie d'Israël, un peuple 
nouveau ; 19° un nouveau sacerdoce s'est constitué; 20° Jésus a accompli 
de grands miracles; 21° il s'est présenté sous les apparences de l'humi- 
lité et de la pauvreté ; 22° la rédemption procure, depuis lors, le bap- 
tême du Saint-Esprit; 23° le ciel, depuis lors, est sourd aux prières des 
juifs ; 24° les portes de la conversion leur demeurent cependant ouvertes. 

Les preuves tirées des Prophètes sont données, dit l'auteur, d'après 
le Talmud et le Midrach, ainsi que d'après les interprétations d'Onkelos, 
de Jonathan ben Ouziel, de Rachi, d'Ibn Ezra, de Maïmonide et de Nah- 
manide, qui font autorité pour les juifs. 

Chap. II. — L'avènement du Messie a eu lieu peu de temps avant la 
destruction du Temple : 

a) d'après Malach., m, 1 ; b) Isaïe, lxi, 4, voir là-dessus R. Moïse 
Hadarchan 2 et la Vulgate ; c) Zach., m, 3, qui a vécu il y a plus de 
1.700 ans, tandis que Balaam (Nombres, xxiv, 17) a prophétisé au 
sujet de David 400 ans à l'avance ; d) Isaïe, ix, 5, d'après Ekha rabba, 
introduction 3 , et Sanhédrin, 94 a ; le mem fermé dans le mot timnb 
est une allusion à la naissance virginale, tandis que D, comme valeur 
numérique (600), indique l'époque de la venue du Messie. En effet, 
depuis la quatrième année d'Achaz, où Isaïe prophétisa, jusqu'à Sédécias, 
180 années se sont écoulées; l'exil à Babylone dura 70 ans; la durée du 

1. Pugio fidei, p. 605. 

2. Pugio, 285. 

3. Ibid., 529. 



36 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

second Temple fut de 420 ans, ce qui fait au total 670 années; or, Jésus 
est apparu 40 ans avant la destruction du Temple, soit 630 ans après 
l'oracle du prophète. Le Midrach Tehillim sur le Psaume x et R. Moïse 
Hadarchan sur Genèse, xliv, 18 *, parlent de trois ans et demi pendant 
lesquels la Chekhina devait résider sur le Mont des Oliviers, ce qui cor- 
respond à la demi-semaine d'années de Daniel (ix, 27) ; pareillement 
Jésus reçut le baptême à l'âge de 30 ans et son ministère en Galilée et 
sur le Mont des Oliviers dura trois ans et demi. D'après Aboda Zara, 9a, 
et Sanhédrin, 91a, la durée du monde est de 6.000 ans (suivis de 
1.000 ans de chaos), soit 2.000 ans pour le règne du chaos, 2.000 ans 
pour le règne de la Loi et 2.000 ans pour le règne du Messie. D'après 
SanJi., 97 b, le monde compte 85 périodes jubilaires et, dans la dernière, 
le Messie apparaît ; le Christ a été mis à mort vers l'an 4000, 250 ans 
plus tôt par un effet de la miséricorde divine (Isaïe, lx, 22). La captivité 
en Egypte devait aussi se prolonger pendant 430 ans (d'après Genèse, xv, 
13; Exode, xn, 40), mais, en réalité, elle ne dura que 210 ans 2 . Même les 
70 ans de Jérémie, partant de l'exil à Babylone (Jér., xxv, 11-12), ont été 
abrégés, ce qui explique l'erreur de Daniel (ix, 2, 24-27) 3 . D'après le 
Talmud de Jérusalem (Berakhot, 5 a) et Ekha r. sur i, 16 \ le libérateur 
Menahem ben Hizkia serait né le jour de la destruction du Temple, ce 
que Beréchil rabba [de R. Moïse Hadarchan] déduit aussi d'Isaïe, lxvi, 7 5 . 
— Yoma, 21 a et 39 a 6 parle de la cessation des marques de la faveur 
divine dans le Temple quarante ans avant sa destruction. C'est à cette 
époque que le Sanhédrin (d'après Sanh., 41a, Ab. Z., 8 b) 7 quitta la 
« salle des pierres de taille », ce qui correspond au commentaire de 
R. Moïse Hadarchan sur Genèse, xlix, 10 8 , concernant la disparition du 
sceptre de Juda. La connaissance de la venue du Messie était si répandue 
que Rabbi Akiba salua Bar Koziba comme le Messie (Sanhédr., 87 b ; 
j. Taamth, iv, 8, p. 68 a"; Ekha r., n, 4) 9 . Mdïmonide, Melakhim, xi, 3 10 
parle de ce grand docteur de la Michna comme s'étant trompé au sujet 
du pseudo-Messie « le roi Ben Koziba », qui fut mis à mort. La vision des 
70 semaines de Daniel (ix, 24) se rapporte, d'après Nahmanide, à celui 
des descendants de David qui sera oint, ce que confirme R. Moïse 
Hadarchan sur Genèse, xiv, 18 n . Le Séder Olam rabba, vers la fin 1 *, 



1. 


Pugio, p. 848. 


2. 


Genèse rabba, xcxi, 2, 


3. 


Megiiilla, 12 a. 


4. 


Pugio, 348 et 349. 


5. 


Ibid., 349, 350. 


6. 


Ibid., 3G9 et 371. 


7. 


Ibid., 314. 


8. 


Ibid., 313, 854 et 872. 


9. 


Ibid., 320 et 326. 


10. 


Ibid., 320. 


11. 


Ibid., 285. 


12. 


Ibid., 272. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 37 

Saadia 1 et Ibn Ezra 1 ont traité des 490 années qui s'étendirent jusqu'à 
la destruction du Temple. Nicolas de Lyre, dans sa Postille sur Daniel, 
donne de complètes explications là-dessus. 

Chap. IIJ. — Le lieu de naissance du Messie a été Bethléem, d'après 
Michée, v, i, voir Targoum de Jonathan et Rachi 3 , ce que Beréchit 
rabba [de R. Moïse] 4 atteste comme un fait. Gela concerne sa nature 
humaine, car, quant à sa nature divine, il était un être éternel, d'après 
Psaume, lxxii, 17, et, là-dessus, le Targoum de Jonathan (!). 

Chap. IV. — Le Messie devait naître d'une vierge, a) d'après Jérémie, 
xxxi, 20-21 ; b) R. Moïse Hadarchan sur Genèse, xli, 1 5 ; c) Isaïe, ix, 5, à 
cause du D fermé dans nmnb ; cl) Ezéchiel, xliv, 1-2, qui, sous l'image 
de la porte du sanctuaire demeurée fermée, parla du sein virginal de la 
mère du Messie, Jérusalem, c'est l'Église chrétienne des croyants; le 
Temple, c'est le sacerdoce chrétien ; la porte fermée que seul le Dieu 
d'Israël franchit, c'est le corps de la mère de Dieu, qui a conçu par 
l'opération du Saint-Esprit; e> Isaïe, vu, 14. Il est vrai que, contre l'in- 
terprétation de cette dernière prophétie, les juifs ont formulé trois 
objections, à savoir : a) que le signe donné au prophète ne pouvait pas 
se rapporter à un événement qui a eu lieu 500 ans plus tard ; b) qu'il est 
ici question d'une !i?2by et non pas d'une ribim, et enfin c) que Jésus 
ne s'appelait pas Emmanuel. Mais les mots !T»3>5, nbin:: et TV2by sont 
synonymes : m#3 désigne une jeune personne jusqu'à l'âge de quinze 
ans, qu'elle soit femme ou vierge ; nbinn est une vierge, même jusqu'à 
l'âge de 80 ans, tandis que rroby, qui dérive de la race Db^D, « être 
caché », constitue la meilleure désignation pour la sainte Mère. Ce n'est 
point à Achaz lui-même, mais à la maison royale de David que s'adres- 
sait la prophétie. Ezéchias, d'après Isaïe, vu, 1, II Rois, xv, 37, xvi, 2, 5, 
xvni, 2, avait déjà 13 ans à cette époque. Il est vrai que le nom du Christ 
fut Yéchoua, mais le Messie portait plusieurs noms. Jacob l'a appelé 
Chilo (Genèse, xlix, 10) ; David (Ps., lxxii, 17), « Yinnon » ; Jérémie 
(xxui, 7), « Adonaï Cidkénou » ; Isaïe (ix, 5) lui donne huit noms diffé- 
rents. Emmanuel désigne sa double nature : wy sa nature humaine, et 
TN sa nature divine. Le signe s'étendait jusqu'au cheol (Isaïe, vu, 11), 
que saint Jérôme a traduit exactement 6 . Rachi voyait aussi dans ce 
passage la résurrection de l'époque messianique. Si le signe miraculeux 
en question n'était pas autre chose qu'une naissance humaine, les méde- 
cins et astrologues, qui ne sont pas des prophètes, en pourraient prédire 

1 . Emounot, vin. 

2. Sur Daniel, ix, 24. 

3. Pugio. 526. 

4. Ibid., 349. 

5. Ibid.. 354 et 755. 

6. In profundum inférai. 



38 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de semblables. Comme Maïmonide {More, II, 1) Ta fait observer, si, dans 
la nature, on étudie un corps composé et môme un seul élément de 
celui-ci, on peut en déduire l'existence du second élément de la combi- 
naison. Nous devons notre existence à l'union de l'homme avec une 
femme, mais celle d'Adam ne procédait d'aucune association préalable 
de ce genre et celle d'Eve procède de l'homme uniquement; on peut 
donc conclure logiquement à la possibilité d'une naissance provenant de 
la femme seulement, et c'est celle du Messie. 

Chap. V. — Le Messie était le Fils de Dieu et en même temps Dieu fait 
homme, d'après sa double nature. Selon R. Moïse Hadarchan sur Genèse, 
xxxvir, 22 l , le Messie devait être sans père, comme un orphelin. D'après 
Chir. r., m, 2 2 , rrabiB désigne la divinité, un (m, 11), la communauté 
juive et la couronne dont la mère orna son enfant, le corps humain. Le 
Midrach Tehillim sur le Ps. iv, 2 3 parle de l'absolution du péché de 
David par le Salomon futur, le Messie. Le Midrach Ruth sur iv, 19* 
s'occupe du nom étranger du Messie, et le Beréchith rabba zoutta sur 
Genèse, xix, 32 5 , de la même question dans la prophétie des filles de 
Loth. En effet, le Messie descendait de Ruth la Moabite et de Naama, 
mère de Roboam (I Rois, xiv, 31). C'est pourquoi R. Moïse Hadarchan sur 
Genèse, xl, 9 6 appelle aussi le Messie une plante céleste. Le Midrach 
Tehillim, sur Ps., u, 8 7 , trouve le dogme du Messie dans la Loi (Exode, 
iv, 22), dans les Prophètes (Isaïe, lu, 13, et xlii, 1) et dans les Hagio- 
graphes (Ps., ex, 1-3, et Daniel, vu, 13), tous ces passages se rapportant à 
l'homme Dieu, nn dans le psaume n, 12, c'est, d'après Ibn Ezra, le Messie, 
alors que le verset précédent nomme Dieu 8 ; une explication analogue 
se trouve dans le Midrach Tehillim sur ii, 7. Genèse rabba major sur 
Genèse, xlii, 6* parle de dix souverains universels : Dieu comme Créa- 
teur, Nemrod, Joseph, Salomon, Nabuchodonosor, Darius le Mède, Cyrus, 
Alexandre de Macédoine, Auguste, César de Rome ; enfin le Messie qui 
rend à Dieu l'empire du monde ; le premier et le dernier souverain, c'est 
Dieu. D'après Sanhédrin, 38 a, sur Isaïe, vm, 13-17 ,0 , le Messie devait 
paraître après la cessation de l'exilarcat de Babylone et du patriarcat de 
Palestine. « Adonaï Cebaot », selon ce prophète, désigne le Messie, le 
u Sanctuaire d'Israël ». Que la rédemption future doive être accomplie 

i. Pugio, 759. 

2. Ibid., 698. 

3. Ibid., 699. 

4. Ibid., 354. 

5. Ibid. 

6. Ibid., 538. 

7. Ibid., 527. 

8. Ibid., 887. 

9. Ibid., 397. 
10. Ibid., 343. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 39 

par Dieu lui-même, c'est ce qu'on lit dans le Midrach Tehillim sur 
Ps., xxxvi, 10 f . Selon le Tanhouma (Aharè, 12), sur Isaïe, xlv, 17, et 
Deutér., xxxin, 29 2 , Israël ne pouvait être racheté que par Dieu lui- 
même. D'autre part, le Sifra (Behoukotaï, ni, 1) sur Lévit., xxvi, 12 3 , 
nous montre Dieu cheminant sur terre à l'époque du Messie, de même 
que, d'après Taanit, Ma 1 *, il visite les justes dans le paradis. 

Chap. VI. — L'hommage rendu au Messie par les rois de l'Orient était 
déjà figuré par la visite des anges à Abraham (Gen., xviii, 2). Quant aux 
dons des peuples au Messie, voir Berêchit rabba zoutta sur Gen., 
xxxiii. 11 3 , le Midrach Tehillim sur Ps., lxxii, 3 6 , Moché Hadarchan 
sur Gen., xxv, 6 7 . Enfin, Isaïe, lx, 6, Jér., xxm, 6, et Isaïe, lx, 2-3 
concordent tout à fait avec Matthieu, h, 1-8. 

(A suivre.) 

Ad. Posnanski. 



1. 

2. 

3. 


Pugio, 641. 
Ibid., 643. 
Ibid., 732. 


4. 
5. 

6. 

7. 


Ibid., 733. 

Ibid., 771. 

Ibid. 

Ibid. (Ms. de Prague, 63 6) 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 



SUITE ET FIN 



N° 30, 1. 1, lire : NrD-iTNtm (en un mot) « de N » 2 . 

L. 3-o, lire : èov ampa (4) tmsnn fctt&Wtf '"di ama^T jcittin je 
(!) N-wa&rn ^c^a (!) "pnm-n TanNn «arb (!) rrns N'tm N^a> NmanoNn 
1» "piz^a "pan l'a Nï["n]é3 «aim p *rao (5) wab-n V 2 ('•) «maRï 
NmaiiST (!) antt&rn. — fc«Ka\y n'est pas une faute dittographique 
pour W* (M.), mais signifie « qui a l'œil grand », ainsi Ket., 61 a, 
^Ty "^n « des enfants qui ont de grands yeux », comme Ma^ia 
« qui a de grandes dents » dans Ber., 36a et passim, Rab Hay 
Gaon dans Teschoubot ha-Gueonim, éd. Harkavy, n° 405, p. 214 3 . 

— arrb rrnD « au milieu du cœur » est pour aarb maa, comme 
-naiss ci-dessus, n° 8, 1. 12. Celte graphie est fréquente dans le 
néo-araméen de Tiâri (Lidzbarski, Z. f.'A., IX, p. 234). — twntj 
« secrètement » est le persan duzdidah, « furtim », Vul., I, 847. 

— •pnrrm est une erreur pour ■prrm. — jcna&rn (ou an^ann) est 
pour anawin. — «rnaaT est pour NmriNT (ce mot est expliqué ainsi 
par M.). — NEb-n est sûr; cf. n° 39, 1. 9-10 : «nawi Tnbiaa }arpDy 
t^i-'TjN-'-i r-naanTnan £^yb f^Tabnn rrbaoTaana'i ^aan KnaraNO. 

— "pan, pluriel de aran, existe en talmudique, syriaque, man- 
déen, et signifie « image, similitude », ici « déguisements »; voir 
aussi plus bas sur Lidzbarski, p. 109, 1. 3. 

De la dernière ligne illisible on peut distinguer à peu près : 
arna*mao Nmrtai v a«a"inaH "pain ara-n a*îa*~! , le tout incertain. 

1. Voir Revue, t. LXXIII, p. 27. 

2. tfrna* est douteux; la seconde lettre ressemble à un 3 ou à un 3. Pour 
n.im on peut aussi lire im et -*irn ou ~nm et le T est, en tout cas, plus 
vraisemblable; après la quatrième lettre, qui est illisible, on voit encore ,"*n. 
Sur ,T1 ,-im hm) cf. n° 26, 1.4. Pour "nitt^O, I. 2, on peut lire au moins aussi 
bien "n37ûlD, comme dans le n° 35, 1. 7. 

S. Cf. J. N. Ëpstein, Der Gaonàische Kommentar, p. 56. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 41 

Les d os 31 à 37 sont écrits dans récriture que l'on peut appeler 
araméo-manichéenne (voir M., p. 34), et qui est aussi celle d'Ellis, 
n° 6 La yard, p. 521, voir plus bas; le fac-similé ne donne pas 
une copie exacte). Le texte publié parMontgomery dans J.A. O.S., 
1912, p. 434 et suiv., présente aussi la même écriture. C'est l'écri- 
ture ô#ô///o-araméenne dont se sont servis tous les non-chrétiens, 
depuis les Araméens payens (n° 36-37) et Manichéens (textes 
turco-manichéens 1 ) jusqu'aux Juifs de Babylonie. C'est ainsi que 
Rab Hay Gaon (mort en 1038) mentionne à côté de l'écriture 
syro-nestorienne, qu'il désigne comme une écriture particulière 
des Chrétiens de Babylonie («inra -«0-110 nnsi ^omo ymb 
basa D^-îXa Ta vû53 dans Teschoubot, éd. Harkavy, p. 230, 
n° 437; Geonica de Ginzberg, p. 174), une écriture spécialement 
babylo-chaldéenne, qu'il appelle « notre écriture araméenne » 2 ; 
Un acte de divorce doit être écrit régulièrement ntii (sic) "pioba in 

3PDD IN "«OIS 31153 3PD3U5 ^D 0$ E|N1 P^73"IN "JlUîba 7P3 fittbWï 

nai fron mwia ïircbi "^ana ap (hébreu carré) nnay sm "OT 

(1. 3PD) a"PD 8im ^33 (1. ^D"11D 3 ) "WS 3Paa 3^PD m H (= "Wl) 

3ns Ninïï ^-noa "^baa 3P3 iN r-PEnan ^ai»b?a nn^b 
mrr -noa ca Tabss mina (Teschoubot, Harkavy, n° 255, p. 129). 
L'écriture seule ne peut donc pas encore déterminer la natio- 
nalité du morceau. Un Juif pouvait écrire de l'araméen non seule- 
ment en hébreu carré (l'acte de divorce et la plupart de nos 
textes , mais aussi, comme nous l'avons dit, dans l'écriture 
babylo-araméenne (iab\a mwnN apa Ninfc). On n'a donc pas le 
droit de déclarer à priori les textes magiques écrits avec ces 
caractères comme non-juifs. Ici c'est le contenu qui doit décider. 
A la vérité, ce n'est pas le contenu proprement dit des incanta- 
tions qui est le point capital, car la teneur de ces textes est 
syncrétique et mélangée d'éléments payens. On y trouve ensuite 
plus ou moins d'expressions communes, et même certains textes 
provenant de groupes nationaux distincts (Juifs, Mandéens et 
ceux qui sont dits « Syriens ») concordent littéralement d'un 
bout a l'autre, comme le texte mandéen Lidzbarski V, avec notre 
numéro 11, notre numéro 18 et Ellis 1. De même aussi notre 

1. Voir Sitzunr/sberichle der k. preussischen Aka demie, 1904, p. 348 suiv.; 
Montgomery, p. 34, et ./. A. 0. S., 1912, p. 437 suiv. 

2. Voir .). Y Epstein, o. c, p. 56 suiv. 

3. Blau, Die judàische Eliescheidung, II, p. 79, a raison de faire cette correction 
et qui m'avait échappé jadis. ■'OIE 3P0 a déjà été mentionné. Cf. encore Harkavy, 
n° 14 'chez moi, o. c, p. 57) : ^aiy 13^1 ""OTC livba 31PD1D 133 ba 
n«3 ^0113 ^3-lN, et n° 29 : 173-1N apO. 



42 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

numéro 9 concorde presque mot pour mot avec le texte dit 
« syrien », n° 32-33. Ou ne doit doue pas en tirer de conclusion 
concernant l'attribution des numéros 9 et 32 (33) à une même 
nationalité. On doit aussi peu tirer une conclusion opposée de la 
différence de langue et de style (v. ci-dessus n° 9, 1. 6). Il est vrai 
que les numéros 32 et 33 sont plus « puristiques » et sont rédigés 
dans un araméen émaillé d'emprunts persans (ana^non pour wri), 
tandis que le numéro 9 présente une interpolation hébraïque 
(1. 5-6 : D*ap3H 'jinn 'nai m» Dira a) et un langage mixte sur le 
côté extérieur ('-on Nn?:nn xin hs 'idi ^m "pia^b " l 5«). Mais 
nous avons de ce phénomène un exemple classique datant de 
l'époque des Amoraïm, dans une narration (Kidd., 10 a) d'après 
laquelle Rab Nahman (qui était en rapports étroits avec l'exilar- 
chat persisé) s'était exprimé dans un araméen puristique, mêlé de 
mots perses auxquels il conserve la forme perse (Nomsis ', Ncrsip 
attinn», aonaa), tandis que Rab Yehouda désapprouvait ce lan- 
gage et aimait mieux entendre des termes équivalents tirés de 
l'hébreu misnique ou de l'araméen vulgaire (ïrpyn — rnrro, 
bDDD — Katarw, ann» — a:mrtf et apD2N 2 ). Le Talmud de Raby- 
lonie lui-même en est un second exemple, puisqu'il réunit les 
deux procédés. 

Un écrivain pouvait donc s'être servi d'un araméen « puris- 
tique », pendant qu'un autre, appartenant à un autre milieu, avait 
employé l'araméen vulgaire, mélangé d'hébreu. 

Mais ce qui peut être décisif, ce sont les dates de ces textes : 
les noms des clients pour qui ils sont écrits. Car si les textes 
« syriens » sont écrits pour les mêmes personnes à qui les textes 
juifs sont destinés, ce serait la preuve de l'origine juive de ces 
textes « syriens » ; car étant donné l'exclusivisme rigoureux en 
matière de religion qui existait en ce temps-là, il n'y a pas à 
penser que l'on donne à écrire un texte religieux à un homme 
d'une autre confession. 

Or, cette identité des clients est un fait : les numéros 31 et 33 — 
parallèles du numéro 9, qui est juif — sont écrits pour tmm 

1. Les éditions ont Km T7 3 "151 NnilD ; mais le ms. M. porte : '"1TD15T, le 
'En Ya'akob, éd. pr., fitHlS'Ùtt; les Cheéltot, n° 41 ms. Epstein et le Commen- 
taire ms. Berlin, 333, f° 76 : N0^113Vn , le ms. de Francfort NT-Hjlin , 
VArouch ftOrTiaiyr. Le mot se rattache à NTTtt (hébreu "1*73 et -HS, arabe 
djoudr) N"n:m, d'où le diminutif NO"n*13ia (NmiSia). Pour N^Hia, le Babli 
a NTia, par exemple B. B.,2a : tma — rj£Tl73. 

2. Voir J. N. Epstein, o. e., p. 60. Np£3N est aussi mandéen (fcTpnSÈWtf), S. R., 
1, p. 106, 1. 13. 



GLOSES BABYLO-ARAMEENNES 43 

rorrîfcO» na. C'est pour la même personne que sont écrits les 
numéros juifs 12 et 16 ( ' "piattoa "in rtâTr). Le n° 32, qui est le 
parallèle littéral avec tous les vulgarismes et les omissions fau- 
tives (voir plus loin) du n° 33, et le n° 35 sont écrits tous deux 
'WHSBO'W na ^im (dans le n° 35 à côté de -na^ia na rùm*!» 2 ). 
Donc, si le n° 32 = 33 est juif, le n° 35 doit l'être aussi. Enfin, le 
n° 34 est écrit pour ^nixn na iTOmn nmw, qui est sans doute 
identique avec voyn *a wm* dans le n° 15 qui est juif. 

Les n os 31 à 35 seraient donc juifs. 

Les écrivains des n os 31 et suivants et des n os 12 et suivants ne 
sont pas nécessairement les mêmes, et les clients n'ont pas dû 
s'adresser chaque fois au même scribe, quand bien même ils 
l'auraient fait en règle générale, comme cela paraît ressortir du 
tableau comparatif que nous donnons. Le client des n os 12 et 16 a 
pu très bien s'adresser à d'autres scribes pour les n os 31 et 33, et 
de même celui du n° 15 pour le n° 34. 

Voici ce tableau : 





CLIENTS 






ÉCRITURES 




CONTENU 




N° 1 


— 


13 






1 


— 


13 








2 


= 


4 






2 


= 


4 


2 


= 27 


- 


7 


= 


27 






7 


=2 


27 


7 


(= 7 a Myhrman), variantes. 


| 


















8 


= 17 en plus bref. 


ri 


















9 


= 32 et 33 (ces deux différant 


1 

o 

■03 




















à la fin, 33 étant plus long au 


3 




















début) . 


~~" 1 


10 


= 


11 






10 


= 


11 


11 


= (11 à Ellis =) 18, variantes. 




12 


= 


16, 


31, 


33 


12 


= 


16 








15 


= 


34 


















21 


= 


22, 


23 




21 


= 


22, 23 


21 


= 22, 23 




31 


= 


33 






31 


— 


33 4 








32 


— 


35 B 






32 


— 


35 


32 


= 33 



1. ^n est pour nail, dukbt « fille », ce qui est fréquent dans nos textes et les 
textes mandéens, par exemple ta |"n3TTN (n° 7, 1. 27) ; *TY731ÏT3 (Ellis, n° 1) ; 
^pnawna (n° 1, 1. 13), en mandéen rO"HD72rta (Pognon) ; le mandéen ^ , H3iDtZJ&n 
(Lidzb., n» 4), chez Schwab, P.S.B.A., XIII, p. 586, "pnrtZJ" 1 "! ; ^TinKlB (Lidzb., 
n° 1), etc., voir Glossary B. chez M. et Noldeke, Z. K., II, p. 296. 

2. Cf. plus haut le n° 30. 

3. r?2Tirî est la forme usuelle dans le Babli au lieu de la forme pleine Tp73Ti!-T. 

4. Dans 31, l'écriture est un peu plus grande, mais cela doit être mis au compte 
des différents dessinateurs (voir M., p. 319-320). 

5. Les numéros payens (v. plus bas) 36 et 37 diffèrent de clients, d'écriture et de 
contenu. Dans le numéro parallèle à 37, chez Ellis, VI (v. plus loin 1 ), le commence- 
ment manque malheureusement et le type d'écriture n'est pas rendu exactement dans 
le fac-similé. Les numéros mandéens 38 à 40 sont aussi différents en tout. Cependant 
le contenu de 38, 1. 5-12, répond à 40, 1. 17-23, avec variantes. 



44 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

En un seul cas (n 08 21 à 23), les clients, l'écriture et le contenu 
sont identiques. Les clients et l'écriture (les scribes) sont les 
mêmes dans tous les numéros formant les différents groupes 
d'écriture. Parmi les numéros syriens, les n os 31 et 33, comme 
les n os 32 et 35, ont les mêmes clients et la même écriture, mais le 
contenu est le même dans 32 et 33 ' . 

L'opinion que les numéros 31 à 35 sont d'origine juive est 
favorisée par le contenu. On n'y trouve aucune trace de christia- 
nisme, car aros jub^ dans le n° 34, 1. 2, n'est pas un autre que le 
R. Josua (jnur>"» dans les n os 32 et 33) b. Parah'ya des numéros 
32 et 33, qui est aussi appelé stdk dans le numéro juif 17, 1. 12 
(êpdn î-pmns "p jnDirr'Tj 2 . On doit aussi peu attribuer à des scribes 
chrétiens les figures en forme de croix qui, dans le n°31, 1. 8, 
servent à remplir les lignes (pour cet usage, des manuscrits 
hébreux emploient a!) : X X X X XX X' et devant I e 
n° 33 :©,32,34et35:(fj|. N'est-il pas vrai que la figure qui précède 
le n° 33 se retrouve dans les numéros juifs 7, 19 et 27 ? 3 . Que l'on 
compare inversement les incantations syro-chréliennes chez Gol- 
lancz (o. c, p. 79 et suiv.), qui sont complètement chrétiennes! 
Au contraire, les numéros 31 à 35 sont remplis d'indices de 
judaïsme; bien plus, ils sont peut-êlre plus juifs que tel ou tel 
numéro écrit en caractères hébreux : tout d'abord, la mention de 
Rab Yeschoua b. Parahya dans sa fonction d'exorciseur des esprits 
(n° 31, 32). Cette fonction repose, en effet, sur la légende judéo- 
babylonienne que Jésus s'enfuit à Alexandrie avec R. Yeschoua 
b. Parahya (Sota, Ma, Sanh., 1076) et apporta de là des 
« charmes » (Sabb., 104 a) \ au moyen desquels il accomplit ses 
miracles (voir Krauss, Das jùdische Leben Jesu, p. 192). Mais 
R. Y. b. P., d'après un 6<2^//o-araméen , Tiû^l Nïai?, aurait 
combattu ou fait combattre 5 ces charmes par le nom divin 
(cité par Krauss, ib., p. 147; cf. p. 143, a, 1. 5). Une telle per- 
sonnalité ne pourrait pas — tout au moins dans une telle 

1. Les scribes, malgré l'écriture différente, sont-ils les mêmes? La différence peut 
provenir du kalam, du temps, mais aussi des divers dessinateurs de ces numéros 
(v. M., ibid.). 

2. Cela paraît avoir échappé à Montgomery, p. 227. 

3. Sans doute aussi après le n° 17. Une figure semblable se trouve daus le numéro 
payen 37 (voir plus loin). Le signe ^X^ ne serait-il pas autre chose que N, comme 
dans le n° 37 ? 

4. Une légende a le droit de présenter des anachronismes (v. Tosafot). 

y. rrn&o rmna :ptn mms p y\a*irp '*ib ns:^ rmrp 'i "it:n 
ïmwn m 731a -ieni -oin b^T mb n?3N. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 45 

fonction — être nommée honorablement (ai!) par un Nestorien. 
En tout cas, les numéros 31 à 35 ne sont pas payens. Contre 
cette opinion on peut faire valoir les noms de Dieu et ceux des 
Génies, et les réminiscences bibliques 'isi T!T iitr Diras (n° 31, 
1. 6), 'idi m ïtît Diras (n° 32, 1. 10; 33, 1. 12), "nra bwi Nranns 
(n°34, 1. 9), comme dans n° 8, 1. 12; 17, 1. 12; 7, 1. 4 (cf. aussi 
15, 7) ; miNi msy bamsai aobn» b'wsi-n èton b"wo» Diras 

(ll° 34, 1. 7)) ; cf. Luc, I, 19 : raêpiï]X ô irapeffT7)x<oç év(o7riov toi» ©eoiï, 

et chez Gollancz, p. 91 et 92 : «Saba ran b"nsa; êton b&o^ aussi 
dans le n° 35, 1. 9 (voir là) ; Moïse (araitt) à la mer des Joncs (n° 34, 
I. 4) ; Moïse que des anges devaient garder contre les démons 
(ii° 35, 1.6), ce qui s'accorde avec le ûvas bra *vw(Cheb., 156, j. Sab- 
bat, VI, 86; Eroubiu, X, 26c), c'est-à-dire le Ps. xci, que Moïse 
aurait composé contre les dénions, Nombr. /?., xii, 3; Tanhouma 
Naço, § 27; Midr. Teh., xci, 1; Séder R. A., éd. Frumkin, 1, 
p. 393 (cf. aussi Pes., éd. Buber, 1, p. 6 b, etRaschi, Cheb., ibid.) et 
répond au rrom asin, éd. Gaster (p. i et suiv., et cf. ibid.,\). 22); le 
sceau de Salomon (n° 34, 1. 8), comme cbez Ellis, 1, 1. 8 ; Hyvernat, 
Z. f. K., II, 116, également dans le numéro mandéen 39, 1. 11, 
et Lidzbarski, v. En général, toute la suite des idées du n° 34, 1. 5-6 ; 
et 32, 1. 6-7 (33, 1. 7-8) est juive ; voir plus haut le n° 9, 1. 6. 

Mais les numéros 36 à 37 sont payens (voir n° 36, 1.3; 37, 1. 10), 
comme M. (p. 239 et 243) Ta remarqué La langue est ici plus 
archaïque, quoique souvent, comme par endroits le n° 34 (voir 
plus bas), n soit mis pour n (n° 36 plusieurs fois, n° 37, 1. 9, 
ansnbra; voir plus loin). 

Le texte publié dans J. A. O.S., 1912, p. 435, est, par contre, 
juif. 11 a... m !-r\ comme le n° 32, 1. 10 (voir ci dessous) a 
Nbsfcoi Nm[ra *r]-nwsi t^NnoN jÏD^b* Nm-in »y»oi Nra^ra \yyfyy D&nn 
« Anathème sur vous 1 , soleil et lune! Verdict sur vous, Nord et 
Ouest, Est et Sud » (voir J. N. Epstein, J.A.O.S., 1913, 279), en 

y 

opposition avec le n° 36, 1. 3, où Samis et Sîn envoient contre les 
démons, "wnttra est, comme je l'ai remarqué dans le /. A . 0. 5., 
mentionné aussi dans Nidda, 61 a, et Targ. Yer., Gen., vi, 4; le 
nom du client ^ixvn ns ks^s est un nom juif usuel en Babylonie 
(J.A. O.S , l. c.,p.280) 2 . 

\ . Ce passage a été traduit inexactement par moi dans J. A. 0. S., I. c. 

2. Il faut lire là (cf. J. N. Epstein, ibid.) : fcnin NpiS NpiS Ï1ÎTB101 

'isi n:nn pbsofiw «bi fiana «bi 'isi Nsiram Nb^c-ir 1[imh5pi« 

Sur -)SO « exterminer », voir plus loin, Lidzbarski. Le T admis par M. dans 
fiÔNElSH est, en réalité, un f et appartient à *j[im]-DD1. 



46 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

N° 31, 1. 6, lire : \r> irr ïw ûiim », 
L. 7, lire : nn» 'iai rnapœio. 
L. 8, lire : irbibfi (!). 

N°32, 1. 3 (33, 1. 1) : 'iai «ran ems. M., p. 162 et 228, croit que 
«ms est synonyme de aoa et signifie comme celui-ci « bowl », en 
assyrien paru de torns, proprement « (vase) de terre ». Mais 
comme ici il y a avant «oks fcwn 'jïïttd (n° 32, 1. 1) et que ce vase 
s'appelle aussi ailleurs dans nos textes aoa ou aoao (n° 8, 1. 1 ; 
14, ].let6; 28, 1.1 ; 31, 1.1 ; 34, 1.1 ; 35, 1.1; 37, 1. 1; de même en 
mandéen, p. ex., Morgan, p. 257, 1. 9), cette opinion me paraît 
très invraisemblable. 

En babylo-araméen, «ms a les acceptions suivantes : 1° « sort » 
comme le biblique b -nc, dans le Babli nus, Sabbat, 149 6, 
dans le Bal. GaecL, éd. Ven.; f. 106c?, éd. Berlin, p. 437 : 
2 (sic) amsa ir»b aratti arûtt b->piD ; en mandéen, S. R., I, p. 111, 
1. 11 : iTMûDfittb anaitt rpbttsi ams lins ûtfp ; p. 269, 1. 23-24: 
(sic B. C.) b^^nsn anis iimairE nanb ^li-raiNb? tY*pyw araïab iart 
rrcs^tt, et p. 259, 1. 14 : ^waïab b* (B. nb*) *wb* fimnaa Kï«m 
îoao«5 (s«c A. CD.) sns, « sors h comme Ps. xxii, 19 : 
bms ib 1 ^ ^iab b*v — 2° «banquet (convivium) », p. ex. 5. /?., I, 
p. 110, 1. 6, et p. 118, 1. 2, parallèlement au aruzi^a, comme le 
syrien anms « banquet », ass. puhhrù « réunion ». — 3° « charme » 
(« rébellion »?), S. R., I, p. 121, 1. 3, deux manuscrits ont : 
N->nisi arronNtt pour emmai plus fréquent (S. #., I, p. 74, 1. 17; 
78, 1. 1, etc.; v. Lidzbarski, Joh., II, p. 107, n. 5). Y a-t-il un rap- 
port avec l'arabe faivr, syr. amis « émotion (colère, haine) 3 »? 

Notre «lis paraît comporter le sens de « sort », car, d'une part, 
fcO^ttn «ms répond au biblique ms b^sn et au talmudique ms b^o» 
(Sabbat, ibid.); d'autre part, («ab^piû) awpiD anis répond au 
mandéen fcraoaa «ms. Le vase (« bowl ») paraît avoir servi 
d'urne à sorts. 

Pour wpffl, voir plus haut, n° 9. 

L. 4 : 'iai wrn tfin "O ; voir plus haut 1.9; ain ^a équivaut à 
an "O dans le Babli (toujours suivi dune narration introduite 
par n). — Ibid., lire : arma na avec n (ainsi M., p. 35) ; de même, 
n° 33, 1. 3, on doit lire étït© na. 

1. De môme Moberg, 0. L. Z., 1914. c. 430. 

2. Ed. Ven. a : ÈTPSa, éd. B. : 8^1133, lire : Nmsa. 

3. En mandéen : N11N3, Joh,, p. 106, 1. 10 (cf. Lidzbarski, n. 2) et 273, 1. 9. 
Dans ce passage, B. et D. ont tfmsb. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 47 

L. 0, lire : a?:o mna mn« ma p n * inN n " in ^ t™] i*™ nN Diu::3 
'idi 60v»b"»a -la in «ar^a; n° 33, 1. 6-7 : n]-ina mna na ana na oi^n 
'"idi a:rô[-o] rbtb mna mna [ma ja. Dans le n° 32, on doit donc 
suppléer na. Mais, dans le n° 32 aussi bien que dans le n° 33, 
après awra, manque : [neib "ia }n]. Le texte parallèle juifn 9 a, 
par contre, exactement rendu en hébreu, 1. 5-6 : ^pn» ma mizn 
'131 û^apan '■pnw npîi nwcn *pna Diun nvma ^pma nvnNi ma. 
Sur mm», cf. /ter., 33 « : nvma ^n© "pa, j. /ter., IV, f . 8 -6 : 
nroîrr. Le mot ant: égale in i» (cf. le syrien miy). ma "ja est à 

re ma p (cf. wa). aavba veut dire « espace » (entre les mots et 
les lettres), comme le misnique (nso hxû) 'jrba, qui signifie aussi 
bien « marge» [Yad., III, 4; Men., 30 a, etc.) que « espace » 
(Men., ibid.), de même que Vna [Men., 29a). L'hébreu a mis à la 
place apa . 

L. 7, lire : aanav — lbid., lire : npma ymanai; voir plus haut 
le n° 9. De même n° 33, 1. 8 : np[rrâ] rt^Jnai. 

L. 8, lire : [ajb^an aba^p "pr^b^ aman axnnttb •paiba» p^bDi 
•panCpo»?] apsai ambanb, et de même on doit lire dans le n° 33, 
1. 9 : ■pap'sab [apcai] 'isn aba^p [p^bjy amai. La lecture est 
certaine : le y est grand, comme dans le premier "pa-^ba», mais n'est 
pas un b. Après cela il n'y a pas un s, mais un b certain. Dans la 
lacune il y avait ensuite le a, dont le trait inférieur horizontal est 
conservé. Au-dessus, le i et le "j sont assez sûrs; donc il n'y a pas 
b? cpamai , mais jwba» amai ; de même dans le n° 33, 1. 9, le 
y est indubitable, apea aussi est certain ; amai (= tpèo) « et il 
apporta ». Cette lecture est aussi confirmée par le texte parallèle 
n° 9, 1.7 : pn^ apoabi (!) , pnm Kbanb «barra pa*bj» *>n^n^ai 
(sic avec *p-) . 

L. 9-10, lire : vin ab nsaian a^ip aiBaai "ia-<[-nab awp NT]ttJi "pa^a 
et dans le n° 33, 1. 11-12 : fiôznp aujaai na->*nab anaip Niiœi 
■nanb ntaw. La lecture ami: doit être avant tout envisagée, 
puisqu'il n'y a pas de point sur Tavant-dernière lettre du mot en 
question (cf. ami) à la ligne 8, écrit exactement de la même 
manière . "n^Tiab doit être lu ainsi, car la troisième lettre est 
sûrement un T, non un a; la quatrième est un -i, quoiqu'on ne 
voie pas de point dessus; ce point manque parfois, ■n-mab est une 
forme vulgaire pour im mn ab « ils ne rétractent pas leur pro- 
messe, convention ». Cette locution est fréquente dans le Babli 
ma mn, misnique -ia nm « renoncer à quelque chose, rétracter 

1. Il est resté ici encore quelque chose d'un n, le trait vertical de gauche. 



48 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(une opinion, une parole, un pacte) » ; cf. aussi n° 11, 1. 8: 
■prrb* t*n["fln Kbi ■prrnaa^b ^a cariai ; n° 18. 1. 8-9 : "planai ntos] 
■pmb? ]mn ab mm ■pirujab «an ^-hd. De même Ellis, n° 1, 1. 7 
V M., p. 169); en mandée n, Lidzbarski, V : n^tïï finarwari ia 
'«■ma» Nbi Nmnsb mm «nunaa Tnwasyb Nwa. Au lieu de 
■pmb* 'p'Vifï, notre texte a "i(n)a 'm(ft). — naian « de l'altération ». 
nav se rattache au targoumique na*, qui équivaut à na « se 
détourner »; cf. en talmudique a^nsno iiav « annulations des 
Soferim » (Ned., 37 6); tb*i -pasi « libre et débarrassé (du 
service) » (Gittin, 86a); en mandéen i^aa « détourner», .S. #., 
I, p. 175, 1. 16-17 : fimaba» n^aa "paNus-ua ïirnsr» (ki* =) nin 
prrwn )v; II, p. 24, 1. 11 : rj57o -inuk arbatti erbaan « et 
écarta d'elle le deuil et la plainte » ; II, p. 18, 1. 15 : "îacraab anart 173 
« qu'il ne s'écarte pas de là (du monde) », parallèle à p-'asanab totq, 
1. 14; I, p. 214, 1. 7 : nau^Nb i-pais p ^"inhi naiffl ; Job., 
p. 134, 1. 5 : amfi'rab'U w^3 ■ps'ina» « ils écartèrent de mo 
(éloignèrent) des mottes de terre 2 ; Qolasta, p. 8, 1. 29 30 
bataKanan yiaan naua tfïiï ; ibid., 17, 1. 2-3 (Morgan, p. 27, 1. 6-7) 
'nai ticoinp "prrbia ■pïTWE ffirramai ynta^a; j. Nidda, II, 50 b. 
R. Yishak dit à R. Houna 3 , quand une femme lui adressa une 
question difficile : ïwtt *rw wwn s « je vois (c'est-à-dire trouve 
bon) de m'en débarrasser 5 ». — nanb, dans le n° 33, équivaut à 
■narr «b, nart graphie pleine pour inm. 

L. 10, lire : 'nai ppttal ay rp rr» m !T ît rp !T ai^ua ; le dernier 
ïW, chez M., est superflu, et le groupement n'a pas de raison, 
quoiqu'il semble être visé dans le n° 33. C'est sept fois ri" 1 , comme 
dans le texte « syriaque », /. A. O.S., 1912, p. 435 (*aia) 6 . 



1. Voir Lidzbarski, ad loc. D'ailleurs, TiNn signifie en mandéen « donner la 
bénédiction nuptiale », par exemple S. R., I, p. 147, 1. 18, 19, 23 i^blb^n 
miTl^DI rtbTl3"0), p. 148, 1. 4; 149, 4). L'écrivain mandéen aurait-il mal 
compris le judéo-araméen lin'.' 

2. INlÛN est-il ici un Af'él? On doit y rattacher aussi Joh., p. 133, 1. 4: 
N~1D1 N"]!L3N N3N-^ "J73T « ils se tournèrent et s'envolèrent de nous », 1. 14 : 
N"!£l N1L3NT ; seulement N"")l2N est ici, comme l'admet aussi Lidzbarski, accom- 
modé à N"1D- L'emploi de "J72 fait plutôt penser à l^y, tandis que N"|LD est cons- 
truit avec 2- 

3. Win 311 est exact dans l'éd. pr. Au lieu de îlb, 1. ÏT*b. 

4. Ainsi l'édition princeps et l'éd. Krotoschin ; rpni73n est une simple correction. 

5. L'explication du commentaire, suivie par Lévy, est forcée ; la réponse de Rab 
Houna i*nn "PWïp ^r\tn "J73 m "|72N "ja s'adapte aussi mieux à mon explication. 

6. J'abandonne maintenant l'explication de m que j'ai donnée dans J. A . 0. S., 
j913, p. 279, subi. 



GLOSES BABYLO-AKAMÉENNKS 49 

L. 11-12, lire : Nn^i t^na"ibi 'iai [twt]3do ,, « ^n ^3^1 
■pioM n (?)bnp[n] D^pn.... [«rçftrn «Yrai (12) 'iai [n^nnrrm. 

N° 33. Sur 1. 3 («W»), 6-8, 9-10 et il, voir le n° 32. 

N° 34, 1. 2 : KD-^pn ^riN. Peut-être faut-il lire : -OU5K? La lecture 
■rçn» n'est pas sûre (M. : evidently so written) en dépitdes fac-similés. 

L. 3, lire : nnriMn. 

L. 4,. lire : n[M]Ni É pK. 

L. 5-6, lire : "p*" 1 *")" 1 fcob^bh] aunNb Nnb» naara&n Nnb^Ta (!) Nnna 
'isi "prnTaab a avec ce mot-là, avec lequel Dieu avait soumis la 
terre et les arbres, afin qu'ils obéissent à leur maître ». anna est 
pour &nna, comme 1. \ (3, 7, 11 nr?mn nrra pour irwirt nrr» ; 
rtmn dans le n° 15; ■nnna, 1. 12 et 14, pour "nina. On trouve 
encore plus fréquemment le n pour le n dans le n° 36. — Sur 
mais», voir ci-dessus (Gen., i, 28 : minai). — "pam est une 
graphie pleine pour "pin à la manière mandéenne (v pour ■», 
Noldeke, p. 5-6) '. C'est le participe pluriel de &m dans le sens de 
« être soumis, subjugué, servir, obéir », en hébreu sm « sou- 
mettre, dominer »; en assyrien radû, ridû « diriger, gouverner », 
d'où (amel) ra-di-e (îYm) et ri-du-n sa sâbê « magistrat mili- 
taire » {M. A., p. 955a), à côté de ri(d)du[iï) , radu et ardu, 
aradu « serviteur, esclave », qu'on a peut-être tort de rattacher à 
aradu — *m (voir M. A., 98a et 956 ô); en syriaque an « partir, 
voyager, etc. », en talmudique « labourer », litt. « tirer le joug » ; 
cf. bi>a rou;*] (Deut., xxi, 4) 2 ; en mandéen fcwwia, «wna 
« dominateur, conducteur » ; S. /?., I, p. 121, 1. 14-15 : 'pfib'D 
ban n^nt-unt firaerwa lin rxpin fin nrTa n^nin^ni araN'^o 
K^t3b»TDM b^aina amn ; d'autre part, &ontn-) « soumis, esclave » ; 
Joli., p. 39, 1. 10 : \np &o*na-i 'pâma K-no*a « ils m'ont mis 
dans des chaînes, ils m'ont appelé soumis {esclave) ! ». Dans Joli., 
p. 150, 1. 9, le pêcheur (d'âmes) dit aux poissons : limn^ in 
'•o*\ >i^annn « seriez -vous venus (antérieurement) soumis » 
Crm r:na vm), sens qui a évolué de « partir, voyager » à 
« servir, obéir ». Cette évolution est clairement reconnaissable 
dans S. R., I, p. 60, 1. 13-14, où il est dit : « Ceux qui adorent les 
anges de la lumière et les astres ne savent pas 172 nvî 'ptkïtt 

1. Egalement chez Hyvernat [Z. K., II, p. 116) : rraa 173 "pïBT'm « et laissez 
sa porte » pour pDTTOi chez Pognon, par ex., p. 37 : '-Qi yn iNb^DINT. 

2. Ou, comme l'hébreu mi (Joël, IV, 13), « trépigner » (arabe : rada), piétinent 
le sol (avec des sahots) ; ainsi Lévy. 

T. LXXIV, n° 147. 4 



50 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

que cet éclat vient du ciel supérieur et est donné aux voyageurs 
(avec Fidée accessoire de « serviteurs »), qui voyagent nuit et jour » 
(voir Lidzbarski, Job., II, p, 42, n. 3) 4 . — Sur le fond on peut 
comparer G. R. } en. xxv, § 2 : "pica-in on» na n"2pn anaia riyvn 
unnb *Eraa tabnm wnnb t-\ynwi ï-imn mon San S? wbw. 
— "jirnMN est pour 'pï-riE, avec un « prosthétique, qui est très 
fréquent en mandéen. 

Ibid., lire : ^nsn fchita nioaa D^nm td» « lié et scellé avec 
la chaîne des hautes montagnes ». aottew NTita est comme, par 
exemple, dans S. /?., I, p. 367, 1. 16 : N^ttNTi N-nab rr^nbo; 
Gew. /?., c. 32, 19 : œw fcTTwa» ; en hébreu, Deut.,xn, 2, û"nrt-i 
awri ; Onk . , aoan ao-nta . 

L. 4, lire : "p-poc* nnb-nai abTTan 'iai &r»u5 ïjo D^nm "pon 
T^P nanpTsai. "ua équivaut à ^m, en syr. "p:na « comme ». — 
Avec rtnbttai et naipisai il faut sous-entendre turban (cf. 1. 5), 
Ps. cxLvin, 3-6; xxxm, 6-9, etc., et, plus bas, 1. 9 : Km «Tanm 
aruti Êr»t» i"ia i^nm; plus haut, n° 32, 1. 6-7 ; 6, 1. 6; 9, 1. 6-7 et 
16, 6-7; Ned., 39 ô, et Lév. i\, c. 31, 9 et suiv. 

L. 7 : (sic)rem ba-narn aobn» b^D-m aoo« Vwa» (a-naa, 1. 6j 
wwrç. — arbrra est pour aoban», ^bntt, part, paél actif (non 
paiCél) comme «amarra (n° 37, 1. 10) pour «awn (Ellis, VI, v. plus 



1. Il y a là en tout cas un jeu de mot, qui fait allusion à Gen., I, S et 16 
(DTTJ nblDWMb et nb^bai ÛT>3 blDnb.1), Ém étant pris dans le double 
sens de « dominer » et « voyager, servir ». Les planètes s'appellent aussi « guides » 

dans S. /?., i, p. 13, i. 9-io : aiaa-iaôn?: ionn Nattab "paNum «b 
crb^bn Knttua i^tnti Nttb&n; cf. p. 45, 1. 8-9 : fcrasbwab pnwirn xb 

K^bl N72N7313'3 "pIN") NrTHnN73T pbtfn ; en hébreu, dans le Sifrê Z.,éd. 
Horowicz, p. 263, 1. 27 : *ipi3 HTl"! ttTH DVma ^Db. Le point de contact 
entre « voyager » {S.R., I, p. 281, l. 24 : NfcTH Nm"nN73) et « servir » apparaît 
particulièrement dans' les passages suivauts : S.R., I, p. 40, 1. 10-12 : pnblD 

dninh nan ûsnp'an p*»aniD* pT^rr wabîn ans-priy by ar-norn 
Kabaa «mn-ia» inrîi iTraNnio^; (I, p. 171, l. 7-9 : pa^p-vaisa» 
•pao^a "pavi pT«n Nttbtn n^:poi "pn-pa pian NttbNn NnmNHi; 

p. 263, 1. 23 : fiTODKmm »m«m pT&n K mm 8 73 N73N7313n ÈPbib 

t>^73"uzn m«3»a); p- 124, î. 20-21 : ï-inJpbNa (r^nar^En) pnNamiab 

■jilNn prTNaTEl (bêtes de trait et de somme) «m ma 73 5 "j^NH prraWTSl 

'■oi Naa-nb ■prpfitrm Nno" i aab; tô., utt. : p-rma «mi-iN» prn 

flb^nTIPJ p3*m . Donc &n h est, d'une part, synonyme de izy et y73tf2 
« servir » et « obéir » et, de l'autre, opposé à Nn0'O3 et NnDI") , qui ne peut 
signifier que « bute de trait », et rappelle B. B., 92a {B . A'., 46a), où fin"! 
« labourer » est opposé à NnD23 ; de même dans j. Schebiit, V, 36 a : rnb 

trm emn oia^73 n^3 -m «miN. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 51 

bas); cf. wm = ^ (n° 2, 1. 3), «m = ntn"i (n° 19, 1. 8), 
«•""ibid = N^nso (n° 19, 1. 11) et rnvttû (n° 12, I. 7). Qolasta, p. 24, 
1. 13 : NnanNbfintt BTiKbyï arb^^ai ndnindn «"nabyi ètdn n&«N 
« tu es le médecin au-dessus de tous les médecins et le releveur 
sur tous les releveurs » (Nôldeke, Mand. Gramm., p. 166). Le 
passage de l'a à Vu se produit aussi en néo-syriaque (Nôldeke, 
p. 6) ; de même en gaonique, H. G., éd. Berlin, p. 565, l. 7 d'en 
bas : amasa NBVirrw pour «Dbrrw, part. Ethpaal; voir 
J. N. Epstein, Zur Babylonisch-Aramàischen Le xiko graphie, 
Festschrift Schivarz, p. 331 et suiv. kVt dans le sens de « se 
rétablir, relever quelqu'un », et comme synonyme de non, se 
rencontre, en dehors du passage cité par M. errifcp 'ton* net ^Vtw 
(B. B., 166), encore dans le S. #., Il, p. 52, 1. 7 : laroNVi Tt 
l^binw, ibid , 1. 13 : ttfw lim mb^T im rtVniWi aroN in; 
Qolasta, p. 13, 1. 8 : awjspbi ai-obaobi N-wioab. — Ibid., lire : 
îTttsa man «mca; le second man est une faute d'impression. 

L. 8, début, lire : ttrnam. 

L. 9-10, lire : ïrrnvp )n îira àôabT èp»b inp^yi (10) ârnio bs-j 
'■toi iib*a «b Nbsnpi N373p by-i i*n*3Nb fc«ri K7:nm *pîyn73. 
Le mot i^oti» « s'effrayent » est tombé par suite d'une faute 
d'impression, mais est expliqué dans le commentaire et rendu 
dans la traduction, il est vrai, inexactement « which contend 
against him ». VTyn» est pour ^antm», ■pwroa de yiî, comme 
dans n° 7, 1. 12 : N7:r yi TiiBTp 1731 et dans n° 26, 1. 5-6 : 
ÏVPttTp 1» ^t et aussi îj, dans n° 14, 1. 2 : rpon 873^ Ty (voir plus 
haut). Cf. n° 3, 1. 7 : '-ûi p^nyï S^m ï-pm y 73125 TDl. — 
1*nya«b = i^ya «b se rattache à syr. ny « détruire », hébreu -n*. 
— tttttp (le n est sûr) est le mandéen an73"ip, par ex. Joh., p. 2, 1. 8 : 
«mp-ïi N372ip ; 75,1.6 : fipantoi N373ip; 140,1.14 : abw N373ip,etc, 
et signifie « voûte, pièce, chambre à coucher », en hébreu 
naj? (Nombres, xxv, 8; Pesitta : ambp), talm. (mnî bia) rtaip; 
arabe koubbah, « alcôve » . — abypi (le p est indubitable) est le 
mot talmudique écrit d'habitude dans les éditions «yb^p « tente, 
chambre » ('bsn xyhy, Ber., 22a, M. q., Mb, Yeb., 486 et A. Z., 
24 a, Ned., 22 6 : ^yb^pb b*n). Le mot est hébraïsé dans Eroubin, 
63 6 : m "p^-iia inican id^nid ^yb^pn iupïi. Mais la forme Nby*p 
est aussi attestée dans nos textes : Schitta mekoubècet (f° 25 d) a, 
dans le passage de Nedarim, -jby^pb. Hébraïsé celui d 1 Eroubin, 
ibid., îib^yp d'après TArouch, le Bitba, Méïri et l'En Ya'kob, éd. 
pr. (voir encore Rabbinovilcb, Varia lectiones). Le pluriel 



52 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

p!wp, Sanh., 406 a, Aroukh et Yalkout, § 771 (éd. T^bp); cf. 
mait bra rjanp, le Y. Sanhédrin, X, 28 6/ a pour cela : "pbpap Dttb m 
(xiyxXtç, cancelli) ; Sifré Horovicz, p. 170, 1. 21 (v. en variantes) : 
■pbip (xsXXiov, cella) « cellule », en syr. «mbp. On rattache le mot à 
L'hébreu ?bp « courtine, voile » et à l'arabe kiVu, ce qui est 
confirmé par la phrase de Y. Sabbat, XX, 17 c i-pa^p 'pone fnm ' . 
— Sur lïba»a tfb — ban, cf. Dan., II, 24, bar ba» ; S. C, Pap. G., 1. 5 : 
^pba» ba> ; 1. 15 : ^ba> ba> ; n° 19, 1. 19-20 : ^ba^a ab 'idi «ma Tirrri. 

On traduira donc : « que tout diable, nœud impur et être non 
bon, ait peur de lui et n'endommage pas ce sceau et n'entre ni dans 
l'alcôve ni la chambre à coucher. » — «atab, ici et 1. 9 ; n° 32, 
1. 5, 7 ; 33, 1. 5, 9, équivaut à mab (n° 9, 1. 7) ; Knaab (J. A. 0. S., 
1912, p. 435) n'est pas une métathèse de «ban, comme M., ici, 
p. 81 et /. A. O. S., ibid., p. 436, mais est composé de tfb et «au. 
De même en mandéen, toaetttKb (5. /?., I, p. 279, i. 5) et saKUKb 
(iô., p. 280, 1. 3) 2 . Non bon désigne les démons encore aujour- 
d'hui dans le jargon judéo-allemand. 

lbid , 1. 10 : 'idi -no&a nona anuii cwi 'rpm bai. Le mot 
nptt^i est pour "\-p_yi2n (cf. npmN n os 32-33, voir ci-dessus, p. 13 
et n. 2) « qui arrache (s'enfuit) ». np? s'emploie au sens intran- 
sitif « arracher, se détacher », comme en mandéen, Job., p. 41, 
1. 11 : r*r»Y->K73 t^p'n iTnNp&n « et des tempêtes furieuses se 
déchaînent »; p 42, 1.1 : r^npK t*npin; p. 132, 1. 8 : t*opn 
napN ir^an (« vents et tempêtes éclatent »); p. 133, 1. 11 : 
&rp"n "pt-paiNb* "tapa (v. Lidzbarski, II, p. 46, n. 8) et en talmu- 
dique « éclater ». rrmrtb i-marra inpy Nbui (Pes., 119 b). 
'—ipa» ('ip») pourrait aussi être ici une métathèse pour pna> 
« s'enfuir », comme en mandéen, Joli., 136, 10, et 159, 12, S. R., 
I, 271, 8 : -iapK napTO iv. Lidzbarski, II, 133, n. 8). De même 
Sam., -ipa> i'Vn), comme Gen., xxvn, 43, xxxi, 20 et 21 et xxxv, 1, 
où de même il ne s'agit pas d'une simple confusion, comme le 
prétend Kohn, Das Sam. Targum (Abh. f. d. K. d. M., V), 
p. 108-109. On peut aussi comparer n° 19, 1. 14 : ïrmo^N \n îDa^an 
-nra tô inir ninn pi p^sa «b. — crç est le participe de an» 
« errer » et «nia le participe passif de ania « défaire »; enç signifie 
donc « défait » ; cf. n° 19, 1. 4 : ■p-im^E nVi pno^. Donc la phrase 
veut dire : « Et celui qui arrache erre et est détaché, est attaché 

1. Sur nyn"H « couche » du même passage, on peut comparer Ï"ï3>a"l, j. Sabbat, 
IV, la en haut. 

2. Cf. Pognon, n° 28, p. 81, ult. : "paaNnaa fitaKUNbl (= "paaNITTaK). 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 53 

avec une chaîne, etc. » Nous sommes ainsi délivrés des trois 
nouveaux diables « Damkar, Sait et Sara », dont M. nous avait 
gradués. 

L. 43, lire : 'iai na "pann »bi ttb a-npn abn nbjnai tt-paa. 
Le mot ïitèo a un « comme dans le n° 35, 1. 11. abn se trouve 
aussi dans le n° 35 (v. plus bas). — a-npn équivaut-il au pluriel 
la-npn comme souvent en syriaque et en mandéen ? vicann doit être 
lu ainsi ; la dernière lettre n'est pas un % mais un "j, comme dans 
/. A. O. S. , p. 435 : pans «b*i ; cf. n° 4, 1 2 et suiv. et-d'autres. 

N° 35. L'inscription est très mal conservée, et bien des détails 
ne sont pas aussi sûrs que M. Ta admis. 

L. 3, on ne peut lire assez bien que : &]aata ïnMra ... lusmm 
BriM^h; mais il est difficile d'accorder les traces de lettres avec le 
mot i», devant tfTtt), qu'on attendrait. 

L. 4, lire : N[nB]b[œjai «rn-içi «*•£? l»i Kbibrm N^caion. 
Le mot fittriaio « terreur » est une forme redoublée du talmudique 
KtaTO, au lieu duquel B. K., 37 6, d'après la leçon de R. N. 
(Nedarim, 41a, s. v. cmnoa), a tfîûuo. C'est l'assyrien siutu 
(M. A., p. 744); mandéen atûvo, Asfar Malwâsê, ms. Berlin, 
fol. 90; d'après Nôldeke, peut-être de syriaque u?D « avoir du 
dégoût » (v. Nôldeke, Mand. Gr., p. 126). Cf. en mandéen «raica^b 
de aib. — «bibm est sûr; le premier b est, il est vrai, invisible 
sur le fac-similé, mais comme M. a, à la place, le a qui y 
ressemble (^a, ^b), on peut donc voir le b dans l'original. 
C'est le syriaque «bibm « crainte ». En talmudique, ce mot a 
seulement le sens d'épouvantail (qui se rencontre aussi en 
syriaque), B.B., %7b. — abnaan est à retrancher de l'index; 
cf. Gollancz, p. 79 : ktvioi Nnmm Nmrrn «runn «nbrm; de 
même, p. 86, 1. 4-5. 

L 5, lire : bMawanrrç 'iai b" , »y^3'i b^Djjsn . . . ^tin "nia. 
Il est peu probable qu'il y ait là "natti. 

L. 6-7, lire : . .ba (7) p 'nai na-ntaM li3K[i] 'ian ^npsmN ton 
fibbm» Kçbm frso K[3]"i[j]n. Après ba on peut voir encore les 
traces de deux lettres, dont la première peut être un n ou un i ou 
un 3, la seconde peut bien être un *, mais aussi un a ou un i. La 
première lettre du mot suivant ressemble dans le fac-similé au 
reste d'un n, mais peut tout aussi bien être complétée en un n 
l 4 . De la seconde il n'y a plus qu'un point qui peut être tout 
ce qu'on veut. Comme le synonyme qui suit est sûrement à lire 



54 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Nttbm (une trace toute pareille d'un » peut se voir dans le mot 
NUJttiD du n° 34, 1. 6), on peut lire ici sans hésitation ftfâim; 

cf. n° 30, 1. 5-6 : Nn[-n]u éwitti "jw n^o «ab^n p (v. ci-dessus) ; 
24, 1. 4 : ^laio ^ttbn ; n° 39, 1. 6 : &T3KO WMnmi (voir là) ; Pognon, 
Une incantation, même texte, y. ibidem; Gollancz,p.86 : anbm Nbn 
'nu:"i e*©"»a R5ifn «bi «rimn «bn «nanT «bi. 

L. 8-9, lire : n..T2ïa. Diiaa &tna[pi5 Nn]n[no]^o [n-o]i «[-iJancTi 
[..1 N^pan» r."Hn &ton bMC-ow (9) b^Nnoi bwran n.n nu:» 
N|n]iri&n 'idt in in wro. Ceci est assez sûr; tout le reste est 
plus que douteux. Il n'y a sûrement pas . . .1 iittrom û"KZia. — 
étdn bira*^ se retrouve dans n° 34, 1. 7. Le reste se compose de 
lettres magiques (le suiv. àimna). 

L. 10, lire : ûb* Nttb^b; cf. en hébreu triabi* ■•fcbub. 

L. 11, lire : nb ampn Nb*i comme n° 34, 1. 13 ; il n'y a pas de i. 

N° 36, 1.1, lire : 'iai "psnrN &ran ma Nrmnm [...]. La 
lecture est sûre ; mais ce que M. donne est de la fantaisie. Le 
premier nom ne paraît pas être complet; mais arw est un nom 
qui se rencontre dans le Babli, B.B., 5#, B.M., 109a et 93 6. 
Avec "penna « tourne-toi » commence l'incantation, comme sou- 
vent dans les textes mandéens chez Pognon : '"ia"i aow. On peut 
comparer aussi Stiibe, 1. 1 et suiv. (44 suiv.) : ^s^b aba^p "p^n 
'iai ba> 'iai 173 'iai Mnn (= Wohlstein n° 2416). Il faut sûrement 
lire ^EPttb au lieu de nD"»»b (le ^ est souvent court dans nos textes, 
par ex. yzrn n° 5, 1. 4) et ïbid., 1. 10 (1. 14, 20, 27, 33, 41) : 
'lan "pia^a "piznn 'pasiirpm. Au commencement du texte il aurait 
pu y avoir eu : . .i fctttt-nbi Nmo«b ao^a ewri "para; mais il peut 
aussi, comme au n° 20, avoir débuté par le nom. 

L. 3: n:pd se rencontre aussi dans le texte « syrien». J.A.O.S., 
1912, p. 435 (voir pourtant plus haut) ; cf. aussi Ghwolson, Die 

Ssabier, II, p. 156-158. — Ibid., lire : "»a. naan ->b n»N "WM 

'iai was. Le mot nraa pourrait se rattacher au syriaque N^aa 
et talmudique an^aa « enveloppe ». Donc waa signifierait 
« son enveloppe » et Ton pourrait supposer nr>aa[a] « avec son 
enveloppe ». Il pouvait y avoir avant un verbe signifiant « enve- 
loppe », mais ce serait difficilement pa, quoique les traces de la 
première lettre puissent à la rigueur — mais seulement à la 
rigueur — s'adapter à un a. 

L. 4, lire : 'nai Nn^p-ûri nb y^pn a'n'H bn. Le nom arrn 
(le point sur le n a dû s'effacer) est sans doute identique avec 
«a-m dans le texte christiano-syriaque chez Gollancz, p. 84. La 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENiNES 55 

femme dite êôbûl Nnpirin afta a ici, entre autres noms, celui 
de fiWim. wnm chez B. B., p. 547, tiré des N*win ^bn?'i, et 
signifiant « portier ou garde-frontière » (voir la note), équivaut à 
lewTT dans Bekh, 8 b, en persan darbân. On peut se demander si 
ce mot est identique avec le mandéen tf-nm du n° 40, 1. 19 
(voir là), qui désigne, il est vrai, un bon ange. 

L. 5, lire : lui )n ^pic. 

Je doute fort que Ton doive suppléer dans la 1. 7 jbabT: ^pbn 
d'après la 1. 5, comme le croit M.; il peut aussi bien y avoir dans 
1. 6 fin ^i-p p, comme sans doute à la 1. 2. 

L. 7, lire : b"Dfco Nbibn rvnb b^*o ND^pn attnn N3rr 172 ^«n 
npn yrn ^nrfà-nn — — ? 173 ^ia]i "wnttPN «mpa ejni [NnmJ. 
Dans ND^pn, la seconde lettre est sûrement un p. Le petit trait 
horizontal de la première a été dirigé vers la gauche dans la 
copie, de sorte que la lettre ressemble à un a-, mais c'est sûre- 
ment un n (V); cf. ann NTann (n os 7, 1. 4, et 34, 1. 9). — 
ïpnrwn, ainsi qu'on doit compléter le mot, se rencontre comme 
nom de femme dans le n° 14, 1. 1. iwi est tout à fait sûr ; dans 
han, la diagonale du 3 manque, de sorte qu'on ne voit plus 
que -. A la fin, comme, par exemple, dans le n° 35, 1. 12, une 
autre personne, en dehors de celle de la 1. 1, était mentionnée. 

Dans notre morceau, n remplace souvent rt : ^psnrPN, 'piinntt'W 
'prmnTr'Nb , f-mmai, "pïTruab (v. déjà M., p. 35), de même que 
dans les n os 34 (voir plus haut, n° 34, 1.5) et 37, 1. 9 (voir plus loin). 
Ce fait constitue un premier échelon du phénomène phonétique 
que présente le mandéen, où le n a déjà entièrement pris la 
valeur du n (v. plus bas le n° 38, note 1) et où le n est restreint 
au suffixe de la 3 e p. sing. A côté de cela nous avons dans nos 
textes « syriens » nrm (n° 34, 1. 12), mm (34, 1. 3; 32, 1. 2), 
de même dans /. A S., 1912, p. 435 (voir ci-dessus, n° 10, l. 6), 
■plrra (31, 5) et wî-ne (n os 32 et 33). Ici c'est le !i qui remplace 
le n, justement parce que le son en question ne se distinguait 
plus du rt, ce qui était aussi le cas dans la langue de Talmud 
babylonien et chez les « Nabatéens de l'Iraq » (Nôldeke, Mand. 
Gramm., p. 57-59). Gela devait aussi se produire exceptionnel- 
lement en syriaque, car Macrobe, dans le livre I des Saturnales, 
xxm,17et suiv., explique le nom du dieu syriaque Adad Tfn par 
nn nn : ejus nominis interpretatio significat unus nnus (cité par 
Delitzsch, Z.K., II, p. 165, note), donc comme ^mn dans le Babli, 
«mann en mandéen vient de mn in. 



56 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



Le n° 37 est, pour la plus grande partie, littéralement identique 
avec le n° 6 de Layard (p. 521-522), ce qui a échappé à M., et c'est 
pourquoi celui-ci a lu faussement certains mots. Mais le texte de 
Layard est aussi inscrit d'une manière très défectueuse et, de 
plus, la copie (ïfo'c?.,p.521) n'est pas tout à fait digne de confiance. 
Mais si l'on compare entre les deux fac-similés de L. et de M., on 
peut rétablir beaucoup de détails Je mets les deux textes en regard 
l'un de l'autre, celui de M. à partir de la ligne 5 (voir plus loin). 

L. 2, lire : . . . (!)rh rrna '"iai rmcipoîn. 

L. 3, lire : -mNTb avec n, comme dans le n° 10, 1. 3 et 5 ; 38, 1. 9 
et 12, car il n'y a pas de point au-dessus. — Ibid.,\\re : rrrrca. 

L. 4-5, lire : riT^h... Kjn]»a (5) njhn ni -pap «OMiua] n">»izj n 
•pTfi «mm. Le pluriel de n^ap se rapporte à âr?jtf). Le n est certain. 
-pap « caché » se rencontre dans S. R., 1, p. 164, 1. 7 : arma "laapy. 



(..) 



L. 5 et suivantes, lire : 

na r-pNi Sia S? h n?3\x >on 
... [ban «nbala» ban js^nn ba> 
ban anaa. bia ban npi-ûpdi (6) 
hana naan s^n-ïno^N Sn ^-Ï73in 
bia ban ... (7) .., 
[Nnjp^o N7ûN3p^d npd^pp Rrnbb 
N[p]aa nner bapEl Nanma "pab 

VNiN b[ap7J «bn] (8) [naiDTa] 

Ns^o[a] nibv ^n&i nisii Naco?a 
ïib ■pbrap'i "jwp ni7anp «a-im 
N[p]""anb[tûi] nb tnhn (9) «ma] 

3W (!)Na»73Aa K»àrPEn ÏTiba» ÊTPN 

■Npu:73n npu b^aai b"OK NP^aa 
[Nin Ntt53«b (io) an]N ah mai ann 
K[n]a[n B^rna] r^-mb sarni 
Nipp^tt wav^n Nin Npnnnb 
enprpja en ai ton Nn^ab MPiir 
K^ttçai viaiaa haa [^ t**]?abu5 
àwi Nnb« p NTabœ aa'hto] (il) 

r**1©»1 ?>iPap^3 C^ÎP-lPO\S *J731 

Nb^an NiïSttTi «ma cot Nttbra 
. [T , pT73] N-naa 



Ellis-Layard (selon ma lecture) : 
ba» N373N ba> iwn ... 

hana S^[i t>i-i]7a[n]n San [r^Jiaa. 
ban «spji arma bia ban annpi» 
i(?)N"»bi .. NP[s^pp »n">]b^b bia 

b^apTafrl ....73 nab 

— n» NPiiawi na^Ta NPaa ïinfir 
i-nbj* ■pna t^T[a]in >*a[Nbja 
■pTa^p n m[73]ipT «a[n]m ND^o[a 
nb ntih confia] i-rb , p[b]api 
(!) NPanbun [nb] an^n ap-onbun 
[3>]73iZ3 NTsapci bia rnba* Nbsa 
Nn[«î] [b^aim b^a» [Njp^aa a^[r]^ 
Niaaab ant* anruan tnn NpffiEi 
fin an «ma N-mb [«»]n-n cnn 
t^npPTa r^eianm snn t^pT-nb 
Nau enai «in (!) enanb Mms 
■paiaN «b^Ta irTaun ipiir fcopP7a 
Nnsa n[n]i[a]i bita» liranu:p «bi 

-pp^ ripan'^ui pa^by 

■j?aN V^n 

.nbo 

(Suit un alphabet multiple.) 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 57 

M., 1. 6 : KD^n; les signes as-n sont certains chez Ellis ; de môme 
arn chez M.; le d est aussi assez facile à lire chez M., et du p il 
y a de bons vestiges chez l'un et chez l'autre. — L. 7, dans 
[*n]rv>D la première lettre n'est pas un n. anmD wa&«rpa répond à 
-ino -m 'Juges, ni, 49) qui équivaut à ûtiba "131 (ib., 20) et est 
appelé ici aussi, chez Ellis, pDiaN »5nD. — nnar est sûr. — 
[rott»] Nnaz: est restitué d'après Ellis. — L. 8, iï&nN vient de 
«na ou an « secrets »; cf. n° 6, 1. 11 : b*<aptt ab V n V^" 1 
et Morgan, p. 206, 1. 15-46 : artn ■pwwn Nnarb^bi 'yyy 6on«o bia 
ama !r:aonovi b^asp^asb woÉnais "pïNtt a^a «b. — 11 n'y a, en 
aucun cas, ND^oni. — L. 8-9 : '"Di &mn ama est suppléé d'après 
Ellis. Les traces indiquent ici aussi un n dans «manbia comme 
chez Ellis (voir plus loin). — s^w est pour ynu 1 . — NptDtti 
est sûr; on ne doit pas lire «prnûEi. — 'nan ans est complété 
d'après Ellis. — L. 10. Les traces de lettres chez E. paraissent 
indiquer tnan, à quoi s'adapte bien trn- chez M. — Na^mnEn, 
chez E. wnitt (v. plus loin) est pour fittw'a « éducateur », comme 
en targoumique, syriaque et talmudique («ma^ra) , et T est 
pour a comme dans fcrbntt pour wovn (n° 34, 1. 7). — sms, qui 
est certain ( x /f) 2 , se retrouve chez Ellis. — «"m est restitué 
d'après Ellis et les traces de la troisième lettre s'y adaptent bien. 
un* désigne en talmudique et syriaque « génie du bonheur, génie 
protecteur », par ex. «mai tm B.r.,c.74,9; arm tfD-tf,Sanh.,20# ; 
en hébreu, na. — ba \yn tf]ttb;i3, le a est sûr; cf. *a dans n° 36, 1. 8. 
Sur ÉTttraan iiDiaN ba, cf. fcrïiabfin Nabtt b->a dans l'amulette 
mandéenne, Florilegium de Vogue, p. 360, 1. 430; aabïï b^a, 
Ephemeris, I, p. 67 (cité chez Lidzbarski, ibid., p. 372). — 
L. 41 : Kiwn aa"Ha est sûr. 

La copie de ce numéro chez Ellis est, comme celle de tous les 
autres, très défectueuse, et on en est réduit à des conjectures 
pour une partie du texte. Le commencement est tout à fait illi- 
sible ; on ne voit que des lettres isolées. Dans la première (?) 
spirale, un -12 ; dans la seconde (?), à peu près : ->ab (rnan?) 
... httk-...b. Des traces plus grandes commencent seulement 
avec la troisième spirale : na?3N ba?, etc. — NDpn wyvD.. Le ro est 
mal copié, mais c'est un ïï. — irnap. Ces traces peuvent s'y 

1. Peut-être faut-il lire : a^n^N a* 72 "G. 

2. Le £ est à ajouter dans le tableau donné par M. (planche XV), il ressemble au 
3K manichéen (c, z) J" , M. Voir Sitzungsberickte der K. pr. Aie. d. W., 
1904, p. 349. 



58 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

adapter, mais ne sont pas exactement reproduites. — Dans 
Nmanbuî, le n est pour n, comme dans nbo, à la dernière ligne, et 
comme dans le n° 36 (voir plus haut). Nnanbun [nb] ttnm n'est 
qu'une dittographie. On doit donc lire : ^bos arvanbun nb aem ams 
comme chez M. — N^aitti se lit avec certitude chez Ellis. Il n'y a 
pas là n (ju) pour lire amiEi, avec Ellis, mais F (U#). C'est 
donc w^iai, ce qui correspond au texte de M. (voir ci-dessus). Ce 
qui précède n'est pas «p, mais Nitt. Mais du tt ( Vj) manque l'angle 
de droite (n). — &n*ab est sûrement une erreur du dessinateur 
pouranjab, avec a (±), égal à N^ab chez M. et le mot signifie 
« bétail ». — ïTYm. Les traces des lettres du milieu s'accorderaient 
bien avec cette lecture. Ce qui suit, VTP" 1 est difficile à lire et ne 
présente guère, quoi que ce soit, de certain. Nous devons renoncer 
provisoirement à le lire, en attendant qu'une photographie nous 
rende le texte accessible. 

On traduira donc (1. 7 et suiv.) : « C'est une parole secrète que 
je vous donne. Celui qui la reçoit [trouve! du bien. Mais celui qui 
n'accepte pas les secrets, les anges de la colère l'assaillent, se 
tiennent devant lui avec le glaive et la lance et le tuent, le feu 
l'entoure et la flamme vient sur lui. Celui qui écoute la parole 
(c'est-à-dire obéit) est assis à la maison, se réjouit et se fait 
réjouir, il est un frère pour les hommes et un ami pour les 
habitants de la maison ; un associé pour les enfants et il s'appelle 
éducateur; un compagnon pour le bétail et il s'appelle aia (« ange 
protecteur »). Paix [de] Bel, votre père, au ciel [et sur] terre, etc. » 

Les n os 38 à 40 sont en mandée?!. M., contrairement à la 
convention générale qui fait écrire rj pour JUk , a mieux aimé 
conserver n. Ce procédé n'est, en tout cas, pas pratique, et, au 
point de vue philologique, il prête à des réserves Ml n'a, d'ailleurs, 
pas été conséquent avec lui-même, et justement là où l'écrivain, 
contrairement à l'habitude, a écrit n ( JL\) pour le suffixe de la 
3 e p. (n° 39, 1. 9, i-inana*; voir plus bas), M. a écrit n. 

N° 38, 1. 3, lire : Nm-rrï-n nma ÊOizjNaan Knwwm. Le mot 
fcna&wai, comme dans 1. 14, est sûr. M. a pris le rc, qui est un peu 

1. Comment les Mandéens ont traité eux-mêmes cette lettre, c'est ce que montrent 
les hymnes alphabétiques, S.R., I, p. 274 et suiv. Là il y a, p. 274, 1. 14, pour 

n : -6/ (to^n = k^m) ; i. n, pour n : o (nwSNH = rws«n) ! p. 277, 

1. 9, pour n -6^ (ÊWlNH = N^nsn), de même que pour n (1. H) : (= BOIlBrl 
NmZJfï) !! Donc, au point de vue linguistique, ils ont confondu les deux caractères. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 59 

brisé au milieu, pour «n, et tr pour t. &ru)fi»K est au construit. 
Ainsi sont écartées les hypothèses de M., p. 246. 

L. 4, lire : &a&n»i. C'est le aq-iNtt, ÈOfinfcW des lignes 9, 12 et 14. 

L. 7, début, lire : aonabafi, avec N après le b. — lbid., lire : 
«ro^pKni «nrTN. 

L. 8, lire : BTDabçi emiban ernabN imbis tyy\ «rai bïs-ï 
aminci. — crnabK est écrit comme à la 1. 7. — Dans fcpSNbfci, 
r« est très lisible et de btti il y a de bons vestiges ; de même dans 
le n° 40, 1. 19 (voir plus loin), fro^-nsi] est impossible. 

L. 9, lire : Kmwti K^ia; ce mot est à l'état construit, de 
même plus loin. 

L. 10, lire : ntqi anno* ab^-n (?)nm;»ko731 «îa^noi arro* 
...rtwsnT [BflaiMrc. Les signes a«o de NTaasDttn sont un peu brisés et 
mutilés, peut-être il faut lire : ^ttûNOtti, cf. Morgan, p. 260 5, 
1. 32 : k^ûndwi fira^BDi pour «bidei twioi de n° 40, 1. 21. 
Sur . . .n«nt wns, v. n° 40, 1. 21. 

L. 11, lire : "pnbmmDi , sans n. 

L. 12, '"Di rri^b ^mn N3nN»v Le mot tonatti est pour 
NnanN»i (nanarai); Nina», pour nsntt « gît » en babli, est très 
fréquent en mandéen. La supposition de M., p. 247, est superflue. 
— Ibid., fin, lire : Krmwî tôïa, au construit, comme 1. 9 et 14. 

L. 13, lire : êtsnt &om ou [iJn^dnt. La troisième lettre de 
tr>-NT n'est pas un t, mais le reste d'un 3. C'est la formule finale 
l&raaT fimi de n° 40, 1. 26, et avec «niDN commence un autre 
sujet. 11 faut donc traduire : « et la (grande) vie est victorieuse ». 
De plus, &ptkt arm ne concorde pas avec le contexte. 

L. 14, lire : «rvnnrn to:n, comme plus haut. — lbid., fin, on 
peut encore lire : [m] — o, c'est la formule mandéenne de conclu- 
sion bien connue (S. R., Qolasta, etc.). — A l'extérieur, 1. 15, 
lire : pin Nl^waTp? Le sens est incertain. A la vérité, Pognon, 
n° 27 (p. 77), veut lire tr^mp, au lieu de la suscription m èt'W* 
(fip^ttiw?), mais là tp^my est juste (v. plus haut, n° 29, 1. 7). 
Aurait-on peut-être fabriqué plusieurs coupes ensemble ou l'une 
après l'autre, comme les numéros pareils 21 à 23? De iû il n'y a 
pas trace, non plus que de n. 

Pour le n° 39, je crois utile, étant donné les multiples correc- 
tions, de les transcrire en entier : 

Nmaai Nn»n[m N]nnsn NniON i 

nn^izm [nfrasi (!)[nna]si n'ynnn 2 

toitn p[s n»]*if NOTiatf] nsBKai nbubi 3 



CO R.EVUE DES ÉTUDES JUIVES 

i 

Nn&ob-ô N-posn abne ao-tttoa N-nno ar-ro* 4 

Nrifcrb^b (!) fipb^b 

tra^^i Nmn to[a]-n-n ^...wn arstnan iNtm êto^d &rTN~n 7 

«■m ne r>mn (!) [nftjfr Njo^na-ï rooaw nbv p enrn (OOJrn 8 

nbN^MNT'Tai «mb^ n-po? 
1 nn^riN ne Nn Nm3:n[a]3 nr&TTafcn-an Kmb^b] n-po* npitos 9 

npniiû't ^nbi5 fN-po* 
(!) ne&th finifittïnm erb^b fipjabïia nbN*»[7pN]i73i (!) b:n «r^rao io 

tfp[pr]3>a N^nn fif-pO:* K73N73"»ari 

Kruanm Nrrnan nhion oin Tnan na [»sbM]n ('•) bab "jhtt^bun il 

[NoYhai nb[«]n»bn naûKab nb^inn 

.|fir*i]sn ns i[in]72^i 12 

L. 2. rrwi est une dittographie, ou bien ce mot est écrit 
avec une faute quelconque et ensuite corrigé, comme on en 
trouve des exemples dans cette inscription et ailleurs : ici, 1. 5, 
fir»V»b; 1. 8, nfcan (voir plus loin); 1. 40, brr et N73N^; 1. 11, bttb. 
Les scribes des textes magiques avaient l'habitude de corriger les 
fautes commises en répétant le mot, tout en laissant subsister le 

mot défectueux. Ainsi, n° 4, 1. 4, ■pTû-nbtt \ n ° 7, 1. 8, bao? (pour 
baro*, comme chez Myhrman, 1. 8); n° 15, 1. 4, ibbki ; n° 40, 
1. 4, «mn; 1- 47, a*na«TiiD (voir plus loin); Ellis, VI (voir ci- 
dessus, n° 37) ; Hyvernat (Z. /f., II, p. 116), b^m ; *^-> rpnptwt 
îrnpïyai Tian na aob» m7jbun [i îrnpwi] ro*»a arpiOTSBoan 
-man na aob» Nttibun (sur awa, ar. djinn, voir Griinbaum, ?ô?û?., 
p. 2 U 25); Wohlstein, n° .2422, 1. 5-6 : amno'W nmo^ao. 
Depuis èpth ar-po* (1. 5) jusqu'à ariz^a amam (1. 7), notre texte 
répond plus ou moins à celui de Pognon, Une Incantation, etc., 
p. 207, ce que M. avait déjà indiqué, et d'après cela on peut 
compléter notre texte. Le passage est le suivant : arm am^o* 
N.njb'iï"! ■pb'nKrran Nnatrann a*na*ap3 anarb^b ar-pD3>i aoiznn rt^ï 

'iai arura arTam ^va mnb^rt "pnbia ao-po? 'idi a<u>a«a* fcnsab. 
D'après ce texte, j'ai complété «wm (1. 6) en araanrim. 

1. Ecrit avec n (•6/) ; voir plus haut. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 61 

L. 7, dans &r:&rm "jfcwm, le n est brisé et il n'est resté que la 
partie inférieure d'un n ou d'un i (peut-être aussi d'un s ou 
d'un n) ; peut-être est-ce seulement sur le fac-similé, car M. l'a 

donné comme certain. arsenal est la seule leçon possible. La 
troisième lettre n'est pas un a, mais un *i (tout au plus peut-on 
penser à un -i). aostna signifie-t-il « apparitions mensongères » 
de ena « mentir »? frT...an est peut être à compléter en 
fco[730]Kri, « jalouses ». — Mîrr\ tram-n d'après la lecture de M., 
quoique le second n dans le fac-similé ressemble plutôt à un p, 
mais la lettre est sans doute mal reproduite. La locution répond à 
la suivante er-^pi N^tfbïa, dont la lecture est sûre. fcTTp est fré- 
quent en mandéen dans le sens de « rébellion, insubordination », 
p. ex. S. IL, II, p. 35, 1. 16 («■n^p'ï &na&u b* iman « et il le 
fit passer devant l'homme de la rébellion »), Joh., xix, 38, 1. 16, etc. 
(hébreu "np). On trouve aussi amp dans une amulette mandéenne 
(Florilegium de Vogué, p. 352-353), 1. 12-13 : arnp « malheur », 
en parallèle avec aa-iïr, et 1. 139 : aanî-n eo^p to-iatt, au lieu 
de ar-rp dans 5. R., I, p. 287, 1. 3 : awamEi N^n-'pT an'rn ftti; 
dans la langue mischnique : in ^p (na) m sn^ra (ma) ï-t&oan 
D3i»; Qolasta, p. 54, 1. 9-10 : N^DNbN?a b^Nai p^ïi*m Èrrm *p-o 
««m; Wohlstein, n° 15 2422, 1. (Z. f. A.. VIII, p. 328) : 
amiTi ^aabtt (sic) Vroa ; S.R., I, p. 98, 1. 1-2 : bva-iNtti b^s-n* 
arab&Hûw b^aTia nhh bsn. — i?a ^ni (Hvn (1. 8) veut dire : 
« qu'il soit repoussé, éloigné de » ; cf. Qol. (cité ci-dessus) ; 
souvent chez Pognon : nmr\ eo-nsn boto (n° 1, 3, etc.). Ici 
le mot est écrit avec i, ce qui arrive aussi ailleurs, par ex. 
Pognon, n° 3 : mwpYm; n° 14 : nîo&m ,&rh:i ,iD"HNpi = un^pi 
nfin&«n ,KTi3i dans le n° 13, etc. Le mot *rn, dont le * est très 
incertain, pourrait d'ailleurs être une faute d'écriture, qui aurait 
été corrigé ensuite en ari-n. — Dans n»3n [n]733>[i], il y a une 
dittographie, comme je l'ai déjà remarqué plus haut, ou bien une 
correction du premier mot, où il y aurait eu une faute quel- 
conque. Mais M. a lu èttswi, en prenant le trait oblique du i pour 
le pied d'un n (the first letter is conjectured from a mère remuant, 
p. 251), et le trait vertical pour un i et en considérant le y comme 
un -i et le b comme ■*» ! Mais nnyï est certain, et ertt-pn à la 
ligne 12 est également impossible, car la dernière lettre y est 
sûrement f comme dans i^bci (1. 11). Le nom de la femme 
enceinte est précisément aoma et sa mère s'appelait &n*n r®. 
L. 9, lire : «m-poa ou anvroa ; en tout cas, la quatrième lettre 



62 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ne peut être un p; de même il faut probablement lire : 
Nma:n[a]a, ou bien Nnwi^Ja, ou encore amajn[ï3]a ; à la cinquième 
place il faut lire sûrement ^ et non n, comme fait M.; le an qui 
suit est peut-être un nom propre; il se peut aussi que, comme au 
n° 40. 1. 12 (voir plus bas), il faille placer un a de part et d'autre 
du n. Le sens m'échappe; voir cependant n° 40, l. 18 : Nnbaaa 
'■DT fins no. 

L. 10, b^H, voir plus haut, 1. 2. [Il faut donc lire plus haut au 
n° 7, 1. 14, dans la citation : ttbiafiHW (ijbsn.] 

lbid. : «aan. Pour cette faute de scribe, au lieu du mandéen 
correct NENwan, comparer mon observation sur le n° 2, 1 3 (plus 
haut). Il faut remarquer aussi que, par contre, Wohlstein, n° 2426, 
a Ktt 1 » au lieu de txnv : taba>bn "jn aa^ \n. 

L. 11 : thêh "Q est sûr, comme chez Lidzbarski, V, S. /?., 1, 
p. 27, 1. 9, etc.; de même dans le n° 34, 1. 8. 

L. 12 : ^.rvnyi. Le suffixe se rapporte à Bardasa et à son enfant. 

La transcription dans le n° 40 contient beaucoup de lacunes 
(1. 6 11) et de fautes : je crois donc devoir le reproduire en entier 
comme le n° 39. 

(N° 40) Intérieur : 

«moNi «"".-h •jvKa'MJa i 

naai man masb nb^.ïin annn 2 

tt-bsTp mm nmaai NPNapia nnNaai n^d^t 3 

""I V 

«■nm NTasn N-nn «mn N-ian NnÊra&mrn NSN^rah] 4 

jpaibÉwrçnai "pa^bs ma;BN N^rt 173 unaxri[a] na TiNOSNn s 

ÉOK573 b*nK!Tïïa Nnaapia Nnîn[no:n] n^d^ï «""nabM « i 

NnNapha NncrOnosn [cma-n KTi«b]eri [;j"ptf]bN nb-ppe 1 ? anaa b 

«]"»»i^? [Nj^a^a fcn[NDi finç]saî roma b* ^anaahj anaa c 

«[anab 

b? i* Br^Kby Nainas a^narfn] am^a "iî-inh [b*] ... pb«oi d 

toatôai annriMH çr — "\ w-tns-p «"thon -pa[-iN]a tma** e 

tra^a NnN"iP[oy] ^pa-iaaa ïrbaao by iy fcTTmnu;a f 

cnaaa ■pabfiwaTQ'! iiD^Nlb» n[^]au5[N] NhaaN]aa Nnaranbi g 

aa&o ■wqamp ■paawp&n ■pabiCaJan ïDTranb ^an h 

ntn-13 •pa-waitûb nmNpNi ...-n .... [•pajaimîrn i | 

1. Je n'ai pas pu indiquer les lignes, car cette indication manque aussi dans le 
fac-similé. 



\ 
6-11 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 63 

. . . niwST-n t^-iaa un:Kn73 ^-ia nnNoa e^aaaa ïiaa-mam 12 
in«03 NrvNaa -a wtmz na KP«"*b^b[n l">Nr]<? î N?20>[^]<n> 1 
n'7<^nr> 1 N]mc3ai a Nnnnn «pnn niiidni BT«n 172 roisarna na 13 

nn^sai NPNap-is nn»aai ama^T n[3ai m<«Ti "rnasb 
1 <NPN> , «:^]" , n Kiith anjn «tip an»rn Katra^ai nbaTi mm 14 
nb["n]nn Knnn Nmoxi N^n p tahaarra <-o 2 -n>aoaNn 

mm rinçai n [*<NnNap>T3] riPtoai sria^T ma*i rnasb 13 

[np^sntî! arasai] nba^n 

Extérieur : 

mNTT •nrmi fnae nb^nn «moNi a^n 173 in^n ns ^NP&ri73[i] 16 
nbaTi [mm nrp<Mai 5 NPNa>pi<3 4 nP83a>i «J-pa-T nsai 

Nn&raNTn arasai 
■pnbnai «n^b noria pn:n n-nl/^o* &pti fra iDi:tfn73 na "nNaaari n 

NPNamuî pmioi N73nbm [ É | i r<:nia 5 N>PN v <a ta i>i^] 
ïrwnpaai ÈPTiKb» (!) ivisbôna «aNb» "wna ïipd pd NpbaTaa is 

\Nma PNlb «lïT! NtbTlT 8 <N73"Ui:>a N"»D*<Nb>737] 

rrb«ba b* -îNaab îa^a* bian «aNbia Ni-rm N73Pna av^n 19 

n-o^-idi N"nia[:n NTa 5 -<8bm> a*n«bs "pnbjia arTO* 

rrn|>«a v?]i np^3a "poi nsa pi ïtikï lai mafi fa ap&npoyl/i] 20 

-ia "nNoa&n fDïpa[ia pi] ri[b]a^n ["jtdi rmli i^a-i 

f<via-i t^npjay (Ot^b^Jm c-^notn r*ïtt["Hoi n*]-po* ta -narra 21 

. ' y' 
NPNaTita tp^di iSTDP^PT N[^]pnNPT »an[fin 

[*r]n[w iNPN iNP]Na «pfin[N]T nb^atcn [NP&najT nb^aci 22 

I^NPNaa Brnawn Bmtt[i]n T.nbna 

np-731 [n]s3H by nd^gt ... [aj^aan [a:n:n;h n-p[oj>] "pbNa-irral/i] 23 

rn;pb K^pin 

ktom n:[ai] tna[eb rfwiri «nnN]n np[i]on [n"i]«n N-iarï 24 

v 6 N[pa]npi2 rrrMaa[i] ... *«a 

*ia "nabafin «pa-navri miwai nba[-»n n]nn (!) ai np^aa 25 

BP"»n 173 ^13Nrj73 

l&raNT K*»m 26 

1. D'après le deuxième fragment (en partant de la gauche), qui est à droite du 
premier et doit être placé ici. 

2. D'après le premier fragment, qui doit être placé ici. 

3. Ecrit avec n au lieu de n. 

4. D'après le quatrième fragment, qui doit venir ici à la droite du troisième. 

5. D'après le troisième fragment (à droite en haut). 

6. Au-dessus de la ligne. 



64 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

L. 4 : N-mn NT3Jn. Le mot NTiTn doit équivaloir à = Nnïin .eniin 

1 T T T T 

= mw»a, par opposition avec Nbaai my (Hoitll., 80a; cf. B.B., 
36 a) ; il n'a rien à faire, en tout cas, avec nsn. 

L. a : b-n^riT, bœnfiT se retrouve dans Schwab, Angélologie, 
p. 181; cf. Lidzbarski, Joh., II, p. 11, n. 2 Dans une tablette 
magique christiano-grecque de Beyrouth {Florilegium, de Vogué, 
p. 287 et suiv.) apparaît, à la 1. 25, un SappnrjX comme habitant du 
« quatrième ciel » et, 1. 49, un SoupnqX « qui commande la mer » 
(v. ibid., p. 292, n.). 

L. b : 'i i"n«bN nb*rpasi anaa ; cf. n° 18, 1. 7 : trb» im anaa 
'iai irno" br. 

L. c : ^m existe en mandéen à côté de *pa « s'agenouiller », 
dont il est la métathèse, p. ex. S. R , I, p. 41, 1. 19 : ■pa-fio-na unir 
BHKUKDb traïa-ia p- — Ibid., 'iai arnw N^ya K^paei nis]n?:t ; 
semblablement 5. R., I, p. 54, a//. : apnab arEira îwï cohndi. 
Le uî est, dans le fac-similé, à la fin de la ligne, wrçai dans la ligne 
suivante. 

L. e : «"HriwSp « crient » (v. ci-dessus, p. 42, 11. 1) — BrwttttK; 
cf. S. R., I, p. 85, 1. 5 : N?:nKD arasa ; p. 91, 1. 1 : nrurnsa 
«paer ia nrnaacn fcpœaan Nrxrn3. 

L. / : &rnnniz373 « s'effrayer, trembler », est très fréquent, p. ex., 
S. R-, I, p. 177, 1. 14 : Tamara ôîtkôn "pn'àiai. — -panaa» est 
une forme mixte de *pa et ^an. — arasa ans-ino*; cf. le rouleau 
d'Oxford G. (cité par Lidzbarski, Joli., II, p. 228, n. 1), l, 226 et 
suiv. : 'naï s^pjS na "pasa NnsTroîi ar-iaw* na "pasa «"'ïisba 
(cf. Joh., p. 251,1. 4-5). 

L. g : s[^a?3S]D7j snsr^b"!, « gémissent », comme S. R., II, p. 92, 
1. 13 : s">aa^3i ara^ss^ istk snsTnojn «ns^b by "pbs-vpfio. 
L. h : "pab^arn « qui vous a créés ». 
L. i : ïimspsi vient de np* « arracher, détruire ». 
Aux lignes 12-19 se rattachent les petits fragments chez M., 
planche XXXVIII. Les deux qui sont à gauche appartiennent au 
côté intérieur (1. 12-15), le plus petit inférieur se mettant à droite 
du plus grand ; les deux qui sont à droite appartiennent au côté 
extérieur (l. \Q 19), le plus petit se mettant de nouveau à droite 
du plus grand. 

L. 12, lire : nsoa sasaa, de même 1. 12fin : "nsoa srp«aa 
au lieu de ■nsoaan ; un n relatif a été aussi omis par le scribe 1. 25 
et remis plus tard au-dessus de la ligne. Dans notre cas, il faut 
tenir compte aussi de la fantaisie qui fait mettre le n arbitraire- 
ment ici ou là, comme dans n° 20, 1. 4. — Ibid., lire : ST2D*n 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 65 

'■dt Nnir'^bi ■p'W*- na est-il écrit avec 1? Ne doit on pas lire *û? 
Graphiquement, c'est très possible. Cf. Pognon, n° 31, fin : aman 
&CTHJE i» pD\NrwX. De même, Qolesta, p. 7, 1. 13. — Je lis 
■naos NrnKaa, cf. plus haut. 

L. 16, N^N^m paraît être l'état construit pluriel. 

Depuis la ligne 47, le texte correspond en partie au n° 38, 1.4-43, 
d'après lequel j'ai complété le nôtre. 

L. 17, NPNaTnz) est une faute pour le mot exact qui suit '■pnsmtt 
v. ci-dessus, n° 39, 1. 2), n° 38, 1. 5. 

L. 48, iTtfbfinn est aiusi écrit. C'est une faute de copiste ou de 
reproduction pour ïromro; cf. n° 38, 1. 6-7 : "pnpasT ïTOtwro 
Brcntbfirî. — J'ai placé wmun ici dans la lacune d'après le n° 38, 
1. 7 : Kns^pNm NnriN amnbtn »b"»rn ««îran. 

L. 49, N"»3Nb»i est aussi à lire n 38, 1. 8 (voir plus haut). 

L. 24. Le texte est complété d'après le n° 38, 1. 10. 

L. 22, antriNT est pour «nanT « descendants »; ce mot est suppléé 
d'après le n° 38, 1. 44. 

L. 23 : nwb «Tnn «rn72T ns3N hv nb^di. Dans le n° 38, 1. 42, 
il y a : '-di m:pb &omn N3nN?an ns-'Oi wz^aDi abrni arroy. 
Les mots ïid3N b* nd->o se retrouvent dans S. R., I, p. 467, 1. 6 : 
nn^Nno hd^n bn ; p. 348, 1. 48-49 : b«B3 nés» by Ejfitnanoy, etc. 
« renversé la face contre terre ». «nrro est le talmudique «nn» « gît » 
(très fréquent) et équivaut à N3nw3 dans le n° 38 (voir plus haut). 

L. 24. Le texte est complété d'après le n° 38, 1. 43. 

L. 2o. La lettre i est complétée au-dessus de la ligne. 

Il resterait à reviser, d'après les résultats de mes lectures, 
aussi bien l'introduction que les glossaires. Mais comme ceux-ci 
se rapportent à tout le matériel imprimé, qui aurait aussi besoin 
d'être réexaminé et corrigé \ je suis obligé ici d'y renoncer. Mais 
je crois utile de donner une liste des mots qui figurent dans les 
passages que j'ai traités. 

1. Par exemple, p. 281, à l'article N-)3N « lead » il faut retrancher « N")D^ Montg. », 
car ce mot signifie « verrou », v. J. N. Epstein, J.A.O. S., 1913, p. 280. — P. 299, 
&T3D dans frTSE "H^"!?, Wohl., 2414, est à supprimer, car il faut sûrement lire 
N" , :0 "Haï*. — P. 300, on lit « fcrbpTlp (?j tresses, Pognon, B. » ; mais 
Lidzbarski, la, 1. 14 {Ephemeris, I, p. 92) a le mot exact &rbp""ï3>, qui, d'après sa 
forme, est un diminutif de Np*"!? « boucle » ; il faut donc lire fcobpny, etc. Le 
Glossaire, particulièrement Glossary C, ne présente pas d'unité avec l'ouvrage; il 
paraît avoir été achevé plus tôt, par ex., p. 291, on trouve : Nntf2TD TTlb 
(1. irm), 7, 9? C'est ce que M. a sans doute lu d'abord au lieu de la leçon exacte 
rWK3Ù itlVl ; p. 283 : -JB13, 32, 10; 33, 12; p. 297 : -|E31* 1 32, 10 = 33, 12 
(v. ad L); p. 283 : « :m^ because of, 11, 8 [I. 8, 11] (cf. : blû^TJ) », mais 
blû3" , 73, comme dans le texte de M., est certain dans ce passage. 

T. LXX1V, n° 147. 5 



tnmtfs, -q^b — navra, navjanin 

Supplément au N° 25, l. 2. 

La lecture navra-nnb, en un mot, au lieu de na Yia-nnb de M., 
ne m'est apparue que pendant les dernières corrections d'épreuves, 
en voici l'explication : 

navnnnn est un nom d'ange (un titre) composé de Tin, « éclat», 
et de navra, mot qui, en tout cas, vient du persan. Il paraît bien 
identique au mandéen ^na^aB, comme dans QoL, 6, 14 
(= Morgan, 133, 2) ; 26, 30 (= Morg., 105, 2) et 59, 33 (== Morg., 
126, 3) : fcTTn anïNttn mn^iNs •pnn «"nm* ^nr;i ^MJDbTO, 
Silmaï et Nidbaï, les deux Outhrâs (Anges), les padibaràs du 
Manda de Hayye, et S. /?., I, 74, \ : a-nmy N"na->naB njabaa^:: 
'van arïra, « il créa pour toi (c'est-à-dire pour toi, vigoureux 
Outhrà), les padibaràs, doux (agréables) Outhrâs », et 360, 14 : 
laanB Nnr-p-jNtt'i amm* N"na"HNB N"»ba«X3 firbaasa N'mN'HKi, 
« Il m'a créé des aides, il m'a créé des padibaràs, Outhrâs qui ont 
de l'intelligence ». Padibarâ est un mot persan et signifie, selon 
Nôldeke, Z. A., XXXIII (1920), 80, « serviteur », proprement 
« qui marche sur les traces, qui suit pas à pas ». En néo-persan, 
on dirait, d'après Noldeke, pàj bàr K (Lidzbarski explique autre- 
ment, Mandàische Liturgien, p. 17, n. 2). 

La forme navn pour wtb se rencontre aussi dans le Babli, 
dans un mot qui n'a pas encore reçu d'explication satisfaisante, 
mais qui, très vraisemblablement, a du rapport avec notre 
terme. Dans Berachot, 6 b, un Arabe dit à quelqu'un qui priait 
derrière la synagogue, sans tourner son visage vers celle-ci : 
yn "Oop rwp na-na. Cette lecture se trouve dans les Teschoubot 
ha-Gueonim £"vaa, n° 151 (Scherira?) : tww vj« *p navra, 
Pseudo-Saadtya, éd. Wertheimer, 2 6, dans l'Arouch s. v. nana et 
R. A. H. adloc. (les mss. et ^"nn : na nia, les éditions et Raschi 
ont na via) 2 . Les Teschoubot expliquent le mot comme venant de 
l'arabe (npbaab nannott), de même l'Arouch, ibid. (nannott) : narra 
« avec le dos », arabe duôr, « dos », mustadbar, « tournant le 

1. Cf. le persan bârpâ, « sur pieds, debout, droit », et fcTENp, Dan., vu, 16; 
Û" |ta I7J^n, Zach., m, 4. 

2. Teschoubot ha Gueonim, éd. Hark., n° 410 (de Scberira et Haï) : na V1D 

narrab ynn aima na ^sba. 



GLOSES BÀBYLO-ARAMÉENNES 67 

dos » ; '"dt nn73N N*^ûn uîmsM "nnio baa»?2tzj*< i-nubw inp^an 
(Teschoubot, ibid.). De même Pseudo-Saadya, 6 #, en bas : 
rtbapba nannott û\\p naN ^aan "lainoaba *»b. Mais Pseudo-Saayda, 
2ô, l'explique par le persan : '"onKabNa (?)^*n in (v. Bâcher, 
ibid., 24«Ï,R.A.H., ad loc. : Naonna * « audacieusement ». De plus, 
Y ancienne leçon n'est pas nana, mais na^s. Pseudo-Saadya, 6 a 
(dans le ms. J9 a) : mcoa» Nina wim i»p ^.rns et tôtô., en 
marge (dans le ms., le scribe l'a mis postérieurement en marge 
de \db : ttaMwb -««n 2 .. aimoa mia^i» ^Np na-HE mantttzîa 
... n^n ,,.. qo*p an 3 nrr>an na baT. Ainsi, d'une part, wid 
avec d 4 et ■* est attesté par Y ancienne littérature gaonique, car les 
manjaiD, mentionnées aussi dans Pseudo-Saadya, p. 12 a, sont 
d'anciennes notes gaoniques (v. Rab Haï dans le Se fer ha-Sche- 
tarot de Barceloni, 126); d'autre part, les Gueonim n'ont pas 
Tva ^Tap na^p, mais rrna»» "»«p ou mn»»» anaa ainn mp 
« tu te lèves devant ton maître » (&naa tmn est pour n» comme, 
par exemple, Guittin, 56 b : >naa r^onm s-rw) ; de même 
Teschoubot hag., ibid : ïm73 i» naina ap^ab n^touj i?a mb -nia «b. 
Or, -» Dp en araméen signifie « se séparer, s'éloigner de 
quelqu'un », p. ex. dans Schebouot, 26a : am rrap» Wp Tiïi "o, 
à l'inverse de a m rrnp? *intf ^a ; Ketoub., 106 ô : W9 -nn ^a 
Nna^n727: pan et Nna^n7a7a (1. nnb) rpb "i7ap ; on trouve aussi, 
sans -73, Meguilla, 28 b : aip^ai an-ns irrapa De même en hébreu, 
Gen., xxiii, 6 : "inTa "os ba»7a Dira» ûp^i ; Nombr., xxv, 7 : 
mw ^pnTa Dp" 1 ! ; cf. Gen., xlv, 5; I Rois, vin, 54, etc. Le sens 
du passage de Berachot est donc le suivant : l'Arabe croyait que 
l'homme qui tournait le dos à la synagogue voulait s'en éloigner 
et il l'interpella ainsi : « Padibar ! Te sépares-tu de ton maître? », 
c'est à-dire un serviteur qui devrait se tenir derrière son maître 

1. C'est ainsi qu'il faut lire, au lieu de NaOïna (de même Wertheimer). NDOin 
pour n DIS "Ml se lit aussi dons l'éd. Lowe à la fin de Sota ; de même Meïri, Yeb., 24 6, 

s. v., WTaœn rrauî73n naiî bœ "po^oaai «soin b© a-na^i : cf. Saadya, 

Commenta?**/ on Ezra, éd. Mathews, p. 30 : 'TaiN im 'iaT ïiaiT ^aa NDlilîn "Oa 

'iai nwatn 'vob «Biatn "aa. 

2. Je cite d'après Lewiu, Oça?' hagueonim, p. 28, qui a utilisé le ms. et complète 
les deux dernières lettres d'après Wertheimer. 

3. HO"Pan (?) ou bien nrpS comme en syr. «Ma, « temps » (Audo). On ne peut 
guère le rapprocher de nnari. 

4. On trouve, il est vrai, "B pour -3, Revue, t. LXXIII, p. 36-37 et p. 163. De 
même Teschoubot, éd. Harkavy, p. 22, Aboda Za?*a, Mb: TitfS "nO^I (au 
lieu de ttnd "1tt33H des éditions). De même R.CH. ad loc. d'après le ms. chez 
Kohut, s. v. Nr."*3pN. "HNE ■HO" 1 ^, « vi?igt (jours) en Adar » comme en néo- 
syr. i-ioa», « issvi », Nôldeke, 152; «vin a D^iaya , j. Ab. Zara, 39c. 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le visage tourné vers lui, lui tourne insolemment le dos (->Np 
rmNtttt) 1 . Ou bien, selon la leçon des myiM : rma» 1 ^ ■wp nmD 
O^anmoa « Un padibar se sépare de son maître avec agitation 
{trouble) (et non pas impoliment comme toi) ». [N^mmon — 
telle est la bonne lecture — se retrouve dans leTargoum,Ps.Lv,15, 
en syriaque «armo, « troublé, agité ». Le mot n'est pas une expli- 
cation de padibar, mais appartient au texte. Cela s'accorde donc 
fort bien à Tétymologie persane (suivre la trace, marcher der- 
rière) de tna-HND, comme l'a expliqué Nôldeke. Nous avons 
maintenant à l'appui, dans le Babli, une variante analogue 
nam pour wtb. Un Arabe en Babylonie pouvait fort bien user 
d'un mot persan, et d'ailleurs tout ce qu'il dit est traduit en 
ar aîné en. 

J. N. Epstein. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



P. 27, n. 3 : Johannisbuch, lire : Johannesbuch. 

P. 29, l. 20 : '■plSttm, 1. : -piSttna. 

P. 31, 1. 20 : Bible, 1. : Babli. 

Ibid., n. 1 : R. S. A., 1. : R. G. A. 

P. 33, 1. 1 : 13% 1. '131. 

Ibid., 1. 2 : "popo popo, 1. : pOpD ppo. 

[De même il faut lire, 1. 6 : prpo T D )?0 ppo et non po pD popo 
comme chez M.] 

P. 35, 1. 5 : NTJKDbi, 1. : N^ftHNobi. 

Ibid., 1. 6 : NnNiE&nbi, 1. : NnNiNETbi . 

Ibid., 1. 24 : n" 1081, 1. : 16081. 

P. 37, 1. 16 : ^3[ttn, 1. : ->n3]ttï"l. 

[Ibid., 1- 30 : fcipta au lieu de bpUJ se trouvait aussi dans Baba Batra, 
kia, d'après Ms. Oxf. : Np*ra NpU5, et Houllin, 105 a, d'après Ms. R. 2 : 
NpnaH N-nri: Nptt), v. plus bas sur Lidzbarski, p. 3, 1. 2-4.] 

P. 42, 1. 20 : p. 10, 1. : p. 36. 

P. 43, 1. 32 : n° 4968, 1. : p. 1968. 

P. 54, 1. 21 : ->biptt)Ti, 1. : ibipiDI. 

1. Au lieu du i^p des éditions, il y a lieu d'admettre une leçon plus ancienne 
"72p7û. Cependant V2"pl2 Ûp signifie ailleurs « se lever devant quelqu'un », ex. : 
KeL, 62 6, Kidd., 33 a, etc. 



LISTE DES MOTS 



1. Araméen (judéo-araméen et « syrien » = n os 31-37). 
Abréviations : h. = hébreu ; n. = nom (d'anges ou d'hommes). 



N2N CJ13N), 8, 9 (v. p. 42). 
TDN, faire périr [tr.) t 18, 6. 
R"iaN, pi-, membre, 29, 4. 
0V)3R, n., 19, 6. 

Diana», «., 14, 2. 

*7N ("P), main, 8, 13; cf. NTN. 

YPbnR, accouchée, 13, 11. 
(?J"HR, puissant, 8, 13. 
^HR, ceux-là, 4, 3. 
BmbDOI», 12, 13. 
tT3S1R, A., »., 8, 13. 
W1R, rangs, 19, 19. 
OTiaTR, n., 19, 7. 
«n«, frère, ami, 37, 9. 
nn« (TnnRS enfermer, 10, 2. 
RTN, main, 34, 13. 
WR, w., 18, 1. 
TiirONSI, /?*., astarté, 25, 2. 
PN(^),8,9 (?v. p. 42). 
"DR (13*) > retenir, 6, 6. 
R73Ï30R, asthme, 29, 8. 
"TSR, retourner, 7, 11. 
WIDRi n., 13, 12. 
TfcR, n., ib. 

RTR"»R, "^TRIR, secrets, 37, 8. 
TUI, «., 19, 9. 
NT""iR, cèdre, 6, 11. 
MTlRi lion, 19, 15. 
-:"wwN, n., 34, 2? 
inR3 (R7213), après, 1, 10. 



(R3a) "^S, portes, 19, 19. 
"153 (1152), comme, 34, 6. 
"laYîa-, valet (persan), 25, 2 (v. Sup- 
plément.) 
KM, blé, 6, 11. 
RDM, cheveu, 19, 19. 
Rrrva (Krw?), 17, 11. 
Itria (rtwai), sa femme, 13, 10. 
RS3, coq, 29, 7. 
ba, n., 37, 10. 
ùba (bî33), annuler, 17, 13. 
onsp-u, n., 19, 18. 
(aaa) Raan, courber, 2, 4. 

Nia, génie protecteur, 37, 10. 

ba-ma, n., u, 5. 
[armai*, p. 35, n. 1.] 

nn, décider, 29, 10. 
ND1">b->a, espace, 32, 6. 
RafaU (b. NHa),Jo/., mains, 2, 1. 
na"! (^ab^b), conduire, 19, 18. 
?-rm (*p), celle-là, 28, 2. 
(R^wn) VttTT, imaginations, 30, 5. 
a-nVT, n., 36, 4. 
b&o-m, n., 15, 9. 

"PR*7Rn (persan douzdidah), secrète- 
ment, 30, 4. 
RbTtt, horrible, 29, 12. 
RblbtVT. inquiétude, 35, 4. 
fi^D-l, pur, 27, 5. 
Nbn (R^bllE), ériger, 34, 7. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



?«m, querelle (?), 6, 12. 

NlDï&m ? (mand. NCatni), drapeau,4, 5. 

P0111 (pers. droust), vrai, juste, 13, 8. 

01Bp00i"11, n.y 19, 18. 

■pi, fouler, 6, 5. 

TV7 (N1TT), se disputer, 7, 16. 

?ipni, famille, 28, 2. 

mn (131-11 = ina i-nn, 32 et 33), 

reculer, 4, 6. 

lansmrr, w., 25, 2. 

Nlin, celui-là, 10, 3. 
UbB 13) b"«3^n, n., 19, 7. 
■piOiïl, comme, 15, 5. 
D73n, penser, 1, 10. 
1 = a et â, 34, 7. 
-il (= -1), 1, 9. 

Nminîsi-, «., 36, 1. 

TP^T Cpp^l), esprits, 21, 2. 
BpTi cheveu, 12, 5. 
Cpï, orner, 12, 5. 
Nan, assourdir (la voix), 13, 10. 
N-|3n, compagnon, 37,10. 
fin?3Nin (N-|72ÉTn ? = ÎON73"in), amu- 
lettes, esprits, 30, 4. 
mn, associer, 17, 6. 
lZîin, h., se hâter, 25, 3. 
Nrrrn, vie (haleine), 29, 5. 
(CÔTI) l^lbin, armées, 7, 14. 
("J)3n, caresser, 13, 4. 
Npi:n, êtrangleur, 29,8. 

iran, ». (rraan), i9, n. 

(MBn) ittîn, douleur, 7, 13. 
Nbia, ombre, 29, 9. 
^3tfblt3, n., 19, 5. 
OSTlt3, OBIU, 01EÏ3 (N3ibl), ven- 
tricules. 
i7û* , L3 , ossements, esprits, 29, 7. 
"P^ba, n., 19, 11. 
bbCD, ombrager, abriter, 28, 3. 
Ept3, battre, 11, 6. 
Nttli (— ^73^), mer, 2, 3. 
N*T ^N1731N, in">3»1«), jurer, 3, 3 ; 15, 5. 
Pi, 8,9. 



3ni (aniK), être amis, 9, 1. 

(?)inni, reste, 25, 4. 

N3 (fiOb)*, ici, 19, 19. 

N2">D3, enveloppe!?), 36, 3. 

Uîaa, soumettre, décourager, 9, 6. 

N313, chaîne, 16, 8. 

13, mot explétif, 17, 7. 

13, comme, 2, 4-5 = 27, 7 ; 6, 11. 

Nirn3 , comme ceci, 32, 4. 

■piDirPO , comme ainsi, ainsi, 15, 5. 

(N3*3) T313, douleur, 19, 8. 

(NUi^O), 112313, sentier, 12, 6. 

p3, ainsi, 15, 5. 

tfOB'O, menstruation, 29, 7. 

bb3, donner la bénédiction nuptiale, 28, 3. 

(?)NlD33i amas, 29, 7. 

3P3, écrire, 1, 6. 

[i-JUÎD 1*333 3n3, l'écriture araméo- 

manichéenne employée aussi par des 

juifs, 31, 1.] 

«aab (NSNab), larab, démons, 34, 10. 

[i?3 N73, esprits, âmes, 19, 17.] 

3173 (131 p), hors de, 32, 7. 

«1*311» (mand. fcpbNl73), releveur,34,7. 

(WP3) * , n73" , 73 , battre, détourner, em- 
pêcher, 1, 12; 7, 13. 

Nmri73, KnNin73, coup, coups, 29, 9; 
19, 8. 

Nniî373, veille, 7, 3. 

"^73 (-73), de, 21, 1. 

■»afci», Nni^i» (173), n., 18, 6. 

173, avec, 1, 10. 

0311373, w.,18, 11. 

1073, lmmilier, 9, 6. 

NT3>72, poil (d'hommes), 29, 4. 

NS^IItt, N3^3173, éducateur, 37, 10; 
Ellis, 6. 

D1173, à., hauteur, ciel, 25, 2. 

[Nna]31?3, chariot (céleste), 14, 1. 

D31D73, n., 6, 8. 

NTiB'JÎ^New, n , 30, 1. 

133," n., 36, 3. 

^333, n., 19, 11. 



GLOSES BABYLO-ARAMÉENNES 



71 



\T-13, voyager, 8, 10. 
bK"nro, »., 14,5. 

N" , "n"l2, lumières, 28, 3. 
P!T3. s'en aller, 10, 6. 

i»na, n., 19, m. 

nn3 (nri2N), descendre, faire descendre, 

8,9. 
NT3, jougj &n*2 ^33, pieux, 1, 9. 
3p3 , /*., espace, 9, 6. 
îmo, régulier, 29, 9. 
bîniO, »., 13, 9. 

NZa^ïO (N^rO, siûlu), frayeur, 35, 4. 
N"»"nD"IO(= îT"nDO), secrétaires, 19,11. 
[^Omo, syrien, nestorien, 31, 1. 
D*nÉWO, mand., v. n->"P730.] 
"PO P?0), examiner, chercher, viser, 

1, 12. 
(pbo) "ppO% monter, 25, 6. 
rPTEO (Nan&O, n., 12, 7. 
*730 lO»Ol)= J73C H, 11. 
[&O0, y. 10»-] 

"Itûiy (lU^), changer, dévier, 32, 9. 
T? (= 21), trembler, 14, 2 ; 34, 10. 
N3T»3>, temps, 25, 5. 
Ù*y (D3>). de même, 1, 3. 
NSKj"^, qui a un grand œil, 30, 3. 
N73">b*, garçon, 19, 18. 

b«ob*, «., 19, 18. 

[i^O^y, vingt, v. Supplément, note.] 
"1T, détruire, 34, 10. 
b^ta-lJ, nu, 8, 3; 17, 5. 
(?)Np-J3>, artère (?;, 29, 4. 
"S (= "3), dans, 8, 12 ; 30, 4, et Supplé- 
ment, note. 
[ims, v. -nina et Supplément.] 
NrOlD (NPDia), excréments, 1, 11. 
NI^D, sort, banquet, charme, 32, 3. 
"iSC, attacher, 15, 7. 
bîo;D, n., 14, 5. 
Oip^a-IDD, n., 19, 18. 
pOD, cesser, 29, 3. 
HIBB, dissoudre, 29, 4. 
Nmit, associé, association, 37, 10. 



(îl)fcTir>2, rayons, 12, 7. 
"Dp, celer, cacher, 37, i. 
rnp, N*7p, surgir, sortir (croître; crier), 

Ellis, 1, 8 (sur fin 11). 
TIip, n., 13, 12. 
"Vaip, devant, 26, 2. 
Nnttip, corps, 2, 1. 
Nba^p, remède, incantation, 3, 6, n. 
&Ô:rp (= NJ»b"9), chambre, 34, 10. 
Nbp (Nbp bp), voix, 13, 9. 
N273p (N373ip), alcôve, 34, 10. 
NitTitp, " , 2S' 1 iSp, morceaux, membres, 

29, 4. 
•pp, boucle, 12, 5. 
Nm31, grandeur, 29, II. 
Nil Cp3H1 , ass. ratfw), obéir, 34, 5. 

bartam, n., 15, 9. 

NTV-) (= NT&n), secret, 19, 8. 

bÉTWl, n-, 15, 9. 

«Wl, n., 36, 1. 

N7am, ami, 37, 10. 

073m, /i. t^Tam, 17:ml, pitié, 5,4; 

25, 3. 
tem (tDTnmTa), arriver, 19, 9. 
N33"n, maître, 25, 3. 
npn, danser, 28, 3. 
NNUJ, briller, 12, 6. 

?*kuj {=^yw pi.), 6, 12. 

bwUB, n., 19, 12. 

Î3U) (ïaittî), errer, 34, 10. 
NmtO, sérénité, 16, 8. 
"11^, sauter, 19, 14. 
■jma, lmniZ53, brûler de passion, 28, 1, 4. 
tnrPti) , chaleur (passion), 28, 4. 
0^3"^, connaître (persan), 19, 17. 
3l33ttJ = tZJOD [9. plus haut), 16, 11 ; 34, 5. 
rDTZJ, oublier (rOniÛ^N), 25, 2. 
pu:, h , reposer, 25, 2. 
nbl23, enlever (un vêtement), 8, 3. 
KrPOnbtt), flamme, 37, 9. 
y73UJ (imper. "Jimi»), 8, 9-10 et p. 42. 
N3UJ , être retiré, se déboîter [en parlant 
d'un membre), 29, 4. 



72 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



TBTÛ (by), «tre beau, plaire, 28, 2. 
Nptt (= bptfî), twptt 32, 3; 33, 1. 

v. 9, 1 et Additions. 
NnSJ, Npl2573, boire, abreuver, 37, 9. 



2. Mandé en. 

[O^IN", terminaison adverbiale, 12, 6.] 

NnrTN, forte, 38, 7. 

[1NI3N l"iay), 32, 9; v. plus haut. 

■"IfcONj v. plus haut.] 

ND:N, figure, 40, 23. 

INpN, arracher, 40 z [34, 10]. 

N31N, quatre, 38, 10; 40, 21. 

[b"«u"iN, nu, v. b^cai*.] 

fcP3Nia? 39, 7. 
fiOTD, genou, 40 c. 
&T3*a, entre, 40 c. 

•jaia, v. *pi. 
fliamaana, 39,9. 

'[asa , v. plus haut.] 
baa , créer, 40 h. 
NÏ11, expulser, 39, 8. 
fcOTH, n., 40, 19. 
"lilttri, celui-là, 40 cl. 
["JNTTT, épouser, etc., 32, 9, n.] 

a 

lerrn, 39,7. 

KIITI, voyageurs, 40, 4. 
?N"»730Nn, jalouses, 39, 7. 
fc^ltfin, pensées, 39, 6. 
ÉTDNT, victorieuse, 38, 13. 
tfnNINT, descendantes, 40, 22. 
b"HKÏTlT» n., 40 a. 

[^a?31î , "OtoUT* (b.^OIITN), ébran- 
ler, 13, 9, n.] 



N^HNnT, 38, 10; 40, 21. 

[rp-OW, la terre, 12, 6.] 

N2 ,, 7a"\ main droite, 40 e. 

[1073, v. ci-dessus.] 

WBTT», ciel, 40 d. 

(HK3), N3nN73, reposer, 38, 12. 

DNHND., se lamenter, 40 c. 

^a73N3, gémir, 40 #. 

(PNHD) Nnri73, être étendu, 40, 23. 

fcro, fi"> 38 > 14 - 

pb«0 , monter, 40 d. 
010; DÛ30, cacbeter, 38, 10. 
[O^N^O , n., 7, 12. 
1*0, v. plus haut.] 

1 
NnVPD, 39,9. 

N730, devenir aveugle, 40, 12. 
NbtfttO, gauche, 40/*. 
[NIO, v. plus haut. 
N^Wai^, BP».iTlV, magiciens, es- 
prits, 29, 7. 
Nia-HND, v. Supplément.] 
NIÉtB, voler, 40 c. 
[NPOID, voir ci-dessus. 
Nlp, sortir (voir ci-dessus Sub nip).] 
Nip , IHtfp , crier, gémir, 40 c. 
[Nattlp, voûte, y. N373p. 
Nn?31p, corps, v. plus haut.] 
fcri^p, fcOlp , rébellion, malheur, 39, 7. 
Nb«1 (IfiWKl), 40, 18. 
■pi, *pia, s'agenouiller, 40 cf. 
[Nil, voir ci-dessus.] 
(TH1) N^TniNnU573, s'effrayer, 40/. 
Nmi, esprit, 40, 16. 
N?3"na, nom, 40 i, 18. 
6073110, ciel, 40 c. 
?Nn (NrN), n., 39, 9. 



LES JUIFS DU GEVAUDAN 

AU MOYEN AGE 
PIÈCES JUSTIFICATIVES 

(suite et fin 1 ) 
9. — Mordafays Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XVl v . (Acte barré, à la suite du précédent.) 

Anno Domini M". CGC . II . die lune post beatum Lucham. Notum sit 
quod Martinus Vilaret confessus fuit se debere Mordafays judeo presenti 
XXXIIII 0S solidos turonenses seu monete eurrentis, ex causa mutui ; 
quos XXXIIII 08 solidos eidem solvere promisit hinc ad festum Dedica- 
tionis beati Michaelis, obligans ei pro predictis omnia bona sua, et 
ju ravit, renuncians exceptioni non numerate pecunie. Actum in dicto 
operatorio. Testes interfuerunt P. de Malagrata, R. de la Gros. 

Fuit eaneellata pro voluntate Judei, anno M° CGC 1111°, in octaba 
omnium Sanctorum. 

10. — Ferrarii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XX r . 

Anno Domini M GGG° II , 1111° die mensis novembris, Guillerma 
Marquesia, de Pomiers, et Raymunda Chavalerie ejusdem loci, confesse 
fuerunt se debere Ferrario judeo presenti XXIII solidos turonenses seu 
monete eurrentis, ex causa mutui; quos XXIll solidos dicte mulieres, et 
earum quelibet in solidum, promiserunt [solverej dicto Judeo hinc ad 
festum beati Egidii, sub obligatione omnium bonorum suorum, et jura- 

1. Voir Revue des Études juives, t. LXXI1I, p. 113. 



74 REVUE DES ETUDES JUIVES 

vit dicta Guillelma, renunciantes exceptioni non numerate pecunie, nove 
constitutioni de pluribus reis debendi et omni alii juri. 

Actutn Mimati, in operatorio magistri G. Fulci notarii; presentibus 
testibus : Raymundo et Johanne Costa, Johanne de Varazos ', et me 
Johanne de Salvanbacu notario. 



11. — Bonanasc et Abramet Judeorum. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XX r . (Acte barré, à la suite du précédent.) 

Item ipso anno, die et eodem loco, Petrus Pendaria, de Pulgeriis, 
confessus fuit se debere Bananasco (sic) et Abrameto judeis presentibus 
quinquaginta et quinque solidos turonenses seu monete currentis, ex 
causa mutui; quos LV solidos promisit dictus P[etrus] solvere dictis 
Judeis hinc ad festum Nativitatis beati Johannis Babtiste, sub obligatione 
omnium bonorum suorum, et juravit, renuncians exceptioni non nume- 
rate pecunie. Testes interfuerunt Petrus (?) et Poncius Peytavi, et ego 
notarius. 

Cancellata fuit de voluntate Judeorum. 



12. — Ferrarii. 

Arch. Lozère. G. 1351, fol.JXX r . (Acte à la suite du précédent. Détérioré par l'humidité.) 

Ipso anno et die et eodem loco, Raymundus Blanc, domicellus, confes- 
sus fuit se debere Ferrario judeo presenti, quatuordecim libras minus 
quinque sol[idis] turonenses, ex causa mutui (le veste efface. 

13. — Peresii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XXI* . 

Anno M GGG° II 1 ', die veneris post festum omnium Sanctorum, ad 
requisitionem Peresii judei, Guillelmus Port et Bertram de Pelloza con- 
fessi fuerunt et in ejus presencia se debere eidem, computo facto de 
omnibus in quibus tam ex causa mutui quam ex alia et usque in diem 
presentem, LUI solidos turonenses seu monete currentis; quos LUI soli- 
dos promiserunt ei solvere dicti Guillelmus et Bertrandus et eorum qui- 
libet in solidum, hinc adNativitatem Domini, et, quousque satisfeceri[n]t 
de dictis LUI solidis, quod instrumenta et precepta que habebat contra 
eos dictus judeus remaneant in sua firmitate, et tune vero solutis dictis 

1 . Varazous, village de la commune de Saint-Etienne-du-Valdonnez, canton de Mende. 



LES JUIFS DU GEVAUDAN AU MOYEN AGE 75 

LUI solidis, sint cassa et nulla; et predicta attendere juraverunt dicti 
Guillelmus, Bertrandus, renunciantes nove eonstitutioni de duobus reis 
debendi. 

Actum Mimati, in operatorio magistri G. Fulei notarii; lestibus presen- 
tibus : Guillelmus Port, Jacobo del Moic et me notario. 



14. — Ferrarii Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XXII 1 . 

Anno Domini M CCC° II , et IV idns novembris Nicholaus Blanc et 

Guillelmus ejusfilius, Guillelma uxor dicti Nieholai,omnes unanimiteret 
quilibet eorum in solidum, confessi fuerunt se debere Ferrario judeo pre- 
senti decem et novem libraset X solidos tnronenses [seu]monete curren- 
tis ex causa mutiii : quas decem et novem libras et X solidos promiserunt 
dicto Judeo stipulanti solvere hinc ad festum beati Egidii, sub obligatione 
omnium bonorum suorum, renunciantes nove eonstitutioni de duobus 
vel pluribus reis debendi et exceptioni non numerate pecunie et dicta 
mulier juri hypothecarum et [— ] Si Qua Millier et omni alii juri, etquod 
predicta [atjtendant et contra non veniant juraverunt. 

Actum Mimati, in dicto operatorio; presentibus testibus vocatis et roga- 
tis : R. Boyer, Arnaldo Cardin, et Guillelmus de Monterodato et me 
notario. 

Cancellata est de voluntate Judei... {quelques mots illisibles, effacés), 
anno Domini M CCG° II . 



15. — Bonanasc Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, f. XXII r . (A la suite du précédent.) 

Anno Domini M CGC II , die mercurii post oeftabas] beati Martini, in 
presencio et ad requisitionem Bonanasc judei, Stephanus Bernardi, paro- 
chie sancti Stephani de Valdones 1 , confessus fuit se debere dicto Judeo 
triginta solidos tnronenses seu monete currentis; quos triginta solidos 
promisit et jura vit solvere eidem hinc ad festum Dedicationis beati 
Michaelis, sub obligatione omnium bonorum suorum, renuncians excep- 
tioni non numerate pecunie et omni juri. 

Actum in dicto operatorio; testibus presentibus : magistro Guillelmo 
Basset, Johanne Chazal et me Johanne de Salvanhaco notario. 

1 . Saint-Etienne-du-Valdonnez, chef-lieu de commune, canton de Mende. 



76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

> 
16. — Salomonis Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XXVlIv . 

Anno et die et eodem loco (1302, fête de Saint-Barthélémy, à Mende), 
Johannes Azemar et P. Rocha, de Borno, et quilibet eonim in solidum, 
confessi fnerunt se debere Salomoni judeo undecim solidos turonenses 
seu monete currentis ex causa mutui ; quos eidem solvere promiserunt 
hinc ad festum beati Egidii, renunciantes nove constitution! de duobus 
reis debendi, exceptioni non numerate pecunie et omni alii juri. Et ita 
promiserunt et juravit Johannes sub obligatione omnium bonorum suo- 
rum. Testes interfuerunt G. de la Bêla (Bolaon Bila^.) et Johannes Lonc 



17. — Jacob David Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XXXIK (Effacé en partie.) 

Anno Domini M" CGC 11°, Philippo rege Francorum régnante et domino 
Guillelmo Mimatensi episcopo existente... veneris ante Nativitatem 
Domini, Johannes Bosiga, de Valelhas l , et Astrugia ejus uxor, omnes 
unanimiter et quilibet eorum in solidum, confessi fuerunt se debere 
Jacobo David judeo presenti XXX solidos turonenses seu monete curren- 
tis ex causa mutui, propter illa que dicti conjuges et eorum alter debe- 

bant dicto Judeo ; quos XXX solidos dicti conjuges et quilibet 

eorum in solidum solvere promiserunt dicto Judeo hinc ad festum 

sub obligatione omnium bonorum suorum in dicto operatorio 

(mag tri Fulci), testibus {le reste effacé). 

18. — Bonanasc Judei. 

Arch. Lozère. G. 1351, fol. XXXV r . 

Anno Domini M . CGC . II , in vigilia Nativitatis Domini, in presencia et 
ad requisitionem Bonanasc judei, Baymundus de Mayreriis, domicellus, 
confessus fuit et recognovit se debere dicto Judeo quinquaginta et 
quinque libras turonenses seu monete currentis, ex causa mutui, com- 
puto facto de omnibus usque in presentem diem ; quas quinquaginta et 
quinque libras dictus Baymundus solvere promisit dicto Judeo stipulanti, 
ab instante quindena beati Ylarii in unum annum,al[ias] omne dampnum 
promisit eidem ressarcire et restituere; obligans ei pro predictis omnibus 

1. Cinq villages de ce nom en Lozère. 



LES JUIFS DU GEVAUDÀN AU MOYEN AGE 77 

om nia bona sua, renuneians exception i non numérale pecunie, petitioni 
libelli el omni alii jnri; acto quod presens instrumentum possit mandari 
exeeutioni perquamcumqiie Guriam ac si dictus R[aymundus] preceptum 
recepisset; aclo quod hinc ad quendenam beati Ylarii dictus Raymundus 
pro predictis attendendis det dicto Judeo fidejussores el principales 
paccatores Johannem et P. Motonis vel P. Marc, de la Noiol l aut alterum 

eorum ; quod si non faciat [ ] quod et tune possit compelli ad solu- 

tionem debiti dictus Raymundus, non obstante dicta dilatione. Que 
omnia dictus Raymundus promisit et juravit dicto Judeo attendere et 
complere. 

Actum Mimati, in operatorio magistri Guillelmi Fulci notarii ; presen- 
tibus testibus : vocatis et rogatis (le reste effacé). 



19. — Mordafays Judei. 

Arch. Lozère. G. 1351, fol. XXXVIII 1 . 

Anno Domini M°.CCC°.II, domino Philippo rege Francorum régnante 
et domino Guillelmo episcopo Mimatensi existente, videlicet 11° idus 
marcii. Notum sit quod Johannes Rabasa confessus fuit se debere 
Mordafays judeo presenti, septem cartalla et dimidium cartallum tritici 
et quinque cartalla siliginis ad mensuram Mimatensem, ex causa mutui, 
que eidem stipulanti solvere promisit et reddere hinc ad festum beati 

Egidii sub obligatione omnium bonorum suorum {le reste effacé 

par V humidité). 

20. — Mordafays et Cresconis Jud eorum, fratrum. 
Archives Lozère. G. 1351, fol. XXXVII». (Acte barré.) 

Anno Domini M CCC o .ÏI°, XVI kalendas aprilis, Raymundus et Johannes 
Abades fratres, et quilibet eorum in solidum, confessi fuerunt in pre- 
sencia Cresconis judei stipulants nomine suo et Mordafays fratris sui, 
se debere eidem XXVI solidos turonenses seu monete currentis, ex causa 
mutui; quos XXVI solidos eidem Gresconi nominibus quibus supra 
stipulanti solvere promiserunt hinc ad festum Dedicationis beati Michae- 
lis. Et ita attendere promiserunt et juraverunt sub obligatione omnium 
bonorum suorum, renuncianles exceptioni non numerate pecunie et 
nove constitutioni de duobus reis debendi. 

Actum in dicto operatorio (G. Fulci), testes présentes : P. Passabosc, 
P. Ferrabuen, P. Roftiac et ego notarius. 

Cancellata fuit de voluntate judei (le reste effacé). 

1. Lanuéjols, chef-lieu de commune, canton de Mende. 



78 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

21. — Mordafays Judei. 
Arch. Lozère. G. 1351, fol. XXXIX*. (A la suite du précédent.) 

Anno Domini M . CGC . II , XVI kalendas aprilis. Notum sit quod Petrus 
Vaironis filins Pétri Vaironis confessas fuit in presencia et ad requisi- 
tionem Mordafays judei se debere eidem decem cartalla avene ad men- 
suram Mimatensem, ex causa mutui ; que X cartalla promisit ei solvere 
Mimati hinc ad festura Dedicationis beati Michaelis, et ita attendere 
juravit sub obligatione omnium bonorum suorum, renuncians exceptioni 
non numerate pecunie. Promisit etiam eidem se faciendum et procuran- 
dum quod hinc ad XV dies faciet, tam pro presenti debito quam pro 
aliis que débet dicto Judeo, faciet obligari patrem suum pênes dictum 
Judeum, seu quod dictas obligationes faciet laudari per patrem suum. 
Que omnia attendere et contra non venire juravit, renuncians beneficio 
cenatus consulti Velleyani, exceptioni non numerate pecunie et omni 
alii juri. 

Actum in dicto operatorio. Testes : magistri Johannes Cabrerie et 
Rigaldus et ego notarius. 

22. — Abrameti Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XLV. 

Anno Domini M°.GCG .II°, in crastinum Conversionis sancti Pauli, 
Johannes Borrasol, parochie de Bondonibus et Johannes Sabbaterii, 
parochie de Frayceneto de Lozera, et eorum quilibet in solidum, 
confessi fuerunt se debere Abrameto judeo XII solidos turonenses seu 
monete currentis ex causa mutui ; quas promiserunt solvere ei hinc ad 
vêtus Carniperium, sub obligatione omnium bonorum suorum et jura- 
verunt, renunciantes nove constitutioni de duobus reis debendi et 
exceptioni non numerate pecunie et omni alii juri, et ita juraverunt. 

Actum Mimati, in operatorio magistri fi. Fulci notarii; presentibus 
testibus Johanne Penaria et Johanne Valhela clericis et me notario. Et 
ita fecerunt et promiserunt Astrugono judeo stipulanti ut persone 
conjuncte dicti Abrameti. 

Cancellata fuit de voluntate judei, qui se tenuit pro contento, die 
veneris preteriti (?) veteris Garniperii. 



LES JUIFS DU GEVAUDAN AU MOYEN AGE 79 

23. — Salomonis Judei. 
Arcliiv. Lozère. G. 1351, fol. XLVI r . 

Anno Domini Mo.CCC .] 1 !! , die martis ante Purificationem béate 
Marie, Johannes del Soleyros, parochie sancti Fredaldi de Ventolono, 
cont'essus fuit se debere Salomoni judeo presenti XL VI solidos et 
VII denarios, ex causa mutui, quos eidem solvere promisil et juravit 
hinc ad festum Pasche, siib obligatione omnium bonorum suorum, 
renuncians exeeptioni non numerate pecunie. 

Actum in dicto operatorio, testibus presentibus : Artaldo Desclanede, 
[— ]' de Crozo, domino P. Thorreno et me notario. 

24. — Ferrarn Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LVIIK (Acte barré.) 

Anno Domini M°.CCG .II°, domino Philippo rege Franeorum régnante 
et domino Guillclmo Mimatensi episcopo existente, videlicet V nonas 
mardi. Notum sit quod Guillelmus Giberti, Guillelmus de Aurosio 3 et 
Raymundus Turrelli, et quilibet eornm in solidum, confessi fuerunt se 
debere Ferrario judeo presenti tresdecim libras turonenses seu monete 
currentis, ex causa mutui; quas tresdecim libras dicte monete dicti 
Guillelmus et Guillelmus et Raymundus, et quilibet eorum in solidum, 
solvere promiserunt dicto Judeo stipulanti et recipienti hinc ad festum 
Dedicationis beati Michaelis, alias omne dampnum interesse et expensas 
promiserunt eidem ressarcire etc., pro predictis eidem obligantes omnia 
bona sua, renunciantes exeeptioni non numerate pecunie, nove consti- 
tution! de duobus vel pluribus reis debendi, et specialiter dicti Guillel- 
mus de Aurosio et Raymundus Turrelli epistole divi Adriani, nove 
constitution! de principali reo prius convinciendo, si eisdem competere 
possent quoquo modo, neenon et ipsi très Guillelmus et Guillelmus et 
Raymundus privilegio fori, petitioni libelli et generaliter omni auxilio 
cujuslibet juris et privilegii. Et predicta attendere, tenere et contra non 
\ cuire juravit dictus Guillelmus Giberti. 

Actum Mimati, in operatorio magistri Guillelmi Fulci notarii ; testibus 
presentibus vocatis et rogatis Laurencio Cabrini, Raymundo Trauchacep 
et Johanne Trauchacep et me notario. 

Post hoc, incontinenti, in presencia eorumdem testium, dictus Guil- 

1. Effacé. 

2. Un mot effacé. 

3. Aurou*, chef-lieu de commune, canton de Langogne. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lelmus Giberti promisit et juravit, sub obligatione fbonorum suorum, 
dictos Guillelmum de Aurozo (sic) et Raymundum Turrelli ab obliga- 
tione predicta, quam fuisse factam pro dicto Guillelmo Giberti et ejus 
nomine confessus fuit, indempnes servare. 

Gancellata fuit de voluntate Ferrarii, sabbato an te Nativitatem Dotnini. 



25. — Mordafays Juclei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LIX r . 

Anno Domini M°.CCC .II°, die lune post Resurrectionem, in presencia 
et ad requisitionem Mordafays judei, Johannes Seguini, de Ghalvetz, 
confessus fuit se debere eidem sex sestaria avene ad mensuram Mima- 
tensem, ex causa mutui; que sex sestaria promisit ei solvere et reddere, 
ac juravit, bine ad festum beati Egidii . . . . ab instante die dominica 
in octo dies dictus Johannes det pro predictis fidejussores compétentes 
dicto Judeo ad 

Actum Mimati, in operatorio magislri rogatis Hugone del 

Vilaret et Johanne Regort, Raymundo (le reste effacé). 



26. — [Salomonis Judei}. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXVI r . (Acte en partie effacé.) 

Anno Domini M°. CGC . 111°, die jovis post Pascha, Astrugonus judeus 

computavit cum Johanne del parochie sancti Fredaldi de Ventolo, 

nomine Salomonis judei, quod dictus Johannes debebat dicto de 

quodam debito, XLVI solidos et VI denarios, quos eidem debebat. ex 
causa mutui prout in quodum (effacé). 

27. — Ferrarii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXVIK 

Anno Domini M CCCMII , de veneris post Pascha, Johannes Alegre 
clericus et Guillemeta Ramverie, et quilibet eorum in solidum, sine 
partis excusatione, confessi fuerunt se debere Ferrario judeo presenti 
centum minus duobus solidos turonenses seu monete currentis, ex 
causa mutui ; quos centum minus duobus solidos dicti Johannes et 
Guillemeta, et eorum quilibet in solidum, promiserunt [solvere] dicto 
Judeo hinc ad festum beati Michaelis, et juravit dicta Guillemeta, pro 
predictis obligando omnia bona sua, et renunciantes nove constitution! 
de duobus reis debendi et omni alii juri. 



LES JUIFS DU GEVAUDAN AU MOYEN AGE 81 

Actum Mimati, in operatorio m agis tri G. Fulci notarii ; testibus présen- 
tons G. de la Bêla, Guillelmo Fornerii et me notarié. 

Caneellata est de voluntate Judei, die dominica post beatum Martinum, 
anno Domini M°.CGC o .III . 



28. — Mordafays Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXV1II'. 

Anno Domini M . CGC". III , die veneris post octobas Pasche, Privatus 
Boscheti, filius Privati Boscheti quondam, confessus fuit se debere 
Mordafays jndeo presenti decem libras turonenses seu monete currentis, 
ex causa mutui, quas eidem solvere promisit et juravit post duos dies 
post festum Nativitatis beati Johannis Babtiste, renuncians exceptioni 
non nnmerate pecunie. 

Actum Mimati, in operatorio predicto. Testes interfuerunt : Garnerius 
Moteti (?) et Guigo Galini et ego notarius. Actum quod omne quod ex 
quacumque causa dictus Privatus debebat dicto Judeo usque in diem 
presentem, exceptis expensis instrumentorum et preceptorum, conti- 
nentur in dicto debito X librarum. 



29. — Ferrarii Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXR 

Anno Domini M°. CGC . III , et IV kalendas maii. Notum sit quod Pon- 
dus de Monteteguloso *, domicellus, confessus fuit se debere Ferrario 
Judeo presenti IIII or libras turonenses seu monete currentis ex causa 
mutui, salvis aliis debitis que débet eidem, renuncians exceptioni non 
numerate pecunie; quas HII or libras eidem stipulanti solvere promisit 
hinc ad octobam Nativitatis Johannis Babtiste. Item dictus Poncius 
promisit dicto Judeo presenti, stipulanti et recipienti se eidem daturum, 
soluturum et asportaturum Mimatum dicto Judeo presenti, stipulanti et 
recipienti, bine ad festum beati Egidii de caseis judaicis duo quin- 
talla, et dictus Judeus promisit eidem Poncio stipulanti et recipienti 
se daturum et soluturum eidem de dictis duobus quintallis illud pre- 
cium quod tempore dicte solutionis valebunt communiter duo quintalla 
caseorum. Et ita promiserunt inter se ad invicem attendere et servare 
sub obligatione omnium bonorum suorum ; alias omne dampnum, 
interesse et expensas promiserunt sibi ad invicem ressarcire, et juravit 
dictus Poncius. 

Actum in dicto operatorio ; testibus presentibus vocatis et rogatis : 

1. Montialoux, village de la commune de Saint-Bauzile, canton de Mende. 
T. LXXIV, tC 147. 6 



82 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Bonito Gonandii (?), Johanne Ruffi, Guillelmo Rigal[di], et ego notarius. 
Acto quc-d casei debent fieri ad requisitionem dieti Judei hinc ad dictum 
festum Johannis, alias posset compelli. 



30. — Mordafays Judei et Guillelmi de Lacu. 
Archiv. Lozère. G. 1341, fol. LXXXK 

Cancellata fuit de voluntate Judei. 

Anno Domini M . CGC tercio, die jovis ante Inventionem santé Grueis, 
Guillelmus de Lacu, confessus fuit se debere Mordafays judeo presenti 
IIII or solidos turonenses seu monete curreniis ex causa mutui, computo 
facto de omnibus usque in presentem diem ; quOs IIII or solidos eidem 
stipulanti solvere promisit et juravit hinc ad festum beati Egidii. Et 
incontinenti dictus Judeus dictum Guillelmum stipulantem et recipien- 
tem de omni eo quod ab ipso petere poterit nomine et pro dicto Guil- 
lelmo et pro Vitali Brassaval, ex quacumque causa usque in diem pre- 
sentem quittavit et pactum fecit de ulterius non petendo, renunciantes 
errori calculi et omni alii juri. 

Actum in dicto operatorio. Testes : R. Sannier, Martinus Boysso, 
Stephanus de Lacu et ego notarius. 

Post hac ipsa die dictus Guillelmus de Lacu confessus fuit se* debere 
dicto Mordafays, ultra predicta, triginta solidos turonenses seu monete 
currentis, ex causa mutui incontinenti facti eidem quos XXX a solidos 
eidem stipulanti solvere promisit et juravit hinc ad festum Penthecostes ; 
alias omne dampnum, interesse et expensas promisit eidem ressarcire, 
pro predictis eidem obligans omnia bona sua, renunciantes exceptioni 
non numerate pecunie; acto quod si non solveret dicto termino quod et 
tune posset ad id faciendum compelli per Guriam Capituli Mimatensis 
ac si de hoc gratis preceptum recepisset a Guria memorata. 

Actum in dicto loco. Testes : Martinus Boysso clericus, Hugo de Fonte 
et ego notarius '. 



31. — Pères ii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXI*. 

Anno M GGG« tercio, in festo Inventionis sancte Grueis, Jacobus Peg. . . 
confessus fuit, in presencia Bonefilie uxoris Peresii judei se debere dicto 
Peresio, ex causa mutui, computo facto inter dictum Jacobum nomine 
suo et dictam Bonamfiliam nomine dicti Peresii mariti sui de omnibus 



1. Cancellata fuit die martis Penthecostes de voluntate Judei qui se tenuit pro 
contento de dictis XXX solidis. 



LES JUIFS DU GËVAUDAN AU MOYEN AGE 83 

que dictus Jacobus dicto Judeo debuerat usquc in présentent diem,salvis 

quinque solidis de quibtis erat dubitatio inter eos (le reste à 

demi effacé). 

32. — Mordafays Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXIK 

Item ipso anno, die, loco (1303, 3 mai) Guillelmus Costa confessus fuit 
se debere Mordafays judeo, ultra alia que sibi débet, octo solidos et 
VI denarios tnronenses seu monete currentis, ex causa mutui ; quos 
eidern stipulant! solvere promisit et juravit hinc ad festum Dedicationis 
beati Michaelis. Pro quibus ei obligavit omnia bona sua, et renunciavit 
exceptioni non numerate pecunie, et, ejus mandato, Stephanus Costa, 
filius Stephani Costa quondam, pro predictis ei fidejussorem et princi- 
palem paccatorem [se] constituit, renuneians nove constitutioni de 
principali reo prius convinciendo et omni alii juri Testes : Nicholaus 
Ors, Foresterius, Johannes Terrissa clericus et ego notarius. 

33. — Ferrarii Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXII V . (Acte barré.) 

Anno Domini M°.CCC°. tercio, die lune post Inventionem sancte Crucis, 
P. Passabosc, de sancto Martino, confessus fuit se debere Ferrario judeo 
presenti viginti et unum solidos et quinque denarios turonenses seu 
monete currentis, ex causa mutui, quos eidem stipulanti solvere pro- 
misit et juravit hinc ad octobam Penthecostes; pro quibus obligavit ei 
omnia bona sua, renuneians exceptioni non numerate pecunie. Pro 
quibus attendendis Raymundus Turrelli se fidejussorem et principalem 
paccatorem constituit, renuneians nove constitutioni de principali reo 
prius convinciendo. 

Actum in dicto operatorio. Testes : dominus Johannes Passabosc 
presbyter, Johannes Vitalis clericus, et ego notarius. 

Cancellata de voluntate Judei, die jovis post octobam Penthecostes. 

34. — Ferrarii [Judei]. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXX1I*. 

Anno Domini M".CCC°. tercio, die martis post Inventionem sancte 
Crucis, in presencia Salomoneti judei procuratoris, ut dixit, Ferrarii 
judei, Bartholomeus de Venéde ' confessus fuit se debere dicto judeo 

1. Venède, village de la commune de Brenoux, canton de Mende. 



84 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

un u m sestarium f ni menti boni et mercaderii ad mensuram Mimatensem, 
ex causa m ut ni, quod eidem Ferràrio solvere promisit Mimati hinc ad 
festuin beati Egidii. Et ita juravit sub obligatiune omnium bonorum 
suorum, renuncians exceptioni bladi non habiti, etc. 

Actum in dicto loco ; testes : P. Maslet, et Privatus Boscheti et ego 
notarius. 

Cancellata fuit de voluntate Ferrarii. 



35. — Ferrar[ii). 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXIR (A la suite.) 

Item ipso anno et die, dominus Johannes Borrelh, canonicus Mima- 

tensis, confessus fuit judeo presenti sex Jibras turonenses seu 

monete currentis, quas eidem stipulanti hinc ad festum Vissi- 

tationis béate Marie sub obligatione omnium bonorum suorum 

[effacé). 

36. — Salomonis Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXHK 

Item ipso anno, die et loco (1303, mardi après le 3 mai, à Mende), in 
presencia et ad requisitionem Salomonis judei, Franco Jâucerandi 
confessus fuit se debere dicto Judeo viginti libras turonenses seu 
monete currentis, quas eidem stipulanti solvere promisit et juravit hinc 
ad octabam Penthecostes, renuncians exceptioni non numerate pecunie; 
pro quibus obligavit ei omnia bona sua. Et fuit actum quod omnia 
instrumenta et precepta.que dictus Judeus habet adversus dictum Fran- 
conem remaneant in sua firmitate, [quoj usque dicto Judeo de dictis 
viginti libris fuerit satisfactum, et, dictis viginti libris solutis, et tune 
sint cassa, irrita atque nulla, et dictus Franco sit quitius ab omni debito 
dicto Judeo, salvo eo quod debetur pro confectione instrumentorum seu 
preceptorum. Testes : Guillelmus Ghanonia, Johannes del Lac, Johannes 
Sabbatier, de Pratellis 1 , B. Monti et ego notarius. 



37. — Ferrarii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. LXXXIM'. 

Anno Domini M . CGC , tercio, die veneris ante Rogationes,in presencia 
et ad requisitionem .Ferrarii judei fuit confessus dominus Guillelmus 

1 . Pradelles, chef-lieu de canton (Haute-Loire). 



LES JUIFS DU GÉVAUDÀN AU MOYEN AGE 85 

Pellicerii, rcctor ecclesie de sancto Amancio, se debere eidem Ferrario 
sex libras turonenses seu monetc currentis, ex causa mntui, qtias eidem 
stipulant! solvere promisit hinc ad festum béate Marie Magdalene, cum 
dampnis et interesse, si que pateretur, propter retardatam solutionem. 
Pro quibus obligavit ei omnia bona sua, et specialiter et expresse fructus 
et yssidas (sic) laboris et prati anni presentis ecclesie memorate. Super 
quibus exceptioni non numerate pecunie renunciavit, et voluit quod ad 
predicta posset compelli per Guriam domini Officialis Mimatensis, a qua 
seu a gerente vices dicti domini Officialis de predictis attendendis gratis 
preceptum recepit. Et fuit actum quod, donec dicto Judeo fuerit satis- 
factum de predictis, omnia instrumenta et precepta que habet dictus 
Judeus contra dictum dominum Guillelmum et ejus fidejussores et 
specialiter contra dominum Petrum Yterii in sua remaneant firmitate. 

Item quod dictus dominus Guillelmus hinc ad festum Penthe- 

costes de predictis fidejussorem competentem dicto Ferrario alias qui et 
tune posset compelli ad solutionem dicti debiti. Que ita attendere et 
complere et contra non venire promisit' et juravit dictus dominus 
Guillelmus. 

Actum Mimati, in operatorio magistr testibus presentibus 

vocatis et rogatis : dicto domino P. Yterii, Johanne (le reste 

effacé) . 

38. — Ferrarii Juclei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XCIIK 

Anno Domini M . CGC , tercio, die veneris post octabas Pentecostes, 
Guillelmus Vituli confessus fuit se debere Ferrario judeo presenti 
sexaginta solidos turonenses seu monete currentis, ex causa mutui, 
ultra alias sexaginta solidos, quos ex causa mutui videliset débet se 
eidem confessus est de quo constare dicebant per quandam notam manu 
magistri Gervasii Vedilha consscriptam ; quos sexaginta [solidos] eidem 
mutuatos solvere promisit hinc ad festum beati Egidii, sub obligatione 
omnium bonorum suorum. Et ita juravit, renuncians exceptioni non 
numerate pecunie. 

Actum Mimati, in operatorio magistri G. Fulci ; testibus presentibus : 
Stephano Foie, Virgilio de Villanova et me notario. 



39. — Ferrarii Juclei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XCIIIv. 

Anno Domini M .CCC°.IIK die veneris post octabas Penthecostes, 
Bermundusde Varelhas confessus fuit se debere Ferrario judeo, ex causa 



86 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mutiii eidem per ipsum de * novo facti, XXVI solidos turonenscs seu 
monete currentis ; quos XXVI solidos eidem stipulanti solvere promisit 
per tempora infra scripta : videlisset XIII solidos hinc ad festum béate 
Marie Magdalene, et alias XIII hinc ad Vinculum sancli Pétri V Pro 
quibus eidem obligavit omnia bona sua, et ita tenere et altendere juravit, 
renuncians exceptioni non numerate pecnnie. 

Actum in dicto loco ; testibus presentibus : B. Robi, Jobanne Frissador. 

Cancellata fuit de voluntate Judei, in festo sancti Luche sequenti. 



40. — Bonanasc Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XCV V . (Texte détérioré ) 

Anno Domini M°.GCG°. tercio, V idus junii. Notum sit quod P. de la 
Vila confessus fuit se tenere a Bonanasco judeo quandam equam pili 

blanc falf et pro capite (effacé) et decem solidos 

turonenses seu monete currentis ; quam equam dictus Judeus, ut partes 

asseruerunt, emerat a dicto Petro, pro et decem solidorum dicte 

monete, de quo precio fuerant deducti dictus Petrus dicto Judeo 

centum solidos, et ipsos centum solidos habuit pro habitis et receptis 
dictus Judeus de debito quod nunc ei débet dictus Pfetrus]. Promisit 
etiam dictus Petrus bene et fideliter dictam equam tenere ac mit rire ac 
si specialiter esset sua, et tam de capite quam de lucro inde proveniente 
computum bonum, légale reddere dicto Judeo. Et item si, ob ejus 
culpam vel malam custodiam deperiret dicta equa aut ejus fructus in 
totum vel pro parte, illud promisit emendare et ressarcire. Et predicta 
attendere, complere et contra non facere vel venire promisit et juravit 
sub obligatione omnium bonorum suornm. 

Actum Mimati, in operatorio magistri Guillelmi Fulci notarii ; testibus 
presentibus : ad hec vocatis et rogatis : Johanne lo Teulaire 3 , Raymundo 
de Venede et me Johanne de Salvanhaco notario. 

Post hec, eodem anno, et die dominica ante festum Nativitatis béate 

Marie, dicti contrahentes et dictus Bonanasc confessus fuit se 

récépissé dictam equam. Testes : Johannes Vedilha et G. Fornerii. 

41 . — Salomonis Judei. 

Archiv. Lozère. G. 13ol, fol. XCV V . (Effacé en partie.) 

Anno Domini M°.CCC'\III*., XVII kalendas julii, Johannes Boscheti 
clericus vendidit Salomoni judeo quandam lodicem vairam mieg usa, 

1. Ms. et. 

2. Saint Pierre-aux-Liens, l* r août. 

3. Le tuileur (couvreur). 



LES JUIFS DU GÉVAUDAN AU MOYEN AGE 87 

quam idem Judeus ab eo habebat, et pro turonensium seu 

monete currentis, quod precium dictus vcnditor confessus fuit se 

récépissé, renunciantes exceptioni non numerate pecunie, et si plus 
valeret {effacé). 



42. — Ferrarii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. Cl r . (Barré.) 

Anno Domini M .CCC°.III ., die mercurii post Nativitatem beati Johan- 
nis Babtiste,Johannes Arnaldi,filius Arnaldi solas (sic) condam, confessus 
fuit se debere Ferràrio judeo presenti centum minus quinque solidos 
turonenses seu monete currentis, ex causa mutui, quas eidem solvere 
promisit et juravit bine ad festum omnium sanctorum, pro quibus ei 
obligavit omnia bona sua, renuncians exceptioni non numerate pecunie 
(effacé en partie). 



43. — Ferrarii Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. GXVII V . (Barré.) 

Gancellata fuit voluntate Judei. 

Anno Domini M°.CCC\ tercio, die jovis ante beatum Egidium, Fer- 
rarius judeus tradidit ex causa mutui et mutuavit Guillelmo Juvenis 1 
presenti et recipienti viginti et très solidos turonenses seu monete 
currentis; quos viginti et très solidos dictus Guillelmus promisit et 
juravit solvere dicto Judeo hinc ad diem jovis post Nativitatem béate 
Marie, sub obligatione omnium bonorum suorum, subponens se pro 
predictis cohercendis Curie Capituli Mimatensis. 

Actum Mimati, in operatorio magistri Guillelmi Fulci notarii ; testibus 
presentibus vocatis et rogatis : Guillelmo de la Bêla, Johanne Gastanerii 
et me Johanne de Salvanhaco notario. 



44. — Mordafays [Judei]. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. CXXI'. 

Anno Domini M°.CCC .III o ., in crastinum beati Matei apostoli, P. delà 
Vila, parochie sancti Baudelii, et Aldea ejus uxor, ambo unanimiter et 
quilibet in solidum, confessi fueruntet recognoverunt se debere Morda- 
fays judeo presenti, stipulanti et recipienti, sex libras turonenses seu 
monete currentis, ex causa mutui eisdem per dictum Judeum de novo 

1. Jouve. 



88 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

facti, ut dicebat, renunciantes exceptioni non numerate pecunie; quas 
sex libras dicti conjuges et eorum quilibet in solidum solvere promi- 
serunt dicto Jndeo presenti et stipulanti hinc ad festum beati Egidii, pro 
quibus obligaverunt omnia bona sua, et renunciaverunt [effacé). 



45. — Salomonis Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, Fol. CXXV r . 

Anno Domini M . CGC . III , domino Philippo Francorum rege régnante 
et domino Guillelmo Mimatensi episcopo existente, videlicet in festo 
béate Henimie ', Jobannes del Soleyret parochie sancti Fredaldi de 
Ventolono, confessus fuit ac recognovit se debere Salomoni judeo pre- 
senti, sex libras minus quinque solidis turonenses, ex causa mutui, 
computato quodam debito XL solidorum quod ipse et f rater su us dicto 
Judeo debebant, prout in quadam alia nota mei notarii continetur, acto 
quod una obligatio per aliam minime tollatur; quas sex libras minus 
quinque solidis promisit solvere dictus Johannes dicto Judeo hinc ad 
festum Nativitatis beati Johannis Babtiste ; pro predictis eidem obligans 
omnia [bona sua], et quod ipse et frater suus de predictis attendendis 
preceptum recipere teneantur a Guria Mimatensi hinc ad très septimanas. 
Et ita promiserunt et juraverunt. 

Actum in dicto operatorio; testibus presentibus vocatis et rogatis : 
Petro Masleti, Bartholomeo Gonoures et me notario. 



46. — Mordafays Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. CXXV. 

Anno Domini M . CGC . III , domino Philippo rege Francorum illustri 
régnante et domino G. Mimatensi episcopo existente videlicet die lune 
in crastinum béate Henimie. Notum sit quod Johannes Vitalis lo Teulayre 
confessus fuit et recognovit in presencia et ad requisitionem Mordafays 
judei se debere eidem septuaginta et quatuor solidos turonenses seu 
monete currentis, ex causa mutui, quos eidem stipulanti solvere promisit 

hinc ad quendenam sub obligatione omnium bonorum suorum, 

renuncians exceptioni non numerate pecunie (effacé). 

1. Sainte-Enimie, chef-lieu de canton, ancien monastère de Bénédictins. 



LES JUIFS DU GÉVAUDAN AU MOYEN AGE 89 

47. — Salomonis Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. CXXVI V . (Barre.) 

Anno Domini M .CCG°.III , dominica ante beatum Lncham, Johannetus 
Rabasa et Genciana Barresa, ambo et quilibet in solidum, confessi 
fuerunt se debere Salomoni judeo XIII solidos turonenses seu monete 
currentis, ex causa mutui, qnos eidem stipulanti solvere promiserunt et 
juraverunt hinc ad Pascha, renunciantes beneficio de duobus reis debendi 
et exceptioni non numerate pecnnie. Et pro predictis obligaverunt dicto 
judeo omnia bona sua. 

Actum Mimati, in operatorio magistri Guillelmi Fulci notarii ; testibus 
presentibus vocatis et rogatis : Guillelmo Ozilho, Raymundo Ozilho et 
me notario. 

Gancellata fuit de voluntate Judei, in octoba Pasche, qui se tenuit pro 
contento. Testes : Bn. Peyronet, Johannes Colas. 

48. — Ferrarii Judei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. GXXVIv. 

Anno Domini M°.CCG°. tercio, die martis ante beatum Lucham, 
Poncius Giberti clericus et Raymundus Turrelli et quilibet eorum in 
solidum confessi fuerunt se debere Ferrario judeo presenti sex libras et 

decem solidos turonenses seu monete currentis, ex causa mutui 

eidem stipulanti solvere promisit hinc ad festum omnium sanctorum 
(effacé). 

49. — Bonanasqui Judei. 
Archiv. Lozère. G. 1351, fol. CXXXVII V . 

Anno Domini M°.CCC '.III , die lune post beatum Martinum. Gum 
Bonanasc judeus habuisset pênes se a Johanne Vitali, de Roffiaco, ex 
causa pignoris, pro quodam debito ccntum et decem solidorum, ut 
partes dicebant, quandam equam, dictus Johannes confessus fuit se 
habuisse et récépissé dictarn equam a dicto Judeo, et promisit et juravit 
eidem quod hinc ad XV dies reddet ei dictam equam vel solvet debitum 
supradictum. 

Actum Mimati, in operatorio magistri Guillelmi Fulci notarii ; testibus 
presentibus : Petro Pranlac, Martino Blanc et me notario. 



90 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

50. — Ferrarii Judei, 
Arcliiv. Lozère. G. 1351, fol. III. 

[Date effacée : 1302, XI kal. sept.] Gaucelmus Pelloza, civis Mimatensis, 
confessus fuit et recognovit in presencia et ad requisitionem Ferrarii 
judei presentis, se debere eidemJudeo decem et septem libras turonenses 
seu monete currentis, ex causa mutui ; quas eidem stipulanti solvere 
promisit hinc ad octobam festi omnium Sanctorum ; alias omne 
dampnum et interesse promisit eidem emendare ; pro predictis obligans 
omniabona sua et renunciavit exceptioni non numérale pecunie, judiciis 
X, XV dierum et IIII or mensium et omni alii juri. Actum fuit inter ipsos 
dictum Gaucelmum debere dicto Judeo dictam pecuniam pro domino 
Hugone de Cuberia militi, quam pecuniam dictus Gaucelmus debebat 
dicto militi pro emptione partis pedatgii, cartalatgii et del cresc de Garda 
et del Raschas, que ad dnodecim annos emerat dictus Gaucelmus a dicto 
Hugone. 

Acta fuerunt hec Mimati, in operatorio magistri G. Fulci notarii ; 
presentibus testibus : dicto domino Hugone, Raymundo de Garda et me 
notario. 

Cancellata fuit de voluntate dicti Judei, die veneris post quendenam 
Pasche. 

51. — Dieulosal Judei de Marologio. 
Arch. Lozère. G. 1351, fol. III. 

Anno Domini M°.CCC°.II, domino Philippo rege Francorum illustri 
régnante et domino G[uillelmo] Mimatensi episcopo existente, videlisset 
X kalendas septembris. Notum sit quod cum Petrus Garnelini (?) debere 
diceretur Dieulosal et Ysaac judeis, habitatoribus de Marologio *, quas- 
dam pecunie snmmas, ex causa mutui et computi facti inter ipsos, 
videlisset quindecim libras turonenses seu monete currentis, et tam ex 
dicta causa quam ex causa expensarum inde factorum, ita quod, prout 
dictus Dieulosal in presencia et ad requisitionem mei notarii infrascripti 
nomine dicti Pétri ut persone publiée stipulantis asserebat, nichil aliud 
dictus Petrus debebat eisdem Judeis ultra dictas XV libras, et cum 
dictis XV libris idem Dieulosal nomine suo et dicti Ysaac quittavit 
dictum Petrum, videlisset me notarium ejusdem Pétri nomine stipu- 
lantem et recipientem, de omni eo quod eisdem quacumque causa 
debebat usque in diem presentem, salvis dictis XV libris. Guigo Fran- 
cisci procurator, ut dicebat, ad infrascripta specialiter constitutus et de 

1. Marvejols. 



LES JUIFS DU (ÏKVAUDAN AU MOYEN AGE 91 

proeuratione sua fidem faciens pei* quoddam instrumentum publicum 
per manuni magistri Haymundi Alamandi publici notarii confectnm 
ejusque (sic) signa tu m, quod încipit in secunda linea Corum rege et in 
penultima Ante signum, mandatus procurator videlisset Grancrie, uxoris 
dicti Pétri, procura torio nomine ejusdem, se, ut procuratorem pre- 
dictum nomine procuralorio dicte Grancrie et ejusdem Granerie nomine, 
promisit dicto Dieulosal nominibus quibus supra stipulant! solvere 
dictas XV libras dictis Judeis, Mimati, per tempora infrascripla, videlisset 
cenluiïi solidos dicte monete bine ad festum beati Ylarii, et centum 
solidos in festo Nativitatis beati Johannis Babtiste, et residuos centum 
solidos a festo Dedicationis beati Michaelis proximo veniente in unum 
annum. Et ita attendere dictus Guigo quo supra nomine dicto Ysaac 
predictis nominibus stipulant! sollempniter et recipienti promisit, sub 
[obligatione] bonorum omnium dicte Granerie presencium et futurorum 
(effacé) 



52. — Mordafays Jiulei. 
Arcliiv. Lozère. G. 1351, fol. XII V . 

Anno Domini M°.CCC .II°, die mercurii post festum béate Henimie. 
Notum sit quod Michael [. . . le nom est effacé] de Venede * confessus 
fuit se debere Mordafays judeo presenti septnaginta et quinque solidos 
turonenses seu monete currentis, ex causa mutui, computo facto de 
omnibus usque in presentem diem ; quas LXXV libras dictus Michael, 
promisit solvere dicto Judeo hinc ad festum beati Egidii. Pro quibus 
obligavit eidem omnia bona sua, renuncians exceptioni non numerate 
pecunie et omni alii juri. Et ita tenere et attendere juravit. Et ejus 
mandato Stepbanus de Branosco * pro predictis omnibus et singulis 
attendendis se fidejussorcm et principalem paccatorem pênes dictum 
Judeum constituit, renuncians nove constitutioni de principali reo 
convinciendo et omni alii juri. 

Actum Mimati, in operatorio magistri G. Fulci notarii; presentibus 
testibus vocatis et rogatis : P. Fabri clericus, Stephanus Helsieu et me 
notario. 

53. — Peironeti Juclei. 

Archiv. Lozère. G. 1351, fol. XII V . 

Anno Domini M°.GCC .I1°, die veneris post beatam Ilenimiam, Petro- 
netus Prim, filins Pétri Prim, et Mordafays judeus, filins Ferrarii judei, 

1. Venède, village de la commune de Brenoux, canton de Mende. 

2. Brenux, chef-lieu de commune, canton de Mende. 



92 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

quittaveriint sibi ad invicem de omni eo in quo unus alteri, ex causa 
mutui vel ex quacumque alia causa, tenebatur usque iu diem presentem 
et per sollempnem accepitelationem x liberaverunt, etpactum de ul te ri us 
non petendi aliquid sibi ad invicem fecerunt perpetuum et reale. 

Acta sunt hec Mimati, au te operatorium magistri G. Fulci notarii ; 
presentibus testibus : Guillelmo Gbanonia, Franeone Jauceran et me 
Johanne de Salvanhaco notario. 



54. — Etablissement d'une Boucherie à Mende 
au pan du Ghastel (1267). 

Archives Lozère. G. 298. (Deux exemplaires de cet acte.) 

Anno Verbi Incarnati M°.GG°.LXVIIo, Ydus junii, indictione IX a , Ludo- 
vico rege Francc-rum régnante, 0.[dilone] Mimatensi episcopo existente. 
Noverint universi pariter et futuri quod multi homines de civitate 
Mimatensi existentes co-ram magistro Laurencio de Condat, judice Gua- 
balitani pro révérende- in Xpo pâtre domino 0.[dilone] Dei gratia 
Mimatensis episcopi,. dicentes quod macellus fiebat in civitate Mimatensi 
in diversis partibus et inordinate, ex quo magnum tedium et magnum 
dampnum civibus ymminebat, et ideo requisierunt dictum Judicem ut 
macellum in aliquo loco congruo ordinaret. Qui magister Laurencius 
respondit eis quod cogitarent et ordinarent qualiter posset fieri et ubi. 
Et sic tune recesserunt. 

Et post, eodem anno, die martis post Garniperium vêtus, venerunt 
iterum multi homines de civitate, inter quos erunt Guillelmus Vitalis, 
Petrus Delem, Guillelmus Pratlatz, Johannes Bruels, Johannes Albarics, 
Guillelmus Favas, Johannes Guinialebres, Nicholauetus Guinialebres, 
Johannes Geraldos, Petrus Maselliers, Guillelmus Guerregatz, Guillelmus 
Tastavis et Mariers 2 , et ad requisitionem ipsorum dictus magister Lau- 
rencius judex, nomine dicti domini episcopi, de consilio et consensu 
discretorum virorum domini Pétri iiadulphi canonici et Officialis Mima- 
tensis et domini Hugonis de Guarda militis et Guillelmi Moreti clerici 
et cell[erarii] dicti domini episcopi presencium et quorumdam aliorum 
proborum hominum dicte civitatis, ordinavit, voluit et precepit quod 
macellus fiât in panno del Ghastel, in loco appellato los Locias, in quo 
loco alias dicitur fuisse macellus. Qui locus confrontatur cum domo 
Boayrole et cum domo Raymunde Marche et cum domo dels Banels, 
mediantibus carreriis publicis circumquaque. Dixit enim et voluit et 
ordinavit nomine et ex parte dicti domini episcopi dictus Judex et de 

1. L'arceptilation est un paiement fictif, une libération par le moyen d'une inter- 
rogation mutuelle qui dégage du môme lien les deux contractants. 

2. Alias Marius. 



LES JUIFS DU GÉVAUDAN AU MOYEN AGE 03 

consilio predictorum quod alibi quam in dicto loco non vendant ur carnes 
frustatim neque salse neque récentes grosse. Item quod in dicto loco non 
occidantur carnes grosse nisi forte agni vcl eduli. Item quod non ven- 
dantur ibi agni vel eduli, bocati 1 . Item quod non vendantur ibi oves pro 
mutouibus, nisi prius super hoc certificentur emptores. Item quod non 
vendantur ibi sucs pro porcis maribus. Et si quis macellarius habet 
porcum vel porcam granatum * vel granatam, quod non vendant eum 
vel eam pro legali, set certificent emptores super vicio ejus. Item quod 
non debent ibi carnes vendi ircine vel caprine, set habeant alium locum 
proprium ad hoc, si opus fuerit, faciendum. Item quod alie bestie non 
vendantur ibi, nisi possint venire pedibus suis ad locum predictum. 
Item quod non vendantur ibi animalia morbosa. Item voluit et ordinavit 
dictus Judex, nomine dicti domini episcopi et de consilio predictorum et 
de consensu superius expressorum, quod idem dominus episcopus et 
ejus successores in perpetuum habeant et percipiant, super qualibet 
tabula que in dicto macello fiet, unam libram piperis censualem, et quod 
semel dent eidem domino episcopo XL libras Vianenfses] inter omnes 
illos qui tabulas ibi récipient nomine accapiti et investiture, salvis 
quibuslibet usibus aliis censibus et aliis consuetis. Item ordinavit et 
voluit dictus Judex, nomine quo supra et de consilio et consensu 
predictorum superius expressorum, quod inter omnes illos, qui tabulas 
ibi récipient, solvant et solvere teneantur LX libras Vian[enses] illis a 
quibus pede ille sunt empte, in quibus fiet macellus supradictus. Et hec 
omnia dictus Judex ordinavit nomine dicti domini episcopi, prout supra 
scriptum est, salvo et retento in omnibus dicti domini episcopi voluntate. 
Que omnia dictus Guillelmus Vital is et alii post ipsum superius expressi 
nominatim gratis acceptaverunt et voluerunt et promiserunt dicto Judici 
nomine dicti domini episcopi stipulanti se solvere domino episcopo et 
ejus successoribus in perpetuum dictum censum et dictam summam 
accapiti, ut est dictum. Item fuit ordinatum quod carnes ille quas 
occident Judei non vendantur Ghristianis ibidem. 

Actum Mimati, in operatorio Guillelmi Sudre ; presentibus testibns . 
domino Petro Radulphi canonico et Officiali Mimatensi, Deodato Pétri et 
aliis supra proximo nominatis et multis aliis, et me Guillelmo Sudre 
publico notario Mimatensi, qui, mandato dicti Judicis et aliorum supra 
nominatorum qui ad solvendum predictum se obligaverunt, banc cartam 
scripsi et subscripsi et signum meum et bullam apposui in eadem. 

(A la suite, la ratification de l'évêque.) 

1. Ou botati? 

2. Qui a des grains : ladre. 



94 KEVUE DES ETUDES JUIVES 

55. — Ferrarii Judei. 

Arehiv. Lozère. G. 1350, fol. XLVIU*. 

Anno Domini M '.CGC , primo, VIII ydus septembris. Noverint 

quod Peyrona Godela confessa fuit Fcrrario judeo Mima- 

tensi se debere eidern XXXV solidos tnr quos promisit ei solvere 

hinc ad diem lune post instans feslum omnium Sanctorum. 



56. — Achat, par droit de prélation, de la Seigneurie du 
Chaylar, par Guillaume Durand II, évêque de Mende, à 
Guillaume de (Ghâteauneuf) de Randon et main-levée 
des créanciers juifs de Guillaume de Randon. 

Archives Lozère. G. 398 . 

Noverint universi quod Josep Francisci et, de ejus voluntate et 
assensu, Clara uxor, ut idem Josep asserebat, ac Morse 1 , Judei civitatis 
Avinionensis habitatores, dicentes et asserentes, in presencia mei notarii 
et testium infrascriptorum, dictum dominum Guillelmum de Randone 
militem et ejus bona, dominas Marquesiam matrem et Beatricem uxorem 
dicti domini Guillelmi de Randone et dominum Raymundum de Alterio 
militem et quosdam alios in infra designato instrumento fore eisdem 
et eorum cuilibet et eorum bona efficaciter obligatos et bypothecata et 
ipsas dominas Marquesiam et Beatricem eliam sub arresto et detentione 
personarum earum et cujuslibet earumdem, ex causis diversis et multis 
et ex diversis contractibus et etiam in multis quantitatibus et magnis 
pecuniarum summis, simul et separatim, et specialiter in mille tres- 
centis florenis de auro de Florentia fore obligatos et obligatàs, ut etiam 
de predictis constat per quoddam publicum instrumentum quod extri- 
buerunt, ut prima facie apparebat, confectum et scriptum ac signatum 
manu magistri Jobannis de Recluso profitentis se esse notarium Avinionis 
publici et regii ubicumque locorum Gomitatum Provincie et Fonqual- 
querii et auctoritate régis Francorum illustris in Sen[escallia] Bellicadri 
et Nemausi bullaque plumbea régis Cecilie ', ut dicebatur, bullato '. 
Dicti m[a]g[ister] Josep et Clara ejus uxor ac Moisse Judei et eorum 
quilibet certificati ad plénum per venerabilem virum dominum Guil- 
lelmum Raymundi procuratorem reverendi in Christo (Xpo) patris 
domini Guillelmi divina Dei gratia episcopi Mimatensis Gomitisque 
Gabalitani, dominum Raymundum de Alterio militem, procuratorem 
dicti domini Guillelmi de Randone generalem, ut dicebat, et me nota- 
rium infrascriptum, de venditione facta, per dictum dominum Guil- 

1. Sic pour Moisse. 

2. Sicilie. 

3. Pour bullutum. 



LES JUIFS DU GÉVAUDAN AU MOYEN AGE 95 

lelmum de Randone, venerabili viro domino Raymundo Barroti, Pre- 
centori Mimatensi, in spiritualibus et temporalibus dicti domini episcopi 
vicario generali, nomine dicti domini episcopi et ecclesie Mimatensis, 
in quantum alodialia erant, et retentione facta jure prelationis et 
saperions domini per eumdem dominnm vicarium, nominibns quibus 
supra, de Castro de Chaslario et ejus mandamento, prout plenius conti- 
netur in instruments inde confectis per me notarium infrascriptum et 
per magistrum Durantum Nutriti notarium vel aller u m noslrum ; scienter 
et ex certa scientia in quantum ipsos et eorum quemlibet tangit vel 
tangere potest vel posset in futurum, quoquo modo et ex quacumque 
causa, ipsi et eorum quilibet laudaverunt, ratificaverunt et approbave- 
verunt, confitentes et asserentes ipsi Judei et Judea et eorum quilibet 
de precio in qup pro predicto castro et ejus mandamento exsoluto dicto 
domino Guillelmo de Randone vel alii cuicumque nomine ipsius per 
dictum dominum vicarium vel quoscumque alios nominibns quibus 
supra realiter numerando récépissé mille trescentos florenos de Florentia 
puri et boni auri, boni justi et legalis ponderis, per manum Johannis de 
Capdenac, domicelli, diocesis Caturcensis, ac per manus domini Guil- 
lelmi Raymundi, nomine procuratorio dicti domini episcopi Mimatensis, 
realiter numerantium et tradentium, de voluntale et mandato expresso 
dicti domini Guillelmi de Randone et domini Raymundi de Alterio 
militum, presentis ! ibidem dictis Judeis et Judée et cuilibet ipsorum. Et, 
in signum satisfactionis eisdem Judeis et Judée facte de mille trescentis 
florenis auri predictis, reddiderunt et tradiderunt, dicto domino Ray- 
mundo de Alterio nomine quo supra recipienti, duo publica instrumenta 
que de voluntale et mandato expresso dictorum Judeorum et Judée, in 
eorum presencia, per dictum dominum Raymundum de Alterio in multis 
et diversis eorum instrumentorum partibus fissa fuere, vigore quorum 
dicti domini Guillelmus de Randone, Marquesia mater, Beatrix uxor dicti 
domini Guillelmi et Raymundus de Alterio et plures alii in ipsis instru- 
mentis nominati, erant, ut dicebant, eisdem Judeis et Judée et cuilibet 
eorum in dictis mille trescentis florenis auri efficaciter obligati. Renun- 

ciantes, etc 

Acta fuerunt hec Avinione, in domo magistri Bernardi Andrée scriptoris 
Penitentiarii domini Pape, Avenione tune Romana Curia présidente, 
anno Nativilatis Ghristi (Xpi) millesimo trescentesimo vicesimo primo, 
videlicet die sexta mensis octobris, indictione quarta, Pontificatus 
sanctissimi Patris. et domini domini Johannis Pape XXII anno sexto. 
Testibus presentibus ipso magistro Bernardo Andrée, domino Guillelmo 
Ebrardi rectoris ecclesie dcl Fan 2 , diocesis Mimatensis, Aurico Bos 
domicello, Arnaldo de Insula, Raymundo de Cussels Caturcensis diocesis, 
et me Guillelmo Andrée, publico auctoritate impcriali et domini Régis 
Francorum notario, qui de predictis, etc 

S. Kaun. 

1 . Pour presentibus"? 

2. Le Fau, chef-lieu de commune, canton d'Aumont. 



NOTES ET MÉLANGES 



PROVERBES, XXV, 27 

Le verset 27 du ch. xxv des Proverbes a jusqu'ici dérouté tous 
les commentateurs. Il est ainsi conçu : ab m^n «an b3« 
TD3 ûths- '"ipm mu. Le premier hémistiche n'offre aucune dif- 
ficulté : « Manger trop de miel n'est pas bon ». C'est le second qui 
paraît inintelligible. Qu'on en juge par les diverses explications 
qui en ont été données. 

Septante : « Il faut honorer les paroles honorables (ou glo- 
rieuses) ». On a supposé que le traducteur aurait lu Tû3 "nm *ipn 
(Frankenberg).Ce n'est rien moins qu'assuré ; cette étrange version 
trahit simplement l'embarras de son auteur. 

Vulgate : « Sic qui scruta tor est majestatis, opprimetur a gloria». 
« Opprimetur » est un sous-entendu peu ordinaire, qui d'ailleurs 
ne rend pas la pensée plus claire. 

Saadia : « De même, quand on a épuisé la générosité (de ses 
amis), il faut à son tour être généreux envers eux ». L'explication 
est spirituelle; le malheur est que le mot Tiaa ne se prête pas à 
cette fantaisie; il ne signifie jamais « générosité ». Ajoutez à cela 
qu'il faut encore un tour de force pour donner un sens plausible à 
la sentence. 

Les commentateurs juifs du moyen âge ont été obsédés par 
l'idée que le premier YQ3 est synonyme de sagesse 1 . «Recher- 
cher la sagesse [des justes], voilà la gloire ». Ainsi traduit IbnEzra, 
entre autres. 

1. L'auteur du Meçoudat David, s'appropriant cette idée, traduit très ingénieu- 
sement : « Mais rechercher avec excès l'honneur (la science) des justes est un 
honneur. » 



NOTES ET MELANGES 97 

Osterwald : « Aussi n'y a-t-il pas de gloire pour ceux qui la 
recherchent avec trop d'ardeur ». La revision de 1891 remplace 
cette traduction par une adaptation de celle de Luther : « Et sonder 
les choses profondes est un fardeau ». 

Frankenberg : « Ainsi, sois sobre en paroles glorieuses ». C'est 
un rajeunissement de la version grecque. 

Strack : « Mais étudier à fond les choses difficiles est un hon- 
neur ». C'est cette traduction qu'adopte la Bible du Rabbinat, mais 
sans enthousiasme, car une note porte que l'hémistiche reste 
obscur. 

Tous ces essais n'arrivent pas à établir un lien entre les deux 
hémistiches ; ils accusent par là leur fiasco. 

Cet insuccès général tient uniquement à l'erreur commise sur le 
sens du mol na=> dans ce passage. On n'a pas vu qu'il doit se 
traduire ici par « richesse », comme dans Gen., 31, 1 ; Isaïe, 21, 
16; 22,24; m, 12; Ps., 49, 17 et 18, et probablement Esther, 5, 11. 
Ce mot est, d'ailleurs, accolé, comme un synonyme, à nu;? 
« richesse » dans Prov., 3, 16; 8, 18; 21, 22; 22, 4; Eccl., 6, 2; 
I Chron., 29, 12, 28 ; II Chron., 1, 12 ; 17, 5 ; 18, 1. 

D'autre part, npn signifie ici « limite », et non « recherche », 
comme dans Is., 40, 28; Ps., 145, 3; Job, 5,9; 9, 10; 34, 24; 
36, 26. 

Il faut donc traduire : « Manger trop de miel n'est pas bon ; ainsi 
limiter sa fortune, voilà la fortune * ». 

Comme pour lever tout doute, le verset suivant dit : 

« Une ville démantelée, sans muraille, tel un homme qui ne 
réfrène pas son esprit (passions, appétits) ». Or, si dans les Pro- 
verbes, surtout ch. x-xxii, les sentences vont par unités, dans le 
groupe auquel appartient notre verset, ils vont très souvent par 
deux. 

Ces deux sentences sont donc l'éloge de la modération. 

Israël Lévi. 

1. L'affixe pronominal « leur fortune » se rapporte à un pluriel vague, comme 
« les hommes » sous-entendu. On sait, d'ailleurs, qu'il ne faut pas prendre à la lettre 
ces ai fixes. 



T. LXXIV, n° 147. 



KEVUE DES ETUDES JUIVES 



LLS JUIFS DL SORIA ET ISABELLE LA CATHOLIQUE 

La petite ville de Soria, sur le Douro, en Vieille-Castille, où se 
voient encore les murailles d'une ancienne citadelle, et les ruines 
d'un château-fort d'origine mauresque, fut restaurée et repeuplée 
vers 1126 par Alphonse I d'Aragon (Alphonse VII), qui y donna 
libre accès à des marchands juifs. Cette localité, dont l'importance 
stratégique était due à la proximité des frontières d'Aragon et de 
Navarre, a donc compté dès le premier tiers du xn e siècle une 
communauté juive assez notable. Les renseignements qu'on 
possède jusqu'à présent sur cette communauté se réduisent à peu 
de chose. Elle eût mérité cependant une notice dans la Jewish 
Encyclopedia, qui est muette à son sujet. 

On voit le nom de Soria figurer sur le rôle d'impôts de l'année 
1290 (rôle d'Huete) pour une somme de 31.351 maravédis à titre 
d'impôt de « capitation » (en cabeza) et de 8.544 maravédis comme 
« aide» (servizio) 1 , et sur le rôle de 1474 (répartition faite sur 
l'ordre du roi par Jacob ibn Nunès) pour 5.000 maravédis (servizio 
e medio servizio) 2 . On sait combien il est malaisé de déterminer 
sur la base des chiffres fournis par ces documents le taux réel de 
la population juive, faute de savoir quel diviseur adopter. En tout 
cas, pour Soria on peut risquer une évaluation. Cette ville n'a 
jamais dû comporter une population globale bien considérable, — 
elle ne possède actuellement guère plus de 7.000 âmes. Comme les 
franchises dont les Juifs ont joui, ainsi qu'on va voir, dans cette 
localité ont dû en attirer un bon nombre, il n'est pas invraisem- 
blable qu'ils aient formé, au xm e siècle, environ un tiers de la 
population, le reste étant composé de Maures et de Chrétiens. 
Rabal, auteur d'un livre sur Soria, paru à Barcelone en 1889 (dans 
la collection Espana, sus monumentos y artes) 3 , déduit du chiffre 
de 31.351 maravédis donné par le rôle d'Huete de 1290 pour l'impôt 
en cabeza, qu'il y avait à cette date 1.038 Juifs à Soria 4 , non 

1. Amador de los Rios, II, p. 53. 

2. Amador, III, p. 590 suiv. Cf. Graetz, Geschichte, VIII 3 , p. 459 suiv. et 502. 

3. Cité par M. Pelayo Artigas dans un article récent dont nous parlons plus loin. 

4. Il suppose (Soria, p. 20 4, note) qu'il faut diviser 31351 par 30, chaque juif 
étant imposé de 30 deniers. L'hypothèse s'appuie sur certains documents, mais est 
sujette à caution, car pourquoi le chiffre global n'est- il pas divisible par 30? Au reste, 
la division donne 1045 et non 1038. 



NOTES ET MELANGES 90 

compris les femmes et les jeunes gens. Faut-il, pour avoir le chiffre 
total, multiplier ce chiffre par 3? On aurait alors environ 3.000 
âmes, ce qui paraît un total trop élevé. La supposition de Graelz, 
que L'impôt de cabeza était perçu sur tous les membres de la 
famille, n'est pas invraisemblable. On est, en tout cas, fondé à 
croire que Soria possédait au moins de 1.000 à 1.500 Juifs, chiffre 
qui a dû se réduire à quelques centaines à l'époque d'Isabelle la 
Catholique. 

Voici sur ces Juifs les renseignements que Rabal a tirés de 
YArchivo de Simancas [ . Le Fuero de Soria parle de marchands 
juifs établis dès le xn e siècle, tant dans la forteresse qu'aux alen- 
tours, quand Soria fut repeuplée, profitant des franchises qu'il 
était de règle d'accorder en pareille circonstance. Ces Juifs, par 
leur travail et leur loyauté, méritèrent la protection des rois, spé- 
cialement de Don Pedro, d'Henri III et d'Henri IV l'Impotent. 
C'est ainsi qu'une albala (lettre-patente) de ce dernier, donnée à 
Valladolid, au début de son règne, le 20 août 1455, confirmait le 
privilège déjà accordé, le 20 juin 1397, par Henri III à l'aljama des 
Juifs de la forteresse de Soria, leur permettant, parce qu'ils y demeu- 
raient et y séjournaient continuellement, y veillaient et prenaient 
la garde au service de S. A., d'y faire pénétrer chaque semaine 
vingt charges de vin des royaumes d'Aragon et de Navarre et de les 
conserver comme provision dans la forteresse. Un autre décret 
d'Henri IV, daté d'Arévalo, le 7 juillet 1459, les exemptait ainsi que 
leurs voisins et les Maures de tous impôts pour trois ans. Un autre, 
encore du même roi, daté de Toro, au début d'août 1465, octroie 
aux Juifs et Juives vivant ou devant vivre ultérieurement dans la 
cité de Soria et sa forteresse, ainsi que dans ses faubourgs, l'exemp- 
tion complète de tous impôts, tributs et prestations quelconques 
(pedido, monetas, moneta forera, servicio, medio servicio, cabeza 
de pecho, etc.), bien qu'ils soient exigés des autres Juifs du 
royaume. 

Telle était la situation privilégiée des Juifs de Soria. Privilège 
qui devait bientôt avoir, pour quelques-uns au moins, une contre- 
partie onéreuse. Observons d'abord que ces exemptions ne furent 
pas maintenues lorsqu'Isabelle devint reine de Gastille, puisque le 
rôle d'impôts dressé en 1474 exigeait 5.000 maravedis de la Com- 
munauté de Soria a titre de « servicio e medio servicio 2 ». Puis, 
neuf ans après, les notables juifs de Soria allaient être soumis à 

1. Xegociado de mercedes, etc., leg° 36, par . 9. 

2. Sur ces mots, v. Graetz, loc. cit., p. 465. 



100 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'obligation du prêt forcé. Mais, avant d'en venir au curieux docu- 
ment qui nous instruit à ce sujet, voyons les rares informations 
qu'on trouve dans les sources juives sur Soria. La citadelle de Soria 
est mentionné une fois dans YEmek tlabakha de Josef Hac- 
cohen '. On connaît, d'autre part, quelques noms de rabbins soit 
originaires de cette ville, soit venus d'ailleurs pour s'y établir. 
M. Joseph Jacobs, dans ses Sources of The Jews in Spain, 1894 2 , 
cite Schemtob b. Abraham ibn Gaon Salomon b. Eli, Yomtob 
Soriano, Joseph Albo, Moïse Narboni ben Yoschoua surnommé 
Vidal Blasom. Seul le premier de ces personnages est né à Soria 
(en 1283). Les autres s'y établirent ou y firent des séjours, notam- 
ment le théologien et prédicateur bien connu Joseph Albo. De ce 
dernier Abraham Zacuto raconte qu'en 1433, dans la ville-forte de 
Soria, 8"muD T3> "ïsnttn, il fit un discours lors de la circoncision 
d'Abraham Benveniste 3 . Cet Abraham Benveniste était fils de 
Joseph Benveniste et petit-fils du célèbre Abraham Benveniste, 
grand-rabbin de Gastille sous Juan II. Abraham Benveniste II, né 
à Soria, a été omis par Jacobs 

La famille Benveniste était riche et, encore après le bannissement 
des Juifs d'Espagne et de Portugal, ses membres font figure de 
mécènes. C'est ainsi que Juda, fils d'Abraham Benveniste II, à 
Salonique, met son importante bibliothèque à la disposition de 
Jacob b. Habib, l'auteur de Y En Yakob \ 

Mentionnons enfin la Bible sur parchemin écrite à Soria en 1312 
et conservée à Tripoli 3 . 

Voici à présent quelques nouveaux renseignements qui nous 
viennent d'un intéressant document publié par M. Pelayo Artigas 
y Corominas dans un article récent sur les anciennes fortifications 
de Soria 6 . Ce document consiste dans une lettre d'Isabelle la 
Catholique concernant un emprunt à exiger de quelques juifs de 
Soria pour subvenir aux frais de la campagne contre les Maures de 
Grenade. M. P. Artigas a trouvé cette lettre dans un manuscrit 
inédit d'un certain Miguel Martel intitulé De la fundacion de Soria 1 . 

1. V. trad. J. Sée, p. 81. 

2. P. 209. 

3. Yohasin, éd. Filipowski, 236a. 

4. Cf. Graetz, op. cit., p. 420 suiv. 

5. V. la description de ce document par D. Cazès, Revue, t. XX, p. 80 suiv. 

6. N° de juillet-septembre 1921 de la Revista de Archivos, Ribliotecas y Museos, 
de Madrid, p. 382 et suiv. 

7. Bibl. Nac, n° 3452, fol. 98-99. Ce manuscrit n'est pas daté, mais, ainsi que 
nous en a informé obligeamment l'auteur de l'article, son texte permet d'affirmer qu il 
a été écrit vers la lin du règne de Philippe II. 



NOTES ET MÉLANGES 101 

Aux termes du document qu'on va lire, la reine Isabelle la Catho- 
lique, à la date du 13 février 1483, prescrit, - nous ne savons pas 
à qui, — de se rendre à Soria pour y percevoir, d'ordre du roi, 
chez quelques personnes, certaines quantités de maravédis « que, 
dit-elle, nous décidons, de demander comme prêt pour subvenir 
aux dépenses de la guerre que nous décidons de faire au roi et aux 
Mores du royaume de Grenade, ennemis de notre sainte foi catho- 
lique ». Suit la liste des prêteurs et prêteuses avec le montant des 
sommes exigibles. La reine donnait sa parole et foi royale de faire 
restituer ces avances dans un délai expirant à la fin de 1484. 

La Reyna. Fernando de Madrid mi escriuano de camara. Ya sabeis 
como por mandado del Rey mi sefïor è mio vays a la ciudad de Soria a 
cobrar reciuir de algunas personas particulares délia ciertas quantias de 
maravédis que nos acordamos de les demandai- prestados para socorro 
de los gastos que a la présente nos ocurren de fazer en la guerra que 
mandamos fazer è fazemos al Rey è moros del Reyno de Granada, enemi- 
gos de nuestra sancta fe catholica, è porque tenemos acordado que 
çiertos iudios de la dicha ciudad nosayan de prestar ciertas quantias de 
maravédis, yo vos mando que cobreis de cada uno dellos la quantia de 
maravédis que aqui dira en esta guisa : 

De Bienuenista de Calahorra sesenta mill marauedis. 

Don Abrahen su hermano treynta mill marauedis. 

Don Buon cambiador ocho mill marauedis. 

Don Abrahen Rienveniste treynta mill marauedis. 

Yuçe Abenale quarenta mill marauedis. 

Salamon, su hermano diez mill marauedis. 

Don Osna Barbasterol cincuenta mill marauedis. 

Don Bienveniste Abasar diez mill marauedis. 

Don Legar cauallon quarenta mill marauedis. 

Dona Bruceta treynta mill marauedis. 

Porandayo vos mando que vades a la dicha ciudad de Soria e requi- 
rades a las dichas personas que os den y paguen las dichas quantias, e 
por la présente les prometo e seguro por mi palabra é Fe real como 
Reyna è seûora de los mandar pagar todos los dichos marauedis, que 
ansi me prestaren è vos diercn de aqui a en fin del ano venidero de 
ochenta è cuatro afios sin impedimento nin falta alguna e pues los dichos 
marauedis son tan necessarios para lo suso dicho, requeridles a las 
dichas personas que por seruicio mio me presten las dichas quantias de 
marauedis, que séries han pagados dentro del dicho término. De lo quai 
mando dar esta mi nomina firmada de mi nombre è sellado con mi sello. 
Fecha en la villa de Madrid a 13 dias del mes de Febrero aïlo del nasci- 



4 02 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

iniento de nuestro sefior Jesuchristo de 1483 aïios. Yo La Reyna. — Por 
mandado de la Reyna, Fernand Aluar 1 , Pedro de Maluenda, Chanciller. 

Les noms qui figurent dans cette liste appellent quelques remar- 
ques : 

Benvenista et son frère Don Abrahcn de Calahorra. La pre- 
mière est taxée pour 60.000 maravédis, la plus grosse somme de la 
liste; c'est pour cette raison apparemment que cette femme est 
nommée en premier. Ni elle, ni son frère, taxé pour 30.000 mara- 
védis, ne nous sont autrement connus. 

Vient ensuite Don Buon cambiador, c'est-à-dire « changeur », 
taxé à 8.000 maravédis. Quoique le nom de Buon, Bon soit plus sou- 
vent employé en composition avec un autre nom (ex. Bonizac, 
Bonjuda, Bonsenior, etc.), on le rencontre néanmoins dans l'ono- 
mastique des Juifs d'Espagne ou du Midi de la France. Ce nom 
correspond à l'hébreu ïob,Tobie (Cf. Gross, Gallia Judaïca,\).%0i)). 

Abrahen Benveniste, 30.000 m. Il est vraisemblable qu'il s'agit 
du petit-fils du grand rabbin de Cas tille, dont il a été question 
plus haut. Né en 1433, il avait donc cinquante ans à la date de 
notre document. 

Yucé (Joseph) et son frère Salamon Abenale, 40.000 et 10.000 
maravédis. Nous ne savons à quoi correspond le nom d'Abenale, 
que nous n'avons pas trouvé ailleurs. 

Don Osna de Barbastro, 50.000 m. Ce nom d'Osna et celui de 
Don Legar cavallon, taxé à 40.000 m., ne se retrouvent pas non 
plus à notre connaissance; « cavallon », avec un c minuscule, 
semble, comme « cambiador », désigner un métier, un commerce, 
mais lequel ? marchand de chevaux? 

Don Benveniste Abasar, taxé à 10.000 m. Le nom d'Abasar ne 
se retrouve pas non plus ailleurs. Nous serions tenté de lire ici 
Alasar, nom souvent porté par les Juifs d'Aragon. On le lit, diver- 
sement orthographié, Alaçar, Alatzar, etc., dans beaucoup de 
documents concernant les Juifs d'Aragon (voir notamment J. Régné, 
Catalogue des Actes deJaime 7 er ,etc. Revue, t.LXVII, 198, LXVIII, 
62, 69, 69, 138, etc.). 

Doua Bruceta, 30.000 m., ferme la liste. Ce nom ne figure pas 
jusqu'ici dans l'onomastique juive. 

Le total de l'emprunt donne le chiffre assez imposant de 308.000 
maravédis. On savait déjà que les communautés juives avaient dû 

1. Il faut lire sans doute Fernand Alvarez, secrétaire d'Etat de Fernand et d'Isabelle. 



NOTES ET MÉLANGES 103 

contribuer aux charges, très lourdes pour le trésor royal, de la 
longue guerre contre les Maures. Mais ïalfarda,'te\ était le nom de 
l'impôt extraordinaire exigé par l'agent du fisc Vallaris, date seu- 
lement de 1 484 ' . On voit qu'avant l'institution de cet impôt, à 
l'époque où il semblait que la campagne dût être de courte durée, 
on n'avait songé qu'à un emprunt forcé à très court terme. Ces 
prêts ont-ils été remboursés, conformément à la parole royale 
solennellement engagée, nous n'en savons rien. En tout cas, la 
communauté de Soria a dû, comme les autres, verser, les années 
suivantes, l'impôt de guerre et, selon l'expression de Graetz, conti- 
nuer d'apporter en quelque sorte du bois à son propre bûcher, 
puisque la victoire chèrement payée sur les Maures a entraîné 
bientôt par voie de conséquence le bannissement des Juifs. 

Julien Weill. 



LE MOT «KÏPPE» EN JUDÉO-ALLEMAND 

J'ai soutenu contre M. Emmanuel Weill que le judéo-allemand 
Kippe vient de nnp « caisse » . Mon contradicteur m'a objecté 
que Kuppe ne serait pas devenu Kippe dans le yidisch alsacien- 
lorrain. 

Je crois être en mesure d'établir que mon explication n'en est 
pas moins la seule exacte. 

On sait que dans les communautés du sud de l'Allemagne, qui 
existent depuis des siècles, on appelle Kippe une confrérie pieuse 
ou une société charitable. C'est aussi le nom porté à Francfort- 
sur-le-Mein par les deux sociétés des Kabranim et des Gomelé- 
Hassadim, qui existent toujours. 

Or, David Gans dit de ces deux sociétés dans son Cémah David: 
du riche Siméon Ginzburg, mort en 1597, que « c'est à lui que 
remontent les Kouppot ». Dans le Cémah David judéo-allemand 
(Francfort, 1698), le terme hébreu est reproduit. Le passage se 
rapporte naturellement aux deux Hebrot de la communauté de 
Francfort, qui depuis ce moment s'appelèrent Kouppot. 

On peut prouver, d'autre part, que Kouppa et Hevra étaient 
employés comme des synonymes. La première coupe de Hevra, 

1. Cf. Graetz, op. cit., p. 334. 



104 REVUE DES ETUDES JUIVES 

portant gravés les noms des sociétaires, qui se soit conservée à 
Francfort — elle date de 1617-4634 — contient les mots Koappa 
ha-Kedoscha. La deuxième, qui a servi de 1634 à 1736, appartenait, 
nous dit l'inscription, « à la Kouppa Gomelé-Hassadim ». La troi- 
sième, de 1736-1762, porte comme inscription « les membres de la 
Hebra « Gomelé-Hassadim » et aussi Kouppa, tandis que la qua- 
trième (1765-1816) n'a que « Hebra Gomelé-Hassadim ». L'identité 
de Hebra et de Kouppa est certaine. La célébrité des deux 
« kippess » de Francfort a contribué à répandre le mot Kippe 
(prononcé à l'origine « Kouppe ») dans le sens de Hebra, pris aussi 
dans son sens social, pour désigner une confrérie, une compagnie. 
Quand et comment en est-on venu à prononcer, à Francfort, 
Kippe au lieu de Kouppe, c'est ce qu'il est difficile de préciser 
avec quelque certitude. Peut-être est-ce le fameux rabbin de 
Francfort, Tsaïe Horwitz, dont l'influence a familiarisé la commu- 
nauté avec la prononciation polonaise. En outre, les Juifs polonais, 
réfugiés en nombre à Francfort à la suite des persécutions de 1648 
et des années suivantes, ont pu influencer la prononciation de cer- 
tains mots d'après le judéo-polonais. Ce qui est sûr, c'est que le 
traducteur du Cémah David écrivait encore en 1698 « die rnsip » 

dans le sens de « die Kippes ». 

Porgès. 



LE MOT « MÀNÉ » EN JUDÉO-ALLEMAND 

M. Emmanuel Weill dit dans son étude sur le Yidisch alsacien- 
lorrain* : « L'étymologie de Mâné est douteuse ». M. N. Porgès 2 
identifie le terme Mâné avec le mot allemand Mayen, « se réjouir ». 
Cette explication, à mon avis, est exacte. 

La cérémonie du Mâné est mentionnée et décrite pour la pre- 
mière fois dans les Minhaguim du Mabaril [Hilchot Nissonïn) : 

« Le vendredi, au point du jour, le bedeau appelle les fidèles à 
la synagogue et invite en même temps toute la communauté à 
venir au May en ff^fjsm). Le rabbin, conduisant le fiancé et suivi 
de toute la communauté, se rend, à la lumière des cierges et avec 
accompagnement de musique, dans la cour de la synagogue. 
Puis on va, avec lumières et musique, chercher la fiancée et ses 

1. Revue, LXX1I, p. 73. 

2. Ibid., p. 198. 



NOTES ET MELANGES 10b 

compagnes. Quand elle arrive à la porte de la cour de la syna- 
gogue, le rabbin et les notables conduisent le fiancé au-devant 
d'elle, le fiancé la prend par la main et les assistants répandent 
sur leur tète des grains de blé en disant trois fois : « Croissez et 
multipliez », etc. '. 

Cette cérémonie était autrefois usitée dans toute l'Alsace de la 
même manière qu'elle est décrite par le Mabaril et par les autres 
auteurs du xiv e siècle. Dans le petit Minhag-Buch judéo-allemand 
pour « l'Allemagne... la Franconie, la Souabe et l'Alsace» imprimé 
à Sulzbach en 1801, la fête est ainsi décrite et expliquée : 

« A Worms, le fiancé sort de la synagogue quand on dit le 
Tahnoun. Le matin on l'accompagne au Mai/en (in^nm), usage qui 
a été introduit pour que le fiancé ne soit pas trop étranger (c'est- 
à-dire sauvage, interdit) pour sa fiancée au moment du mariage 2 . 
Le fiancé prend la fiancée par la main et s'avance un peu avec elle, 
pendant que les assistants jettent des grains de blé sur le couple, 
en disant : « Croissez et multipliez ; que la paix règne parmi vous, 
suivant la parole du psalmiste (cxlvii, 14) : qu'il mette la paix dans 
ton domaine, qu'il te rassasie de la moelle du froment 3 . » 

Les éditions modernes des Minhaguim du Mabaril, comme celle 
de Varsovie, 1874 (p. 64), portent, dans le passage cité plus haut, 
1"fc«3, tandis que l'ancienne édition de Crémone, 1558 (f°86a), a 
ï"""». Un exemplaire de cette dernière édition, que j'ai sous les 
yeux, contient, parmi des gloses marginales ajoutées à la main en 
1710, mais déjà imprimées avec l'édition de 1628, ce passage : « Il 
arriva une fois à Francfort qu'un mariage devait avoir lieu le jeudi ; 
le même jour le père du fiancé mourut. On mena le fiancé d'abord 
au Mayen ( , j" v, k*d), puis à la synagogue, enfin sous le dais nup- 
tial, etc. » 

On a vu que dans le Minhag-Buch judéo-allemand cité plus haut, 
l'orthographe du mot est in^ne. L'étymologie est claire mainte- 
nant. De 1"^, f^awa ou fardât, identiques au moyen-haut-alle- 
mand mayen, « réjouir, orner, célébrer 1 » et aussi « recheicher 
en mariage :i », on a fait V'txn, c'est-à-dire Man ou Manè. 

Bieune. janvier 192-2. (3 H> Lauer. 

1. Voir A. Berlioer, Ans dem Leben dev deulschen Judeu im Mitteluller (Berlin, 
1900), p. 47, et les ouvrages indiqués par l'auteur. 

2. Gomp. Kiddouschin, il (t. 

3. Comp. Baba Menu. 59 a. 

4. Fischer, Schwaebisches Woerterbuch, IV, 1397. 

5. P. ex. dans er geht maien.Vmr Koenitr, Universal-Lexicon der deutschen Spra- 
che ^Berlin, 1910), p. 372,5. v. maien. 



BIBLIOGRAPHIE 



R. Ganszyniec. — Der Ursprung der Zehngebotetafeln. eine motiv- 
geschichtliche Studie. Berlin, 1920, Kommissionsverlag von Ernst Fuhr- 
mann, in-8°, 30 p. 

George Syncelle, résumant le Pseudo-Manéthon, raconte (I, 72 = FHG, 
II, 512) que celui-ci avait prédit l'avenir au roi Ptolémée Philadelphie en 
se fondant sur des inscriptions en langue sacrée et en caractères hiéro- 
glyphiques (?) gravées par Thôlh sur des stèles èv ttj S^piaSix-Tj yrj, 
et traduites plus tard par le second Hermès. Josèphe (I, 69-71) a recueilli 
une légende d'après laquelle le patriarche Seth aurait consigné ses 
découvertes astronomiques sur deux stèles, l'une d'argile, l'autre de 
pierre, « qui se trouvent encore aujourd'hui dans la contrée Sériade » 
(xaxà y-7|v ttjv SvjptàBa). M. Ganszyniec, écartant les explications propo- 
sées jusqu'à présent, identifie cette contrée Sériade avec le pays de Sêeir 
ou Séïr, plusieurs fois mentionné dans la Bible, c'est-à-dire le massif 
montagneux qui s'étend depuis le golfe d'Akabah jusqu'à la mer Morte. 
Certains textes font venir Yahveh de Séïr, en même temps que du Sinaï. 
Le récit de la révélation du Sinaï cherche à concilier deux traditions 
différentes : d'après l'une, Moïse aurait personnellement conversé avec 
l'Éternel; l'autre se bornait à lui faire recevoir de l'Éternel les « Tables 
de la Loi ». Cette deuxième tradition a un caractère plus archaïque (le 
rôle prophétique attribué à Moïse résulte d'une adaptation postérieure). 
M. G. en conclut que l'introduction du Sinaï dans cet épisode est elle- 
même assez récente, que, à l'origine, les tables de la Loi — qu'il faut se 
représenter comme de véritables stèles — venaient de Séïr et étaient 
censées contenir toute la révélation, qu'elles étaient enfermées dans 
l'arche et consistaient probablement en une copie (devenue inintelli- 
gible) du fétiche original. 

Telle ost, dépouillée d'un appareil d'érudition très complet et de rap- 
prochements avec des phénomènes plus ou moins analogues d'autres 
civilisations, notamment d'Egypte, la substance de cette ingénieuse 



BIBLIOGRAPHIE 107 

dissertation. Je dis ingénieuse, car, si la solution proposée par M. G. 
parait bien hasardée, on ne saurait nier que ses arguments donnent à 
réfléchir et obligent à reviser les opinions devenues traditionnelles sur 
le contenu de l'arche et l'origine du Décalogue \ 

Thkodore Reinach. 



R. Dussaud. — Les origines cananéennes du sacrifice israélite. 

Paris, Leroux, 1921, in-8° de 334 pages. 

Cet ouvrage est, en quelque sorte, une seconde édition, mais complè- 
tement revisée et beaucoup étendue du Sacrifice en Israël et chez les 
Phéniciens, que l'auteur a fait paraître en 1915. M Dussaud expose en 
détail le cérémonial des différents sacrifices {'olah, minhah, shelamim, 
hattat, 'asham). Il parle ensuite des sacrifices phéniciens, tels qu'on peut 
les décrire à l'aide des tarifs contenus dans les inscriptions de Carthage 
et de Marseille et en compare les données avec celles du Lévitique. Il traite 
ensuite des rites israélites où intervient le sacrifice, tels que la consécra- 
tion du grand-prêtre et celle de l'autel, la purification de la femme, etc., 
puis des récits mythiques qui reposent sur l'idée du sacrifice (alliances, 
pierres sacrées, culte de Béthel, etc.). Deux appendices donnent la tra- 
duction des textes du Lévitique concernant les offrandes et du tarif de 
Marseille. Deux index renferment la liste des passages bibliques corrigés 
et des termes techniques expliqués dans le livre. 

L'introduction expose les principes qui ont guidé l'auteur dans son 
travail. La méthode comparative démontre que les idées et les rites 
sacrificiels chez les Israélites et les Cananéens avaient un fonds commun, 
qu'ils sont beaucoup plus anciens que ne le prétend l'école critique et 
qu'ils sont bien antérieurs à l'exil de Babylone [on peut y joindre l'obser- 
vation faite à la page 156 que l'on doit distinguer entre la forme rédac- 
tionnelle d'un livre et le fond des rites qui y sont prescrits]. Il ne faut 
pas considérer le code sacerdotal comme le développement de l'œuvre 
d'Ezéchiel, et la vision de ce prophète mérite moins de confiance que les 
textes législatifs du Pentateuque (p. 8 ; cf. p. 121, note). D'autre part, les 
prophètes n'ont pas condamné les sacrifices, tout en les jugeant infé- 
rieurs à la pratique de la morale, et ils ont surtout lutté contre la forme 
cananéenne que revêtait le culte (p. 13-19). Bien que M. Dussaud déclare 

1 . Parmi les observations de détail les plus intéressantes, je signalerai celle sur le 
décor figuré de la stèle d'Hamourrabi où Ton a voulu voir un parallèle exact de la 
révélation sinaïtique. M. fi. montre que le relief de la stèle signifie simplement que le 
dieu Shamash a investi Hamourrabi de la royauté, nullement qu'il lui ait dicté le 
Code, qui est considéré comme une œuvre bumaine, sinon laïque. 



108 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

admettre les thèses générales de l'exégèse moderne quant aux sources 
du Pentateuque, il trouve que la critique exagère le découpage des 
textes (p. 9 et 123). 

1/autetir s'est attaché à définir aussi clairement que possible certaines 
notions qui sont à la base du sacrifice, notamment celles de sainteté et 
de pureté (p. 30-42), ce qui lui donne l'occasion de décrire le vêtement 
des prêtres et le mobilier du temple de Salomon. L'état de sainteté donne 
une force mystérieuse à la divinité d'abord, puis aux hommes qui y 
atteignent par une préparation spéciale et aux objets qui sont consacrés. 
L'approche d'un être saint est dangereuse pour les hommes non pré- 
parés, surtout s'ils se trouvent en état d'impureté, d'où la crainte de 
voir Dieu. — M. Dussaud explique aussi la différence entre l'âme végé- 
tative appelée nèfèsh et l'âme supérieure nommée rûah*. [Il aurait pu 
ajouter que si le premier terme est seul appliqué aux appétits sensuels 
comme le désir de la nourriture, et le second à l'esprit intellectuel, les 
deux peuvent être employés pour les sentiments, comme la tristesse.] 
Il établit une distinction nette entre le h'aliat et le 'asham, celui-ci 
servant particulièrement à réintégrer dans la société celui qu'un acte 
coupable ou une maladie, telle que la lèpre, en a exclu. Le sacrifice lui 
rend son âme sociale. Cette idée paraît assez juste. [Peut-être devrait- on 
y joindre l'idée de réparation, la réintégration ne pouvant avoir lieu si 
la réparation, lorsqu'elle est nécessaire, n'a pas été faite. Le sacrifice 
d'expiation, par contre, est le seul possible, là où il n'y a rien à réparer, 
par exemple pour les péchés d'omission (Lév., v, 1), où lorsque le 
pécheur prend trop tard conscience de la faute commise (ib., v, 2). Il est 
clair, d'ailleurs, que l'on n'a pas toujours distingué Y expiation de la 
réparation et qu'il a pu y avoir parfois confusion entre les deux termes.] 

Nous ajouterons à ce trop bref compte rendu quelques petites obser- 
vations : M. Dussaud a raison de repousser les excès de la critique dans 
la distinction des sources. Peut-être sa défiance à cet égard va-t-elle 
quelquefois un peu trop loin : dans le chapitre xvm de la Genèse (p. 229) 
M. Dussaud écarte l'hypothèse de deux sources, qui est le moyen le plus 
simple d'expliquer l'alternance du singulier et du pluriel. Dans Lévi- 
tique, xvi, M. Dussaud est obligé lui-même de séparer les deux premiers 
versets du reste du chapitre. Il est plus naturel d'y voir la combinaison 
de deux cérémonies, l'une indiquant les règles à observer par le grand- 
prêtre quand il entre dans le Saint des Saints, l'autre concernant le 
rituel d'expiation à exécuter le 10 du septième mois. De même le texte 
concernant la femme soupçonnée d'infidélité (Nombres, v, 11-31) ne nous 
paraît pas « parfaitement cohérent ». Il y a là, croyons-nous, un amalgame 
de deux lois, l'une ordonnant une véritable ordalie, c'est-à-dire une 
épreuve devant établir la culpabilité ou l'innocence de la femme soup- 
çonnée, l'autre instituant une sorte de cérémonie infamante pour la 
femme certainement coupable, mais dont la faute non démontrable (par 
témoins) ne peut être punie par la loi ordinaire. — P. 81, le mot pèdèr 



BIBLIOGKAPHIK 109 

doit signifier « tronc » et non « graisse » (voir Revue, t. XXXIX, p. 200). 
— P. 83, ischshèh ne veut pas dire « combustion », mais « contribution » 
(t&id., t. LXXIII, p. 210). — P. 84, dans Jér., xxx, 6, il est question des 
flancs {tCaUxçayim) et non des reins (qui se dit kelayot). — P. 87, le texte 
de Genèse, xv, 10, ne dit pas qu'Abraham ait coupé les quadrupèdes en 
deux morceaux, mais plutôt en trois, car le mot baltawèhh doit proba- 
blement être corrigé en battôr, et le mot meshoullash, que l'on traduit 
par m âgé de trois ans » signifie plutôt « partagé en trois » (voir Revue, 
t XXXI, p. 120). — P. 96, on ne voit pas pourquoi l'expression « devant 
l'autel » désignerait le côté sud de l'autel. Il vaudrait mieux penser au 
côté est, les objets, comme les personnes, étant censés présenter la 
face au soleil levant. — Ibid., n. 4, les mots beyôm moshh'o ôtam dans 
Lév., vu, 36, se rapportent, d'après les accentuateurs, au verbe siivwah 
<( a prescrit » et non pas au verbe latét « de donner ». Ils ne prouvent 
donc pas que, d'après le texte de vi, 13, les prêtres soient astreints à une 
oblation quotidienne. — P. 97, ce n'est pas seulement Josèphe, mais la 
Bible qui dit que la moitié de l'oblation des prêtres est brûlée le matin 
et l'autre le soir. — P. 127, il n'est pas prouvé que regorgement du 
asham soit réservé au prêtre : le mot weshahat dans Lév., xiv, 13, a pu 
être substitué à un passif. S'il y avait eu une pareille différence entre le 
rite du asham et celui de l'expiatoire et de l'holocauste, le texte y aurait 
insisté au lieu de souligner l'analogie de ces trois sacrifices. — Ibidem, 
le suffixe du mot 'erkekha a perdu toute valeur et ne vise pas Moïse l , — 
P. 137-138, le motif par lequel M. Dussaud explique que l'offrande du 
premier-né soit fixée à l'âge de huit jours est quelque peu forcé. Le 
verset de Lév., xxu, 27, ne se rapporte pas au premier-né, mais indique 
l'âge minimum que doit avoir tout animal offert en sacrifice. Pour le 
premier-né, ce minimum était en même temps un maximum. Il est 
probable qu'on ne considérait pas un être âgé de moins de huit jours 
comme certainement viable. Il y ayait des préceptes et des traditions 
analogues pour l'homme. — P. 140, le mot srb phénicien pourrait être 
rapproché de l'araméen sourba dans la locution sourba derabbanan, qui 
désigne un jeune rabbin. — P. 14, le phénicien sivH rappelle plutôt 
l'éthiopien sic' « appeler, inviter » que l'hébreu swli. — P. 156, n. 2, la 
tradition rabbinique, à la suite de Rachi, aurait expliqué le passage de 
Jérémie, vu, 22, en admettant que le prophète attachait moins d'impor- 
tance aux sacrifices qu'à la loi morale. Qu'est-ce que cette tradition rab- 
binique, qui suit Rachi? Celui-ci, d'ailleurs, se borne à dire que Dieu, 
lorsqu'il a pour la première fois (Exode, xix) parlé d'une alliance avec 
Israël, n'a pas réclamé de sacrifices. — P. 162, le mot to'ébah dans 
Ex., vin, 26, désigne une divinité païenne (voir Journal asiatique, 1913, 
I, p. 683). — P. 195, on ne comprend pas bien comment une réforme 

1. F. Perles, Jewish Quaterly Review, XVIII, j». 387, compare le babylonien 
alkaktu. 



110 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

faisant commencer l'année en Nisan aurait fait reporter le Nouvel An au 
le" ïisri. M. Dussaud veut dire, sans doute, que Tannée ayant cessé de 
commencer en automne, l'ancien Nouvel An du 10 Tisri n'avait plus de 
raison d'être et qu'on s'est borné à célébrer le premier des jours de la 
période finale, le 1 er ïisri, qui était encore une néoménie. Mais, en 
réalité, il semble bien, comme Mabler l'a dit dans sa Chronologie, que 
les deux manières de fixer le début de l'année ont coexisté, l'une pour 
la vie religieuse et l'autre pour la vie agricole. En tout cas, la Bible ne 
parle pas du 1 er Tisri comme d'un Nouvel An, et la fête n'a pris ce nom 
qu'avec 1ère des Séleucides. — P. 220, n. 7, sur quoi l'auteur appuie-t-il 
sa traduction de mèskèq dans Gen., xv, 2, par « héritier »? — P. 253, la 
traduction de gaoh gaah (Ex., xv, 1) par « il a relevé sa grandeur » est 
un peu vague. Nous avons proposé (Revue, XXXI, p. 134) de rendre ces 
mots par « il s'est élancé ». — P. 289-302, M. Dussaud, résumant sa 
conférence du Musée Guimet (Les Crimes d' Athalie, 1913), admet que la 
fille d'Achab était innocente du crime dont la Bible l'a accusée, à savoir 
le massacre de ses petits-enfants. Sa démonstration ne nous a pas tout à 
fait convaincus. C'est justement si Athalie, comme on peut le croire avec 
M. Dussaud, n'était pas la fille de Jésabel et n'avait pas une origine phé- 
nicienne, que Ton comprend moins pourquoi l'historien des Rois lui 
aurait imputé faussement un acte horrible. L'écrivain, selon M. Dussaud, 
aurait voulu établir une rupture entre la royauté nouvelle et la famille 
d'Achab. Mais que pouvait gagner l'auteur des Rois avec sa calomnie, 
puisque, de toute façon, Joas était le descendant d'Achab? Sans doute, 
l'explication admise généralement, d'après laquelle Athalie aurait été 
guidée par le seul désir de garder le pouvoir, se heurte au fait que ses 
petits-enfants étaient tout jeunes. Mais il nous semble qu'on peut accepter 
le récit de l'Écriture et voir dans le crime d'Athalie simplement l'effet 
d'une folie furieuse provoquée par la mort de son fils. Ce n'est pas la 
seule fois qu'on a vu des déments à la tête d'un pays. Cette explication 
excuserait aussi en quelque sorte Athalie, car elle n'aurait pas été res- 
ponsable et n'aurait pas été menée par l'ambition. 

Ces remarques montrent avec quelle attention nous avons lu le livre 
si instructif de M. Dussaud. Les archéologues et historiens des religions 
y trouveront un manuel très bien compris des rites sacrificiels israélites 
dans l'antiquité. 

Mayek Lambert. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



T. LXXIII, n° 145. — 1. P. 93 suiv. La copie de la lettre de Sale-nique 
publiée par M. Marmorstein, lettre où il est question d'un juif russe sur 
te point de faire un pèlerinage en Palestine, a déjà été discutée par moi 
au tome 1 de mes Jetés in Egypt and in Palestine under the Fatimid 
Caliphs (p. 165-6), ouvrage paru en novembre 1920. Dans la liste des 
mss. à publier au tome II [ibid , p. 11, col. 1, en haut), j'ai indiqué que 
A. C. 12, comprend le ms. Oxf. 2862, fol. 71a-72a. La partie historique 
de cette lettre est imprimée à présent an t. II, p. 192, en haut. 

2. P. 98-99. Au sujet de l'opinion de Haï Gaon contre la récitation de 
tTErs dans la Kedouscha de Moussaf, M. Marmorstein aurait dû prendre 
en considération mes remarques dans Revue, LXX, 123, n. 1, d'où il 
résulte que R. Haï n'a trouvé à redire qu'à l'expression ïiarttta û^a^D, 
car Ben Baboï l'avait déjà signalée comme une sorte de fanfaronnade 
déplaisante devant Dieu. 

3. P. 101 sniv. Voici quelques observations supplémentaires sur le 
Jùdisch-palœstinisches Corpus inscriptionum de M. Klein, dont a rendu 
compte le regretté D r S. Poznanski. 

M. Klein a prétendu à tort (p. 10 et 18, n. 1) qu'il est difficile de 
prouver par ailleurs qu'un fils ait porté le même nom que son père du 
vivant de ce dernier. Tos. Nidda, V, 15, mentionne un nazirite Hanania 
b. Hanania venu avec son père consulter R. Gamliel sur son naziréat. 
Il y a bien d'autres exemples d'homonymies de père et tils dans Josèphe, 
les inscriptions judéo-grecques et le Talmud, qu'on ne saurait toutes 
expliquer par ce fait que le père est mort avant la circoncision de son fils. 
Ainsi Antiquités, XII, v, 1, § 237, il est question d'Onias, fils d'Onias le 
grand-prêtre; XIV, i, 3, § 10 : Antipater s'est appelé d'abord Antipas, 
comme son père ; XVIII, v, 4, § 130 : Phasael, fils de Phasael (frère 
d'Hérode) ; XX, i, 2, § 14 : Jean, fils de Jean ; XX, ix, 1, § 197-8 : le grand- 
prêtre Anan, fils d'Anan ; Bellum, V, xm, 2, § 534 : Juda, fils de Juda; 
Vita, i, § 4 : Matthias Gurtus, fils de Mathias ; ix, § 33 : Gompsus, fils de 
Gompsus à Tibériade (cf. : Kamça et Bar-Kamça, Guittin, 55 6, mais il 
s'agit là de deux personnages différents). — J. Berakkot, 6 c, 1. 59 : 
R. Yosé b. Yosé ; 14 a, 1. 39 : -n*03 Na wi ma a Na 'n (v. aussi Pèa, 
15 d, 1. 51); Eroubin, 18 d, 1. 75 : R. Yosé b. Yosé. V. aussi R. H., 59a, 
1. 12; Yeb., 6 a, 1. 29 (Nidda, 49 a, 1. 73), 13 a, 1. 13, 15 a, 1. 39; Guittin, 
43 b, 1. 35 ; Bèça, 60 6, 1. 59 (mais cf. Tos. Yom Tob, i, 7). Eroubin, 85 6 : 
BoniaS'b. Bonias (mais cf. Arou/Ji, s. v., et Guittin, 59 a) ; Moed Katan, 
5 a, lit, d'après Yalkout ha-Makhiri sur Isaïe, lvii, 14 : Onziel b. Ouziel 
l'ancien au nom d'Ouziel le Grand (on trouve la même leçon dans le 



112 KEVUE DKS ÉTUDES JUIVES 

Commentaire sur ce traité de Salomon b. hà Yatom, éd. Chajes, p. 14, 
1. 11). — Inscriptions funéraires judéo-grecques : Samuel b. Samuel 
i^Le Bas-Waddington, Fnscriptiones gr. et lat., part. VI, p. 443 a, n° 1854c) ; 
Jiida b. Juda (Ileuue biblique, XI, 104); Joseph archisynagogos b. Joseph 
archisynagogos (cf. Chajes, in Cenlenario delta nascita Michèle Amari, 
I, 236-7). Une pierre tombale de l'Italie méridionale porte les mots : 
Tombe de Joseph b. Joseph (/. Q. 11., XIV, 111, A). Cf. enfin Timaï 
b. Timaï (Marc, x, 46) d'après la Pech. et Syrsin (v. Merx, Markus nach 
Syrsin, a. L, p. 130;. Dans la généalogie donnée par M. Klein lui-même, 
l. c, p. 11, on lit : Miriam, fille de Miriam. — Ibid., 17, n. 1, fin, lire : 
H. Nathan pour Jonathan, car c'est Nathan ha-Babli qui transmet la 
chose. Ibid., p. 36 et 39, "unn ou ^a-pn ne signifie pas un docteur, 
mais le « fils d'un docteur ». M. Klein aurait pu l'inférer d'un fragment 
(publié par Poznanski, Schwarz Festschrift, 476, article auquel il renvoie 
lui-même) où nous avons la signature de Moïse ha-Sofer '-P3 (= "'n-pn) 
Isaac, '"P3 Salomon, '-pa Méir Gaon. Très souvent, dans les lettres 
conservées dans la Gueniza, les auteurs signent de leurs noms suivis de 
^ana ou ^Tn sans mentionner après le nom de leur père. C'est le cas 
particulièrement pour les lettres du Gaon de Jérusalem Salomon 
b. Yehouda, qui présumait que le nom de son père était bien connu de 
ses correspondants. De même, dans l'inscription tombale n° 110 (publiée 
par Klein), le graveur a visiblement manqué de place pour le nom du 
père de Youdan ha-Kohen, et c'est pourquoi il s'est contenté de graver 
le mot ^mn, fils de Habbi X. — N° 114, on lit : Youdan b. H. Tarfon, 
mais le grand-père n'est indiqué que par ^3T3, c'est-à-dire Tarfon 
fils de R. X. 

Ibid., p. 85, n. 2. L'embarrassant babb doit sûrement se lire bsbb, 
le graveur, manquant de place, ayant raccourci le mot np^bbbb, 
ar. lilhalikati, hébr. ïrvafcib. Ainsi Joseph b. Saadia est mort en 4822 de 
la création. 

Ibid., p. 110, 1. 7, au lieu de Soucca, lire Loucca. — Jacob Mann 
(Baltimore). 

Ibid., table des matières (p. 223) et couverture, dans la rubrique : 
Articles de fond, s. v. Perles, lire Perles (Félix). — Notes sur les Apo- 
cryphes et les Pseudépigraphes : I. Traces des Apocryphes et des Pseudé- 
pigraphes dans la liturgie juive. — II. Notes critiques sur le texte des 
Apocryphes et des Pseudépigraphes. 



Le Gérant : Julien Weill. 



VERSAILLES. — IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DU MARÉCHAL-FOCH, 



LE RAVISSEMENT DU MESSIE 

A SA NAISSANCE 



Le chapitre xn de l'Apocalypse de Jean offre une énigme qui a 
mis à la torture l'esprit des commentateurs de ce livre. Ne fait-il 
pas de Jésus un Messie qui meurt à peine né, ravi au ciel d'une 
façon mystérieuse? « Quel résumé de sa vie, dit Wellhausen : il 
vient au monde et il disparaît ! » 

Pour un lecteur sans parti pris, ce serait l'écho de la déception 
de ses partisans, traduisant sous cette forme sommaire l'avorte- 
ment de leurs espérances. L'auteur de l'Apocalypse aurait naïve- 
ment recueilli cet aveu de leur déception, sans en discerner le vrai 
caractère. Cette conclusion s'imposerait si le récit était d'origine 
chrétienne '. 

Œuvre d'un Juif, ce serait, non le reflet du passé, mais la des- 
cription de l'avenir, un fragment du scénario du drame messia- 
nique, tel que le concevaient les cercles se plaisant à ces spécula- 
tions eschatologiques. Dans ce cas, il faudrait trouver dans la 
littérature authentiquement juive l'analogue d'une pareille concep- 
tion. Précisément elle existe, dit-on. 

Confrontons l'Apocalypse avec son parallèle. 

Apocalypse de Jean, chap. xii. 

1. Or, il parut un grand signe dans le ciel, une femme revêtue du 
soleil et ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de 
douze étoiles. 2. Elle était enceinte et elle criait, étant en travail et souf- 
frant des douleurs de l'enfantement. 3. Il parut un autre signe dans le 
ciel : voici un dragon couleur de feu, ayant sept tètes et dix cornes, et 
sur ses têtes sept diadèmes; 4. et sa queue entraînait la troisième partie 

1. Les commentateurs catholiques ne sont pas à court d'interprétations plus 
orthodoxes; voir, en dernier Heu, Bernard AIlo, Le douzième chapitre de i 'Apoca- 
lypse (Revue Biblique, 1909, p. 538), et Léon Gry, Les chapitres XI et XII de 
VApocalypse (ibid., 1922, p. 207 . 

T. LXX1V, n» 148. 8 



114 REVUE DES ETUDES JUIVES 

des étoiles du ciel et elle les jeta sur la terre. Puis le dragon s'arrêta 
devant la femme qui allait accoucher, afin de dévorer son enfant quand 
elle aurait enfanté. 5. Or, elle enfanta un fils, qui devait gouverner toutes 
les nations avec un sceptre de fer, et l'enfant fut enlevé vers'Dieu et vers 
son trône ; 6. et la femme s'enfuit dans un désert où Dieu lui avait 
préparé un lieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent 
soixante jours. 

7. Alors il y eut un combat dans le ciel. Michel et ses anges 
combattaient contre le dragon, et le dragon combattait avec ses 
anges. 8. Et ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne se 
retrouva plus dans le ciel. 9. Et le grand dragon, le serpent 
ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit tout le monde, 
fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui. 
10. Puis j'entendis dans le ciel une grande voix qui disait : 
Maintenant sont venus le salut et la force et le règne de notre 
Dieu et la puissance de son Messie, car l'accusateur de nos 
frères, qui les accusait jour et nuit devant la face de notre Dieu, 
a été précipité. 11. Ils l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et par 
la parole à laquelle ils ont rendu témoignage et ils n'ont pas 
préféré leur vie à la mort. 12. C'est pourquoi réjouissez-vous, 
deux et vous qui l'habitez. Malheur à vous, habitants de la terre 
et de la mer, car le diable est descendu vers vous en grande 
fureur, sachant qu'il n'a que peu de temps. 13. Or, quand le 
dragon vit qu'il avait été précipité en terre, il poursuivit la femme 
qui avait enfanté le fils. 14. Mais deux ailes du grand aigle furent don- 
nées à la femme pour qu'elle s'envolât au désert, en son lieu, où elle fut 
nourrie un temps et des temps et la moitié d'un temps, loin de la pré- 
sence du serpent. 15. Et le serpent, de sa gueule, lança de l'eau comme un 
fleuve après la femme, afin qu'elle fût entraînée par le fleuve. 16. Mais 
la terre secourut la femme, et la terre ouvrit son sein et engloutit le 
fleuve que le dragon avait lancé de sa gueule. 17. Le dragon s'irrita 
contre la femme et s'en alla faire la guerre au reste de sa postérité 
qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de 
Jésus-Christ. 

La femme est, sans aucun doute, la Communauté d'Israël. Elle 
est revêtue du soleil, parce que Jacob, dans le rêve de Joseph, est 
comparé à cet astre ; elle a sous ses pieds la lune, parce que 
celle-ci figure à côté du soleil dans la même vision; enfin, les 
douze étoiles qui forment sa couronne sont les douze fils d'Israël, 
suivant le même symbolisme. Tel est, du moins, le sens apparent 
de cette figure '. En tout cas, l'enfant que cette femme met au 

1. Ou verra plus loin que, pour certains critiques, ce sont des représentations 
astrales; en particulier, les douze étoiles seraient les signes du zodiaque. 



LE RAVISSEMENT DU MESSIE A SA NAISSANCE 115 

monde est incontestablement le Messie, puisqu'il doit « gou- 
verner toutes les nations avec un sceptre de fer », termes du 
Psaume n qui se rapportent à ce personnage. Le grand dragon est 
L'ennemi d'Israël ; il s'oppose à la mission libératrice du Messie, et 
la femme, c'est-à-dire la Communauté juive, est obligée de s'enfuir 
dans le désert, pour y attendre le terme de 1260 jours, prédit par 
Daniel (xn, 11)'. Gomme pour attester cette concordance chrono- 
logique, le verset 14 porte : « Mais deux ailes du grand aigle 
furent données à la femme pour qu'elle s'envolât au désert, en son 
lieu, où elle fut nourrie un temps et des temps et la moitié d'un 
temps ». C'est la reproduction in extenso du verset 7 de Daniel : 
«au bout d'un temps et de deux temps et demi, quand la puissance 
du peuple sera entièrement brisée. . . » 

Le morceau de l'Apocalypse vise-t-il Jésus? Le dragon est alors 
Rome, qui a mis fin à sa carrière, mais non pour toujours ; il a été 
ravi au ciel, sans doute pour reparaître un jour; en attendant, 
Israël traverse une crise, qui a été prédite par Daniel. Celte 
conception serait celle d'un parti judéo-chrétien qui n'a pas laissé 
de trace dans la littérature du temps. 

Le texte est-il purement juif ? Dans ce cas, il peut être simple- 
ment une prédiction ou une prophétie post eventum. 

C'est à cette dernière hypothèse que Wellhausen se rallie. Pour 
lui, l'Apocalypse est une œuvre de circonstance, intelligible seule- 
ment si elle décrit l'histoire du temps. Le dragon agit par l'inter- 
médiaire des Romains, sans être identique avec eux. Les trois ans 
et demi dont il est parlé sont ceux de la durée de la guerre qui se 
termina par la prise de Jérusalem. Les Romains combattent alors 
contre la Communauté juive, qui est la femme, et non contre la 
Communauté chrétienne; d'où cette conclusion que l'enfant n'est 
pas Jésus. D'ailleurs, les Romains n'étaient pas ses ennemis, tout 
au moins avant sa naissance. Seul, le Messie juif peut être consi- 
déré comme le libérateur de la nation juive (IV Ezra, ix, 43; i, 44). 
A .l< ; sus, en outre, s'appliquerait mal son ravissement au ciel tout 
de suite après sa naissance. On dit, il est vrai, que ce détail serait 
incompréhensible, puisqu'il est également étranger à la conception 
juive. Mais il peut s'expliquer par les préoccupations des Juifs 
d'alors. La Communauté, en lutte avec les Romains, ne possédait 
pas de Messie déjà né et pouvant l'aider. Mais elle espérait qu'il 
était vraiment venu au monde déjà pendant la crise et qu'il échap- 

1. 1290 dans L'hébreu et dans le grec. 



116 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

perait à la catastrophe. Cette croyance se réclamait peut-être de la 
prophétie qui parle de la femme qui accouche et de l'Immanuel né 
dans la détresse (Isaïe, vu, 14). 

Toutefois la femme, au verset 17, est distinguée des « restes de 
sa postérité », qui ne se réfugient pas avec elle dans le désert, 
mais demeurent à Jérusalem, où ils sont attaqués par l'ennemi. 
Elle n'est donc pas toute la Communauté; elle est seulement 
l'élite, qui n'est pas enveloppée dans l'anéantissement du reste et 
est sauvée comme la semence de l'avenir. On sait que beaucoup 
de Juifs s'enfuirent à temps de Jérusalem ; c'étaient les gens 
pieux, docteurs et pharisiens, n'ayant rien des zélotes et se 
croyant le véritable Israël. 

Le chapitre xn serait le tableau historique de la lutte contre les 
Romains, retraçant, en particulier, la différence d'attitude des 
partis pendant la guerre. D'après les zélotes, les Juifs qui restaient 
jusqu'au bout à Jérusalem étaient le « reste » messianique; pour 
les Pharisiens, le « reste » était ceux qui avaient fui la capitale et 
dont devait sortir le Messie. 

A la scène terrestre correspond la scène d'en haut, qui en est la 
projection : la défaite du dragon dans les régions célestes présage 
celle qu'il essuiera en bas. L'auteur de cette petite apocalypse 
juive s'inspire ainsi du livre de Daniel '. 

En affirmant que le ravissement de l'enfant Messie au ciel est 
étranger à la conception juive, Wellhausen se trompe, et son 
erreur est d'autant plus étonnante que Vischer 2 avait retrouvé le 
parallèle dans le Talmud de Jérusalem. 

Voici ce passage tel qu'il se lit dans Echa Rabbati (sur i, 16), 
où il est, en général, moins altéré que dans le Talmud de Jéru- 
salem {Berachoty 5 a) : 



Le Talmud de Jérusalem (Beraghot, 5 a) = Echa Rabbati, i, 16. 

Il était une fois un homme qui labourait. Sa vache s'étant mise tout 
d'un coup à mugir, un Arabe qui passait par là lui dit : « Qui es-tu ? — 
Je suis Juif. — Alors dételle ta bête et laisse ta charrue. — Pourquoi ? 

1. Analyse der Offenbarung Johannes [AbhCindlungen der Gesch. d. Wissensch. 
zu Gôttingen. Phil.-hist. Klasse, Berlin, 1907, p. 18 et s.). 

2. Offenbarung Johannis, 1886, p. 19 et s. 



LE RAVISSEMENT DU MESSIE A SA NAISSANCE H 7 

— Parce que le temple des Juifs est détruit. — Gomment le sais-tu? — 
Par le beuglement de ta vache '. » 

Là-dessus la vache fit entendre un nouveau mugissement : « Rattelle 
ta bête à la charrue, dit l'Arabe, car le libérateur des Juifs est né*. — 
Quel est son nom? — Mcnahem. — Et celui de son père? — Ezéchias. 

— Où demeurent-ils? 3 . — Dans la forteresse Araba 4 de Bethléem de 
Juda. 

Alors l'homme vendit son attelage et sa charrue et acheta des langes 
pour enfants. Puis il se rendit de ville en ville, de province en province, 
jusqu'à ce qu'il arriva au terme de son voyage. Là, tous les habitants 5 
vinrent lui acheter des langes, à l'exception de la mère de l'enfant, qui ne 
fit aucune emplette : « Pourquoi, lui dit-il, n'achètes-tu pas de langes 
d'enfant? — Parce que mon fils est né sous une mauvaise étoile 6 . — 
Comment le sais-tu ? — Parce que le Temple a été détruit lors de sa 
naissance. — Mais nous, nous avons confiance en Dieu, qui fera que, si 
la destruction du Temple s'est produite à sa naissance, sa restauration 
aura lieu à sa suite 7 . » Le marchand ajouta : « Prends de ces langes, et, 
à mon retour, tu me les paieras. » Elle le fit et s'en alla. 

Au bout de quelque temps, l'homme se dit : « Allons donc voir ce 
qu'est devenu l'enfant! » Arrivé chez la femme, il lui demanda des nou- 
velles de son fils 8 : « Ne t'avais-je pas dit qu'il était né sous une mauvaise 

i. Cette dernière phrase manque dans le Talmud (— T.). 

2. « Le roi Messie » (T.). 

3. « D'où est-il? »> (T.). 

4. « La forteresse royale » (T.). Neubauer, La Géographie du Talmud, p. 133, 
écrit, à propos de ces deux leçons différentes : « Beth Arabah est une localité près 
de Beth Lehem où, d'après les Talmuds, le Messie doit naître. » Le passage de 
YEcha Rabbati (qui n'est pas les Talmuds) mentionnant ce lieu (fin de la Pelihà) 
ne parle aucunement de sa proximité de Bethléem. Neubauer donne comme un fait 
établi une identification hypothétique : il voit dans ce Beth Arabah une simple 
variante de Birat Araba. C'est vraisemblablement à tort, car Beth Araba est cité 
comme une localité, et non comme un quartier ou un monument urbain ; en outre, 
il se trouve dans une vallée, ce qui n'est pas le cas de Bethléem. — Birat Malka, 
« tour royale », peut être un nom imaginaire, inventé pour la circonstance : le roi 
Messie doit naître dans un bâtiment royal ; mais d'où provient la variante Birat 
Araba, qui jamais n'est mentionnée à propos de la naissance du Messie et qui, 
d'ailleurs, ne se rencontre que dans ce passage? 

0. •< Toutes les femmes » (T.). 

6. Il entendit les femmes dire : « Mère de Menahem, mère de Menahem, viens en 
acheter pour ton fils. — Je voudrais, répondit-elle, pouvoir étrangler les ennemis 
d'Israël (antipbrase pour « Israël »>). » (T.) Cette variante rend mieux compte de 
l'utilité de la ruse employée par le Juif pour découvrir l'enfant. L'expédient fait 
penser à celui du malin Hiérosolomytain pour retrouver le dépositaire de la fortune de 
son père (Eclia Rabbati, i, 1). 

1. Au lieu de 'nbin b* « à sa suite », T. a «ava « le jour même », puis il 
ajoute : « Je n'ai pas d'argent ». 

8. « Il demanda : Que fait la femme qui allaite ? » (T.). 



118 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

étoile ? La malchance s'est exercée dès les premiers temps l , car tout de 
suite sont venus des vents et des ouragans, qui l'ont emporté*. — Ne 
t'avais-je pas dit que, si le Temple a été détruit à sa naissance, il sera 
rebâti à sa suite 3 ? » 

Ce texte, dit Gunkel '', met hors de doute la possibilité du thème 
de l'Apocalypse dans le Judaïsme : la parenté des deux ravisse- 
ments est indéniable. Là ne se borne pas la ressemblance : le 
ravissement du Messie-enfant se produit, d'après les deux mor- 
ceaux, dans les mêmes circonstances de temps : lors de la des- 
truction du Temple, d'après le Talmud; lorsque le dragon asseoit 
son empire sur la terre, d'après l'Apocalypse. Le choix de cette 
époque s'explique par le fait que primitivement il était entendu 
que le jour où le mal commencerait à triompher serait celui de la 
naissance du bien : la victoire du mal, loin donc d'être un motif 
de désespoir, était un réconfort. 

Mais, remarque Gunkel, la fiction talmudique offre toute l'ap- 
parence d'une tradition à moitié effacée. C'est ainsi qu'on n'y voit 
pas ni où ni pourquoi a été ravi le Messie. Cette lacune est 
comblée par l'Apocalypse : les ennemis qui détruisirent le Temple 
auraient voulu faire périr l'enfant destiné à mettre fin à leur 
domination ; heureusement il a été ravi à leur prise et emporté 
dans les régions où leur main ne pourra l'atteindre. 

En résumé, le passage talmudique et l'Apocalypse représentent 
deux traditions parallèles et indépendantes. Le premier est le 
résidu informe d'une tradition presque morte, apparentée originai- 
rement à celle de l'Apocalypse, le mythe babylonien du dragon. 

M. Charles, auteur d'un excellent commentaire de l'Apocalypse 
de Jean v adopte en gros le système de Vischer 6 , de Gunkel et 
partiellement de Wellhausen, à savoir que le ch. xn de ce livre ne 
saurait être l'œuvre d'un chrétien. 11 est bien de l'auteur pour la 
rédaction, mais il est formé de deux morceaux d'origine juive 
pour le fond. Cette filiation se reconnaît déjà aux hébraïsmes ou 
sémitismes. Les versets 6-12 peuvent provenir du Judaïsme 7 , 

1. Ces deux phrases manquent en T. 

2. Ici s'arrête T. 

3. Cette phrase veut probablement dire que sa mort sera le gage de la restaura- 
tion du Temple. 

4. Schopfunq u. Chaos, p. 198 et s. 

5. A crilical and exegelical Coimnentary on tke Révélation of St John. 
Edimbourg, 1920, I, 298 et s. 

6. Offenbarnng Johannis, 1886, p. 19. 

7. Les versets 10-12, cela va sans dire, retouchés par une plume chrétienne. 



LE RAVISSEMENT DU MESSIE A SA NAISSANCE 119 

mais les autres, tout en étant dus à un Juif, sont farcis d'éléments 
mythologiques, babyloniens 1 , iraniens 2 , grecs 3 et surtout égyp- 
tiens*. Un de ces éléments serait le ravissement de l'enfant, mais 
il ne figure dans aucun des mythes invoqués. Aucun des parallèles, 
d'ailleurs, ne fournit une affabulation entièrement superposable à 
notre thème 8 . Celui-ci est comme une mosaïque de ces fictions 
diverses. 

Nous n'avons pas à prendre parti entre ces diverses conjectures, 
mais puisque le texte du Talmud de Jérusalem est produit au 
débat, il sera bon d'en déterminer la nature avec plus de précision 
que n'a fait Gunkel. 

Caractère du récit juif. 

Pour tout lecteur familiarisé avec la littérature populaire, le 
caractère de cette fiction ne laisse aucun doute, c'est du folk-lore. 
Rien ne serait plus facile que d'en montrer les parallèles dans les 
contes de divers pays. Contentons-nous de signaler quelques ana- 
logies instructives dans les écrits juifs. 

1. Voir Gunkel, p. 379. 

2. Volter, Offenbavung Johannis, Strasbourg, 1904, p. 86 et s. Les douze étoiles 
seraient les douze constellations créées par Ormuz, et les sept diadèmes, les sept 
planètes œuvre d'Ahriman. 

3. Dietrich, Abraxas, p. 117. Mythe de la naissance d'Apollon d'après Hygin. 
Python, apprenant qu'il doit être tué par quelqu'un de la descendance de Latone, 
poursuit celle-ci, mais elle est sauvée par Borée dans l'île d'Ortygie, qui est sub- 
mergée. Sur cette île, revenue à la surface, Latone enfante Apollon, qui,- dès le 
quatrième jour de sa naissance, monte au Parnasse, où il tue Python. 

4. Bousset, Offenbavung Johannis, 1896 et 1906, p. 354. Mythe de Hathor, Osiris, 
Bonis et Set. La mère est Hathor, qui est Isis, laquelle est représentée avec un soleil 
sur la tète ; l'enfant est Horus, fils d'Osiris, et le dragon est Typhon (Set). Après la 
mort d'Osiris, Isis réunit ses ossements et enfante le jeune dieu-soleil. Elle échappe à 
Typhon en s'abandonnant à un bateau de papyrus, qui la conduit à une île flottante* 
Finalement Horus triomphe de Typhon. Boll [Aus dev Offenbavung Johannis, 1914) 
adopte cette conjecture en interprétant le mythe astvalement ; voilà pourquoi la 
scèqe se joue au ciel. — Il est étonnant que Charles ignore cet ouvrage de Boll. 

5. M. Piepenbring, Influences mythologiques dans l'Apocalypse de Jean {Revue 
de l'Histoire des Religions, t. LXXXV, janv. -avril 1922, p. 9) ne s'en est pas avisé, 
pour s'en être entièrement rapporté a GtiDkel. Avec une assurance qui désarme, il 
affirme que le chap. xu de l'Apocalypse « est inspiré par un mythe païen concernant 
la naissance et le triomphe du jeune dieu solaire né d'une déesse et ayant à lutter 
tous les ans contre les ténèbres de l'hiver. On a ensuite, ajoute-t-il, interprété ce 
mythe dans un sens messianique et on l'a appliqué au Christ afin d'illustrer son 
triomphe sur Satan ». Quelle singulière illustration d'un triomphe que le récit de la 
mort du héros dès sa naissance ! 



120 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

1. L Arabe sorcier. — L'entrée en scène et la divination de 
l'Arabe paraissent aussi naturelles au narrateur que celle d'un 
autre Arabe sorcier que rencontre le célèbre Rabba bar bar Hanna, 
double de Sindibad le Marin. Ce devin montre au rabbin le lieu où 
Coré et sa bande ont été engloutis, la ligne où s'embrassent le ciel 
et la terre ; en flairant la poussière du désert, il devine la localité 
à laquelle conduit la piste, la distance qui les sépare de l'eau, etc. 1 . 

2. U annonce de la naissance du Messie. — 11 annonce au Juif 
laboureur la bonne nouvelle comme le fait l'ange du Seigneur aux 
bergers qui gardent leurs troupeaux : le Messie est né à Bethléem; 
et, comme les bergers, notre laboureur se rend incontinent dans 
celte ville pour l'y voir 2 . Le signe auquel se reconnaît le Messie 
n'est pas le même dans les deux narrations, mais, dans l'une et 
dans l'autre, on ne manque pas de s'aviser de la nécessité d'un 
indice révélateur. 

3. Le déguisement du Juif en marchand. — Ce thème, qui est 
banal, a son pendant exact dans un récit populaire rédigé, comme 
notre texte, en araméen palestinien 3 et dont voici le contenu. 
Les Romains essayaient, en vain, de construire leurs deux pre- 
miers palais : à peine debout, les édifices s'écroulaient. Ce que 
voyant, un homme sage, du nom d'Abba Colon, leur apprit qu'il 
en serait toujours ainsi tout le temps que leur manquerait l'eau de 
l'Euphrate pour gâcher le mortier. Sur leur demande, Abba Colon 
entreprend le voyage, se déguise en marchand de vin et « va de 
ville en ville, de province en province » jusqu'à ce qu'il arrive à 
destination. 

Mais si notre texte a toutes les apparences d'un conte populaire, 
s'ensuit-il qu'il n'ait été originairement que cela? Certains traits 
s'opposent à une telle conclusion. A la rigueur, on s'explique que 
la mère soit persuadée de l'imminence de la lin tragique de son 
fils, qui est né sous une mauvaise étoile. Mais pourquoi le con- 
teur lui fait-il dire que son enfant lui a été ravi par les vents? 
L'histoire aurait été au moins aussi dramatique s'il avait succombé 
à un mal terrible ou aux coups de ses ennemis. En outre, bien 

1 . Baba Batra, 73 b. 

2. Luc, ii, 8-20. Je ne sais pas si l'analogie a déjà été signalée. 

3. Cantiq. Rabba, sur i, 6, qui complète j. Aboda Zara, 39 c. 



LE RAVISSEMENT DU MESSIE A SA NAISSANCE 121 

étrange est la ligure du père : il n'apparaît pas un instant, comme 
s'il n'existait pas. 

Ce sont cet effacement du père, ce mode mystérieux de dispari- 
tion de l'enfant et, enfin, les plaintes de la mère qui soulèvent un 
coin du voile." Cette femme n'est pas une femme ordinaire, c'est le 
symbole de la Communauté d'Israël. Pour s'en convaincre, il 
suffit de relire les chapitres ix-xi du 4 e Ezra : 

Je regardais, dit le visionnaire, et vis une femme qui pleurait et 
poussait de grands cris; ses vêtements étaient déchirés et sa tète couverte 
de cendres. Je lui demandais pourquoi elle pleurait : « Laisse-moi, 
répondit-elle, pleurer sur moi-même. — Qui es tu ? — J'ai été autrefois 
stérile, toutes les trente années que je suis restée avec mon mari. Mais 
Dieu me donna un fils, de qui je me réjouis beaucoup, ainsi que mon 
mari et tous les gens de la ville. Je nourris mon enfant avec beaucoup 
de peine. Quand il eut grandi, je le mariai et fis un festin. Or, en entrant 
dans la chambre nuptiale, il tomba et mourut. Alors nous éteignîmes 
les lumières et nous mîmes à pleurer. Tous les gens de la ville vinrent 
pour me parler, mais je gardai le silence jusqu'à la nuit du lendemain. 
La nuit venue, je me levai et m'enfuis dans ce désert. J'ai résolu de ne 
plus entrer dans aucune ville, mais de demeurer ici sans manger ni 
boire et de me lamenter jusqu'à ce que je meure. — Oh ! la plus insensée 
des femmes, ne vois-tu pas notre douleur? Alors que nous sommes tous 
affligés, toi, tu pleures sur un seul enfant! Va donc retrouver ton mari. » 
Pendant que je lui parlais, son visage devint tout d'un coup brillant et 
son aspect fut comme celui d'un éclair. En même temps, elle poussa un 
grand cri. Quand je regardai, la femme n'était plus là : il y avait une 
ville construite; je vis l'immense emplacement de sa fondation; j'eus 
peur et poussai un grand cri. Alors une voix me fit savoir : « Cette 
femme, c'est Sion. Sa stérilité de trente années, c'est le monde sans 
Temple pendant trois mille ans. Le jour où mon fils est entré dans la 
chambre nuptiale et est tombé mort, c'est le jour de la ruine de 
Jérusalem '. » 

La ressemblance est frappante; il y a même un air de parenté 
entre les deux fictions. 

L'image, d'ailleurs, est biblique, comme le montrent Hosée, 
ii, 4, 6, 7 ; Isaïe, l, 1 ; Ezéchiel, ch. xxm, etc. 

Mais, si la femme est la Communauté d'Israël, le mot enfant 
peut être pris également dans un sens très large, et la durée éphé- 
mère de sa vie signifierait seulement que son activité, trop courte, 
a été interrompue brusquement. 

1. Cette image saisissante a valu à ce morceau d'être utilisé par la Pesikla Rabbaii, 
comme nous' avons essayé de le montrer, dans cette Revue, t. XXIV, p. 281 s. 



122 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Il n'est donc pas douteux que notre page d'Echa Rabbati est la 
transformation en conte populaire d'un écrit ou d'une tradition 
qui mettait en scène le peuple d'Israël sous les traits d'une mère 
et le Messie sous ceux d'un enfant. Le rapprochement que nous 
venons de faire entre notre morceau et le 4 e Ezra nous incite à 
opter pour une apocalypse. 



Origine du récit juif. 

Reste à savoir si cette apocalypse était sans attache avec l'his- 
toire et faite seulement des thèmes classiques, ou si elle ne repré- 
sentait pas un événement réel. 

On a soutenu 4 qu'il y avait dans l'anecdote palestinienne un 
fonds historique et que ce Messie Menahem serait le Menahem fils 
de Juda le Galiléen qui, devenu chef de la révolution en 66, rentra 
comme un roi à Jérusalem et monta au Temple revêtu d'un cos- 
tume royal au milieu des zélateurs armés. S'il se donna pour un 
roi et en prit les attributs, c'est donc, dit-on, qu'il voulait jouer le 
rôle de Messie. Courte fut sa carrière, car, après s'être caché dans 
l'Ophel, il fut soumis à mille outrages et tortures et finalement 
mis à mort 2 . 

Mais cette solution se heurte à des difficultés sérieuses, dont la 
plus grave est précisément la rencontre dans l'Apocalypse de Jean 
d'un thème analogue. Il est bien évident qu'il n'y a pas de rapport 
de filiation entre ces deux récits ; ce n'est assurément pas celui du 
Talmud qui a été exploité par l'Apocalypse; encore moins ima- 
ginera-t-on la vision de celle-ci se transformant en cette sorte de 
conte naïf et prosaïque qu'on vient de lire. Il est donc plutôt 
vraisemblable que l'un et l'autre dérivent d'une apocalypse anté- 
rieure, et antérieure à l'an 66, puisque l'Apocalypse n'est pas de 
beaucoup postérieure à cette date. 

Inutile de dire que cette proto-apocalypse est inconnue ; autre- 
ment le problème ne se poserait pas. Mais si Ton peut montrer 
qu'un autre texte en suppose l'existence, la conjecture en sera 
fortifiée. C'est ce que nous allons essayer d'établir. 

En étudiant ici même le Livre de Zorobabel' 3 , rédigé avant 650, 

1. Schlatter, Zur Topographie u. Geschichle Palàslinas, p. 121 et s.; Wiinsche, 
Midrasch Ecka r. in deulschen Uebersetzung, p. 167. 

2. Josèphe, Guerre des Juifs, II, 433, 444-445, 448. 

3. Revue, LXVIII, p. 129 et s. 



LE RAVISSEMENT DU MESSIE A SA NAISSANCE 123 

nous nous sommes arrêté devant la figure de la mère du Messie, 
Hefci Bah, dont le rôle déroute toutes les notions consacrées. 
C'est la première et unique fois qu'une femme a sa place dans le 
drame messianique. Elle combat contre deux rois, celui du Yémen 
et celui d'Antioche. C'est elle aussi qui lutte contre Ghirouï, roi de 
Perse. Après la mort du Messie, fils de Joseph, alors que les 
enfants d'Israël se sont réfugiés dans le désert, elle se tient à la 
porte de Jérusalem, où le méchant, l'Antéchrist, ne peut pénétrer. 
C'est le temps d'une détresse extrême pour la nation juive, dont 
beaucoup se laissent séduire par l'imposteur. 

D'où vient ce personnage féminin inattendu? Il a certainement 
des liens de parenté avec la mère du Messie dont parle le Talmud. 
En effet, comme dans ce texte, Hefci Bah est mère de Menahem. 
Si elle s'appelle Hefci Bah, nom de la femme du roi Ezéchias, c'est 
parce que précisément le Menahem enfanté par la mère anonyme 
de notre récit a pour père Ezéchias. Un savant lecteur a fait ici 
une équation : Menahem est le fils d'Ezéchias ; or, Hefci Bah est 
la femme de ce roi; donc la mère du Messie s'appelle Hefci Bah. 
Qu'on n'oppose pas à cette combinaison le fait que Hefci Bah était 
morte depuis longtemps : les visionnaires ne s'embarrassent pas 
de ces anachronismes, confondant à dessein peut-être le passé 
avec l'avenir. 

Mais si la mère du Messie du Livre de Zorobabel se rattache 
ainsi à celle du Talmud, elle n'en est aucunement la réplique. Ici 
c'est une pauvresse, dont toute l'action consiste à se lamenter et à 
maudire son sort; là c'est une guerrière, armée de la verge du 
salut, qui s'attaque aux ennemis d'Israël. Ce n'est sûrement pas la 
première qui a servi de modèle à la seconde. Ce n'est pas non plus 
à l'Apocalypse que la tradition consignée dans le livre de Zoro- 
babel où l'auteur de cet écrit a emprunté les traits de son héroïne. 
L'auteur, lui aussi, connaissait donc un ouvrage représentant 
Israël sous les traits d'une femme mère du Messie, Messie dont 
la carrière fut courte. La donnée de Zorobabel est donc la fusion 
du thème de l'apocalypse prototype et d'un détail du récit tal- 
mudique '. 

Mais, dira-t-on, c'est postuler la persistance pendant plusieurs 

1. Qu'on ne cite pas le Talmud de Babylone, Sanhédrin, 98 />, comme source pos- 
sible de cette équation, car c'est seulement dans les éditions de ce Talmud que se 
lisent les mots Menahem, fih d'Ezéchias, qui sont empruntés à la glose de/Rasclii; 
ils manquent dans le ms. de Munich et dans le Yalkout (voir Dikdouké Soferim, 
ad locum). 



124 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

siècles de traditions ou plutôt décrits qui auraient circulé clan- 
destinement sans parvenir à la publicité. 

Cette conclusion n'aurait rien qui dût effrayer, car précisément 
c'est celle qu'impose l'étude approfondie de la conception messia- 
nique post-talmudique, particulièrement en ce qui a trait à la lutte 
du Messie contre son adversaire. 

Que la doctrine de l'Antéchrist s'étale tout à l'aise dans la pre- 
mière littérature chrétienne, c'est ce qu'atteste suffisamment la 
deuxième Epître aux Thessaloniciens, ch. n. 

Cette doctrine a sans le moindre doute été empruntée au 
Judaïsme '. Or, dans le ïalmud, il n'en est presque pas de traces; 
tout au plus y est-elle sous-entendue dans les passages qui parlent 
de la lutte de Gog et Magog à l'époque messianique, ou dans la 
mort du Messie fils de Joseph, qui périt sous les coups d'un 
ennemi anonyme. 

Or, cette notion de l'Antéchrist reparaît tout d'un coup pour la 
première fois dans le Livre de Zorobabel. Il s'y montre sous des 
traits mythiques rappelant étonnamment la croyance chrétienne. 
Si la figuration de l'Antéchrist y est teintée de certaines nuances 
propres à celle-ci, il n'en est pas moins indubitable que, pour le 
fond, celte notion n'en dérive pas. Il faut donc qu'elle plonge dans 
la couche souterraine d'où elle a émergé dans les cercles du 
christianisme naissant. Il est à présumer que ces croyances étaient 
conservées et entretenues dans certains milieux en marge du 
monde juif où dominaient les rabbins, tout comme ces folies 
mystiques, ces rêveries à la Nostradamus qui exerçaient leurs 
ravages à l'insu de l'immense majorité chrétienne. 

L'existence d'une tradition de celte nature dans la croyance 
messianique est attestée encore quand on compare ce chapitre xn 
de l'Apocalypse à telles données remises tardivement au jour, 
cette fois encore, par le Livre de Zorobabel et qui courent à travers 
toute la littérature messianique 2 . Il s'agit, en l'espèce, de la fuite 
de la mère-Israël dans le désert, où elle est nourrie jusqu'à 
l'échéance fatidique, et de l'attaque du dragon contre le reste de 
sa postérité. Dans l'opuscule juif et la plupart des midraschim qui 

1. Voir sur cette question la savante étude de Bousset, Der Antichrist in der 
Ueberlieferung des Judenlums, des neuen Testaments u. d. al ter Kirche, 1895. 

2. Nislarot de R. S. ben Yohaï, Jellinek, Beth Hamidrasch, III, p. 80; Pirkè 
Maschiah, ib., III, p. 71 ; P. R. Yoschiyahou, ib., VI, p. 115 ; Tefilla de R. S. ben 

Yohaï, ib., IV, p. 125; Otiot Hamaschiah (très tardif), ib., II, p. 60. 






LE RAVISSEMENT DU MESSIE A SA NAISSANCE 125 

s'inspirent de la môme tradition, le Messie fils de Joseph, après 
une restauration brillante de la puissance d'Israël, subit l'assaut 
d'Armilus, l'Antéchrist-Rome ; il est mis à mort et les Israélites 
s'enfuient dans le désert. Mais tous n'ont pas quitté Jérusalem, et 
c'est contre eux que l'imposteur dirige ses coups. 

Sans doute, la logique voulait qu'une partie d'Israël échappât au 
désastre, sinon l'espérance messianique n'aurait plus eu d'objet ; 
sans doute encore, il est naturel que ce reste cherche un abri dans 
le désert, où se rendaient toujours les fugitifs de Judée, mais l'obs- 
tination des derniers combattants à demeurer dans la capitale ne 
s'imposait pas, ni n'aurait nécessairement été imaginée par un 
conteur tardif. Il y a donc un lien entre cette partie du drame de 
l'Apocalypse et la tradition recueillie par l'auteur du Livre de 
Zorobabel. Cette dépendance est corroborée par les chiffres qui 
figurent dans les deux écrits ; ce n'est pas fortuitement, en effet, 
que les deux récits s'appuient, pour la durée du séjour dans le 
désert, sur les chiffres de Daniel —où il n'est pas parlé de désert — 
/ .260 dansl'Apocalypse d'après Daniel, xn, M , 45, dans Zorobabel, 
d'après Daniel, xn, 12. 

De l'existence de cette tradition la Pesikta de Rab Calma, 49 b K , 
a conservé un témoignage antérieur de trois siècles à la rédaction 
de notre opuscule. Rabbi Béréchia dit au nom de Rabbi Lévi : 
« Tel le premier libérateur, tel le dernier. De même que le premier 
s'est révélé, puis caché, ainsi le dernier se montrera, puis se 
cachera. — Combien de temps? — Rabbi Tanhouma. . . dit : « qua- 
rante-cinq jours, d'après Daniel, xn, 11-12. Les 45 jours indiqués 
dans ces versets sont la durée du temps où, après s'être montré, 
il restera caché ». Où les mènera-t-il ? (les saints). — D'aucuns 
disent : dans le désert de Juda ; d'autres, dans le désert de Sihon 
et Og (d'après Hosée, v, 16). Celui qui aura foi en lui mangera 
des lentisques salés et des racines de genêts (Job, xxx, 4) ; les 
autres iront chez les gentils, qui les mettront à mort. Rabbi b. 
Marion dit : « Au bout de 45 jours, Dieu se manifestera à eux 
et fera descendre pour eux la manne. » 

Ce texte est d'autant plus instructif qu'il montre la tradition, 
malgré les altérations qu'elle a subies, fidèle encore au thème 
primitif. De celui-ci subsistent l'idée de la retraite dans le désert, où 
les Juifs fidèles sont nourris des maigres plantes qui y poussent, et 
la durée de cette résidence déterminée par les chiffres de Daniel. 

1. Cf. Cantiq. Rabba, sur il, 9 ; Rut k Rabba, sur n, 14; Nombres Rabba, il. 



126 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Le Messie est caché également, mais il ne semble pas que ce soit à 
cause de sa mort; bien mieux, c'est lui qui conduit les survivants 
de la catastrophe dans ces parages désertiques où ils attendent son 
avènement définitif. 

Il resterait à rechercher l'origine de l'idée du ravissement du 
Messie-enfant, à voir, par exemple, si elle n'est pas de la môme 
famille que celle du Messie fils de Joseph, si elle se confond avec 
celle d'un Messie caché dont s'occupe la tradition juive et dans 
quels rapports elle est avec la croyance ancienne en la préexis- 
tence du libérateur d'Israël. Ce sera l'objet d'une autre étude. 
Pour l'instant, il nous suffit d'avoir tenté de montrer que le récit 
palestinien du ravissement de Menahem est la déformation 
populaire d'un fragment d'apocalypse mettant en scène la Commu- 
nauté d'Israël sous les traits d'une mère, que cet écrit ou tradition 
est à la base du chapitre xn de l'Apocalypse de Jean et du Livre de 
Zorobabel, et que la destinée de cette croyance, écrite ou non, 
analogue à celle de l'Antéchrist, atteste l'existence d'une théologie 
populaire se perpétuant à travers les siècles avant de se fixer 

dans la littérature. 

Israël Lévi. 

P. 5. — Raymond Martini (Pugio fidei, 350) cite comme provenant du 
Bereschit Rabba (Ber. Babbati, p. 84) une autre version de l'histoire du 
Talmud de Jérusalem. C'est une adaptation très libre d'un pseudo- 
savant. L'Arabe y est remplacé parÉlie. L'enfant Messie est étendu devant 
la mère couvert de sang. Quand, cinq ans après, Élie revient, la mère lui 
dit : Il a des pieds et ne marche pas, des yeux et ne voit pas, des oreilles 
et n'entend pas, une bouche et ne parle pas. Il gît comme une pierre. Là- 
dessus des quatre points du monde vient un vent qui l'emporte vers la 
grande mer. Élie entend alors une voix céleste qui lui dit : Pendant quatre 
cents ans il séjournera dans la grande mer, pendant quatre-vingts ans 
dans le lieu fumeux où séjourne la bande de Goré, pendant quatre-vingts 
ans à la porte de Rome, et ensuite il circulera dans les grandes cités jus- 
qu'au temps de sa fin. On le voit, c'est un salmigondis de thèmes divers, 
œuvre certainement d'une époque tardive, qui ne doit pas entrer en ligne 
de compte dans l'étude que nous avons esquissée. Le P. Lagrange a eu 
tort de prendre au sérieux ce document d'une authenticité très douteuse 
(Le Messianisme, p. 221-222). 

— Le fleuve lancé par le serpent pour engloutir la femme (Apoc, xn, 
15), qu'on interprète, non sans peine, comme un mythe, rappelle singu- 
lièrement celui que déchaîne Satan pour empêcher Abraham d'accomplir 
le sacrifice d'Isaac [Tanhoutna, Vayèra, 22 ; Midrasch Vayoscha, Belh 
Hamidrasch, I, 36). C'est probablement aussi du folk-lore. Aussi bien ce 
stratagème du Malin est-il très répandu dans la littérature populaire» 



LES JUIFS DES LANDES 

SOUS LE PREMIER EMPIRE 



La population juive qui vivait dans les Landes pendant la 
première moitié du xix e siècle, était établie, dès le xvi e , sur la rive 
droite de l'Adour, en face de Bayonne, au faubourg de Saint-Esprit, 
diocèse de Dax. 

Sous l'Ancien Régime, le Chapitre de la Collégiale fondée par 
Louis XI, en 1463, y nommait le magistrat de police qui relevait de 
la sénéchaussée landaise de Tartas 1 . Lors des élections de 1789, 
les députés de la « nation juive » avaient été admis à rassemblée 
primaire de la même sénéchaussée 2 . La Constituante fit de Saint- 
Esprit une commune du département des Landes. Les intérêts de 
la communauté furent confiés au maire et au préfet pour plus d'un 
demi-siècle. Le dossier qui la concerne aux Archives de Mont-de- 
Marsan est assez volumineux. La pièce la plus intéressante est un 
mémoire de vingt pages, rédigé pour répondre à des questions 
précises posées par le Ministre de l'Intérieur, le 13 juin 1812, et 
signé : Jean-Augustin Lassarrade, maire 3 . D'autres documents, 
lettres, rapports, états administratifs, font connaître les destinées 
de la colonie juive jusqu'en 1857. A cette date, Saint-Esprit fut 
réuni au département des Basses-Pyrénées; la petite ville qui se 
vantait, en 1812, d'avoir « toujours été indépendante », fut ratta- 
chée à Bayonne, sans avoir cessé de lui être liée par les intérêts 
économiques, comme par le système défensif de Vauban. 

1. Bxpilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de 
la France, Paris, 1762, fol., t. I, p. 491. 

2. Pli. Sagnac, Les Juifs et la Révolution française, dans la Revue d'Histoire 
moderne et contemporaine, t. 1 (1899-1900), pp. 9 et 213; M. Liber, Les Juifs et la 
Convocation des Etats Généraux, dans la Revue des Etudes juives, t. LXIV 
(1912), p. 284-261. 

3. Archives départementales des Landes, V 6 (Cultes non catholiques). — Sur 
l'honorabilité du maire et la considération dont il est digne, cf. ibidem, K., Registre 
de correspondance ministérielle du Préfet, 20 novembre 1812* 



128 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Les Juifs de Saint-Esprit, comme leurs coreligionnaires de Bor- 
deaux, étaient des « marranes », ou « nouveaux chrétiens » portu- 
gais, d'abord exilés d'Espagne, puis proscrits en 1496 par le roi 
Emmanuel ou contraints à recevoir le baptême. Après sa mort, et 
surtout après la conquête du Portugal par Philippe II, en 1580, 
ceux qui s'étaient remis à pratiquer secrètement le culte hébraïque, 
persécutés par l'Inquisition, avaient émigré par milliers, en Turquie 
ou en Italie, en Hollande, en France, — où ils retrouvaient leurs 
frères espagnols chassés par Ferdinand d'Aragon et Isabelle de 
Caslille, — et avaient repris les rites de leurs ancêtres *. 

L'administration impériale précise mal les circonstances dans 
lesquelles, suivant la tradition, les fugitifs vinrent chercher asile 
au delà des Pyrénées et s'établir « misérables », aux environs de 
Bayonne, à Peyrehorade, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, au Vieux- 
Boucau, à Saint-Esprit, où ils étaient tolérés en 1550. 

En l'absence de registres tenus régulièrement et exacts, les 
archives de la communauté juive ayant été dispersées au début de 
la Révolution, il est déjà impossible, sous l'Empire, de déterminer 
la progression de cette population. Le maire de Saint-Esprit croit 
pouvoir évaluer à 1.100 le nombre des membres de la colonie au 
xvi e siècle. Ce chiffre convient également à la date de 1728 -. Celui 
de 3.500 donné par Expilly, en 1762, dépasse la réalité. En 1812, il 
est certain que le nombre des Juifs est de 1.170. A leur « indus- 
trie », aux fortunes qu'ils ont acquises, il faut attribuer l'embellis- 
sement de cette ville, autrefois composée « d'une vingtaine de 
baraques », maintenant ornée de « beaux édifices », et l'accroisse- 
ment de sa population, qui est de 5.821 habitants. 

Dans l'ensemble du département des Landes, ils ne sont pas 
tout à fait 2.000 3 . Quelques familles vivent à Peyrehorade, à 

1 . Sur les origines, cf. Théodore Reinach, Histoire des Israélites depuis la raine de 
leur indépendance nationale jusqu'à nos jours. Paris, Hachette, 8 e éd.; Georges 
Cirot, Les Juifs de Bordeaux, leur situation morale et sociale de 1550 à la 
Révolution. Bordeaux, Féret, 1920 ; Henry Léon, Histoire des Juifs de Bayonne. 
Paris, Durlacher, 1893. 

2. Document des Archives de Pau, cité par H. Léon, p. 49. 

3. 1.198 en 1808. Arch. départ. Landes, V 6 (État envoyé le 27 mai 1808 par le Préfet). 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 129 

cinq lieues de Bayonne; deux sont fixées à Saint-Martin-de-Seignaux 
et une à Mont-de-Marsan *. 

Il n'existe pas, dans tout le Sud-Ouest, d'établissement plus 
nombreux, ni plus homogène, si l'on excepte la colonie de Bor- 
deaux, pour la plus grande part portugaise, qui comptait plus de 
^2.000 ,àmes dès 1789 2 . En 1807, les descendants des anciens 
réfugiés ne sont pas encore plus d'une soixantaine susceptibles 
d'être imposés à Bayonne et dans les Basses-Pyrénées 3 . L'année 
suivante, 107 personnes composent le groupe de Toulouse, forte- 
ment mêlé d'Alsaciens et d'Allemands 4 . A Saint-Esprit, quelques 
Juifs avignonnais et quelques Montpelliérains se sont établis ; 
une distinction marquée subsiste, « au point de vue de la considé- 
ration », entre eux et les premiers arrivants. Au moment des 
guerres d'Espagne, les mouvements d'armées, « l'illusion d'une 
fortune brillante dans la péninsule », ont fait déborder dans ces 
parages « une infinité » de Juifs allemands ; mais la police impé- 
riale les a éloignés et très peu d'entre eux se sont fixés, en 1812. 



II 



La nation portugaise bénéficiait, avant la Révolution, des privi- 
lèges énumérés dans les lettres patentes de Henri II, en août 1550, 
et confirmés successivement en 1575, 1656, 1723, 1776 : résider 
dans le royaume, y posséder des biens meubles et immeubles, y 
commercer librement 5 . 

Trois syndics, un trésorier, dix notables et adjoints adminis- 
traient la communauté particulière de Saint-Esprit, complètement 
indépendante de celle de Bordeaux, et répartissaient les imposi- 
tions, dont la quote-part était double de celle des catholiques 6 . 

1. Sept personnes contribuent aux dépenses du culte israélite à Peyrehorade en 
1810. — Ibid., État de répartition individuelle du contingent du département des 
Landes. 

2. Pli. Sagnac, Les Juifs et Napoléon, Revue d'Histoire moderne et contempo- 
raine, t. II (1900-1901), p. 483. 

3. Arch. départ. Landes, V 6 . Lettre adressée au Préfet par les délégués à l'Assem- 
blée générale des Juifs, 1 er mars 1807. Total en 1808 : 127 personnes. 

4. Arch. départ. Haute-Garonne, V. 2 e section, 6.3 (Culte israélite), et J. Gros, Les 
Juifs de Toulouse pendant la Révolution et V Empire, Revue des Pyrénées, 
t. XVIII (1906), p. 250. 

5. Isambert, Recueil général des anciennes lois françaises, t. XXIV, p. 44, n° 483. 

6. Arch. départ. Landes, V 9 , Mémoire cité (1812). 

T. LXX1V, n° 148. 9 



130 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

En fait, la tranquillité des Juifs était assez fréquemment troublée. 
Le corps municipal de Bayonne disputait la seigneurie du faubourg 
au chapitre collégial, plus tolérant et directement intéressé à voir 
vivre et prospérer la colonie portugaise. Les négociants qui com- 
posaient en grande partie le conseil de ville redoutaient au con- 
traire la concurrence des marchands israélites et prétendaient leur 
enlever le commerce de détail 1 . Ceux-ci ne rencontraient, de 
l'autre côté de l'Adour, que « réprobation suscitée par la jalousie 
et la dilïerence d'opinion ». Défense avait été faite, en 1602, aux 
Bayonnais de les recevoir, et aux Portugais d'habiter Bayonne. 
Obligés de se retirer au coucher du soleil, ne rentrant en ville que 
fort tard le lendemain, ils n'y pouvaient acquérir de maisons 2 . Au 
bourg même, et dans la paroisse, leurs biens-fonds ne représen- 
taient, vers le milieu du xvm e siècle, qu'une faible valeur 3 . Les 
tracasseries, les amendes, les procès, « les humiliations et fatigues 
incalculables qu'il leur a coûté pour se maintenir », écrit le maire 
de Saint-Esprit, même « des insultes et voies de fait de la popu- 
lace », ont influé sur leur caractère et leurs sentiments. Cet 
« avilissement » les a extraordinairement intimidés. 

La Révolution, après les essais de tolérance et d'organisation du 
règne de Louis XVI, leur a donné la sécurité, la plénitude du droit 
d'acquérir; elle les a admis à la condition de citoyens actifs, par le 
décret du 28 janvier 1790. Ils sont devenus propriétaires fonciers, 
à Saint-Esprit, à partir des dernières années du xvni e siècle sur- 
tout, puis à Bayonne. Une amélioration sensible s'est produite 
dans leur manière de vivre et leur sociabilité. Sous l'Empire, ils se 
soumettent en général volontiers aux ordres de l'autorité; ils 
paraissent aimer le souverain. Ils peuvent compter au nombre des 
bons citoyens. Avec un peu de bienveillance et du temps, l'assimi- 
lation sera complète « avec ces anciens Français, dont ils cultivent 
déjà l'esprit et les mœurs * ». 

Pourtant, de 1806 à 1807, le préfet Duplantier doit régler cer- 
taines difficultés avec la colonie juive, à l'époque même où l'Assem- 
blée générale, convoquée par Napoléon, travaille à donner aux 
Israélites de l'Empire français et du royaume d'Italie une organi- 
sation définitive. 

Le département des Landes est représenté par trois députés : un 

1 . Sagnac, Les Juifs et la Révolution française, loc. cit., p. 7. 

2. Arch. départ. Landes, Mémoire cité (Lettres patentes de Henri IV, janvier 1602). 

3. H. Léon, op. cit., pp. 58 et 80. 

4i Arch. départ. Landes, V 6 , Mémoire cité» 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 131 

rabbin, Abraham Aiulrade, et deux laïques, Castro fils et Patto 
jeune, de Saint-Esprit. 

Au côté du président de l'Assemblée, Abraham Furtado, Juif 
portugais de Bordeaux, Andrade, « investi de la confiance entière 
de ses frères », membre, successivement, de la Commission des 
Neuf, chargée de préparer la réunion du Grand-Sanhédrin, et du 
Grand-Sanhédrin lui-môme, collabore activement à l'œuvre de la 
« régénération d'Israël ». « Inviolablement attaché à la loi de 
Moïse, il ne laissera pas, dit-il, dans une de ses lettres au préfet, 
de pratiquer plus dune vertu évangélique. » Portugais, il s'inquiète, 
à la veille du Sanhédrin, de voir « abonder » les rabbins alle- 
mands... « Les Italiens, en général polis et instruits, en ont aussi 
fourni un grand nombre... Parmi les députés de la ville d'Amster- 
dam, siègent d'autres allemands encore, « tandis que les Juifs 
portugais de la Hollande ne disent mot ' ». Le projet d'organisation 
du culte judaïque, rédigé par la Commission des Neuf, « règlement 
que plusieurs regardent comme la boîte de Pandore », est libre- 
ment critiqué 2 . 

Le langage du rabbin ne manque pas d'amertume lorsqu'il traite 
l'épineuse question des indemnités, qui se pose, pour les députés 
des Landes, comme pour leurs collègues d'autres départements 3 . 

Les décisions de l'Assemblée et les instructions ministérielles 
ont mis à la charge de leurs coreligionnaires leurs frais de dépla- 
cement et de séjour. Une commission spéciale répartit la contribu - 
tion entre les Israélites de Saint-Esprit, sous la présidence du 
riche Benjamin-Louis Nounès, qui n'a pu affronter lui-même, à 
80 ans, les cent-une postes du voyage de Paris 4 . Malgré les efforts 
des commissaires, les sommes rentrent mal. Les retardataires se 
plaignent d'être injustement taxés. La prolongation des séances 
rend le fardeau plus lourd et le total des rôles atteindra près de 
15.000 francs. L' « apathie », « la mauvaise volonté », ou les ressen- 
timents personnels ne suffisent pas à expliquer des réclamations 
réitérées et parfois véhémentes : « Les contribuables sont sur- 
chargés d'impositions, les circonstances actuelles ayant réellement 
paralysé leur industrie et leur commerce 5 . » 

Un délégué est rappelé; mais Andrade, rabbin sans fortune, et 

1. Arch. départ. Landes, V 6 , le rabbin Andrade au Préfet, 28 octobre 1806. 
■2. Ibid., 26 février 1807. 

3. Sagnac, Les Juifs et Napoléon, loc. cit., p. 610. 

4. Arcb. départ. Landes, V 6 , Andrade au Préfet (28 octobre 1806). 

I. Ibid., Pétition des membres du Bureau de bienfaisance israélite (19 mars 1807), 



132 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Castro, sont, depuis trois mois, en mars 1807, dans un dénuement 
absolu. Les députés de la Gironde sont exactement payés d'avance ; 
ceux des Landes, privés même de réponses à leurs lettres, sont 
sacrifiés au bien général 1 ». 

Le préfet, d'accord avec le maire, s'efforce de leur faire rendre 
justice en ménageant le plus possible les intérêts de la commu- 
nauté. Les uns et les autres reconnaissent sa bonne volonté et sa 
bienveillance. 11 multiplie les appels au désintéressement et à la 
patience. Enfin, pour vaincre « l'obstination des retardataires », il 
menace de les signaler nominativement à l'Assemblée et ordonne 
les poursuites du percepteur 2 . 

Lorsque les députés ont reçu leur dû et que la cessation de 
leurs travaux les a rendus à leurs familles, après dix mois, l'admi- 
nistration départementale n'a plus qu'à se louer des Juifs de Saint- 
Esprit. La législation impériale leur a été favorable : le décret du 
17 mars 1808 les excepte formellement, comme leurs frères de 
Bordeaux, de toute restriction à la plénitude de leurs droits de 
citoyens 3 . Ils participent à l'administration municipale. Déjà, 
pendant la Révolution, ils ont joué à la Mairie, au Comité de Sur- 
veillance, à la Société populaire, un rôle actif et des plus intéres- 
sants 4 . Depuis, il y a toujours eu quelque israélite appelé aux 
fonctions publiques : un juge de paix, des officiers municipaux. 
Patto aîné, Patto jeune, Jacob Carvaillo occupent tour à tour, de 
1808 à 1812, la place de second adjoint, sans que personne ait pu 
s'en plaindre s . 

L'assimilation ne paraîtra pas complète à Napoléon et à ses 
fonctionnaires tant que les Juifs garderont quelque répugnance à 
servir dans les armées. Le maire de Saint-Esprit s'en explique 
auprès du ministre : « ...ils font même des sacrifices pour ne pas 
servir sous les drapeaux; on en voit très peu se livrer à la carrière 
des armes et ambitionner la gloire qui en résulte pour la nation... ». 
Mais il ajoute que huit conscrits, dont quatre engagés volontaires, 
sont au service actif en 1812. Huit autres, enrôlés au commence- 
ment de la Révolution et, par la suite, se sont retirés honorable- 
ment, quatre d'entre eux touchant la solde de retraite. Aucun n'est 
officier, ni décoré de la Légion d'Honneur, au moins dans les 

i. Arch. départ. Landes, V 6 , les délégués au Préfet (1 er mars 1807). 

2. Ibid., le Préfet au Maire de Saint-Esprit (7 mars 1807). 

3. Bulletin des Lois, 4 e série, t. VIII, p. 203. 

4. H. Léon, op. cit., p. 161 et sq. 

5. Arch. dép. Landes, V 6 : Mémoire cité, et M* : États du personnel administratif. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 133 

Landes. Alexandre Marqfoy, élève de Saint-Cyr, lieutenant, puis 
capitaine aux armées d'Allemagne et d'Espagne, blessé onze fois, 
félicité par l'Empereur, est un Bayonnais 1 . 



III 



La vie économique des nouveaux citoyens n'a pas été aussi pro- 
fondément transformée que leur vie civile et politique. 

Un accès de plus en plus large à la propriété leur a été permis ; 
les acquisitions, qui doivent être pour les pins aisés la base solide 
de la fortune, consistent en maisons à la ville et en domaines à la 
campagne, terres ou métairies, qu'ils ne font pas valoir eux-mêmes. 
Parmi les Juifs établis à Saint-Esprit, un petit nombre habite la 
section rurale de Saint-Etienne; aucun ne se livre à l'agriculture 2 . 

Ils ne s'adonnent pas non plus à l'industrie, dans le sens actuel 
du mot. Il n'y a pas de manufactures dans les Landes 3 . Les arti- 
sans étaient, au xvm e siècle, des chrétiens du pays, exclus du droit 
de maîtrise en ville, mais autorisés à travailler dans des boutiques 
du faubourg. La situation n'a pas changé sous l'Empire, sauf un 
très petit nombre d'exceptions 4 . 

Le commerce reste le gagne-pain ou l'occupation essentielle de 
cette colonie de travailleurs tenaces, qui font vivre de grandes 
familles. 

Leur établissement aux portes de Bayonne, où ils ont désor- 
mais libre accès, où quelques-uns d'entre eux, les Marqfoy, les 
Furtado, ont transporté le centre de leurs affaires, doit les servir 
mieux que jamais. La concurrence subsiste ; mais il n'est plus 
question pour eux de l'hostilité des corps de métiers et corporations 
marchandes, soutenue par le Conseil de Ville. Débouché des 
Landes, entrepôt de transit sur l'Adour maritime, à proximité des 
Pyrénées et de l'Espagne, Bayonne leur offre ses abondantes 
possibilités d'activité et de richesse. Un décret du 1°2 juillet 1808 

1. H. Léon, op. cit., p. 420. 

2. Arch. dép. Landes, V s , Mémoire cité. 

3. lbid., K : Registre de correspondance ministérielle ; Bureau de Police, 1 er juin- 
7 novembre 1811. Les quatre fabriques de bouchons de liège de Bayonne, Saint-Esprit 
et Tarnos occupent ensemble douze ouvriers. 

4. Expiliy, op. cit., p. 491. — H. Léon, op. cit., p. 256, cite, d'après un rapport 
officiel de 1809 sur les Juifs de Bayonne et Saint-Esprit : un tailleur, deux menuisiers, 
deux cordonniers, et les Posso, fabricants de tabac. 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

décide la construction, à l'extrémité même de la grande place de 
Saint-Esprit, d'un port « en forme de cale », avec deux terrasses 
élevées jusqu'au plus haut niveau des marées. Le port des Landes 
sera distinct du port des Basses-Pyrénées ; mais les deux places son t 
en relations étroites, leurs intérêts sont presque communs, leur 
prospérité est liée au perfectionnement de la navigation du fleuve. 

La majeure partie des navires destinés à l'étranger chargent à 
Saint-Esprit, où « des magasins considérables ont été établis », 
les vins et eaux-de-vie du Bas- Armagnac, transportés par la route 
jusqu'à Mont-de-Marsan, puis par la Midouze et l'Adour, et les 
produits résineux des forêts landaises. Les grains de la Chalosse 
sont exportés vers l'Espagne, lorsqu'ils sont surabondants 4 . A 
l'Est, la navigation remonte le Gave et atteint Peyrehorade, où 
quelques familles de commerçants juifs sont fixées de longue date, 
dans un centre local, avantageusement placé, proche du confluent 
avec l'Adour : les travaux de restauration d'un port marchand, 
décidés en 1808, sont restés en projet jusqu'à la Restauration 2 . 

La guerre contrarie les efforts tentés par le gouvernement 
impérial pour favoriser la vie économique dans le bassin du Bas- 
Adour. Sans doute, Saint-Esprit surveille, par sa citadelle, le 
passage des troupes et des convois vers l'Espagne : l'afflux de 
population, le ravitaillement des armées peuvent faciliter certains 
échanges. En général, lesopérations du commerce sont restreintes. 
Le blocus aggrave cette stagnation qui durera jusqu'à la fin de 
l'Empire. Les Juifs ont été les premiers à en souffrir. Le trafic des 
denrées coloniales leur est désormais interdit. Une surveillance et 
une répression rigoureuses s'exercent pour empêcher la contre- 
bande de se glisser, le long de la frontière des Basses-Pyrénées, 
depuis le Gave jusqu'à l'Adour, à travers le département des 
Landes. Le moindre fait, même isolé, comme la découverte d'un 
portefeuille au nom d'Abraham Alvarez Pignero, de Peyrehorade, 
abandonné par des contrebandiers, est signalé par un rapport 
officiel 3 . L'établissement du monopole des tabacs au profit de 
l'Etat napoléonien ruine la famille des Posso \ 

Dans ces circonstances difficiles, la vie commerciale garde, à 



1. Arch. départ. Landes, K : Registre de Correspondance ministérielle; le préfet au 
ministre des Manufactures et du Commerce (8 mai 1812). 

2. Ibid., Bureau des Travaux; le préfet au ministre des Finances (27 janvier 1816). 

3. Arch. départ. Landes, Registre de Correspondance ministérielle, Bureau de police 
(16 septembre 1811). 

4. H. Léon, op. cit., p. 424. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 135 

Saint-Esprit, sa physionomie traditionnelle, mais aussi « l'esprit 
du mouvement ». La majeure partie des Juifs travaille à la vente 
d'objets de quincaillerie, « au jour la journée ». Les petites gens 
sont emballeurs, facteurs, colporteurs, frangiers-galonniers. D'au- 
tres tiennent des magasins de mercerie, « toileries d'Allemagne, 
du Brabant, de Flandre, de Bretagne, toiles imprimées et coton- 
neries, draperies, soieries 1 ». Quelques-uns sont riches. La 
maison de tissus de Josué Léon fait encore journellement de bril- 
lantes affaires en 1807 2 . 

Beaucoup sont courtiers de père en fils, — comme les Silva sont 
apothicaires, — et se sont enrichis. L'un d'eux a laissé des pro- 
priétés « considérables » à ses enfants. 

Une maison juive tient dans la banque « un rang distingué ». 
Son chef, Benjamin Louis Nounès, décédé en 1811, a acquis une 
grande fortune en travaillant avec succès au commerce des mon- 
naies et à l'échange des piastres d'argent avec la péninsule. La 
guerre a restreint ces opérations. 

Les relations d'intérêts, les relations maritimes surtout, sont 
devenues difficiles avec les pays étrangers. Le port reçoit des 
bâtiments qui viennent d'Angleterre avec des licences, ou de 
Bilbao et de Santander, pendant les campagnes d'Espagne. Deux 
ans de suite, Benjamin Henriquès, commis négociant, « ayant 
satisfait aux lois de la conscription », reçoit un passeport pour 
aller traiter d'affaires aux Etats-Unis d'Amérique 3 . En 1810, les 
maisons Patto aîné et Patto frères s'intéressent, comme bailleurs 
de fonds, à des armements en course dont Henri Castro Chacon 
fils est l'armateur ''. 

L'activité juive, soutenue par le « goût du trafic », a puissam- 
ment aidé le groupe de Bayonne-Saint-Esprit à conserver son 
importance économique. Elle a maintenu, consolidé les fortunes 
acquises. Quelques « rentiers » paraissent sur les états officiels, 
llaïm et Jacob de Benjamin Louis Nounès, Josué Léon, Samuel de 
Jacob Louis Nounès, Patto junior, Patto jeune, Daniel Patto, 
Benjamin Patto, Isaac Gomès, pour ne citer que les principales 
familles, sont parvenus à la richesse au début du xix° siècle. 



1. Arch. dép. Landes, V G : Mémoire cité. 

2. Ibid., Rapport do la Commission spéciale du Bureau de Bienfaisance de Saint- 
Riprit (17 mars 1807). 

3. Ibid.. K. Registre de Correspondance ministérielle, Bureau de police (4 avril 
1812-20 septembre 1813). 

4. H. Léon, op, cit., p. 411. 



136 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



IV 



Il ne faut pas chercher dans les documents administratifs, sur 
les habitudes religieuses, intellectuelles et morales des Israélites, 
des détails analogues à ceux qui font l'attrait du livre d'Henry 
Léon. Cependant, le préfet des Landes et le maire de Saint-Esprit 
ont participé à la mise en pratique des règlements d'organisation 
élaborés pour le culte hébraïque en 1808. Il n'est pas indifférent de 
savoir comment leur tutelle s'est exercée, comment, du dehors, ils 
ont connu et jugé des mœurs dont l'originalité profonde ne leur a 
pas échappé. 

Conformément aux dispositions générales du décret du 17 mars, 
une synagogue particulière, dépendante du consistoire départe- 
mental de Bordeaux, a été établie à Saint-Esprit. Son rabbin, 
Abraham Andrade, est élu, Tannée suivante, grand rabbin à 
Bordeaux et agréé par le gouvernement, non sans que le préfet 
ait été appelé adonner les renseignements les plus favorables *. 
Jacob Athias lui succède. 

Les inconvénients de cette subordination seront signalés plus 
tard, lorsqu'il s'agira de doter le groupe religieux des Landes et 
Basses-Pyrénées d'une synagogue consistoriale : « nécessité, pour 
obéir à l'ordonnance royale du 25 mai 1844, de solliciter l'autorisa- 
tion préalable du consistoire départemental lorsque des mariages 
à domicile sont nécessaires ; obligation de rendre compte des 
aumônes, môme secrètes, distribuées dans la localité ; gêne 
apportée à l'exercice du droit d'élection des notables par l'éloigne- 
ment et la dépense 2 ». 

Au cours du Premier Empire, les membres du consistoire de 
Bordeaux, Abraham Andrade, David Gradis, Lopès-Dubec père et 
le fils de Rodrigues aîné, ont exercé leur rôle d'administrateurs 
religieux du département des Landes; ils sont entrés en collabo- 
ration active avec le préfet. Un commissaire surveillant les repré- 
sente au siège de la synagogue particulière. Celui-ci, Patto jeune, 
adjoint au maire, assume à la fois la responsabilité de la police 

1. Arch. dép. Landes, V 6 : Lettre du ministre de l'Intérieur, 6 avril 1809 ; décret de 
nomination du 13 avril 1809. 

2. Ibid., Procès-verbal de la séance du Conseil municipal de Saint-Esprit, 17 sep- 
tembre 18i5. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 137 

extérieure et la surveillance de Tordre intérieur des temples, de 
leur entretien, de la perception des sommes consacrées au culte. 
Apres sa mort, « l'indiscipline *> s'introduit dans les synagogues. 
Le préfet intervient personnellement, en 1811, auprès de Jacob 
Carvaillo, devenu adjoint au maire à son tour, et le décide à 
accepter la charge de commissaire surveillant '. 

Une des attributions essentielles du consistoire est d'empôcher 
qu'il se forme aucune assemblée de prières sans autorisation. 

Vers 1780, « la presque généralité » des Israélites de Saint- 
Esprit, où il y avait un certain nombre de synagogues, avait 
obtenu de l'intendant d'Auch des ordres pour qu'elles fussent 
supprimées, sauf deux; depuis, des réunions cultuelles s'étaient 
tenues sans avoir été autorisées; ces assemblées avaient subsisté. 
Cependant, « la multiplicité des lieux de prières, dans une petite 
ville, nuit infiniment à l'exercice du culte. Les personnes d'une 
même religion se trouvant disséminées dans plusieurs synagogues, 
il en résulte nécessairement que les prières n'ont rien d'imposant et 
font peu d'impression sur les esprits... Cet inconvénient n'est pas 
le seul. Les indigents étant éloignés des riches, la bienfaisance est 
moins active que lorsqu'ils se trouvent réunis 2 ». 

Une décision du consistoire, du 3 avril 1811, un arrêté préfec- 
toral du 1 1 octobre, provoquent la suppression des trois synagogues 
dites « du Fort, de Léon et de Jean d'Amou, où se réunissent 
quelques familles juives ». La porte principale et toutes les issues 
en sont fermées en présence du propriétaire, de l'administrateur 
et du commissaire surveillant J. Carvaillo, « accompagné d'un 
de ses gardes soldés » 3 . Les synagogues dites « Hebera », qui 
rassemble la majorité des Israélites de Saint-Esprit et de Bayonne, 
et « ïobie », sont maintenues et administrées par trois syndics 4 . 
Provisoirement, en 1812, une assemblée de prières, d'abord suppri- 
mée, est autorisée dans la maison de Jean d'Amou, section rurale 
de Saint-Etienne, dans l'intérêt de quelques vieillards infirmes (le 
propriétaire, Jacob Sèches, et un de ses voisins, aveugle, père 
d'une nombreuse famille). Un arrêté de 1837 l'interdira définitive- 



1. Arch. dép. Landes, V 6 , Lettre du Consistoire israélite de Bordeaux au préfet des 
Landes, 21 octobre 1811 ; lettre du préfet à Jacob Carvaillo, 12 décembre 1811. 

2. lbid. f Lettre du Consistoire israélite de la circonscription de la Gironde au préfet 
des Landes, 3 avril 1811. 

3. Ibid., Arrêté du préfet, 11 octobre 1811 ; procès-verbaux du 30 octobre. 

4. Les trois syndics de chaque synagogue ont été nommés par le Consistoire (Lettre 
de Jacob Carvaillo, 22 décembre 1811, ibidem). 



138 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ment, afin que personne ne puisse se soustraire aux charges com- 
munes du temple *. 

Sous l'Empire, les dépenses du culte comprennent, en outre, le 
traitement des rabbins. Elles sont supportées par les membres de 
la communauté dans la mesure de leurs moyens. Le préfet rend les 
rôles de répartition exécutoires. Il peut employer la contrainte 
comme pour les contributions directes 2 . Le contingent du dépar- 
tement des Landes dans les dépenses générales de la circonscription 
du consistoire atteint 3. 960 francs en 1810, 3.590 francs en 1813. 
Benjamin-Louis Nounès fournit à lui seul plus de 1.000 francs en 
1811 (sur 5.317 francs) Il ne paraît pas que cette taxation ait 
rencontré de difficultés. 

L'exercice du culte n'en a pas rencontré non plus. 

Au xvnr siècle, le faubourg Saint-Esprit dépendait de la paroisse 
Saint-Etienne et comptait plusieurs établissements ecclésiastiques : 
l'église collégiale, avec son chapitre, une commanderie de l'ordre 
de Malte, un couvent d'Ursulines, une abbaye de filles de l'ordre 
de Gîteaux 3 . Le clergé avait tenté d'exiger des contributions 
illicites ou d'obliger les dissidents à illuminer au passage des pro- 
cessions. 

Après la Révolution, chapitre et congrégations religieuses ont 
disparu. A l'époque impériale, les Juifs, « toujours exacts et fidèles 
aux principes de leurs ancêtres », possédant leurs temples et leur 
cimetière, sont protégés par l'autorité. « Personne ne porte aucun 
trouble au milieu de leurs prières et des exercices de leur religion. 
Jamais cette nation n'a été plus tranquille et jamais on ne s'est 
aperçu moins de la différence d'opinions, parmi une population 
de près de 6.000 habitants 4 . » 

Eux-mêmes n'ont jamais manifesté, au cours du siècle, l'intention 
d'user du droit qui leur était accordé par les Articles organiques 
du Concordat, d'empêcher le culte extérieur des catholiques 5 . 
Quelques incidents ont pu se produire dans les périodes de réaction 
ou d'agitation politique ; la bonne harmonie, dans l'ensemble, n'a 
pas cessé de régner 6 . 

1. Arcli. dép. Landes, V 6 , Arrêtés du préfet, 12 février 1812-27 septembre 1837. 

2. Ibid., Circulaire ministérielle du 5 juillet 1812 ; rôles de répartition. 

3. Expilly, op. cit., p. 491. 

4. Arch. dép. Landes, V< : Mémoire cité. 

5. Ibid., Rapport sur la demande tendant à l'établissement d'un consistoire israé- 
lite à Saint-Esprit, 1845. 

6. Ibid., sur la célébration du jour de repos, cf. lettres du préfet au sous-préfet de 
Dax, 29 septembre 1830, et au maire de Saint-Esprit, 11 février 1831. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 139 



Quels que soient les progrès de l'assimilation, la population 
juive garde ses mœurs, comme elle garde ses traditions reli- 
gieuses. 

En 1764, le Corps de Ville de Bayonne multipliait les accusations 
injustes et intéressées pour empêcher le Conseil du Roi d'écouter 
les doléances des Israélites 1 . Le maire impérial n'en reprend 
naturellement aucune, cinquante ans après. Il se contente d'écrire : 
« La moralité des Juifs portugais paraît assez pure. On peut repro- 
cher à quelques-uns un esprit ardent et mercantile... » Il n'est pas 
question d'usure à Saint-Esprit : peut-être le maire fait-il allusion 
à une ou deux affaires de police, d'ailleurs mal éclaircies, dont il 
s'est occupé en 1812 2 . 

Son rapport au ministre signale un curieux esprit d'égalité, en 
même temps qu'une grande vivacité de caractère, chez les anciens 
immigrés : « Il n'y a point d'influent parmi les individus qui pro- 
fessent le culte hébraïque ; ils ne connaissent entre eux de distinc- 
tion, que celle que la fortune accorde aux hommes, et l'irrévérence, 
de Juif à Juif, est telle que, dans les moments de trouble, ils ne 
mettent aucun frein à leurs imprécations, n'importe le rang 
qu'occupe, dans la Société, celui d'entre eux à qui ils adressent la 
parole. Mais jamais leurs altercations n'ont de suite funeste et, 
presque toujours, les rixes finissent avec des paroles. » 

Le développement des institutions charitables est, par contre, 
passé sous silence. Pourtant, les fonctionnaires de Napoléon ne 
peuvent pas ignorer la « Hebera » ou «Association Générale », 
institution très ancienne, « un des plus nobles débris que nos 
ancêtres ont apporté d'un pays voisin», affirment leurs descen- 
dants 3 . Comme la « Sedaca » de Bordeaux \ elle assumait, au 
xviii siècle, le rôle de conseil de la nation portugaise, et fournis- 

1. Sagoae, Les Juifs et la Révolution française, loc. cit., p. 9. 

2. Arch. dép. Landes, K : Correspondance ministérielle, Bureau de police, 4 mars, 
31 juillet et 21 août 1812 (un emprisonnement pour faux ; une arrestation pour recel 
d'effets militaires, suivie d'élargissement). 

3. Arch. dép. Landes, V 6 : Rapport au préfet des Landes sur les institutions de 
charité, de bienfaisance ou de religion, 11 février 1848. 

4. G. Ci rot, Recherches sur les Juifs espagnols et portugais à Bordeaux. Bor- 
deaux, Féret, 1909, p. 86. 



140 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sait à la communauté ses syndics et ses adjoints. Sous l'Empire, 
encore, l'administration du « Bureau de Bienfaisance » traite avec 
l'administration départementale la question des indemnités aux 
membres de l'Assemblée Générale et du Grand-Sanhédrin. 

Confrérie de charité, alimentée par des cotisations annuelles et 
par des offrandes, la Hebera « embrasse dans son action toutes les 
misères et toutes les souffrances qui ont droit à la compassion. 
Elle fait soigner les malades, leur accorde les médicaments et 
les visites du médecin, entretient les vieillards et les personnes 
impotentes, distribue le bois de chauffage aux familles nécessi- 
teuses pendant la mauvaise saison et intervient dans les besoins 
dont le soulagement est impérieux. Quelque modiques que soient 
les ressources dont cette société dispose, elle fait un bien réel dans 
notre localité... ». 

« Plusieurs confréries s'y rattachent, dont le but est purement 
humanitaire. Elles remplissent gratuitement et indistinctement 
tous les devoirs funèbres que la religion et l'humanité imposent, 
tels que faire la fosse, habiller les morts et les ensevelir 1 . Une 
société particulière s'occupe, en 1809, d'habiller les pauvres 2 . 

Si ces sociétés se soutiennent, c'est qu'elles sont liées intime- 
ment avec la religion. « Dans toutes les grandes occasions où la 
religion intervient, dans les mariages, les naissances, les décès, des 
offrandes sont faites à ces diverses institutions, et, depuis les 
classes les plus riches jusqu'aux plus pauvres, personne ne refuse 
de consacrer les grandes époques de la vie par des actes de 
charité. » 

Le lien n'est pas moins étroit entre la religion et l'instruction 
populaire, telle qu'elle est organisée, jusqu'en 1833, sous la forme 
d'une école entretenue aux frais du temple 3 . Quelque «précaire» 
qu'ait été sa situation, elle a rendu des services. 

Cependant, pour la majorité des enfants, l'éducation paraît 
négligée, trop exclusivement restreinte à la pratique commerciale 
enseignée de père en fils. On les voit, « dès leur plus tendre jeu- 
nesse, colporter des articles de quincaillerie, pour en chercher le 
débit dans les rues de Saint-Esprit et de Bayonne, ou se placer 
commis dans les maisons de commerce... Quelques familles aisées 
font donner de l'éducation aux demoiselles qui cultivent les 

1. Arch. dép. Landes, V 6 : Rapport. . ., 1848. 

2. H. Léon, op. cit., p. 290. 

3. Arch. dép. Landes, V 6 , Rapport cité, 1848. — L'école du Talmud Thora a existé, 
puis disparu à Bordeaux, au xvnr siècle (Cirot, Recherches, p. 74). 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 141 

sciences d'agrément, telles que la musique, la danse, la broderie, 
etc. i ». En fait, jusqu'aux dernières années du règne de Louis- 
Philippe, renseignement des filles n'a pas existé 2 . 

Au temps où Abraham Furtado représente la plus haute culture 
dans la communauté de Bordeaux, celle de Saint-Esprit ne connaît 
« aucun lettré ». Quelques-uns, parmi ses membres, « ne sont pas 
étrangers à quelques connaissances qui les distinguent de la classe 
obscure ; mais le travail commercial les occupe tous plus que les 
sciences ». 

VI 

La tâche de ceux qui guident la communauté vers ses destinées 
nouvelles n'est donc pas achevée. 

Tolérés par l'Ancien Régime, les Juifs portugais ont été affranchis 
par la Révolution. L'organisation, l'assimilation ont été voulues, 
préparées et, dans une large mesure, réalisées par l'Empire. 
L'accès à la vie civique, aux fonctions municipales, l'extension de 
la propriété juive, la participation au mouvement d'affaires du 
double port de l'Adour, le développement ou la consolidation des 
fortunes acquises, malgré les difficultés économiques nées de la 
guerre et du blocus continental, sont les faits caractéristiques de 
cette période décisive. La liberté du culte a été assurée. Les fonc- 
tionnaires, maire de Saint-Esprit, préfet des Landes, ont collaboré 
à l'œuvre de discipline religieuse, sans qu'il ait été porté atteinte 
aux habitudes traditionnelles, ni aux institutions morales et 
sociales les plus respectables de la communauté. Ce progrès conti- 
nuera : sous la Restauration, sous la monarchie de Juillet, le 
nombre augmente des propriétaires ou des négociants investis 
d'un mandat municipal 3 . Des entreprises commerciales puissantes 
grandissent à Bayonne. 

Mais le mouvement d'émigration est lent et les descendants des 
exilés portugais restent fidèles à l'asile de leurs ancêtres. Ils sont 
encore un peu plus d'un millier, en 1845, autour de leur temple 
reconstruit. Saint-Esprit devient le chef-lieu d'une circonscription 



1. Arch. dép. Landes, V 6 , Mémoire cité, 1812. 

2. Ibid., Rapport cité, 1848. 

3. Ibid., Renseignements donnés par le préfet sur Abraham de Josué Léon, pro- 
priétaire, commissaire surveillant près le temple de Saint-Esprit, et sur Rodrigues, 
banquier, maire de Saint-Esprit, 6 mars 1841 ; liste des notables de la circonscription 
consistoriale, 25 mai 1847. 



142 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

consistoriale formée des Landes, des Basses et Hautes-Pyrénées, 
de la Hante-Garonne, de l'Ariège, de l'Aude, des Pyrénées-Orien- 
tales '. Les institutions de bienfaisance et d'enseignement, déjà 
réglementées, se développent parce qu'elles sont mieux soutenues. 
Les dirigeants du Consistoire pourront témoigner, à la veille de la 
Révolution de Février, que la diffusion de l'instruction parmi leurs 
coreligionnaires les rend plus aptes « à remplir les diverses charges 
que leur impose leur double titre de citoyen et d'israélite ». 

Pierre Genevray. 



PIECES JUSTIFICATIVES 



Lettres du rabbin de Saint-Esprit, Abraham Andrade, 
au préfet des Landes, Duplantier (1806-1807) s . 

I 
Abraham Andrade et Henri Castro fils, au Préfet. 

14 octobre 1806. 

« ... Il est flatteur pour nous d'apprendre que les premiers travaux du 
synode ont mérité votre approbation. Gomme c'est le même esprit qui 
a dicté ses dernières réponses, nous nous sommes empressés de vous les 
adresser par la lettre du 25 du mois dernier 3 . 

La formation d'un Grand Sanhédrin donne lieu à mille conjectures. 
S'il nous était permis d'en former sur ce point, nous dirions avec la 
majorité de nos collègues qu'il ne s'agira que d'une légère réforme et de 
l'organisation du culte judaïque. En attendant, la commission des Neuf, 

1 . Ordonnance royale du 7 janvier 1846. Population juive de Saint-Esprit : 1.012 habi- 
tants. 

2. Sur A. Andrade, grand-rabbin de Bordeaux, près le Consistoire israélite, depuis 
le 13 avril 1809 jusqu'à sa mort en 1836, cf. H. Léon : Histoire des Juifs à Bayonne, 
pp. 261-262. Le préfet Duplantier, installé le 10 messidor au IX, a occupé le poste de 
Mont-de-Marsan jusqu'en 1810. 

3. Ni cette lettre, ni le volume qui contient les débats des séances de l'Assemblée, 
remis au Préfet, ne sont au dossier. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 143 

dont le rabbin Andrade l'ait partie, s'occupe, depuis 13 jours, de concert 
avec MM. les commissaires de S. M., de développer nos 12 réponses, afin 
([lie le Sanhédrin puisse les convertir en maximes doctrinales. 

Vous savez, M. le Préfet, qu'environ 30 rabbins doivent se rendre à 
Paris pour compléter ce tribunal religieux. Voilà ce qui a déjà porté les 
Israélites de Saint-Esprit à nous observer qu'un quatrième député leur 
deviendrait un fardeau tout à fait accablant l . 

Que de grâces à vous rendre, M. le Préfet! Chaque jour nous appré- 
cions davantage tout ce que vous avez bien voulu faire pour ramener ces 
Israélites au devoir. Vos soins, à cet égard, n'ont pas été infructueux, 
puisqu'en dépit des obstacles, la commission présidée par M. B n L s Nounez 
vient de nous remettre 800 francs. Quel effort ! Il nous sera dû 3.420 
francs au 4 du mois prochain. 

Nos frères de toutes les classes ne tarderont pas à se réveiller en 
apprenant que S. Exe le ministre de l'Intérieur a improuvé la conduite 
des commettants en retard. En effet, sur la réclamation faite à l'Assemblée 
par quelques députés allemands au sujet des indemnités, celle-ci a pris 
une délibération qui accorde à chacun 500 francs par mois et 5 francs par 
poste, qui devront être payés par les Israélites des départements respec- 
tifs V Cette mesure a été approuvée par S. Exe. qui a bien voulu promettre 
d'écrire à MM. les Préfets à ce sujet pour les engager à mettre en usage 
la persuasion et tout leur crédit, pour que les députés ne restent pas 
en souffrance. Copie de cette délibération doit être envoyée, avec une 
circulaire de notre Président, aux synagogues qui ont des députés à 
Paris. 

Notre département ne sera sans doute pas oublié ; mais afin que vous 
ayez connaissance de cette mesure auparavant, nous vous remettons les 
pièces qui y ont rapport. Nous devons attendre un bon effet de cette 
démarche, puisque S. Exe. a bien voulu y donner son adhésion et 
l'appuyer de tout son pouvoir. Si, contre notre attente, elle ne réussit 
pas, un décret seul de S. M. pourra ébranler nos frères et les rendre à la 
justice et à la raison. 

Ah ! qu'il nous en coûte d'être réduits à vous arracher tant de fois à 
des objets de la plus haute importance et de vous avoir vu descendre 
jusqu'aux moindres détails de notre mission! Que de droits sacrés vous 
avez acquis à notre admiration et à notre reconnaissance ! . . . » 

— Le 1S octobre, le préfet écrivait aux députés : « la formation d'un 
nouveau rôle, si votre séjour à Paris se prolonge, pourra occasionner de 
fortes charges à quelques-uns de vos coreligionnaires. Si, par suite du 
désintéressement qui vous caractérise, vous pouviez diminuer de quelque 

1. Cf. Lettre des administrateurs du Bureau de bienfaisance au Préfet, 2 oct. 1806. 

2. Cf. Lettre du Ministre de l'Intérieur au Préfet, 8 octobre 1806, transmettant la 
délibération de l'Assemblée (circulaire imprimée du 24 septembre). 



U't REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

chose la somme à laquelle vous avez droit de prétendre chaque mois, 
seulement pour l'avenir, vous rendriez véritablement service à vos 
frères, ou au moins à plusieurs d'entre eux, qui, dans les circonstances 
actuelles, se trouvent assez gênés. Je ne vous parle ainsi que parceque je 
suis bien convaincu que c'est vous être agréable que de vous mettre à 
portée de faire quelque bien ; mais si vous ne pouvez accorder aucune 
remise, je ne négligerai rien pour que les sommes nécessaires à votre 
séjour soient acquittées avec exactitude ». 

La lettre du 24 octobre est une exhortation à la patience. Les mesures 
prises pour la rentrée des cotisations (invitation écrite du maire de 
Saint-Esprit aux retardataires, menaces de contrainte), doivent rassurer 
les députés. 

II 

Abraham Andrade au Préfet. 

28 octobre 1806. 

Il le remercie de ce qu'il a fait pour engager les contribuables à payer 
l'indemnité : 

« Pourquoi faut-il que des scènes scandaleuses se renouvellent encore à 
ce sujet? Si j'avais une fortune, il n'en serait pas ainsi, du moins pour la 
portion qui me concerne. 

En rendant justice aux bonnes dispositions des administrateurs de la 
société de bienfaisance, ainsi qu'à la plupart des membres du comité 
de correspondance, il n'est pas moins vrai que la conduite de certains 
riches à mon égard est tout à fait répréhensible. 

En recevant même mon traitement jusqu'au 4 novembre sur le même 
taux, il ne m'en coûtera pas moins pour cela environ 100 pistoles. Cette 
circonstance de ma vie porta dernièrement un savant ecclésiastique à 
m'observer que l'Eglise me traiterait autrement, si j'étais né chrétien : ce 
que je puis assurer, M. le Préfet, c'est que le rabbin Andrade, inviolable- 
ment attaché à la loi de Moïse, ne laissera pas de pratiquer plus d'une 
vertu évangélique. 

La commission des Neuf, dont j'ai l'honneur de faire partie, a presque 
fini de développer les 12 réponses consacrées par l'Assemblée. Le Sanhé- 
drin ne pourra être installé que vers la fin de novembre. Les rabbins 
allemands abondent, et il nous en faudrait d'un autre aloi. Les Italiens, 
en général polis et instruits, en ont aussi fourni un grand nombre. Il 
paraît que plusieurs députés de la ville d'Amsterdam viennent siéger 
parmi nos sénateurs. Ceux-ci n'auront que voix consultative. N'importe : 
ils veulent concourir à la régénération d'Israël. Qui le croirait? Ce seront 
là des Allemands, tandis que les Juifs portugais de la Hollande ne disent 
mot. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 145 

Pour ce qui est de M. Benjamin L 3 Nounez, âgé d'environ 80 ans, il ne 
pourrait, selon moi, entreprendre impunément un voyage quelconque. 

L'ordre du jour, dans nos conférences avec MM. les commissaires de 
S. M., porte formation d'un comité central dans cette capitale. Les Juifs, 
en général, y répugnent: les uns répètent que ce comité, abusant de son 
autorité, pourrait à la longue tenter, opérer même une réforme dans la 
religion, tandis que les autres craignent une espèce d'inquisition pour les 
croyants qui ne tiennent pas à certaines pratiques. C'est pour cela que 
tous demandent à hauts cris des consistoires départementaux. Cette 
question importante sera discutée mercredi prochain. . . 

L'organisation du culte judaïque est aussi à l'ordre du jour. Tout 
annonce que j'exercerai le rabbinat, par la suite d'une disposition géné- 
rale ; en attendant, M. le Préfet, il faut m'armer de courage et me 
soutenir, s'il est possible, à l'aide de mes propres forces. Elles seraient 
entièrement abattues, si je pouvais perdre un seul instant de vue que 
M. le Préfet, père de ses administrés, daigne s'intéresser à mon sort. Cette 
douce pensée m'occupe souvent. Elle devient même, pour les blessures 
de mon cœur, un baume salutaire, surtout lorsqu'il me faut convenir à 
regret qu'il existe peu d'attachements solides sur la terre. 

J'ai l'honneur d'être, avec la plus haute considération, le plus humble, 
le plus soumis, et le plus dévoué de vos serviteurs. . . » 



III 

Abraham Andrade au Préfet. 

(Lettre écrite rue du Mail, Hôtel de Portugal, chez M. Furtado, président.) 

26 février 1807. 

« Quoique le retour de M. Patto jeune ait allégé le fardeau de mes 
commettants \ ceux-ci, tout en m'assurant qu'ils ne sauraient perdre de 
vue mon indemnité, ne laissent pas, à l'exemple de M. B a L s Nounez, 
d'éluder l'exécution d'un engagement sacré, sous prétexte que, parmi les 
contribuables, il en est plusieurs de récalcitrants *.. . 

Cette conduite tortueuse, de la part de tant de frères aisés décèle un 
fond d'avarice qui fait taire chez eux le cri de l'honneur et de l'humanité. 
Faisant mine de ne vouloir rien donner à M. Castro, ils se considèrent 
comme n'ayant qu'un seul député. 

1. Lettre du Ministre de l'Intérieur, 11 novembre 1806, accordant, à la demande du 
préfet, un congé à M. Patto jeune, « pour vaquer à ses affaires ». 

2. Dès le 3 novembre 1806 (lettre au maire), un troisième rôle était arrêté et des 
poursuites du percepteur ordonnées contre les retardataires au payement des deux 
premiers. Des mesures plus rigoureuses (envoi d'une liste des retardataires à l'Assem- 
blée) seront décidées le 7 mars 1807. 

T. LXXIV, n° 148. 10 



446 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Eh bien, ce député, père d'une nombreuse famille, privé de toute 
ressource personnelle et siégeant parmi les Docteurs de la Loi, ils ne font 
point difficulté de l'abreuver d'amertume, au point de le réduire à con- 
tracter des dettes dans une ville où il est étranger. Aussi, M. Furtado, 
président, ne pouvant plus digérer cet excès de barbarie, s'est fait un 
devoir d'en rendre compte à Mg r le Ministre de l'Intérieur. 

Les dignes administrateurs de la société de bienfaisance, dont la 
conduite amicale ne s'est jamais démentie à mon égard, loin de partager 
la honte de certains vils contribuables (expression de MM. Henriquès et 
Frois) ', n'attendent qu'une réponse à vos ordres pour me rédimer et 
faire disparaître par là une joie maligne que le silence de M. le Préfet 
fomente parmi les récalcitrants. 

La session du Grand Sanhédrin sera terminée lundi prochain, car il ne 
nous reste qu'à sanctionner peu de chose. Gela fait, le premier synode ne 
tardera pas à être réinstallé. Il ne s'agira, selon moi, que de quelques 
explications ou conséquences qui découlent des principes déjà consacrés. 

Le projet d'organisation du culte judaïque qui a paru sur divers jour- 
naux, rédigé par la commission des Neuf, de concert avec MM. Portalis 
fils, Pasquier et Mole, n'a pas laissé d'être combattu dans le temps, et, 
notamment, dans la séance du 9 décembre dernier. Quoiqu'attaché à la 
commission des Neuf, je n'ai pu dissimuler que ce travail laisse beaucoup 
à désirer : aussi, en l'adoptant, l'Assemblée s'est réservée la faculté de 
réclamer contre certains articles de ce règlement que plusieurs députés 
et autres regardent comme la boîte de Pandore. Heureusement, S. M. a 
suspendu la sanction, et tout annonce que l'organisation de ce culte 
antique et sacré sera l'ouvrage du Grand Napoléon. 

Le Grand Sanhédrin a pour chef M. Sintzheim, rabbin de Strasbourg. 
Ses assesseurs sont MM. Segre et Gologna, rabbins italiens. Ces premières 
élections n'ont pas tout à fait répondu à l'attente des Juifs portugais. En 
dépit de ce début, on ne laisse pas d'assurer qu'il pourrait se faire que je 
figurasse au Consistoire Central, si tant est que cette partie du règlement 
soit conservée. 

Loin de moi toute démarche d'intrigue : je remets mon sort aux soins 
de la Providence. Si, cependant, je pouvais lire, à travers le voile qui 
nous cache l'avenir, que ce poste pourrait rendre le dernier terme de ma 
vie moins agité, je ne balancerais pas à vous supplier, M. le Préfet, de 
vouloir bien rappeler à S. Exe, ainsi qu'à M. Degérando *, que votre 
député figure au Sanhédrin comme rabbin portugais. Cette nouvelle 
marque de bienveillance ne ferait qu'ajouter au tribut d'admiration que 
je ne cesse de payer à vos vertus. » 

1. J. Frois et Elie Henriquès, membres du Bureau de bienfaisance, chargés de faire 
remettre les indemnités aux députés. 

2. Joseph-Marie, baron de Gérando, 1772-1842, était, en 1807, secrétaire général du 
Ministère de l'Intérieur et ami personnel du ministre Champagny. 



LES JUIFS DES LANDES SOUS LE PREMIER EMPIRE 147 

IV 

Abraham Andrade et Henri Castro au Préfet. 

1 er mars 1807. 

Les deux députés sont laissés dans un dénuement absolu de fonds par 
leurs coreligionnaires de Saint-Esprit, depuis trois mois. Ils sont aban- 
donnés et privés môme de réponse à plusieurs lettres. 

« S. Exe. Mg r , qui a accueilli les plaintes d'un grand nombre de 
députés, loin de recevoir les nôtres, a vu figurer, sur un tableau des 
départements qui pourvoyaient aux frais de leurs députés, celui des 
Landes. Nous avons voulu ménager des hommes qui nous traitent si 
injustement, d'abord parce que nous sommes persuadés que votre 
influence les rappellera à ce qui est raisonnable; ensuite, pour ne pas 
détruire l'opinion favorable que le gouvernement a des Israélites du Midi, 
avec d'autant plus de raison que les députés de la Gironde sont exacte- 
ment payés d'avance. 

Nos frères se plaignent de ce que nous ne les avons pas fait affranchir 
de la contribution pour les frais généraux, ainsi que l'a obtenu le député 
des Basses-Pyrénées. Mais les sommes perçues sous la dénomination de 
frais généraux sont applicables à l'indemnité des rabbins appelés pour 
compléter le Grand Sanhédrin. Ces Docteurs pris dans les lieux où l'on a 
pu les trouver, il serait souverainement injuste qu'ils fussent à la charge 
d'un département qui n'en fournit pas, tandis que le nôtre aurait dû en 
fournir, et que nous avions réussi, dans le temps, à le faire excepter. Il 
eût été indiscret de notre part de permettre aucune réclamation pour une 
affaire où nous avons été déjà favorisés. 

D'ailleurs, la contribution a été faite sur le pied de 10 C8 par tête ; et si 
les Basses-Pyrénées ne donnent rien, c'est que 60 individus ne valent pas 
la peine d'être imposés. Cette seule observation de la part de M. Marqfoy 
a suffi pour désabuser S. Exe. ; mais il n'en est pas de même de notre 
département, dont la population est connue l . 

Le Grand Sanhédrin finira cette semaine le travail dont il est chargé. 
Il n'en est pas de même de l'Assemblée, qui va immédiatement ouvrir ses 
: es pour recevoir de nouvelles communications de la part des Commis- 
saires de S. M. Nous vous les ferons connaître avec les Décrets du Grand 
Sanhédrin. On assure que nous serons libres incessamment de rentrer 
dans nos foyers. Mais, en attendant, S. Exe. refuse de donner des congés*. » 

1. Le 11 mars 1807, le Ministre de l'Intérieur remercie le Préfet d'avoir fait recou- 
vrer la contribution pour les frais généraux de l'Assemble'e. 

2. Dès le mois de décembre, le Bureau de bienfaisance, pour alléger la ebarge des 
contribuables, demandait le rappel de H. Castro fils. Cette demande est renouvelée 
formellement le 15 mars, après le retour du député des Basses-Pyrénées à Bayonne. 



GLANURES DE LA GUENIZA 



Au cours de mes recherches en Angleterre parmi les collections 
de documents de la Gueniza j'ai trouvé quelques fragments se rap- 
portant à différents sujets, fragments trop petits pour mériter des 
articles séparés. On les donnera ici sous le titre général de gla- 
nures de la Gueniza. 



1. A propos des dix tribus perdues. 

La question des dix tribus perdues a été traitée tout au long par 
Neubauer ', qui a aussi publié divers textes à ce sujet d'après des 
manuscrits et des livres rares, sous le titre de traaran mia* m* 2 . 
Nous y ajouterons deux fragments provenant de la collection de 
textes de la Gueniza Taylor-Schechter (T. S.) à Cambridge. 

Le premier de ces fragments est un morceau d'une curieuse 
lettre dont l'auteur ou bien s'est livré aux fantaisies de son imagi- 
nation ou bien n'était qu'un charlatan occupé à égarer les masses 
faciles à duper. L'épître, adressée à un certain Abraham, paraît 
émaner d'un Joseph b. Salomon proclamé roi par une grande 
armée juive, recrutée parmi les dix tribus et assemblée près 
d'Ancône en Italie. Ce personnage présentait quatre drapeaux, sur 
lesquels étaient inscrits le Tétragramme et les dix commandements, 
comme les étendards des quatre armées d'Israël (à l'instar des 
quatre camps d'Israël dans le désert, selon Nombr., n). Une partie 
de cette armée avait reçu pour mission d'attaquer Rome. Elle était 
postée dans le désert (sic) à quatre jours de marche de cette ville. 
Un autre groupe allait conquérir l'Arabie, tandis qu'une troisième 
marchait sur Aden pour délivrer de leur exil les Juifs de l'endroit. 

1. J. Q. fl., I, p. 44-28, 95-114, 185-201, 408-23. 

2. Kobeç al yad, IV, 1888, p. 1 suiv. 



GLANURES DE LA GUEN1ZA 149 

J'ai l'impression que cette lettre guerrière est l'une de celles que 
David Reoubéni ou sa suite avait envoyées aux communautés en 
dehors de l'Italie (car en Italie même le jeu était trop dangereux 
et pouvait facilement être découvert) pour faire de la propagande 
et peut-être obtenir des fonds pour son extravagante mission. Son 
père s'appelait Salomon et son frère « était le roi Joseph ». David 
lui-même se donne comme son général et son ambassadeur accré- 
dité '. Lui aussi avait avec lui des bannières qui portaient inscrits 
les dix commandements 2 . Quand il était en Portugal, ces drapeaux 
avaient excité la méfiance du roi et de la reine ainsi que du car- 
dinal, et, à plusieurs reprises, ils lui avaient demandé ce qu'il 
entendait en faire 3 . Il nous est donc possible d'identifier ce « roi 
Joseph b. Salomon » que l'armée (sur le papier) assemblée près 
d'Ancône passait pour avoir proclamé comme souverain. Il est 
facile de comprendre à quel danger des lettres de ce genre pou- 
vaient exposer les communautés juives. Rien d'étonnant en consé- 
quence que bien des gens éclairés se soient opposés aux agisse- 
ments de David et de ses partisans. Je ne crois pas que l'Abraham 
auquel notre lettre était adressée soit Abraham Farissol 4 . L'auteur 
ou les auteurs ne lui en auraient guère imposé avec des contes 
de ce genre, et surtout avec ces allusions géographiques à des 
localités d'Italie ! De telles fables étaient bonnes pour des régions 
éloignées, en vertu du principe yito p^rm np\ub ïwïi*. 

Le second fragment provient d'une brochure imprimée qui 
comptait quatorze pages et dont il manque dix. Ce doit être un 
incunable, l'impression rappelant un peu l'édition du ïalmud de 

1. Voir le voyage de David dans Neubauer, Med. Jewish Chronicles, II, p. 133, 
178-9, 180, en bas, 216 suiv. 

2. Ibid., p. 16G, 197, 212, en baut, et 218, en bas. Cf. Josepb Hacoben, Emek 
Habbakha, éd. Letteris, p. 114 : nN Dmb* airD"n 3331*1 !"nZ53>73 D^brn U33>"H 

wrprt marc. 

3. lbid., p. 194-5. Il convient d'ajouter qu'un autre imposteur, Juda Angelo, de 
Safed, qui, eu 1545, lit courir des bruits sur la réapparition des dix tribus, mentionne 
aussi les couleurs de leurs drapeaux (voir le passage cité dans Graetz, Geschichte, 
IX 3 , p. 563, du Kol Mebasser d'Isaac Akriscb : ombaib Û"0730 *jm3 mm 

Dsbfl Dtui ûrroiaa&i dtpx i»:d). 

4. L'auteur de l'ouvrage géographique Ovhot Hayim, où sont aussi relatées l'ar- 
rivée de David en Italie et les fables concernant l'autorité conservée par les dix tribus 
en Orient. 

5. Cet Abraham est peut-être identique à Abraham de Castro, le fermier de la 
Monnaie en Egypte (voir sur lui Graetz, l. c, 18). Mais David lui-même reconnaît que, 
durant son séjour au Caire, ce chef de communauté lui refusa la permission de 
demeurer chez lui quelques jours par peur de désagréments (Voyage, /. c, p. 141). 



150 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Fez. Je ne sache pas qu'il en existe un autre exemplaire dans 
aucune bibliothèque. Chaque page porte l'en-tête maan npn^n, 
qui peut signifier soit « copie », soit « traduction » de la lettre. La 
première hypothèse est plus vraisemblable. L'épître est censée pro- 
venir des « fils de Gad et de Ruben », qui croient devoir faire des 
reproches à leurs frères des tribus de Juda et de Benjamin touchant 
leur méchante attitude. Ces dernières sont invitées à faire péni- 
tence et à implorer le pardon divin en raison des mauvais rap- 
ports répandus sur elles touchant leur improbité, leur immoralité 
et d'autres transgressions. Les Juifs vivant dans les « villes 
d'Edom » (c'est-à-dire la chrétienté) sont particulièrement accusés 
de mariages mixtes. L'auteur (ou les auteurs) parle de Juifs disper- 
sés dans la ville (sic) d'Espagne et la ville (sic) d'Italie et aussi au 
milieu des Philistins ' . L'allusion aux Juifs d'Espagne semble indi- 
quer que la lettre a été écrite avant l'expulsion (1492), ce qui 
cadrerait avec la supposition faite plus haut que la brochure est 
un incunable. En contraste avec la triste condition de ces juiveries, 
les tribus de Gad et Ruben sont heureuses dans toutes leurs 
guerres, résident dans une région prospère et mènent une vie 
religieuse au-dessus de tout reproche. De même les Juifs de l'Inde 
ont la réputation d'être supérieurs à leurs voisins qu'ils tiennent 
en leur pouvoir. Ce sont des détails qui reviennent également 
dans les autres textes concernant les dix tribus perdues, sujet qui, 
sans aucun doute, a passionné bien des Juifs autrefois et dont se 
sont emparé de nombreux individus qui l'ont exploité dans un but 
personnel. 



[T. -S. 8 J. 33 2 , quatre fol. papier, écriture récente, m I56 
X m 119.] 

2 û^unn nrobio ^brtTa aria aaon •jraaao nnab loasai (Foi. î recto.) 
yiv nnan .1123 *ny nynuî ûis^pm mnb arrbn Dtmnabn omobi 
ûwn Ta d'nriBM b«3>wn ûvtn mba t> nnn d™ naTia DanbyTab 
an-iT ^b*m d'maa. 127373 timbra nas lanbra ïinjn 3 traçai ù^aiTa 

1. C'est-à-dire parmi les Berbères du Nord de l'Afrique, qui étaient désignés tant 
par les Juifs que par les Arabes par le terme de Philistins (v. Graetz, Geschichte, 
VI», p. 12, n. 2). 

2. Cf. les autres récits concernant « les fils de Moïse » dans Epstein, Eldad ha- 
Dani, p. 27, 43, 49, 57. 

3. Lire D"03>T3T (cf. Job, xvu, 1). 



GLANURES DE L\ GUEN1ZA ibi 

bmw y-usb * io^ï aipta nr-Ntt abia>a m&nbi y-ian rw ba-ib 
■irnN nom ©a^nai yraaao nna posa naa\a -«sb b^nna w PifHttn 
nn« w-nab la^an nm iabia laarapnai . -ibd» ywa ma» uau; (wmo) 
-£*> »ta» wcbtt p ijoti 'jbîaïi la^bar îasbjarti 2 naipaa nb "p-ripi» 
aiu arrba» avia a^bai na»an« 12b Êoani-n inbara 'NSîn nmrr ai-n 
ntDfic nai pisn narro ban mmuaa anaa miann nia an um&fcïi 
mra a'ma N-ian û^iabiai d^ra nba>73n nam a^niay *pn dîrmps 
drrmpD ibneai pn ïibiat bai amba» d^annm manbai annt "»ba»a bm 
■maa qb« amaan niaia nbaw naia d"niaa> p?a (Foi. 2 m^o.) 
niD3?3 taaia ?»m 'nawn tarnca tarrba* ta^annm . tabia Hànb» 
11b uaian . *a*maa abian msa «îam E|b« a^iabiai na-aia dïrmpd 
dmaa abna ib« ban nra yaa nnvi dWd nia7an abia laaa 
irmaiatai naan ia-»r a^aïai qbN cpT^ in** n»nb» ■nimbTa ann "n-ina 
nn^ ania niaafc aa^a ">asm i^aai rmrn taaia Nba laaa nwaa ab 
•pn^a naitt r**nn *^ann Sain haaa 8L 3Kj»7aia ,v ) ta-nt* r-nba fnnn 
. mbaa ania i»^an rmir saaiab im» fcra*<ia n? c]dt> ^jbTarr aa> (yerso) 
i3*w annb ann tpa lab ia^n . a^bjaai d'-oioi an naptt iab ia^ i3Ni 
rtnoD alla in ibfcn manta d^aa «a 1 *» miaa» n^b la^i . aibab aiana 
nN ana no-o 6 anai dibïm n*so n;sia nsia-n arria îa^iann npnai 
uns diiab rmpN ^aa&o naia» dbiain^ "na>ia "\aia -îab iza^n . dbiam 
n&ittn I7an nattas îaip^n rr^aa naa «3^1 . abttîin^ na»©b 
ainpai . 7 o^aim ûniNi nrmîxn ï&Wï n^anai yntin (Foi. 3 recto.) 
mwiNa n^yai ns^b rjcu:?3 ibia dbiyn ba by npbttb na« y^na» 
••larr ■•a 8 «aua ba bNittî*^ noaab a^naia» abia 1W1 nbiia rt>apa dbiyn 
nbvn bba . "ia-in-> a-nn D*»iam ïia*r *j*naa^ «b iuîn haba?a?n 
ttatî b-naa yiNn iapbn niza7an naipax n^a» 1* in^a labia "laxa^ 
a^ain ia«i . *ttnrt ^-nb J ïiba? ibna nby tj:n "jauîT *ra caauîi pns-i 
i3N d" , a ,, n7: ,, 3T . d^»^ n^a-ix [verso) *jprm nrn na"»n7a?a pinn nanwa 
iv»a -<ba DMara H^iai ïievi annai rn^ba aii^a nus^ai ïiai-ip nyujb 
cala . bwxn^"' ^y Ta dinî<a ^nwpa n» Tinai 10 ainan d^prr»T ^ 

1. Lire 0333. 

2. Ancône (^Italie). 

3. Lire NTÎîani. 

4. L'ordre des mots diffère de celui de Nombr., n. 

5. L'auteur admet naïvement que, de toutes les tribus, seules Juda, Benjamin et 
la demi-tribu de Manassé sont demeurées. 

6. Lire ann. 

i. Cf. Yoma, 52 6 : ynv mmbm \ùT\ nasaar iTaa» iraaa ^-n Taaau:7a 
iTaa n^N"' iTaa -Tai ... nn\2J7:n. 

8. Is., lx, 12. 

9. Plutôt mba»b. 

10. Ez., xxv, 14. 



152 REVUE DES ETUDES JUIVES 

. abnua Irôtt ■ RT»5n maai ' i«na -in «nasb "iabn ^bneai "jm Vibra 
miD*bi bturw* pn yapb 3ta )3>>2b Q!"tb "^^ sroam ■owi a*naM 
la*™ aronb 3 p* nirtt nabn ma» ^aa aaoi . ûbi*n mEiMa mapa 
miarb mon iab yto rto M^aatt iîtom an?:* ■naswi mbaa aiab ania 

■A *b* «b« na*i ïtpm 
mttiab îrwroa aiia insan »bi . hS? iïr»bM ^a*n (Foi. 4 recto.) 
»atm nau» . anna dm» naaiîi obis ïft nnn aiab Tnta abvn 
•na oraptti a^bmNa iaa«n a;zn ttaipaM -p*b ia«ai aia» îaKamo 
Nbi !r«na ûittj anb nNC Mb Dï-nb* Miaataa abiyn n-wsiMb "naMi 
. Miab rwwçn nyrarj nainp ra ^m nan?:n --nat* D^ba Mbn thw 
bbaai mn-iNii baau) mbrtp bba ba iawpBi lyvibm irna pb 
it-im» , nrji pa s-wm . aup» Sm tamaM ,s ihfeb viMiai naarr» 
. h** in ^aN ■»«•< yw» «im» rosi a m rjor njbttn na^a-nM (uerso) 
ma m yw» ma ï-ip*BKn nzxn ^torym S* ta-H-arai û*rwa 
rrnaïtb a^aa ba îa mpwnb 8 bnaa brwi bna nom p*wa ï»*a nata 
tp* bab naii ta»b ton ïiam abun-m mini yn^a i&na niOM a^asan 
irpriN ^aa i-n&nb ta^Nnan 7 ca-'p-inuîtt ^m ïrnrr — lan^a t^?:n 
-»-iaiy bab a^aïav aa^riN -on irbiKan nsu: a^bmEtt nbi^a a^anaan 
pbi ïaMaf ïvaaao nnai jna nriii -nam nbnba ia^m avi ^ni -j-n 

.[sigle de la page suivante inDOÏl] 

1. Cette montagne est également mentionnée dans les poèmes de Moïse h. Samuel, 
un Katib de Damas qui fut forcé de faire un pèlerinage à Médine et à La Mecque 
(publiés par Mann, Journal of Ihe Royal Asiatic Society, 1919, p. 165, v. p. 171, 
n. 154). Quelques textes de l'histoire d'Eldad ha-Dani ont }îO"lB, tandis que, dans 
d'autres, le nom est corrompu en p^a (v. Epstein, l. c, p. 31, n. 9). Epstein a, par 
erreur, identifié cette localité avec les monts de Parouta, au nord de Karmania, en 
Perse. Mais il résulte clairement de notre lettre aussi bien que des poèmes sus- 
mentionnés que ce mont ^N"D était sur la route du Hedjaz à La Mecque, et justement 
dans la relation sur Eldad ha-Dani (/. c, p. 24-5) nous lisons que la tribu de Zabulon 
vit dans les montagnes de *pNa (1. fana, n° 6) et la tribu de Ruben du côté opposé 
derrière ces montagnes (n° 7), taudis qu'Ephraim et la demi-tribu de Manassé sont 
aussi là dans les montagnes (au lieu de "^ina , lire B"Hna) à l'opposé du district 
de La Mecque (n° 8), alors que Siméon et le reste de Manassé résident très loin, à 
« une distance de six mois » de voyage (n° 9). 

2. La Mecque et Yedda, le port de celle-ci. mafa (de même dans les poèmes, /. c, 
p. 163, 1. 37) est un jeu de mots malveillant sur La Mecque. 

3. Aden. 

4. Suppléer ^D. 

5. ann Mann "naa. 

6. Lire bav, rivière (Jér., xvii, 8). 

7. Lire a^ppinM. 



GLANURES DE LA GUEN1ZA. lb3 



B. 



[T.-S. 8 J. 33 3 , imprimé, incunable?] 

. nriN nata ied ïabatN a©**! i3n*733 «b© îabtt [fr maNH npryn] 
bnrro -ien nih baN anaa? iniN îaribvi aba^i baanN "oa iNatt na» 
,wnpn 1TD3 d-nan nsptt tobtb nan umrpfi aim bat» 3OT ïT»n 
drwo ïamN ib->itn;a aatt d^d^i □" , brp73 i3ri3N btiw ^a istin nnan 
mim ïrn» ma ibêc rmrr ban passai rmrr aa;a 13737: amaa 
lia» »bi aab riNa -pNE nwbrci "ïptr aNT •ptraa -i»Na pn*9a ban 
bmai n73ip7373 ïtîi «b ns-'ara *p"^"i «np 017733 om anNia «b« 
nanana ïamN virar i»ipn barrai ^a i3tin nnan . d^p •^ana'Ta- 
TO rm ^ ba airaai la^na» na"»ac buwb "na a^aia troartn nprti 
na^aa nb^n d v aia> onwa nui manata rnaa aa^ba* iaa>7aia i3ri3Ni 
hitroi a^an d^tar» ami *]oa v * a-rnai d^i rww m»u "nba 
iNip*"© ûiin "naja miïi a*nrp anoai asn 
fflaVn a*naa lanarvn nmaa d^taa anb [bf« maNn npna>n] 
rsiaa» na amaiT anN "pan danaia» fwri «b ^n^Ni • •dm©*»» 
rtbam îabavi nN rp»i îa'nDipïa nN a-nnn Tataïaïaan w annao 
dpni ?v-)n aia^a mara rra nain Nbi .ia , np , n ircnp& ma rsa 
i3"«by liai'»» abia>n mniKb na déniai ttw va^a wn utn •pna» 
pai 5 N-«ba T»am «■'don mja abia>n mrrn Va omnia anNi iari3Ni 
laiN-i *aai ïa "»3a pn iNini .tci Nba T»n "TO« d^hoben d'aban 
dai 'iai ■mpm ■noaiam *r»m *rirn v»»* na»aia naaa a^aara "»aia 
Nb imbu mTa»ai ."1372a» rj7anb73 -p-iaô iNa d'ws ri723 ■njittjn ^sa 
om a-DbN nttai naai qbn] d*»©ia d*»bbn ûrrra îbe 1 » nb» rtanba w 
.n73V iN^na u;^n "•a nnaa d'wp isnaNi lanena c^n nr Nb dib«i 

bN^aiN p aai 
y»îto 13b a-»-iDD73i mnb idbmo 6 Diaa?3i [à^ nnaNn npna»n] 
trnvm ia-ir?i ^-rp ^33 a a» rronbia d*noia» 7 D'^ aa^j du: D^m^n 
d^nanom dnaoïttm D^nrm *p nnn iip ■«aa ioa»3i ai ann mp "»3a7a 
mbaa i^nn ^a nnNi np*»b ^i-p ->3ab û^n^37a *pN ï*i ^bai D-'mnTtTa 

1. Gea., ilix, 9, 27. 

2. Lire rPmSV 

3. Cf. Ps. cvi, 35. 

4. TWN1. 

5. Lire N"»baN "♦la'ai N"»72DON ^3. 

6. Cf. Gen., xxv, 13. 

1. Le premier Dtf} est de trop. 



154 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

13H3K1 .'hhin a , ^btt•n ,, nmaa usinp aipjaa a-n-n na^tt d"maa antn 
»■* «bi .nKWB rrm rrTarra aiu) 12b uî"» Nbi N?a:a -ia*i dira 12b Na^ «b 
larwai 'niai 'riai m-na» "nbai nansi bm ataai npu: buî nai aiu3 12b 
-!DD73 ys ^y n "> rcia": "^ ^ ^ nN ^"> « ^**a '** ^ D3 "> ^n** 352 i^5 
aioraa b"WP "nba i3tt3Ni irr^aifc *naa»bn I5na*b mnsttïi d-naan 
namn bai . mis «b» ib« délias b* iba ïna nnai D^b» -on bK-na*' 
ba» aan p m;im ^3i . "»D^a*">?3^ to ba> dm "•ap ■•Dan itip'i Nia*» rip-b 
naaipsatt Y 53 13 ^ 3 ^"^^ ystai nn«rt "rat fn ma^n npna»n] 
dba?3T bara™ *3a aai n^ian dipaa labta hîwïti "ppn -naa>-na ia» 
.-mm mmwi d-nay rsa>au3 ib id-> »btt3 i3»w nn« rçi «bi is^baKK a^a 
nrb ï-it ûaraasy ima-in apani pnaf dmaa ^a bxnb^ ^a istik dntn 
i-o^t easpte -he iï3 *« hek na ^b ■*» ^b rjN ^en ^n ma} -na&o usbnn 
■»ni3 n« yap^ rn 5 mbartb ^rpiazi Niab ww na-np /^a np^i: 
irmNsm irianpa rra rjaa-n .irpTO musa 13b nbu3-»n nrnvbi 
ya^ttvai ya^na daba bNiu3' ) nu .îawa mïr&a .nsbsiïi bbatz3*n 
«Vos» n' s dN ba ma nbysn ïroipai b«n ynarb «an a*np intai Nbaa>a 
îmfe ■pBW* *« "■asbi tpuan ^a ^3a»b nbsn pTWjn "nai nbx : dibiai 
Vn Y'p38 n'^aa 7 yvjt ^ aiiz;a int y* a y* *a û!"P3b manb i3Btu3 * 

. [sigle de la page suivante -p\2J] 8 â>a bilï 



2. Yehouda b. Schemaria ha-Parnas. 

T. -S. Box K. 27, contient douze f oS papier, en écriture carrée, 
d'un commentaire mystico-philosophique sur le Pentateuque, dont 
nous donnons les extraits qui suivent. La partie conservée s'étend 
sur la deuxième partie de l'Exode et l'auteur s'y nomme deux fois 
Yehouda b. ain Schemaria et Yehouda b. ann Schemaria bilan 
03-on raarn. Il ne m'a pas été possible de l'identifier par ailleurs, 
à moins de lui attribuer peut-être quelques Piyoutim qu'on trouve 
dans le Mahzor Romania et dans celui des Caraïtes avec l'acros- 



1. war: mr-naa yiam'.iiaan. 

2. d3n nN3M3i dn rô^cwi. 

3. Le mot est obscur. Faut-il lire m^3Nîl, vaisseaux, c'est-à-dire quand arrive 
l'époque des voyages? Peut-être y avait-il dinn, c'est-à-dire que, pendant la saison 
chaude, ils changent de résidence. 

4. Suppléer *p». 

5. Joël, iv, 10 ; Abot, I, 15 ; Is., lvi, 1. 

6. nan nbo nzi ynx, yati w p \a». 

7. Ps. en, 1 ; Is., lu, 8. 

8. abia> s^ia bab nauîi nbnn. 



GLANURES DE LA GUEN1ZA 155 

tiche Yehouda b. Schemaria '. On peut affirmer qu'il a vécu dans 
la seconde moitié du xm e siècle d'après le fol. 5 a, où il fait allusion 
à son séjour en Allemagne à l'Ecole de la « Grande Lumière, 
R. Méir », qui ne peut être que le fameux Méir b. Baruch de Rot- 
tenbourg. Là Yehouda se rencontra avec un certain David de 
Perse. 11 cite aussi un Joseph "^bnrr ainsi qu'un Eliézer de Magreb 
(fol. 4 b et 5 a). Notre auteur a visité Venise, où il a observé les 
méthodes de tissage. Il cite encore Haï Gaon, Ibn Ezra (fol. 4 a), 
Maïmonide et Yehouda ha-Cohen de Tudèle, le même que le 
médecin de la cour d'Alphonse X, qui fut aussi astronome et astro- 
logue 2 . Notre commentateur garde une attitude hostile aux philo- 
sophes et reproche à Maïmonide de pencher vers l'opinion des 
penseurs qui tiennent pour l'éternité de la matière (fol. 6 a). Les 
extraits qu'on donne ici pourront aider à identifier d'autres parties 
de ce commentaire, ce qui fournira de plus amples renseignements 
sur l'intéressante personnalité de son auteur. 

1. Fol. 2a en bas (sur d^siown nbai) : il ■n'niana Tja» îit 

2. Fol. 3 a : tprc yn kito ** «h ail ...(Ex., 30 23 ) im in 
\ann b« \tp an:>a «np^i rm^i. 

3. Fol. 3 6 : rmb mara ^nrrcjn a"? bxô [i2n]iB»tt ûiû mo "p-o? bn 
maa "p*xn ^n ->b ïttnssi isa û2»n ûnnm a-ino Kiï-n îo-ns» "îmanp 
mi3^ -noua ira uniDE ïiiab -o V? mittia a^irs }a rn-ii-p ^a« 

4. Fol. 4£, en bas : '»niû in» b* -»b nao ^a^ttii ^lî^ba L ,n 
•mn nN nEia -nafio "ïEnuî"' nstt 'b p ^a (fol. 5 a) *a vrbina a^-inn 
mnbin naoi bbanm imaa mvy yap anm amaan ava n^n ram 
n«stb ind^i l^a» ^an?j mm mnan n*D2 nyx nms jnanai pnna 
maa *cttintt o^bwEiain piD jwn boao ^aj b? 173*1 bia-« «bi 
bbcn:ia -lioan '»&n n»y «n mn» n* ains aanœ ïtmi bas un atan 
wiri «b anm a^-naan a-n ïr»n bi^ns "San. 

5. Au fol. 4 6, le sens de bîtt est expliqué, ira-' niaao ira 

1. V. b"-na rbna dans Oçar Tob, 1880, p. 28; 1883, p. 18 et 31. 

2. V. Graetz, t. VII 3 , p. 115 et 406. 

3. Méiri aussi appelle le Midrasch Temoura m"n72n (v. Oçar Midraschim, éd. 
Eisenstein, II, oSO, col. 1). 

4. Mahomet. 

5. "lb T-|72«T. 



156 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

HJDttn turtn .(Cant., iv, 15) fttab» û^bnai ïircb bra '•* ^n ïwirt 

'navba*. 

6. Fol. 5« : Iït^n» "Va .(Ex., xxxv, 7) n*m&n B«ba »smb bnp*n 
"n«»rt îanna naaiaNa ^nya ^oncrt m to in[a>Eœ] pi 
•«amna ans yiNa ra twti b"p"»an ^ne '^aii '"ma bTMïi 
*rna «bi a^na Dérapa an nnan aaan na^ai ynap pT ûnb c t«k 
(Ex., xxxvi, 8) aunn rua?» .... 3 a"7a iBbnn qo-p h i^sn "jai "pa^n 
^iya ^mN-i nti miat wrm rwn»fl "paian vr ba> pa^ia «nsb ba 
rrm ia rwn mm naa vasb mm am« in» ai» mma ïwwna 
^u-ina D'mtDp û^pi a-ôan mm iiaaa aizm mmo nna tnaw pyis 
ttan-i mfna i»a '•» maan ^an 'pain à maari *ib -na-iN mm ^n^rj 
m™ ïte bai t»d b* niaa rrnat in m-iN rrnat net irfl lawwi ncoa 
mm. 

7. Fol. 6 a : jnaa noaa rs baian n-ppna ^naa-ianrt riT» aa 
■o tnbna a^an ^a (fol. 6 b) ^nanb i-ian *ïwd b"*ni ...Dbwi 
ntaeo ->a ->aab a? nia» nN amiïib -«anp^n titi p» rjTaai ■•a» Tyat 
Taw qbNa nbai nburr ^a a-traan "naTi a-'pioDn "•as©» ib« n*oa 
irniaw w ■'a brwa iTaba ppn pi pp ab-i* a^n *a pco "ôa 
^a-i pnb narnia mai . aan *n)enb ne-» rpjnaïaai nara trama ana 
ûbuïi ibao nwn rraia anb unnm ->a bia» tp*i "ua-iabn Vt niatt 
ana-iata m..mpn "»a-»N7a D^snoib^Drs -naib rraia «in unn 
n»Ntt p« yian mpa am« nrm spo ib tn rrbnn ib *pN;a "^n** 
Nar?aa nbunio 4, 7aiNn amn^rs a^DiDib^Dn iuîna-« nrai ...iaN-<3a ^-îaia 
b"a pioarr ïiTTan ...mb ïit a'ip Nbi iotd by aanna nbrn-' a\an a^ Tm 
uîN-in bnan s-fiTaw ann *ja ïrnm ">aN n-^aa i^yatn ^aN 
...n"nbT oa-iDn. 

8. Fol. la : ^a a^aaian asuîwa 5 rmanrj ncoa ^ttbn ana 
na^T' Nbi npu: ^uja« n^m bN-i^ y-iN ^aoT>uj ^ini n"«rr mbraïi ron*» 
mœaN vm 6 7173173 ^3tnm Tra paa '^nana a^-imo vn ^a^cbi ir pn 
b^nu:^ ^n n?2« ^bn ^na^ ^a aann a^m . '^ rx W* Nbi a-»aiia 
...(fol. 7ô) ...ambaf 'n^ a^r? nmwrn a^aaian nbizîTatt nnn aa^ 
b'T «biabûTa *jnan. mirr-» n t-iai i^a 19. 

1. Kimhi explique de même : p 1«np3 anaSl"l733 ÏTÔVÙ an\25 "obi (v. 
Avonch, éd. Kohut, 5. y., bï73). 

2. tb rjNna. 

3. maa inmaw. 

4. û^njaiNn. 

5. Sur YAlmageste de Ptolémée, v. Steinschneider, Hebr. Uebersetzungen, p. 520 
suiv. 

6. Hos.,xn, 8. 



GLANURES DE LA GUENIZA 1S7 

9. Fol. 8 b, en haut : baa . d7ûit^» "parte in-iu nprrtan ijasm 
n*3 pp TYPS-rn ....'rr -pair* Tnan "»d» nTaNii ton rwinrT nbap 
m« ?W5i rnapn p*a ^rp&m no^aïi ma bmaa Tibanos (fol. 9«) 
b* Mian ms na?a p ■na "»na©m a^tt &*b?a mtaïaya naTa radian 

10. Fol. 10 6, en haut : bssi a^n û^nbN m-i nriN iïw* ^laoai 
*rnaa * n u: 1 7a u: isoai .an a*nu5 ^7a t a^oib-^arj fasn 'nna rm 
-1D0 3T . ..a- | anrn ni» "ONba an û*wdi n^io ^m ^ ^nattra rwabun 
•anTruart m an mm-i ia -narû rra-rirr p ro amaa tins*» ejon 
m&nBi ib i?abi bas*) «an bbanm i?aisr «npiû iy am» û'wbn» ifli 
rtb«i maanbi a^sb^b orro anm (fol. 11 a) ia-ina tamaran aia anan 
am« yaïïm y-i^a na^DTa ï-ttia> aann o^bp^aai a^-i© a-înpa 
...ûwa 't dïto »x»i. 

11. Fol. lia : ^n«5£53 rsa^py hi bN*?a^ 'm nnianai 
...rjia ■parc hi au:n v a r* 1 ÏTr " 2n ^ ®^ Rrnw nb roi nai ba 
. ..nriN «b 19 laizî «bi mian ib *pan in« bNa^aroi i"n . . .(fol. 11 b). 



3. R. Isaac b. Reouben de Barcelone. 

Ibn Daoud fournit sur ce savant (un des cinq Isaac) quelques 
détails biographiques d'après lesquels il quitta Barcelone pour 
Dania (évidemment dans sa jeunesse) et y épousa une femme 
issue d'une famille estimée. Il y demeura jusqu'à son dernier jour, 
remplissant les fonctions de Dayan ou de Rabbin, probablement 
après que R. Isaac b. Moïse eut quitté sa communauté pour Baby- 
lone, où il devint le chef de l'Académie de Bagdad. Isaac b. Reou- 
ben fut un poète liturgique et composa en outre des commentaires 
sur Eroubin et des parties de Ketoubot, qui, au témoignage d'Ibn 
Daoud, témoignent de son érudition 5 . Nous savons aussi qu'il tra- 
duisit l'ouvrage de Haï sur les lois d'achat et de vente sous le titre 



i. V. Sefer Yecira, cl, 14. 

2. Le même évidemment que le ^3am NUIT NOTaiD cité par Nachmanide 
(v. Abraham Vilna, a^b^D an, p. 131). 

3. Suppléer abl?a. 

4. V. Midrasch Temoura, l. c, c. 1 et 2. 

5. Se fer ha-Kabbala, daos Neubauer, Med. Jewish Ckronicles, I, 75. V. de plus 
ibid., p. 93, où Joseph b. Çaddik indique comme date de sa mort 4830 de la création 
(= 1010). Nachmanide fut un de ses descendants, et, d'après Siméon b. Cémah Duran, 
Yehouda al-Barceloni fut son disciple (v. Michael, Or ha-Hayim, p. 510, n" 1084). 



158 . REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de '■DttEm nptti '. Dans le fragment qu'on va lire un auteur ano- 
nyme cite de lui une explication du difficile passage de Sabbat 8 a 
(rvrna p-iî). Il y est dit qu'Isaac est venu d' « Edom » parce que 
Barcelone appartenait à une puissance chrétienne 2 . Son explica- 
tion, il la tient par tradition de son « grand maître » Hanokh (c'est, 
en effet, ainsi qu'il faut remplir la lacune recto 1. 24) b. Moïse, le 
célèbre rabbin de Cordoue et le rival de Joseph ibn Àbitour. Il est 
évident que notre Isaac fut, comme étudiant, le disciple de Hanokh 
et ensuite retourna à Barcelone qui était probablement son lieu de 
naissance. Mais faute de trouver là un emploi ou bien désireux 
de vivre dans la partie de l'Espagne qui était sous la domination 
arabe et où les Juifs jouissaient d'une plus grande tolérance, il 
partit pour le Sud et élut domicile à Dania. 

[T. -S. 8 F. 4 5 , 2 fol. papier déchirés et endommagés. Le fol. 1 
contient des gloses sur le Talmud en judéo-arabe. Il y a une 
lacune entre les fol. 1 et 2. Le fol. 2 est de la même main, quoique 
l'écriture soit plus petite. La première ligne du recto est la fin d'un 
paragraphe. Avec la ligne 2 commence une nouvelle glose.] 

"ai nb^aai '^y ba 
a^n mais mm ww mus* rtïriaa û*>anrj 5 iznb [rrnia p-iT **na hm] 

*nbb« *w mus nrauî rnrn nra nV»« 6 m aai nioe mata nam 

nmaa on rrD b* frétea 7 nm» ïrb*tob iban «bra û^p bœ m^inpb 

rj^auj ib*BH 73N ^N an .Tiras rwmwi rt?au) a-^n imû»i n?af) 

nabnrj n«T .nvnroy pinb mirrra 8 i2yu ^n a^n -^ ïwrai o 

ûmaan ipbm natt 1* rmi^jn rnap nw 9 bfcn ba nau: roD?:a erfl 

n-ms -o Ti73Ni manotan n» von* "jnÉ w morroa ronab nbia -dt 

10 toN-H nns wks mp^ sin njan ûiba iN^tt «bi nwssjb mim npbn it 

Nin m*U N72Ï51 Û2LD ib 'p&on 13N ^Nl^H "HE 731 !"W>aiD " N?73tt Î1T N5N 

4. V. Steinsehneider, Arab. Lileralur, p. 99. 

2. Elle avait été prise en 713 par les Mores, pour passer en 801, avec le reste de la 
Catalogne, au pouvoir des Francs. Après 874, elle devint indépendante. 

3. Ps., cm, 18. 

4. Sabb., 8 a. 

s. miznb. 

6. n^N. 

7. mia*». 

8. snyu. 

9. ynûnn pnca. 
io. û^im-in. 

11. Lire plutôt 1T Ï13H73U), cette lecture reçue. 



GLANURES DE LA GUEN1ZA 159 

-p n^t73 anao .vnoai a*a\B aipaa asnan a*aaj nanb ■hin *pn io 
n'?n *p n»« pesa -10 *p 73Tb tobt a an •pai-rja » toi ynt* Tiabna 
N-iasai na-naHa im« rapna naa •p^ *pb "^"i* "^a ^a Nb •pnyu: 
m*aab ifinia rmiabta it aabna traita natpa nan wri ht labu: 
iwroi pna b* ûrrwa «b« im» iraa «b«5 rraron ia wn mwnoian 
Nnraio a*a «pbo Nb-i ae* nVv aa-nns •pwa rtpnm 7-na «abna io 
R3*b«] «bi ntai-psa mat wieun *]-n TOa bp'ST bsaan warn Rrobvn 
nasa n* nms pnta Niau) Krobm N\a"n wn baatai "pa-> fia^n 
^nïï bba ^uîip aa "pai apibn "««ap Nnana-i ^a aaib ma ba> 
h]\av>a paian ^b rrn&rai aa twi D"»ai«mai ab un rn©Y»a nn« 
[n]-»D by aNsaa ara atrobw nsio bas* bba pso aa ty*» abi 20 
[Npa]aia «an anan *iy aa"n aab i-iana aôï amby anujpra ana 
....na pian Ta bfc'T bran ana pnar îrmai la^a-i iït»k a*p"H£ 
[mn]ai amaa yn rarroa aaoai aia-w noob a*na* "paoa 
[-pan ia-i]an bYwa iana abap «"«ai naa*a araia a^b* wa Tiabnai 
[rra]a ab p-raai aa^ab nbia -dt naaa na-n bp'î p*natn au:a Ta 25 
[ioitd a]inab -la^an Mtf iwnob n^na-ro anan .umpa "na-na 

ûhaïawja yrm aanp mura) a*nab-a anaa «[P]ar[an]a ^nb 

[tyaa] bœ [rah-rsa ainaa ia -nr-ian . ara naatb aanp Hfni abia 

nboa [anai abia]7a •paam abia>aan nnnaa N^a^ aâô ia"»-na 

[faan] wn «nob nab iwn abnn ,aoa a-iu)y iabu:a asiaaa a^pa 

■«an â« aamp ^-na pso abi apibn aa û^lfiwa pa \*tnxo 5 

'iai û^ana m©nb n-rna p-iT 

Jacob Mann. 

Baltimore, 
i. banian c'est-à-dire j. Eroubin, VII, 24 6, 1. 50 suiv. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE 

ET DE SAN MATEO 

(7 FÉVRIER 1413 — 13 NOVEMBRE 1414) 
(suite. 1 ) 



Chap. VII. — Le Messie a arraché aux limbes les âmes damnées. Le 
Midrach Ruth sur iv, 18' et Beréchit rabba zoutta sur Gen., u, 4' 
parlent d'une création complète de l'univers, ainsi que de la parfaite 
naissance de Péretz, le prototype du Messie, parce qu'il n'y avait pas 
encore d'ange de la mort avant le péché d'Adam et que le Messie vient 
de nouveau supprimer la mort. Le Midrach Tehillim sur Ps., xux, 3 k 
fait descendre en enfer Adam, Noé, Abraham, les fils d'Ismaël et ceux de 
Ketoura. D'après Baguiga, 27 a 5 , les différents justes y pénètrent sans 
que le feu les consume. David (Ps., lxxxvi,13) a prié, d'après le Midrach 
Tehillim sur ce passage, pour la libération du « Ghcol ». Jacob (Gen., 
xxxvu, 5) et Abraham {ibid., xv, 15) n'y ont pas échappé, d'après le Tar- 
goum d'Onkelos sur Gen., xxxvu, 5, et R. Rahmon 6 . Moïse lui-même, 
selon Kohéleth rabba, vu, 13 7 , y dut descendre également. Au sujet du 
voyage aux enfers de Josué ben Lévi au temps de Simon ben Gamaliel(î), 
pendant la destruction de Jérusalem, en compagnie du Messie fils de 
David, acclamé par les morts comme rédempteur, voir Moïse Hadarchan 
sur Genèse, xxiv, 67 8 . Le Messie triomphe de Satan d'après la même 
source sur Gen., xi, 28 9 , pour sauver toutes les générations des hommes 

1. Voir Revue des Éludes juives, t. LXXIV, p. 17. 

2. Pugio, 287. 

3. Ibid., 288. 

4. Ibid., 607. 

5. Ibid., 609. 

6. Ibid., 610. 

7. Ibid., 619. 

8. Ibid., 605-6. 

9. /6td.,598. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 161 

depuis l'époque d'Adam, mission pour l'accomplissement de laquelle, 
selon Isaïe, lui, 7, il accepta volontairement de donner sa vie en sacrifice, 
comme saint Jérôme a fort exactement compris le passage 1 . Le péché 
d'Adam a causé la mort du « Juste », d'après Midrach Kohélet rabba 
sur Eeclésiaste, vu, 13', et le « Juste », dans Zacharie, ix, 9, n'est autre, 
d'après Rachi sur ce passage, quelle Messie lui même 3 . 

Chap. VIII. — Le Messie, après trois jours de sépulture, devait ressus- 
citer. C'est ce qu'Osée a prédit, selon l'interprétation de R. Moïse Hadar- 
chan sur Gen., xxu, 4\ Il monta s'asseoir à la droite de Dieu; c'est ce 
que le Midrach Tehillim sur Ps., xvm, 36, se référant à Ps., ex, 1 5 , dit 
d'Abraham, que Dieu dut consoler de la peine qu'il éprouva en se voyant 
placé à sa gauche, alors que le Messie occupait la place de droite. Dans 
Haguiga, 14 a 6 , Daniel (vu, 9) vit deux trônes dans le ciel, l'un pour 
Dieu et l'autre pour David, c'est-à-dire pour le Messie dont le nom est 
David, d'après Ekha r., i, 51 (sur i, 16) 7 . R. Moïse Hadarchan, sur Gen., 
xvm, 22 8 , assigne aussi au Messie la place à la droite de Dieu. Comme 
« ïikkoun Sopherim », le Midrach Tehillim, sur Ps., xvm, 29 9 , compte, 
entre autres passages bibliques connus, "nfiO mis pour lis dans Ps., 
xxu, 17. Ces corrections sont dues à ce que Jérémie (vin, 8) appelle la 
« plume mensongère des scribes » de la Grande Synagogue. 

Chap. IX. — La tâche du Messie était de donner une nouvelle Loi, de 
mettre lin aux sacrifices et d'abolir les interdictions alimentaires. C'est 
pourquoi Rachi parle, à propos d'Isaïe, n, 2 10 , de la maison de Dieu qui, 
dans la suite des temps, sera élevée au-dessus du Sinaï, et Jérémie, xxxi, 
30-31, du renouvellement de l'alliance, c'est-à-dire, d'après Mekhilta sur 
Ex., xn, 3", de la Tora. Il est aussi question de la Loi donnée par le 
Messie dans Midrach Tehillim sur Ps., xxi, 2". C'est de ce renouvelle- 
ment qu'on parle aussi dans Chir rabba sur Cant., i, 3 13 . C'est pour cela 
qu'Isaïe, i, 11, et Malachie, i, 10-11, ont parlé de la cessation des sacri- 
fices. Seule l'offrande d'actions de grâces devait subsister à l'avenir, 



1. 


Oblatus est quia ipse voluit 


2. 


Pugio, 562. 


3. 


Ibid. 


4. 


Ibid., 877. 


5. 


Ibid., 882 et 476. 


6. 


Ibid., 345. 


7. 


Ibid., 346. 


8. 


Ibid., 277. 


9. 


Ibid., 695 et 278. 


1". 


Ibid., 433. 


11. 


Ibid., 779. 


12. 


Ibid., 651. 


13. 


Ibid., 885. 




T. LXXIV, n° 148. 



à 



162 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

d'après le Midrach Tehillim sur Ps., l, 23 l . Dans le culte des sacrifices. 
Maïmonide {More, III, 32)' a reconnu un antidote à l'idolâtrie. Melchi- 
sédec, image du Messie futur, n'offrit, comme le fait remarquer R. Moïse 
Hadarchan sur Gen., xiv, 18 3 , que le pain et le vin. Ce même docteur, 
dans son Midrach sur Gen., xu, 1 \ nous montre le Messie autorisant 
l'usage des mets défendus. Le porc s'appelle en hébreu "Pin, parce 
que l'usage de cette viande sera un jour « rendu » à Israël ("rny 
banizrb TTnïib) 5 . On doit obéissance au prophète, sauf dans le cas où il 
prescrit l'idolâtrie (Sanhédr., 90 a) 6 ; or, Jésus était plus qu'un prophète, 
puisque le Beréchit rabba, sur Gen., xxvm, 10 7 , place le Messie, d'après 
Isaïe, lu, 13, au-dessus d'Abraham, de Moïse et des anges du service 
divin 8 . 

Ghap. X. — Les disciples du Messie ont travaillé à extirper l'idolâtrie, 
ce qui faisait partie de la mission du Messie, en particulier Paul par ses 
Épîtres. Même les Mahométans, qui voient un envoyé de Dieu en la per- 
sonne de leur fondateur, et les Juifs qui, dans le Talmud rédigé par. 
Rabina et R. Achi, vénèrent des révélations de Moïse au Sinaï, tiennent 
cependant fermement à la loi fondamentale de la Tora. Le Chir rabba, 
sur Gant., h, 8°, voit dans la suppression du culte des idoles la princi- 
pale mission du Messie. La. prière de Moussaf pour la fête du Nouvel An, 
prière composée par les hommes de la Grande Synagogue, s'exprime 
dans les mêmes termes. Or, tout homme, qu'il soit chrétien, juif ou 
musulman, reconnaît maintenant Dieu pour le Créateur du monde. Le 
Beréchit rabba de Moïse Hadarchan, sur Genèse, xlix, 10, et xli, 44 ,0 , 
parle de l'union des Gentils à Israël sous le sceptre du Messie. D'après la 
Mekhilta (Michpatim, 18, sur Ex., xxu, 21) ll , les prosélytes fourniront 
des prêtres pour le Temple de Dieu, comme le prosélyte Akylas l'a appris 
en manière d'encouragement de la bouche des docteurs. 

Chap. XI. — Le Messie devait se présenter sous de pauvres et humbles 
apparences, d'après Zacharie, ix, 9, et c'est ainsi que Jésus entra à Jéru- 
salem monté sur une ànesse (Matth., xxi, 1-11). Rachi, sur ce passage de 
Zacharie, a reconnu une prophétie se rapportant au Messie, mais il s'est 
trompé en ajoutant qu'aucun chef ne s'est élevé en Israël à l'époque du 

1. Pugio, 814. 

2. Ibid., 810. 

3. Ibid., 840. 

4. Ibid., 802. 

5. Lévilique r., xiii, 5, i. f. 

6. Pugio, 413. 
1. Ibid., 428. 

8. Tanhouma, Toledot, i, f. 

9. Pugio, 369. 

10. Ibid., $2%. 

11. Ibid., 457. 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 163 

second Temple qui ait « dominé d'une mer à l'autre », parce qu'il croyait 
que la puissance du Messie devait se manifester d'une manière maté- 
rielle, tandis que son empire consiste dans l'extension de la foi que le 
monde doit avoir en lui. Sur l'humilité du Messie qui entra à Jérusalem 
monté sur une ànesse pour opérer la rédemption d'Israël, il faut lire 
aussi Moïse Hadarchan sur Gen., xlix, 11 1 . La passion que devait endurer 
le Messie est décrite par le Sifra, Vayikra, par. xu, 10, à propos d'Isaïe, 
lui, 3\ D'après Sanhédrin, 98 a 3 , Josué ben Lévi a rencontré le Messie 
souffrant à Rome. 

A la fin de ce chapitre, Geronimo fait mention de la date où il a écrit 
son livre, 1412 de l'ère chrétienne 4 . 

Chap. XII. — L'avènement du Messie fut annoncé à l'avance par le 
précurseur dans le désert. C'est la haine des Juifs contre le Messie qui est 
la cause de leur exil. C'est « R. Yohanan ben Zacharia, saint Jean-Bap- 
tiste, allié à la famille royale d'Hérode », qui a rempli ce rôle de pré- 
curseur. Dans le livre de Ben Gorion 5 , on lisait : « Rabbi Yohanan 
baptisa dans le Jourdain Jésus de Nazareth », mais les Juifs, à l'époque 
de Geronimo, ont supprimé ce passage, comme d'autres passages sem- 
blables du Talmud qui attestaient la vérité du christianisme. Une trace 
de 1' « Odium gratis » qui a condamné Israël à l'exil se trouve dans 
Debarim rabba sur Deut., xxxu, 20 6 . C'est pourquoi, depuis la destruc- 
tion du Temple, les portes du ciel demeurent fermées aux prières des 
Juifs, d'après Berakhot, 32b, s'appuyant sur Lament., ni, 8 7 ; mais 
cependant, selon le Midrach Tehillim sur Ps., lxv, 2 8 , les portes du 
repentir leur restent toujours ouvertes. 

Jésus est donc le véritable Messie en qui devaient se trouver réunies 
les vingt-quatre conditions que Geronimo a énumérées dans son premier 
chapitre. Mais si l'on se demande comment il se fait que les docteurs 
juifs, qui jour et nuit se consacrent à l'étude du Talmud, ne recon- 
naissent pas la vérité dans les passages cités et n'embrassent point la foi 
nouvelle, il y a deux réponses à faire à cela : le Talmud contient trois 
matières différentes : des règles de droit qui concernent les relations des 
hommes entre eux, comme les canons des papes ; des commandements 
et des défenses au sujet des aliments défendus, des devoirs de l'homme 
envers Dieu, comme la prière, les fêtes, le culte des sacrifices, au sujet 
des devoirs réciproques des époux, semblables aux décrets des Chrétiens; 

1 . Pugio, 842. ' 

2. Ibid., 866. 

3. Ibid., 351. 

*. mm btti Ep« ht i^rn imx: nn^n rtiitttnrt in^attî rmi d?£>. 

5. Yosippon, ch. lxiii. 

6. Pugio, 261. 

7. Ibid., 911. 

8. Ibid., m. 



164 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

enfin, des opinions au sujet de la création, des patriarches et de leur 
histoire, de la nature et des qualités du Messie, du paradis et de l'enfer, 
de la résurrection et du jugement à venir, ce que l'on désigne sous le 
nom de Hagadot et de Midrachim. Ce sont les deux premières parties qui, 
dit l'auteur, forment l'objet habituel de l'étude des Juifs, ses contempo- 
rains, qui, par là, acquièrent honneur et considération dans leur peuple. 
Quelques passages cependant de la troisième partie étaient lus,' mais 
seulement d'une manière toute superficielle, si bien que même de grands 
rabbins, qui consacraient leur vie entière à l'étude du Talmud, savaient 
à peine un mot dès Hagadot. Il faut dire aussi que des passages déta- 
chés, dispersés çà et là, ne pouvaient pas produire l'impression attendue; 
c'est seulement en les réunissant en un corps de doctrine et en les 
comparant aux enseignements des Prophètes que l'on peut en retirer 
une conviction sérieuse. Mais celle des Juifs est viciée par les passions 
charnelles et l'amour du gain par l'usure, sans véritable travail. C'est 
ainsi qu'une matrone, apercevant R. Yohanan, le compara aux éleveurs 
de pourceaux et aux usuriers '. 

Cette déformation d'une grande partie de la littérature juive ne 
demeura pas sans réponse. Il faut citer comme ayant écrit contre 
le Se fer ha-Pikkourim : 

1. — Don Vidal Benveniste de Saragosse dans son trtznp wp 
(Ms. Abraham Epstein, Vienne, n° 10*). Ce livre, divisé pareille- 
ment en douze chapitres, contient, sous les titres rran -ra» et 
n^wn -ittK, tout le texte de Jérôme avec la réponse de Benveniste 
en regard, chapitre par chapitre 2 . 

2. — Isaac Nathan ben Kalonymos Bongodas d'Arles, l'auteur 
de la première Concordance hébraïque (florissait en 1437-1445), 
dans son rwitt nroin (Wolf, Bibliothecca, I, 464 et 683). 

3. — Salomon ben Sémah Duran, stohb nttnbtt (éd. Leipzig, 
1856), composé en 1437 et dirigé contre le traité qui concerne les 
erreurs du Talmud. 

4. — Moïse Botarel de Cisneros, que Hasdaï Crescas, au dire de 
Geronimo d'après le procès-verbal, avait reconnu pour le Messie et 

1. Bevakhol, 55 a. Cette citation haineuse est la seule que Geronimo n'ait point 
empruntée au laborieux travail de Raymond Martini. 

2. Voici le début : TTB^sKtt ^sb ynyu imattîa ip-nb juiirpb "mp^s 
tpâfa najroi ,ib iBaoi ■HO'wa ■nuo"'»» toi» anpai (Da Luna) ^n-ph 
Nip .""ïibN cpoib^e nprron tosïto nrtN omb* niran Tiata in an» m 






LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 165 

qui doit s'être trouvé lui-même à Tortose à l'époque de la confé- 
rence, passe pour avoir écrit un ouvrage contre Lorqui *. 

0. — Isaac Abrabanel réfute dans le "imatt ny-na** (éd. Garlsruhe, 
1820) plusieurs chapitres du Se fer ha-Pikkourim. 

6. — Haïm ibn Mousa, dans réintroduction de son nttm p72 
(composé en 1456), s'élève contre Geronimo : rirc*:© ïTO'nn -iddi 
'nto ipmb TQ^arwi , ' h iu^N» rûn TOira-maa (comp. Hebr. Biblio- 
graphie, III, 72, et VI, 13). 

Au sujet de la mission à laquelle se livra Jérôme contre le 
Talmud et des subsides qu'il reçut à cet effet de l'antipape 
Benoît XIII, nous trouvons des indications dans les Regesta 
Avenionensia Benedicti XIII, t. LXXII (n° 349, f. 760 v°) : 

Le même jour (18 mai 1417) furent payés, par ordre de François 
Daranda et Pierre Gomollis, à Maître Jérôme de Sainte-Foi, médecin de 
notre Seigneur le pape, pour son salaire des mois de décembre et de 
janvier des années 1415 et 1416 et pour la provision de deux serviteurs 
pour le temps où, par ordre de notre Seigneur le pape, il travailla et fit 
appel à la conversion des Juifs et pour la publication de l'ordonnance 
dudit notre Seigneur le Pape et du Seigneur roi d'Aragon et pour les 
copies qu'il fit faire et les autres lettres des susdites ordonnances et 
pour le transport des livres des aljamas des Juifs qu'il visita et pour 
certains cadenas qu'il acheta pour quelques synagogues et pour certains 
courriers qu'il envoya à notre Seigneur le pape, en déduction des 
II e florins d'Aragon à lui-même pour toutes les choses susdites, cent 
florins semblables, lui-même les recevant en présence d'Egidius de 
Moraleis, son familier, LXXIII florins de la Chambre X sol. 

(Sur le feuillet 761 v°, un paiement des cent autres florins est enre- 
gistré dans une quittance.) 

Quant à Benoît XIII (Pedro da Luna), cet antipape témoigna de 
bonne heure un goût prononcé pour les discussions avec les Juifs 
sur des sujets théologiques. Nous possédons un semblable docu- 
ment relatif à une controverse que Pierre de Lune, alors cardinal 
(avant 1386), soutint, à Pampelune, contre R. Ghemtob ben 
Isaac Ibn Ghaprout, de Tudèle, en présence d'une assemblée 
distinguée d'évêques et autres savants théologiens chrétiens, sur 
la question du péché originel et de la rédemption. 

1. Voir Jew. EncycL, s. v. Je n'ai aucun renseignement sur cet ouvrage. 



166 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Chemtob rapporte cette discussion dans son ouvrage irrn fa», 
composé en 1386 et conservé en manuscrit '. A la fin de la contro- 
verse, Pierre de Lune aurait assuré à son contradicteur : « Je 
reconnais que tu m'as vaincu par tes réponses et que je ne puis 
répliquer victorieusement à les arguments. Mais ma foi est vraie 
d'après la tradition que nous avons et si vous, juifs, n'y croyez 
pas, notre foi n'en est pas diminuée. » 



IV. — Les participants juifs du colloque. 

A. — Les lettres d'invitation du pape Benoît à la aljama, d'après 
E.-Gl. Girbal, Los jadios en Gerona, qui a puisé le texte dans le 
Manuel des années 1411 à 1413, n° 5, f° 99, étaient ainsi conçues : 

[26 novembre 1412.] 

Benoît, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à la communauté 
(aljama) des Juifs de la ville de Gérone : « reconnaître la voie de la 
vérité et ne pas errer dans les fondements de la foi ». 

Comme par suite du lien de charité qui nous astreint et du devoir de 
notre charge, nous sommes obligé de travailler de toutes nos forces à 
procurer le salut des âmes à tous, fidèles et infidèles, et parce que nous 
voulons essayer par l'exaltation et l'extension de la foi chrétienne sur 
quelques articles dont la copie en hébreu vous est envoyée par Azag 
Toros, afin que, le brouillard de l'aveuglement des Juifs étant dissipé, 
vous puissiez connaître l'éclat de la lumière éternelle, 

A cet effet, nous vous requérons et vous exhortons, vous en faisant un 
ordre strict, vous enjoignant de prendre des mesures pour envoyer 
quatre ou au moins deux de vos plus savants versés dans la loi de Moïse, 
d'ici au quinzième jour du prochain mois de janvier, toute excuse étant 
refusée. Ces envoyés comparaîtront devant nous dans le temps fixé, avec 
ledit Azag Toros, votre messager, ici ou ailleurs, c'est-à-dire là où nous 
nous trouverons dans les Etats de notre très cher fils en Christ, Ferdi- 
nand, roi d'Aragon, pour entendre ce que nous voudrons et répondre 
aux susdits articles. Et parce que Bonastruch Demaestre a la réputation 
d'être érudit dans ces matières, nous voulons que vous l'envoyiez lui 
surtout parmi les autres, et que vous subveniez à leurs dépenses et que 
vous leur payiez les salaires accoutumés en pareilles circonstances, en 
ne perdant pas de vue que, si en cela vous n'obéissiez point à mes 

1. Ms. du Séminaire de Breslau n° 59, Porte II, chap. ix (collationné avec le ms. de 
la Bodléienne, Opp. Add., qu. 111, fol. 70 6, et avec le fragment du ms. de la 
Bibliothèque Nationale de Paris, Hebr. n° 831*, 121a-1246). 



LE COLLOQUE DE TORTOSE ET DE SAN MATEO 167 

injonctions, dans le délai fixé, nous procéderions contre vous efficace- 
ment, par des remèdes opportuns, comme le veulent également les 
droits divins et les droits humains. 

Donné à Tortose, le VI des calendes de décembre, la dix-neuvième 
année de notre pontificat. 

Girbal raconte ensuite (p. 35), d'après le procès-verbal qui 
accompagne l'écrit, qu'à la suite de celui-ci et d'un autre encore 
adressé aux Juifs par le pape Benoît, Raymond de Gastellar, 
évèque de Gérone, a député un messager avec un notaire à la 
communauté juive de sa ville épiscopale. Girbal ajoute : 

Dans un cahier in-4° qui se trouve à partir du folio 99 dans le registre 
des années 1411 à 1413, numéro 5 de cette curie épiscopale, on lit que, le 
8 décembre 1412, jour de la fête de la sanctification de Notre-Dame, 
l'évêque Raymond de Castellar ou Descattlar, en raison de deux lettres 
du pape à remettre à la aljama, envoya aux Juifs une députation, 
accompagnée du notaire, et que les Juifs se présentèrent à elle, à savoir 
notamment : 

Bonastruch Maestre, Azag Torôs, Nassim Ferrer, Jaffuda Alfaquim et 
Bonastruch Joseph, 

Lesquels reçurent à genoux lesdites lettres en signe de respect et 
d'obéissance. 

Les noms des trois premiers se trouvent dans le procès-verbal, 
mais ils ne prirent pas la parole au colloque de Tortose ; leur rôle 
se borna à recevoir la lettre du pape Benoît par l'entremise de 
Tévêque de Gérone. 

Girbal donne bien le contenu de la lettre d'invitation commu- 
niquée, mais non pas celui du premier écrit du pape Benoît. C'était 
donc seulement la copie des articles rédigés en hébreu et réunis 
par Jérôme dans son Sépher ha-Pikkonrim et qui furent déve- 
loppés au cours du colloque. La lettre susdite la qualifie de 
« copia ». 

Pour connaître les noms des rabbins qui prirent part comme 
orateurs au colloque de Tortose, il existe encore, dans les Regesta 
Avenionensia Benedicti XI II, tome LXIII, n° 340, f° 32 v°, une 
lettre de ce pape, du 23 juin 1413, adressée à sept juifs de Huesca, 
Castellon de Ampurias, Montalban, Barbastro et Gérone, parce 
que ceux-ci s'étaient éloignés de Tortose sans permission, les- 
quels juifs furent rappelés par le pape sous menace de châ- 
timents. 



168 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Voici le texte de la lettre adressée au (4°) rabbin Juce Abinarduc , 
juif de la aljama de la ville de Huesca : 

Comme précédemment, selon le devoir de notre charge, qui nous oblige 
non seulement envers les fidèles, mais aussi envers les infidèles, nous 
voulions donner un enseignement et une connaissance de la foi catho- 
lique à toi et aux autres juifs de la aljama de Huesca, pour le salut de 
vos âmes, afin que, les ténèbres de la superstition judaïque étant dissi- 
pées, vous puissiez connaître le précieux éclat de la lumière éternelle, 
nous avons ordonné que vous comparussiez en notre présence, toi et ceux- 
là, en même temps que d'autres juifs du royaume d'Aragon, au jour fixé, 
comme cela est expliqué plus au long dans nos lettres envoyées d'ici. 

Mais attendu que, comme nous vous l'avons dit à tous, notre intention 
était et est toujours de veiller comme nous le devons sur certaines 
erreurs damnables explicitement exprimées dans un certain livre que 
vous avez appelé Talmut, qui sont reconnues non seulement contraires 
à Dieu, à la loi naturelle et à la sainte Ecriture, mais aussi tout à fait 
méprisantes pour la susdite foi, nous avons donné à toi et à eux le 
commandement exprès que vous ne devriez pas vous en aller deTortose 
jusqu'à ce qu'il soit pourvu de part et d'autre au sujet de ces choses et 
d'autres encore pour lesquelles vous avez été convoqués, ordre que toi 
entre autres, semble-t-il, as refusé d'observer. Car ayant méprisé témé- 
rairement le susdit commandement sans attendre l'arrangement dont 
s'agit, ni aucune conclusion dans les matières en question, tu t'en es 
allé sans permission et comme contumace de la dite ville. 

Mais aussi comme nous tenons sur terre la place de Celui qui ne con- 
naît pas d'œuvres imparfaites et qu'il convient que nous l'imitions dans 
la mesure de nos forces, nous avons l'intention, avec le secours du 
Seigneur, de conduire rapidement à une heureuse conclusion l'affaire 
commencée. C'est pourquoi nous t'ordonnons expressément que, mettant 
de côté tout empêchement pour retarder ou pour te soustraire, dans les 
dix jours qui suivront la présentation ou la notification des présentes 
faite à toi-même en tel lieu où vraisemblablement cette notification 
pourra t'atteindre, et qui seront comptés comme écoulés, tu compa- 
raisses personnellement dans la Curie romaine, en notre présence, où, 
ayant purgé ta contumace, que tu n'as pas hésité à encourir, ainsi qu'il 
est dit plus haut, nous voulons que tu répondes d'une manière satisfai- 
sante aux questions sur certains articles concernant la cause de la foi et 
l'hérésie, lesquelles seront apportées et présentées contre toi par mon 
bien-aimé fils le procureur fiscal dans la dite curie, sachant que, si tu 
n'obéis pas à ce commandement, nous procéderons contre toi d'une 
manière efficace, comme en disposent à la fois les droits divins et humains. 

Donné à Peniscola, diocèse de Tortose, le VIII des calendes de juillet 
de Tan dix-neuf. 

(A suivre.) Ad. Posnanski. 



SAMUEL POZNANSKI 



En notre temps de spécialisation où la masse sans cesse crois- 
sante des matériaux menace de submerger l'étudiant et contraint 
la plupart d'entre nous à limiter nos recherches à un département 
ou à une période spéciale de la littérature juive, la mort préma- 
turée d'un savant de la culture et de l'érudition de Samuel Poz- 
nanski est un coup particulièrement sensible et une perte irrépa- 
rable. Il était parfaitement à l'aise dans presque toutes les branches 
de l'histoire et de la littérature juive du moyen âge, et l'on serait 
embarrassé de dire quelle fut au juste sa spécialité. On lui doit des 
contributions d'égale importance à l'histoire de la grammaire 
hébraïque, de l'exégèse, de la période gaonique et des établisse- 
ments qui fleurirent lors de la décentralisation dans différentes 
contrées d'Occident, depuis que le gaonat perdit son éclat. Après 
Harkavy, Poznanski fut la plus grande autorité en ce qui concerne 
les sectes juives en général et les Caraïtes en particulier, et il était 
au courant de toute la littérature judéo-arabe. Il fut un bibliogra- 
phe de rare mérite ; lecteur insatiable, il suivait les publications 
même sur des sujets qui demeuraient en dehors de ses préoccu- 
pations immédiates, comme la philosophie juive et arabe. La litté- 
rature biblique moderne, si négligée d'ordinaire par ceux qui étu- 

1 . M. Edouard Poznanski, fils du D r S. Poznanski, ayant envoyé à cette Revue, dans 
le même temps que notre article, une bibliographie complète des ouvrages et articles 
de son regretté père, nous avons jugé plus simple de supprimer nos propres notes 
bibliographiques et de renvoyer aux numéros de la Bibliographie E. Poznanski, qu'on 
trouvera plus loin. Toutefois, notre liste des comptes rendus d'ouvrages étant établie 
par ordre alphabétique, et non par année, nous l'avons conservée en la complétant 
grâce à la Bibliographie E. Poznanski. Celle-ci, en revanche, a été allégée, autant 
que possible, de toute cette partie, considérable, de la nomenclature. Nous ren- 
voyons donc, pour les travaux originaux, à la liste Poznanski au moyen d'un simple 
numéro et à notre liste des comptes rendus, imprimée à la suite, au moyen de la 
lettre \\ suivie des lettres s. v. (sub voce) et du nom de l'auteur visé. 



170 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(lient la littérature juive médiévale, lui était familière, et son atti- 
tude en cette matière était celle de la critique conservatrice. C'est 
ainsi qu'il s'opposait aux vues radicales de quelques-uns des colla- 
borateurs du commentaire critique de Kahana, pour lequel il avait 
promis de commenter le livre de Zacharie '. Justement sa première 
publication traite d'un sujet biblique 2 , et, à l'occasion, il est 
revenu à la Bible dans des travaux ultérieurs 3 . Gomme la plupart 
des savants juifs sérieux, il avait une excellente formation lalmu- 
dique et il montra sa connaissance de l'étude scientifique moderne 
de la littérature talmudique dans divers comptes rendus d'ouvrages 
tels que les importants travaux de Ratner sur leïalmud palesti- 
nien, le Maftèah de Guttmann et l'édition du Sifrè d'Horowitz \ 
Poznanski eut le rare avantage de posséder un grand nombre 
de langues, ce qui lui permit de servir d'intermédiaire entre l'Orient 
et l'Occident. Tandis qu'il nous faisait connaître bien des œuvres 
russes et polonaises qui, sans lui, seraient restées ignorées de la 
plupart d'entre nous b , d'autre part, il initiait un large cercle de 
lecteurs hébreux à maint ouvrage anglais par les recensions sub- 
stantielles qu'il a données à divers périodiques hébraïques 6 . Il a 
contribué encore à ceux-ci par des esquisses mettant en lumière 
l'activité littéraire de quelques-uns des grands savants récemment 
disparus 7 . Pour l'ambitieuse, mais éphémère Bibliotheca haguedola 
il avait édité et annoté les écrits hébraïques de Geiger 8 , dont il 
résuma quelques-unes des meilleures pages de façon magistrale 9 . 
Son style, en hébreu comme en allemand, était clair et fluide, et la 
tenue littéraire de ses sermons polonais passait pour remarquable '°. 
Il savait l'arabe à fond, pouvait lire toutes les langues modernes, 
et quoique ses articles dans les périodiques anglais, français, et 
italiens fussent probablement traduits de l'allemand, il parlait le 
français et correspondait parfois en français et en anglais. 

1 . Tkeologische Literalurzeilung, 1907, p. 262 ; R. s. v. Biblia. 

2. N° 1 de la liste Poznanski. 

3. P. ex. n« 26. 

4. R. s. v. 

5. R. s. v. Acten, Bersolin, Kokovzoff, Modelski, Pereferkowitsch, Radlinski, 
Wishnitzer, etc. 

6. N°» 219, 265, 297, 243, 280, 281, 282. 

7. N" 209, 218, 224, 240, 253, 283, 284, 291, 300. 

8. N° 158. 

9. Abraham Geiger, Leben und Lebenswerk, Berlin, 1910, chapitres : Geschichte 
der Sekten und der Halacha, pp. 352-87 ; Die Nordfranzosische Exegetenschule, 
p. 388-399. 

10. N- 87, 105, 117, 215,238. 



SAMUEL POZNANSKl 171 

L'œuvre de Poznanski nous montre en lui un érudit attaché aux 
détails plutôt qu'un homme d'intuition. Cependant, il n'a jamais 
perdu de vue la place de ces détails dans le développement général, 
et sur leur base il se composait à lui-même une image compréhen- 
sive de la période ou de la branche littéraire envisagée. Bien des 
l'ois, ses premiers articles lui servirent de point de départ pour des 
livres ultérieurs de plus grande portée. Il avait traité à plusieurs 
reprises de diverses phases de l'activité des exégètes de la France 
septentrionale * et de leur place dans les rangs des Paschtanim, 
les interprètes rationnels de la Bible. Dans l'introduction de son 
édition des œuvres de l'un de ces exégètes, Eléazar de Beaugency 2 , 
il a saisi l'occasion de nous offrir un tableau complet de toute 
l'école, et cette introduction est beaucoup plus importante que 
le texte qu'il a édité. L'ouvrage a été publié par les Mekizè Nirda- 
mim et devait être suivi 3 d'une édition de l'important Se fer ha- 
Gan, découvert par Poznanski dans un manuscrit devienne. Cette 
édition devait être précédée d'une monographie sur les compila- 
tions exégétiques postérieures du nord de la France. 

Il projetait une étude compréhensive du même genre sur les 
grammairiens et les exégètes de l'Empire byzantin 5 , et l'un de ses 
premiers livres, Eine hebraïsche Grammatik aus dem XIII 
Jahrhundert 5 appartient à cet ordre d'études. Mais il ne continua 
pas les Beitràge zur Geschichte der hebràischen Sprachivissen- 
schaft inaugurées par cet ouvrage. L'année suivante, il publiait 
l'introduction à une autre grammaire, compilée en Babylonie au 
xm e siècle parlsaac ben Eléazar Halévi, un savant qui venait peut- 
être d'Espagne 6 . Il s'occupe d'un autre linguiste oriental dans 
son article sur le Kitab Al-Kamil de Jacob ben Eléazar 7 . 

Il commença ses importantes contributions à l'histoire de la 
grammaire et de l'exégèse en Espagne par une excellente thèse de 
doctorat sur Moïse ibn Chiquitilla 8 , qui montra d'emblée la matu- 
rité de son savoir, sa maîtrise du sujet et aussi son aptitude à 

1. N°» 63, 76, 101 ; R. s. v. Wright, Mikraot Guedolot, Lambert, Berliner. N° 162 
appartient aussi à cet ordre d'études. 

2. N° 191. R. s. v. Eliézer aus Beaugency (esquisse de l'introduction donnée par 
l'auteur lui-même). 

3. Voir l'Introduction, p. xcvm ; cf. Z. f. H. B., XVII, p. 102. 

4. R. É. J. t LX, p. 155, note. 

5. N* 8. 

6. N» 12. 

7. N« 30. 

8. N ' 16, cf. 5, 11. 



472 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

extraire du vaste champ de la littérature juive tout ce qui se rap- 
portait au même sujet. Il recueillit tout ce qu'on pouvait connaître 
à cette date sur le premier exégète espagnol et caractérisa judi- 
cieusement ses œuvres. Dans un article spécial \ il avait prouvé 
que Ibn Chiquitilla a joint des additions à sa traduction de Haj- 
joug. Ultérieurement il compléta son étude grâce à des manuscrits 
découverts par la suite, en recueillant des citations dans les 
commentaires de Tanhoum Yerouchalmi 2 et en décrivant un 
Commentaire d'Ibn Chiquitilla sur les Psaumes 3 trouvé dans un 
manuscrit de Pétersbourg, qu'il avait l'intention de publier. Il 
s'intéressa également au contemporain et adversaire d'Ibn Chiqui- 
tilla, Juda ibn Balam, dont il publia le commentaire sur Josué et 
les Juges *, ainsi que des extraits du Commentaire sur II Samuel b . 
Il était sur le point de donner encore le commentaire sur les petits 
prophètes. Au même auteur il a aussi attribué un fragment de la 
Gueniza contenant un morceau du Commentaire sur le Lévitique 6 . 
Il découvrit des fragments de l'original d'un des traités grammati- 
caux d'Ibn Balam 7 et étudia ses contributions à l'étude compara- 
tive des langues hébraïque et arabe 8 . Sur le grammairien Ibn 
Baroun il a trouvé quelques nouvelles informations 9 . Un exégète 
quelque peu postérieur est caractérisé par lui dans sa monogra- 
phie sur Tanhoum Yerouchalmi 10 , dont le commentaire sur Jonas 
a été publié avec une introduction en russe par Kokovzoff. Il a 
donné quelques renseignements sur les manuscrits de Pétersbourg, 
des Commentaires de Tanhoum sur les Psaumes et Isaïe H . Il a 
publié quelques extraits du Commentaire sur Koheleth par le 
célèbre médecin Abou'l-Barakat Hibat-Allah qui se convertit plus 
tarda l'Islam 12 . Il a donné une liste des autorités citées dans le 
commentaire hébraïque sur Michlé de Joseph ibn Nahmias 13 

p cet ouvrage 14 . Il s'est occupé 

p. 28-44. 



et aidé M. 


L. Bamber 


•ger 


à é 


dite 


1. 


N» 14. 












2. 


R. É. J. 


, XLI, 


46-61 ; 


t. à 


p. (n< 


»47) 


3. 


N° 168. 












4. 


N 08 67, 


106. 










0. 


N° 19. 












6. 


N» 41. 












7. 


N 08 38, 


100. 










8. 


N° 214. 












9. 


N° 85. 












10. 


N°47. 






- 






11. 


N° 50 bis, 52. 










12. 


N° 178. 












13. 


N° 20. 












14. 


N» 166. 













SAMUEL POZNANSKI 173 

de l'un des premiers philologues espagnols dans ses articles 
sur les ouvrages linguistiques de Samuel ba-Naguid ! fondés en 
partie sur une publication en russe de Kokovzoff. Il y a trouvé une 
preuve convaincante en faveur de son hypothèse antérieure que 
les vingt-deux ouvrages grammaticaux du Naguid, si souvent dis- 
cutés, ne sont rien d'autre que les lettres de l'alphabet dans son 
dictionnaire, le KitaJb al-lstigna. 

Dans ses importants travaux concernant la période gaonique, 
il eut aussi fréquemment l'occasion de s'occuper d'ouvrages de 
grammaire et d'exégèse. Il a extrait des interprétations de Samuel 
B. Hofni sur le dernier chapitre de la Genèse du commentaire 
d'Abraham Maïmoni 2 , et complété le recueil de citations fait par 
Steinschneider au moyen du dictionnaire Al-Hawi de Haï 3 . Ses notes 
sur les Earliest Bible Difficulties* publiées par Schechter méritent 
d'être mentionnées à ce sujet. Il a réuni les quarante curieuses 
interprétations citées au nom de Saadia par les exégètes du nord 
de la France et a montré qu'elles ne peuvent être attribuées à un 
homonyme français ou allemand, par ailleurs inconnu, quoique 
certaines d'entre elles soient sûrement attribuées par erreur au 
Gaon :j . De ses Miscellen ùber Saadia le n° IV 6 traite de la tra- 
duction arabe d'Esther faite par le Gaon et le V 7 d'un commentaire 
sur l'Ecclésiaste faussement attribué à Saadia, en réalité, comme 
l'a prouvé Poznanski, l'œuvre de Salomon b. Yerouham. Le III 8 , 
qui traite de l'année de la Rédemption, contient un extrait du 
commentaire arabe sur Daniel. Ailleurs il s'occupe du commen- 
taire hébreu attribué à Saadia 9 . Il a consacré une monographie aux 
écrits anti-caraïtes 10 du Gaon. Sa monographie surHiwi H est aussi 
fondée sur les ouvrages de Saadia. Il a groupé tous les renseigne- 
ments connus sur Dosa, fils de Saadia j2 , et sur Israël Gaon 13 , fils 
de Samuel b. Hofni. 

1. N°M45, 146. 

2. N° 29. 

3. N c 53. 

4. N° 55. 

5. K°288. 

6. N°57. 

7. N« 110. 

8. N° 39 ; quant aux Miscellen, voir n 06 13 et 27. 

9. >'• 50. 

10. N°° 36, 128. 

11. N« 120. 

12. N° 107. 

13. N° 161. 



174 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

La découverte de l'original araméen du vieux code gaonique 
Ilalachot PesoukoO lui donna l'occasion d'une intéressante étude 
fondée en partie sur des manuscrits de la Gueniza 2 . Incidemment 
il montra qu'une pièce récemment publiée comme une version 
des Ilalachot Guedolot appartenait en réalité à ce code. 

De ses Studien zar gaonàischen Epoche en hébreu 3 , seule la 
première partie a paru, traitant de l'usage du Talmud palestinien 
dans les œuvres des Gueonim et contenant un fragment d'un 
ancien commentaire en arabe sur le Talmud palestinien. Le 
deuxième chapitre donne une liste de tous ceux qui portaient le 
titre d'Allouf ou de Resch Kalla décerné par les académies baby- 
loniennes. Une liste semblable de savants de cette période, portant 
le titre de Resch Sidra, fut publiée par Poznanski en italien 4 . Le 
chapitre suivant, qui devait contenir toutes les références aux 
coutumes des deux académies, n'a jamais paru. Dans celte liste et 
dans d'aulres, il donnait toutes les indications sur les person- 
nages, et c'est ainsi qu'il eut l'occasion de débattre beaucoup de 
points controversés de l'histoire et la littérature gaoniques. Suivant 
de près toute nouvelle publication de textes gaoniques dans les 
différents recueils, il y a ajouté de très utiles commentaires 5 . 

Un intérêt particulier s'attache à ses études sur le Gaonat pales- 
tinien sur lequel il a projeté bien des lumières en publiant des 
listes commémoratives 6 contenant les noms des dignitaires de 
l'Académie et en revisant sans cesse ses conclusions sur la base 
des matériaux nouveaux qui venaient au jour. A plusieurs reprises 
il a dû corriger les erreurs provenant des articles de Marmor- 
stein 7 . Il fut le premier à éclaircir l'importante position d'Ephraïm 
ben Schemaria de Fostat 8 , l'ami des Gueonim babyloniens et 
palestiniens. Beaucoup de ces articles ont été utilisés dans son 
bel ouvrage sur les Gueonim post-babyloniens 9 qui contient un 
excellent résumé de l'état de nos connaissances sur les maîtres 
palestiniens* de la période gaonique ainsi que d'intéressantes 
monographies sur divers savants d'Orient, au nombre desquels 

1. N'42. 

2. N° 171. 

3. N°M24, 140, 141. 

4. N" 134, 150. 

5. N- 46, 98, 112, 134 et 198. 

6. N ' 99, 183. 

7. N°« 125,179,194. 

8. No 75. 

9. N» 199, Die Babylonische Geonim ; voir, p. ex., p. 81, n. 7, et p. 98, n. 1. 



SAMUEL POZNANSKI 175 

Daniel Ibn Amschata, qu'il avait précédemment 1 identifié avec 
Daniel ben Saadia. Son article sur les débuts du Gaonat palesti- 
nien 2 modifia quelques-unes de ses conclusions. Sur quelques 
points de ce domaine, d'importants matériaux nouveaux sont 
venus au jour récemment. Poznanski était sur le point de reviser 
une fois de plus ses conclusions dans des comptes rendus des 
dernières publications destinés à cette Revue, quand la mort l'a 
surpris. 

On peut puiser beaucoup de renseignements sur la littérature de 
la première période dans les listes de livres, dont un nombre consi- 
dérable a été conservé dans la Gueniza. Nous devons à Poznanski 
la publication et l'explication de plusieurs de ces listes 3 et la dis- 
cussion de celles que d'autres ont publiées 4 . Il s'intéressait aussi 
aux noms propres juifs. Dans maintes de ses publications 5 , il a 
saisi l'occasion d'énumérer tous les savants juifs porteurs d'un 
certain nom. Une de ses notes 6 traite des Juifs nommés Isa. Dans 
la Revista il avait commencé une série d'articles auxquels il 
donna plus tard un titre général. Ils traitent des noms de 
Barhun, Meborak et Kanzi 7 . Ailleurs il donne une liste de person- 
nalités ayant le nom rare de Sar-Sclialom 8 . Il a compilé une 
grande liste de membres de la famille Firouz 9 . Il a traité des noms 
qui apparaissent dans les lettres de divorce publiées par Blau 10 , 
et ajouté à sa recension des Saadyana de Schechter 11 un index 
complet des noms propres contenant quelques renseignements 
supplémentaires. L'information d'ibn Daud touchant les cinq 
savants espagnols portant le nom d'Isaac a été soumise par lui à 
une critique pénétrante 12 . 

En ces matières où l'adage die s diem docet est vrai à la lettre et 
où, en attendant un Corpus complet des publications de la Gueniza, 
de nouveaux textes viennent constamment au jour, renversant les 
théories antérieures et offrant de nouvelles énigmes à résoudre, il 

1 . N° 24. 

2. N" 221. 

3. N" 59, 127. 

4. N 08 44, 48, 54. Schechter's Saadyana, p. 17-23. 

5. Voir p. ex. R. É. J., L, 193-6 ; LVII, 264-7. 

6. N« 114, 130. 

7. N" 156, 157, 113. 

8. >'• 228. 

9. N" 176, 210. 

10. V 182. 

11. R. s. v. Schechter's Saadyana. 

12. N° 182 bis. 



176 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

est de la plus grande importance pour le savant de garder l'esprit 
ouvert et d'être prêt à reviser ses constructions sur la base de 
chaque nouvelle découverte. Le ferme amour de la vérité qui 
animait Poznanski et son jugement si sain firent de lui un collabo- 
rateur particulièrement précieux. 11 ne se laissa jamais séduire par 
l'ingéniosité d'une hypothèse. Il n'hésitait pas, en revanche, si des 
preuves convaincantes étaient présentées ou si un nouveau témoi- 
gnage apparaissait, à retirer ses premières conclusions fondées sur 
d'insuffisants matériaux. Ce fut aussi un de ses traits caractéris- 
tiques de reconnaître avec plaisir le mérite des autres et de les 
encourager par des éloges appropriés et de profitables critiques. 

Nombreux sont les projets littéraires qui ont été ensevelis avec 
ce très érudit et laborieux savant. Sa liste des hommes de Kairouan H 
devait être suivie d'une histoire de l'établissement des Juifs dans 
cette ville de l'Afrique du nord qui, durant sa brève existence de 
trois siècles, a joué un rôle si important dans la vie spirituelle des 
Juifs, et dont les savants vont de pair, pour la culture et dans beau- 
coup de branches d'étude, avec les plus grands de toutes les autres 
régions. Ce travail était en préparation pour la série de monogra- 
phies concernant les plus importantes communautés préparée 
par la « Jewish Publication Society ». Son intéressante étude sur 
les Juifs de Fez 2 devait être revisée et augmentée en vue d'un 
volume d'Études en hébreu. 

Pour comprendre vraiment l'origine du Caraïsme, il est néces- 
saire d'étudier au préalable l'essor des sectes dans l'Irak, et ici 
encore nous devons à Poznanski de nouvelles lumières sur plus 
d'un problème difficile. Il a publié les renseignements donnés par 
Ibn Hazm, l'écrivain hispano-arabe du xi e siècle, sur les sectes 
juives 3 d'après l'édition et deux mss. qui lui furent communiqués 
par le D r Friedlaender. Il avait commencé pendant la guerre une 
étude d'ensemble sur les hérésies juives de la période gaonique * 
dans une publication périodique dont un seul volume a paru avec 
le premier chapitre de son article. Il y traitait des sectes anté- 
rieures à Anan, spécialement celles de Isa et Youdgan. Son étude 

1. jN 08 138, 299. Au tome V de Hazofeh (n° 299), il avait commencé de publier 
un recueil d'extraits et de citations de la Meguilat Setarim de R. Nissim, un des 
plus éminents d'entre les savants de Kairouan. Dans sa note sur Michael b. Uzziel 
(n° 42), il a montré que la lettre publiée par Horovitz (Z. f. H. #., IV, 155) n'était pas 
adressée à R. Hananel de Kairouan; v. aussi n° 196. 

2. N° 65. 

3. N°72. 

4. N» 242. 



SAMUEL POZNANSKI 177 

sur Meswi-AI-Okbari ', sectaire du ix° siècle, a fait connaître pour 
la première fois les intéressantes indications du Garaïte Tobia Ben 
Moïse sur cette secte contre laquelle, selon toute vraisemblance, 
est dirigée la polémique d'Ibn-Ezra dans sa lettre sur le Sabbat. 

Il a résumé une grande partie de son ouvrage sur les Garaïtes 
dans sa monographie sur The Karàite Literary Opponents of 
Saadiah Gaon 2 qui, à beaucoup d'égards, peut tenir lieu d'une 
histoire partielle de la littérature caraïte, et dans son excellent 
article Karaïtes dans YEncyclopedia of Religion and Ethics de 
Hastings 3 . Mais il avait en préparation deux volumes qui auraient 
enrichi considérablement notre connaissance de la secte. Dans 
l'un, il aurait discuté à fond les origines du Garaïsme, ce qu'il 
appelait la période araméo-hébraïque, en y ajoutant tous les textes 
des premiers successeurs d'Anan, Benjamin de Nahawend, et 
Daniel al-Koumiçi, qu'il avait collectionnés depuis plusieurs 
années. Il s'agissait de donner à son travail sur Anan 4 une forme 
plus étendue sur la base des publications d'Harkavy et du profes- 
seur Schechter. L'autre livre devait être un dictionnaire biblio- 
graphique des écrivains caraïtes, au nombre de plus de six cent 
cinquante. Il avait déjà mis au point, il y a dix ans environ, 
soixante des plus importantes biographies. Il espérait alors finir 
en trois ou quatre ans ce travail qui devait être précédé d'une his- 
toire complète du Garaïsme. 11 est à souhaiter que cet ouvrage soit 
publié pour autant qu'il a été rédigé. Il n'est pas vraisemblable que 
nous ayons de sitôt un autre savant possédant avec une égale 
maîtrise toute cette littérature dont il n'y a qu'une faible partie 
d'imprimée et dans laquelle les recherches sont rendues particu- 
lièrement difficiles par les faux de Garaïtes postérieurs tels que 
Firkowitz. 

Les écrits de Poznanzki traitent fréquemment de questions tou- 
chant à l'ensemble de la littérature et de l'histoire des Caraïtes. Il 
a donné une esquisse du premier établissement des Caraïtes à 
Jérusalem (940-1060). Il a étudié les principaux savants qui y ont 
résidé \ élucidé plusieurs points de leur littérature et de leurs 



1. V33. 

2. No 128. 

3. T. VII, 662-72. 11 y a lieu de signaler ici certains de ses articles « exhaustifs », 
il. tus les encyclopédies juives en anglais, en hébreu et en russe, sur Benjamin 
Nahawendi, Daniel al-Koumisi, Kaleb Afendopoulo, etc. 

4. N° 60. 

5. N° 190. 

T. LXX1V, n° 148. 12 



178 REVUE DES ETUDES JUIVES 

doctrines les plus anciennes dans ses Karaïte Miscellanies ' et ses 
extraits de Qirqisani 2 , discuté leur interprétation allégorique des 
lois 3 , et, dans un très important article, il a attiré l'attention sur 
l'influence de Philon k chez ces auteurs. Il nous a fait connaître les 
premiers polémistes anti-Caraïtes de l'école de Saadia 5 . Il a publié 
beaucoup de nouveaux matériaux tirés de manuscrits de Londres 
et d'Oxford, dans ses deux articles sur le grammairien caraïte 
Aboul Farag Haroun 6 , que Bâcher a identifié avec le grammairien 
anonyme de Jérusalem. Il a montré 7 que Moïse ben Samuel, le 
Katib juif de Damas, dont Mann a publié les poèmes 8 , était un 
Caraïte du milieu du xiv e siècle. Un problème littéraire compliqué, 
qui avait déjà embarrassé S. Munk, trouve sa solution dans son 
étude sur Al-Muallim Fadil 9 , caraïte ayant vécu entre le xn e et 
le xiv e siècle, dont l'œuvre a été remaniée par Eliya ben Aaron 
Ibn al Wali de Jérusalem, en 1525, et de nouveau par Daniel Feruz 
de Damas à la fin du xvir 3 siècle. Dans sa monographie sur Abraham 
ben Josia Yerouschalmi 10 , il s'occupe d'un écrivain plus récent qui 
a traité du dogme caraïte. Récemment il avait publié la chronique 
caraïte de Mordekhaï Sultanski", de la première moitié du xix e siè- 
cle, d'après un ms. de sa synagogue, avec une longue et intéres- 
sante introduction sur l'historiographie caraïte. Dans les dernières 
années il s'est beaucoup occupé de la bibliographie caraïte 12 . 

L'intérêt porté par Poznanski à la bibliographie apparaît dans 
beaucoup de ses recensions et de ses autres écrits. Son travail Zitr 
jùdisch-arabischen Literatur sz constitue un indispensable supplé- 
ment à YArabische Literatur de Steinschneider, dont la liste des 
médecins juifs a été augmentée par lui considérablement 14 . lia 

1. N°22. 

2. N° s 21, 31. Dans ses remarques sur les plus anciens critiques caraïtes de la 
Michna (n° 264), il a montré que l'un des textes publiés par Hirschfeld (J. Q. R., 
N. S., VIII) appartenait à Qirqisani. Il a donné des extraits de Qirqisani dans mainte 
autre publication, par ex. celles qui sont mentionnées aux n os 35 et 181. 

3. N° 181. 

4. N° 84. Dans cet article, il traite principalement d'anciens auteurs caraïtes. 

5. N°« 35, 43, 92, 94. 

6. ]N U " 23, 133. 

7. N* 263. 

S. Journal of Royal Asiatic Society, 1919, p. 156-184. 

9. N° 287. 

10. N° 164. 

11. N° 285. 

12. N°' 143, 153, 172, 213, 231, 244, 289, 290. 

13. R. s. v. Steinschneider. 

14. N os 212, 220. 



SAMUEL POZNANSKI 179 

donné une liste des publications d'A. Epstein ', des additions à la 
bibliographie de Kaufmann 2 et de Graetz 3 dressée par Brann, revisé 
et complété la liste des publications d'Harkavy établie par le 
Maggid\ Il a décrit deux intéressants manuscrits de la Synagogue 
de Varsovie ; et donné un ample exposé de la compilation midra- 
schique de Jacob Sikéli, le Talniud Torak 6 , dont il a édité le 
début 7 . Dans cet ordre d'idées, signalons sa notice sur les articles 
juifs dans le dictionnaire bibliographique arabe d'Al-Qifti 8 . 

Il s'est occupé de la culture médiévale dans un de ses premiers 
articles 9 sur la femme juive au moyen âge, dont il ne semble avoir 
paru que le premier chapitre sur la France et l'Allemagne du ix e au 
xiii siècles. Son article sur le Maasé ha-Makhiri ,0 traite des pre- 
miers codilicateurs allemands. 

Il s'intéressait à l'histoire du calendrier juif et fut le premier à 
porter son attention sur la relation de la Controverse de Ben Méir " 
sur l'histoire du Calendrier. Il écrivit à ce sujet un excellent article 
dans le Dictionary of Religion and Ethics d'Hastings 12 . 

L'histoire de la liturgie juive a également retenu son attention. 
Citons à ce sujet son article sur l'hypothèse de Bloch touchant 
l'origine de Kol-Nidré ,3 , ses compléments à la description donnée 
par Bâcher du rituel yéménite M et diverses recensions critiques, 
telles sa longue discussion du Mahzor Yannaï ih . 

En matière de philologie, il importe de signaler ses articles sur 
quelques racines hébraïques méconnues**, ses Arabische Ans- 
driïcke fur hyper bolische Redensart bei jùdischen Autoren n et 
quelques-unes de ses recensions ,8 . 



1. 


N° 


230. 








2. 


N° 


51. 








3. 


>"° 


229. 








4. 


N° 


139. 








5. 


N» 


! 45, 


180, 193. 






6. 


N° 


187. 








7. 


N° 


206. 








8. 


N° 


80. 








9. 


N° 


2. 








10. 


N° 


2S. 








11. 


V 


32. 








12. 


T. 


IU, P 


117-24; 


v. aussi 


50 


13. 


N« 


236. 








IL 


N 




83. 






L5. 


N° 


281. 








10. 


V 


15. 








17. 


N° 


34. 








18. 


U. 


s. V. 


KOnig et Pvosenbe 


- 



aussi son article sur les fêtes juives, t. V, p. 662-72. 



180 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Gomme il lisait tous les périodiques pouvant lui être de quelque 
intérêt, il y trouvait souvent des informations auxquelles son riche 
fonds de connaissances lui permettait d'ajouter. C'est ainsi qu'il 
écrit des notes sur la coutume de retirer l'oreiller sous la tête d'un 
mourant 1 , sur le nombre des nations dans la Bible 2 , et les noms 
des veuves de Caïn et Abel 3 . Il corrige la lecture des inscriptions 
de Narbonne '* et de Budapest 5 et la publication faite par Schwab 
d'une traduction espagnole des alphabets de Ben Sira 6 . La Ketouba 
de Heidenheim 7 trouvée par lui dans une collection privée à Var- 
sovie lui fournit quelques renseignements nouveaux sur la biogra- 
phie de ce savant. 

La meilleure preuve de la largeur de son horizon scientifique 
c'est la quantité de ses comptes rendus 8 , dont nous donnons une 
liste en appendice à cet article. Il y a montré sous le meilleur jour 
son immense érudition et la variété des sujets auxquels il s'inté- 
ressait 9 ; ces recensions sont l'accompagnement indispensable des 
ouvrages qu'il a critiqués 10 . Leur caractère dépend du périodique 
pour lequel il les écrivait. Tandis que quelques-uns sont purement 
techniques et contiennent des corrections aux textes hébreux et 
arabes publiés d'après les manuscrits ou des références supplé- 
mentaires méconnues de l'auteur ainsi que la critique de ses hypo- 
thèses, d'autres donnent un aperçu complet des livres en discus- 
sion. Quelquefois ces recensions deviennent des articles exhaustifs, 
et dans presque tous les cas, Poznanski a ajouté quelque chose de 
personnel à l'ouvrage dont il s'occupe. Ce sont autant de témoi- 
gnages de la sûreté de son jugement et de sa rectitude native. Elles 
montrent aussi la remarquable facilité de travail de Poznanski, et 

1. N° 144. 

2. N° 69. 

3. N° 81. 

4. IN 37. 

5. N° 195. 

6. N° 115. Pour d'autres additions à des articles d'autres auteurs, v. n os 10, 82, 
116, 152, 188, les citations p. 6, n. 4 et 6, et bien d'autres numéros de la Biblio- 
graphie. 

7. N° 64. 

8. De quelques-uns il a paru des tirages à part. Voir n os 56, 135, 225, etR. s. v. 
Bloch, Guttmann, 69 6/s, 10 bis, Mélanges Derenbourg, Samuel el Magrébi, 122/j/,s< 
\iSbis, Steinsclineider. 

9. Voir, entre autres, ses comptes rendus de recueils collectifs. Pi. s. v. Berliner, 
Jahrbucb, Kaufmann, Mélanges Derenbourg. 

lu. C'est pourquoi il a paru commode de mettre en appendice à cet article une 
liste alphabétique des ouvrages qu il a recensés. Les titres sont fréquemment abrégés, 
et on a adopté pour les titres en polonais la traduction allemande de Poznanski. 



SAMUEL POZNANSKI 18i 

comme il avait toujours sa documentation sous les doigts. Son 
érudition peu commune était favorisée par une mémoire d'une 
rare fidélité qui retenait tout ce qu'il avait lu ou vu. 

La bibliographie des écrits de Poznanski est énorme et je ne puis 
songer à donner ici une liste complète de ses publications, d'autant 
qu'un bon nombre a paru dans des périodiques hébreux ou polo- 
nais et dans des feuilles comme la Welt qui ne sont pas venus à 
ma connaissance '. Il serait difficile de citer un périodique conte- 
nant des articles scientifiques en hébreu, allemand, anglais, fran- 
çais ou italien, qui n'ait pas compté Poznanski au nombre de ses 
collaborateurs réguliers. Quelques-uns de ses meilleurs travaux 
ont paru dans cette Revue. Il a rédigé la plupart des articles trai- 
tant de sujets juifs ou arabes dans l'Encyclopédie polonaise et a 
été un important collaborateur des Encyclopédies juives en anglais, 
en hébreu et en russe, ainsi que de YEncyclopedia of Religion 
and Et hics de Hastings. 

Bien que son nom ne paraisse pas sur le titre, le volume dédié à 
Harkavy pour son jubilé 2 est dû en grande partie à ses efforts, et 
la tâche de l'éditer lui fut entièrement confiée. En 1908, Poznanski, 
de concert avec le Prof. Simonsen et Freimann, réorganisa la 
Société des Mekizè Nirdamim, que Berliner avait abandonnée, et il 
prit une part active aux occupations de cette Société 3 . Continuelle- 
ment dans ses lettres il parle des textes à faire entrer dans ses 
publications, et il a exercé une grande influence dans l'administra- 
tion des Mekizè Nirdamim. 

En outre des éditions de textes, bien des articles de Poznanski 
contiennent d'importants extraits tirés de divers manuscrits et 
projettent de nouvelles lumières sur les problèmes qu'ils impli- 
quent. Poznanski avait pu se procurer tous ces matériaux grâce 
à ses visites dans les différentes bibliothèques et à ses relations 
personnelles avec les bibliothécaires chargés de la conservation 
des diverses collections de mss. hébraïques, tels que Harkavy et 
G. Margoliouth, ainsi qu'avec presque tous les autres savants juifs. 
Tous étaient heureux de l'aider dans ses recherches, comme il 
était prêt à les seconder à son tour. C'est ainsi qu'il eut fréquem- 
ment l'occasion de s'adresser à Goldziher pour la correction de ses 

1. On trouvera plus loin cette bibliographie complète, dressée par les soins de 
M. Edouard Poznanski, comme il a été dit plus haut. (N. d. 1. R.) 

2. Festschrift zu Ehren des D T A. Harkavy, herausgegeben v. Baron D. v. 
Giinzbur^ u. I. Markon, Petersbourg, 1908. 

3. R. s. v. Mekizè Nirdamim et n<> 273. 



182 UEVUE DES ÉTUDES JU1VKS 

textes arabes, tandis que Margolioulh signale avec reconnaissance 
les services rendus par Poznanski en lisant les épreuves du grand 
Catalogue des mss. du Brilish Muséum. Il a rendu des services 
analogues pour d'autres publications moins importantes, telles que 
le Commentaire de Meyouhas 1 . Les remerciements de Zifrinovitsch 
pour sa constante collaboration à son édition du Kuzari 2 attestent 
la sollicitude que Poznanski se plaisait à étendre aux jeunes 
savants. 

Depuis 1908, j'ai correspondu régulièrement avec Poznanski que 
j'avais rencontré cette année-là cbez Steinscbneider. En parcou- 
rant ma collection de lettres de lui, j'évoque sa multiple curiosité 
d'esprit et son ardeur à s'informer dès qu'il rencontrait quelque 
indication de nature à l'intéresser. Il dépouillait dans ce but jus- 
qu'aux hebdomadaires juifs d'Amérique, si bien que rien ne lui 
échappait, et l'on ressent toujours à nouveau quelle perte repré- 
sente la mort prématurée de cet infatigable chercheur dans notre 
domaine où les collaborateurs sont si peu nombreux et où la mort 
a fait de tels vides dans les dernières années. 

Sur sa vie, lui-même a fourni une brève esquisse 3 , il y a plusieurs 
années. Il était né le 3 octobre 1864 dans un petit village de Prusse, 
près de la frontière prussienne, où il reçut les leçons de son père, 
un homme instruit qui lui apprit la Bible, le Talmud et les Codes. 
Son frère aîné Adolphe, mort à Vienne l'an dernier, lui enseignait 
l'allemand quand il revenait aux vacances. Ce dernier se préparait 
alors au rabbinat à Berlin. Ce n'est qu'à Page de dix-neuf ans que 
Poznanski eut l'occasion d'aller à Varsovie, où il fit trois ans 
d'études. Faute de moyens, le désir qu'il avait de suivre l'exemple 
de son frère et de compléter son éducation en Allemagne ne put 
se réaliser avant 1890. Il fréquenta la « Hochschule fur die Wissen- 
schaft des Judentums » et suivit aussi les cours de Steinschneider, 
qui exerça la plus grande influence sur son développement et sur 
toute son activité scientifique. En 1894, Poznanski prit son grade de 
docteur à Heidelberg. En 1895, il fit son premier voyage en Angle- 
terre pour examiner les manuscrits caraïtes dans les grandes 
bibliothèques de ce pays. A son retour il obtint son diplôme rabbi- 
nique à la Hochschule et en 1897, il fut invité à occuper le poste de 
rabbin d'une communauté de Varsovie, qui bien des années avant 
avait appartenu au D r Marcus Jaslrow. Poznanski est resté à ce 

1. R. É. J., LX, p. 155, n. 2. 

2. Varsovie, 1911, p. vi. 

3. N°109 6is. 



SAMUEL POZNANSKI 183 

poste jasqu'à son dernier jour. A peine quelques semaines aupara- 
vant, le gouvernement polonais l'avait reconnu comme un des 
rabbins de Varsovie, le plaçant au même rang que les rabbins d'an- 
cienne mode qui ne le considéraient que comme un prédicateur. 
Une campagne se faisait pour le faire nommer grand-rabbin de 
Varsovie, mais avant qu'aient pu aboutir les démarches définitives, 
il nous était enlevé le 5 décembre 1921. 

Bien qu'il ait été surtout un homme de science par ses occupa- 
tions et ses goûts, Poznanski prit naturellement un vif intérêt aux 
affaires d'intérêt général. Il avait fondé à Varsovie, il y a quelques 
années à peine, un séminaire d'instituteurs dont il était le direc- 
teur. Il prit une part active à l'éducation juive et établit des cours 
pour la jeunesse. Ses propres conférences sur l'histoire et la litté- 
rature juives eurent toujours un nombreux auditoire. C'est grâce à 
lui que sa communauté est en possession d'une grande et très pré- 
cieuse bibliothèque. Il n'est pas douteux qu'il a exercé une grande 
influence sur tout ce qui s'est entrepris en fait de sciences juives à 
Varsovie, car il était toujours prêt à rendre service à tous ceux qui 
avaient quelque travail littéraire en train. Il marqua beaucoup 
d'intérêt en général pour tout ce qui concernait le judaïsme et fut 
un ardent Sioniste '. 

La somme de travail fournie par Poznanski au cours de deux 
décades et demie est surprenante, surtout si l'on considère que, 
durant tout ce temps, il remplit avec activité et succès les fonctions 
de rabbin d'une grande communauté et dut consacrer beaucoup 
de temps aux affaires publiques. L'énorme champ d'études qu'il a 
exploité et l'universelle curiosité qui distingue son œuvre lui 
assurent une place de premier rang dans l'érudition juive saine et 
consciencieuse. 

Alexander Marx. 

1 . En 1919, il publiait un article en polonais sur la question palestinienne (n° 246). 






BIBLIOGRAPHIE DE TOUS LES OUVRAGES 
ET ARTICLES 

DU Dr. SAMUEL POZNANSKI 

(1889-1921) 



ABREVIATIONS 

M. G. W. J. Monatschrift fur Geschichte und Wissenschaft des Juden- 

tums. 
0. L. Z. Orientalistische Literaturzeitung. 
Z . A. T. W. Zeitschrift fur alttestamentliche Wissenschaft. 
Z. f. H. B. Zeitschrift fur hebrâische Bibliographie. 
Z.D. M. G. Zeitschrift der deutschen Morgenlandischen Gesellschaft. 
J. Q. B. Jewish Quarterly Review. 
B. Ê. J. Revue des Études Juives. 
T. à p. Tirage à part, 

hébr. Article en hébreu, 

pol. Article en polonais. 



1889 

1. \r\VSV[ pttTan, Hazefira, XVI, n os 39, 40, 43. 

1890 

2. û^an wa ^«^«ia nvsn -"H, I, Kenéset Ha-Guedola, II, 1890, 

93-99. 

1891 

3. ùnnm ù^an -nai, Hazefira, XVIII, n° 69. 

4. Eldad ha-Dani (hébr.), Harnaguid, XXXV, n° 17. 

5. Akiba Eger (hébr.), ibid., no 45. 



SAMUEL POZNANSKI 185 



1892 



G. [ina *p3n "n»bnn nosTn f'2], Hamaguid, XXXVI, n° 1G. 
T. mviTîBO mn\ ibid., n° 19. 

1894 

8. Beitràge zur Geschichte der hebr. Spraeluvissenscliaft, I. Eine 

hebràische Grammatik aus dem Xfll. Jh. Heb- Tit. DHttaip 
"13^ nâ«3 pinp'in. Zum ersten Maie herausgegeben, mit Einlei- 
tung nnd Anmerkungen versehen. Berlin, 1894, in-8° de35-f 23 p. 

9. Lettre de Heidelberg (hébr.), Hazefira, XXI, n° 86. 

10. û^jipm zrnyn, Hachoker, II, p. 36 (sur un ancien commentaire 

d'Exode, xv). 

11. y-ieo "pN3 iznpn rarûb û^ita&nrr D^Kattîn, I, Hamaguid Le- 

Israel, Gracovie, III, n° 48. 



1895 

12. Isak b. Eleasar Halevi's Einleitung zu seinem 'im nstiî , M. G. W. J., 

XXXIX, p. 251-262. T. à p., Breslau, 1895, 14 p. 

13. Miscellen iiber Saadja I. Die « Namensjuden » bei Saadja, ibid., 

441-446 (voir 27, 39, 57, 110). 

14. Die Zusâtze in der Nutt'schen Ausgabe der Schriften Hajjug's, 

Z. A. T. W., XV, 133-137. 

15. Sur quelques racines hébraïques méconnues, R. É. J., XXXI, 

117-119. 

16. Mose ben Samuel Hakkohen ibn Chiquitilla nebst den Fragmentera 

seiner Schriften. Ein Beilrag zur Geschichte der Bibelexegese 
und der hebràischen Sprachwissenschaft im Miltelalter. Leipzig, 
1895, in-8° de vin + 199 p. 

17. Prof. Joseph Derenbourg (hébr.), Hazefira, XXII, n° 171. 

1896 

18. Aus einem Brief an den Herausgeber, Z. A. T. W., XVI, 248, sur 

lapplication du verset Is., xxi, 7 à Jésus et Mahomet). 

19. Mitteilungen aus handschriftlichen Bibelcommentaren I. Aus Jehuda 

ibn Bal'âm's Commentar zu II. Samuel, Z. f. H. B., I, 96-99 (voir 
n 08 20, 29, 30, 41, 50 bis, 52, 178). 

20. Mitteilungen, etc. II. Die im Josef b. Josef ibn Nachmias' Misle- 

Gommenlar citirten Autoren, ibid,, 118-121. 



:>', 



186 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

21. Die Qirqisani-Handschriften in British Muséum. Festschrift zum 80. 

Geburtstage M. Steinschneiders, Leipzig, 1896, 195-218. 

22. Karaite Miscellanies, /. Q. R., VIII, 681-704. 

23. Aboul-Faradj Haroun ben al-Faradj, le grammairien de Jérusalem, 

et son Mouschtamil, R. É. /., XXXIII, 24-39; 197-219. T. à p., 
Paris, 1896, 39 p. (v. n° 133). 
Daniel ibn al-Amschata, un adversaire littéraire de Maïmonide, 
ibid., 308-311. 

25. [V't n"n rrptts hy] n-Da *pbN, Hazefira, XXIII, n° 120. 

26. n"0 irbttn, Oçar Hasafrut, Cracovie, V, 96-103. T. à p., 8 p. 



1897 

27. Miscellen uber Saadja, II. Saadja und ben Zuta, M. G. W. J., XLÏ, 

203-212. 

28. Ein Wort uber das ■n'ttttïl ïlWyn, ibid., 456-460. 

29. Mitteilungen, etc., III. Samuel b. Hofni's Pentateuch-Commentar, 

Z f. H. B., II, 55-60. 

30. Mitteilungen, etc., IV. Ein Citât aus Jacob ben Eleazars Kitab al- 

Kamil, ibid., 133-136. 

31. Aus Qirqisani's Kitàb al-'anwâr w'al-marâqib. Semitic Studies in 

Memory of Rev. D r Alexander Kohut, Berlin, 1897, 435-456. 

32. Ben Meir and the Origin of the Jewish Calender, J.Q. R., X, 152-161. 

33. Meswi al-Okbari, chef d'une secte juive du ix e siècle, R. É. /., 

XXXIV, 161-191. 

1898 

34. Arabische Ausdrikke fur hyperbolische Redensart bei judischen 

Autoren, Z. f. H. B., III, 93-96. 

35. Za dem Geniza-Fragment, ibid., 91-93; 172-177. (Polémiques contre 

Salmon b. Ycrouham ; v. n° 92.) 

36. The Antikaraite Writings of Saadiah Gaon, /. Q. R., X, 238-276 (voir 

n° 129). 

37. Encore l'inscription n° 206 de Narbonne, R. É. J., XXXVI, 111-112. 

38. Un fragment de l'original arabe du Traité sur les verbes dénomi- 

natifs de Juda ibn Bal'am, ibid., 298-301. 



1900 

39. Miscellen uber Saadja, III. Die Berechnung des Erlosungsjahres bei 

Saadja, M. G. W. J., XLIV, 400-409; 508-529. T. à p., Berlin, 
1901, 39 p. 

40. Das Responsum Hais uber die Flucht Jonas, ibid., 548-9. 



SAMUEL P0ZNANSK1 187 

41. Mitteiliuigen, etc., V. Fragment eines Commentars zu Levitieus, 

Z. f, H. B., IV, 17-22. 

42. Mishaël bcn Uzzicl, ibid., IV, 186. 

43. Jacob ben Ephraim, ein antikaraischer Polemiker des X. Jahrhun- 

derts, Gedenkbuch zur Erinnerung an David Kaufmann. Breslau, 
1900, 169-187. T. à p., xix p. 

44. Quelques remarques sur une vieille liste de livres, R. É. /., XL, 

87-91. 

45. Sur un fragment de Consultations rabbiniques du xiv e siècle, 

ibid., 91-94. 

46. Addition à t. XXXIX, p. 310-313, ibid., 128 (sur l'exégèse de Nah- 

scbon Gaon). 

47. Tanhoum Jerouschalmi et son commentaire sur le livre de Jonas, 

ibid., XL, 129-153 ; XLI, 45-61. T. à p., Paris, 1900, 44 p. 

48. La bibliothèque d'un médecin juif, ibid., XL, 264-267. 

49. "HTira HVJZ 'n *vnpïï Y'?, Hazefira, XXVII, n° 207. 

50. bîTOl by "p&w tnyo an UJTVD, Hagoren, Berditschew, II, 93-102. 



1901 

SObis. Mitteilungen, etc. VI. Tan hum Jeruschalmi's Psalmen-Com- 
mentar, Z. f. H. B., V, 122-126. 

51. Zusâtze zu Dr. M. Branns Verzeichnis der Schriften und Abhand- 

lungen David Kaufmanns, ibid., 173-174. 

52. Mitteilungen, etc. VIL Weitcres ans Tanhum Jeruschalmi's Com- 

mentaren, ibid., 184-189. 

53. Zu Hai Gaons Kitâb al-Hâwi, Z. D. M. G., LV, 597-604. 

54. Einige Bemerkungen zu einem alten Bïicher-Catalog, J. Q. R., 

XIII, 324-330. 

55. Einige vorlaulige Bemerkungen zu dem Geniza-Fragment, /. Q. R., 

XIII, 145 suiv.; ibid., 746-749. 

56. mb rîbrrn, Hazefira, XXVIII, nos 272, 275,277-279, 283,284,286, 

288-290; XXIX, 1902, n os 1-3. T. à p., Varsovie, 1902, 27 p. 
(Compte rendu de Kaufmann Gedenkbuch). 

1902 

57. Miscellen ïiber Saadja. IV. Saadjas Uebersetzung zum Bûche Ester, 

M. G. W. J., XLVI, 364-372. 

58. Zum Schrifttum der siidarabischen Juden, /. Q. R., XIV, 752-757. 

59. Ein altes jlidisch-arabisches Biicher-Verzeichnis, ibid., XV, 76-78. 

60. Anan et ses écrits, R. É. J., XLIV, 161-187 ; XLV, 50-69 ; 176-203. 

61. Le Tikkoun Middot de Salomon b. Gabirol (hébr.), Hazefira, XXIX, 



188 REVUE DES ETUDES JUIVES 

02. Kalila et Dim'na dans la littérature juive (hébr.j, ibid., n° 245. 

63. Nattabn» hwba in) w»b« 'nb yrain nco b* ©m», Hagoren, 
III, 98-127. T. à p. (avec titre français : Commentaire sur le livre 
d'Osée par R. Eliézer (ou Eléazar) de Beaugency), Berditsehew, 
1902, 35 p. 

1903 

04. Die Ketuba des Wolf Hcidenheim, M. G. W. /., XL VII, 370. 

65. (anaiam tjyrvnînmp) onb wa D^nirn, Hazefira, XXX, n os 3, 4, 

5, 7, 10, 12, 17, 25. 

66. tfanrtt ^331 KTlttbn. I, ibid., n os 68, 70-72 (compte rendu de Ratner; 

voir n 08 88, 122, 151, 165). 

67. D?ba p rmrr ^anb JUDW nso hv ffii-pe, Arabischer Gommentar 

zam Bûche Josua von Abu Zakarja Jahja (R. Jehuda) ibn Bal'am, 
zum ersten Maie hrsggb. Festschrift zum 70. Gcburtstage A. Ber- 
liners dmaK rû"ia. Francfort, 1903, part, hébr., p. 91-107. T. à p., 
Francfort, 1903, 21 p. (v. n° 106). 

68. Lettre à l'éditeur du livre .♦. qoa ^ba !-ntt>* (de R. Josef Caspi, éd. 

Last) (hébr.). Presbourg, 1903, 180-2. 



1904 



69. Zur Zahl der biblischen Vôlker, Z. A. T. W., XXIV, 301-308. 

Q9 bis. Schechter's Saadyana. Francf., 1904, 23 p. T. à p. de Z.f.H.B., VIL 

70. Der Namen Chelbo, Z. f.' H. B., VIII, 158-159. 

70 bis. Zur judisch-arabischen Literatur, Berlin, 1904, 88 p. T. à p. de 
0. L. Z., VIL 

71. Notiz iiber eine Talmudstelle, Baba Bathra, 3 b, Die Welt, VIII, 10. 

72. Ibn-Hazm iïber jiidische Secten, J. Q. R., XVI, 765-771. 

73. Zu dem Geniza-Fragment, J.Q.R., XVI, 690 suiv ; ibid., XVII, 

168-170. 

74. Das Gebetbuch nach jemenischem Ritus, ibid., 189-192. 

75. Ephraim ben Schemaria de Fostat et l'académie palestinienne, 

R. É. J., XLVIII, 145-175; additions et rectifications, ibid., 
XLIX, 160. 

76. "Oi-prt *anab labn na ûn5tt ^a^i lanns, publié en l'honneur de 

Nahum Sokolow, 389-439. T. à p., Varsovie, 1904, 56 p., aussi 
sous le titre : Fragments de l'exégèse biblique de Menahem bar 
Helbo, recueillis, édités et annotés. 

77. û^îph rVWN, Hazefira, XXXI, n° 14; Lit. Anhang, p. 63-85. 

78. ûnjy'nrïb ii-ût, ibid., n° 272. 

79. Le Pr. Heymann et le Sionisme (hébr.), Hazofê, II, n° 533. 



SAMUEL rOZNANSKI 189 



1905 



80. Die jùdischen Àrtikel im Il)ii al-Qiftis Gelehrtenlexikon, M. G. W.J., 

XLIX, 44-56. 

81. Zu den Namen der Frauen Kain's und Abel's, Z.A.T.W., XXV, 

340-342. 

82. The High Priests Procession, /. Q. R., XVII, 388. 

83. Zu meiner Notiz i'iber « das Gebetbuch nach jemenischem Ritus », 

ibid., 189-192; 388-389. 

84. Philoo dans l'ancienne littérature judéo-arabe, R. Ê. J., L, 10-31. 

85. Quelques données nouvelles sur Isaac ibn Baroun, ibid., 191-196. 

86. Hartwig Derenbourg, Opuscules d'un arabisant, Paris, 1905, Rivista 

lsraelilica, II, 245-250. 

87. Oraison funèbre prononcée le 6 kislew 5666-4 décembre 1905 (pol.), 

Izraelila, XL, 542-544. T. à p., Varsovie, 1905, 8 p. 

88. 831*73 iMI KYwabn, II (v. n° 66), Hazefira, XXXII, n° 24. 

89. («Tina-na îrnab) rrma rr.ry, ibid., n° 223. 

90. [b'vnn ba ans»], ibid., n° 239. 

91. Lettre à l'éditeur du livre ^03 rwiûtt (de R. Josef Caspi, éd. Last), 

II (hébr.), Gracovie, 1905, p. 326. 



1906 



92. Die Streitschrift eines Schùlers Saadjas gegen Salmon b. Jerocham, 

Z. /". H. B., X, 43-52 (v. nos 35 j 94). 

93. Zu Steinschneiders Miscelle 85, ibid., 63 (sur l'opuscule arabe con- 

cernant Siiss Oppenheim). 

94. Zu der Streitschrift eines Schiïlers Saadjas, ibid., 127-128; cf. n" 92. 

95. David ben Netanel Garcassoni, ibid., 189-190. 

96. The Karaite literary Opponents of Saadiah Gaon in the tenth Gen- 

tury, /. Q R., XVIII, 209-250. 

97. The Karaite literary Opponents of Saadiah Gaon in the eleventh 

Century, ibid., XIX, 59-83. 

98. Zu dem Berichte iiber die Niederlage der Turkomanen bei Kairo, 

American Journal of Semitic Languages and Literatures, Chi- 
cago, XXII, 247-248. 

99. Contributions à l'histoire des Gueonini palestiniens, R. É. «/., LI, 

52-58; addition, 318. 
100. L'original arabe du Traité de verbes dénominatifs de Juda ibn 

BaPàm, ibid., 152-153. 
LOI. Un Commentaire sur Job de la France septentrionale, ibid., LU, 

51-70; 198-214. T. à p., Paris, 1906, 38 p. 
102. Lettre au Directeur (pol.), Izraelila, XLI, 566. 



190 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

103. Moïse Steinschneider, 1816-1906 (pol.), Glos Èydowski, I, 117-119 ; 

Corrigonda, 155. 

104. Abraham Harkavy (pol.), Zycie Zydowskie, I, 60-61. 

105. Instruction pour le Sabbat Noach 5666 (pol.), Gracovie, 1906, in-8° 

de 7 p. 

106. ûyba p rmrp ianb trusiui nco by ©yvb, Àrabischer Com- 

menlar zum Huche der Richter von Zakarja Jahja (R. Jehuda) 
ibn Baram zum ersten Maie herausgegeben, Francfort, Kauff- 
mann, 1906, in-8° de 25 p. 

107. "pao !W*0 ana NOT7 an, Hagoren, VI, 41-64 ; Gorrigenda, ibid., 

119. T. à p., Berditschew, 1906, 27 p. 

108. Tbis nanna irwatn rarrann rorob bt* "nba ana?j, #o/o??i,l,n°58. 
109 R. Salomon Buber (hébr.), iMd., n° 132. 

109 bis. Autobiographical Sketch, n° II de la série « Gallery of Notables ». 
Jewish Comment., Baltimore, 1906, XXIII, n° 23. 



1907 



110. Miszellen ùber Saadja V. Ein Saadja beigelegter hebrâiseher Kom- 

mentar zu Kohelet, M. G. W. J., LI, 718-732. 

111. Die jïidischen Handschriften der Universitats-Bibliothek Leipzig, 

O. L. Z., X, 90-93. 

112. Zu dem Sendschreiben des Nehemia Gaon, /. Q. R., XIX, 399-401. 

113. The Karaite literary Opponents of Saadiah Gaon in the twelfth and 

thirteenth Gentury, ibid., XX, 74-85. 

114. Le nom de f Isà porté par les Juifs, R. É.J.,UV, p. 276-279 (v.n°130). 

115. La version espagnole des Alphabets de Ben-Sira, ibid., 279-280. 

116. Addition à t. LIV, p. 134 et suiv., ibid., 306 (sur la Meguilla de 

Saragosse). 

117. La double signification du Sabbat. Instruction prononcée le samedi 

Bechalat 5667 (pol.), Izraelita, XLII, 121-123. 

118. Salomon Buber, souvenir posthume (pol.), Zycie Zydowskie, II, 29. 

119. Une colonie juive en Egypte à l'époque d'Ezra (pol.), ibid., 219-221. 

120. ^aban *>vn, Hagoren, VII, p. 112-137. T. à p., Berditschew, 1907, 

30 p. (v. n°219). 

121. wmMfc rrna ÏTJ1ÏT ann -<ana, Ha-olam, Berlin, I, 62-64; 74-76. 

122. Nan^tt Mai «Tittbn, III, ibid., 164-165 (v. n° 66). 

122 bis. *îin ynNtt O^iznn ùnso r:UJ, Varsovie, 1907, 22 p. T. à p. de 
Ha-olam, I, 170-71, 185-87, 197-99, 211-13 (compte rendu de 
Bloch et Guttmann). 

123. *i:pd !mî3> ^ni,ibid., p. 243-244 (compte rendu d'Apfelbaum). 

124. trm&un : "puj&ri -ienw : d^ifcun nsipnb DWian u^w ûtw 

i»bun-pm, Hakédem, Pétersbourg, I, 133-140. 



SAMUEL P0ZNANSK1 191 



1908 



125. Zur Elégie auf den Tod M. Zadok, M. G. W. J., LU, 110-111. 

126. Hagoren, éd. Horodezky, VII, Berdyczew, 1007, Z f. H. B., XII, 2 4 

(compte rendu). 

127. Jùdisch-arabische Biicherlisten ans der Geniza in Cambridge, ibid., 

111-121. 

128. ïhe Karaite literary Opponents of Saadiah Gaon in the fourteenth 

to ninteenth Gentury, /. Q. Il, XX, 216-231. — T. à p. des 
n ûs 96, 97, 113, 128, 129 sous le titre : The Karaite Literary 
Opponents of Saadiah Gaon, Londres, 1908, VIII, 104 p. 

129. Addenda and Gorrigenda to my Essay on «The Anti-Karaite Writings 

of Saadiah Gaon », ibid., 232-239 (v. n° 36). 

130. Addition à t. LIV, p. 276 et s. (no 114), R. Ê. J., LV, 160. 

131. Sur les deux lettres de l'époque du dernier Exilarqne,i6trf., 244-248. 

132. Additions a t. LV, p. 54, ibid., 317-318 (sur Nahrai b. Nissim et 

b. namo). 

133. Nouveaux renseignements sur Abou-1-Faradj Haroun ben al-Faradj 

et ses ouvrages, ibid., LVI, 42-69. T. à p., Paris, 1908, 32 p.; 
additions et rectifications, LV1I, 159-160 (v. n° 23). 

134. ntio N11D «il, Rivisla lsraelitica, V, 127-134 (v. n os 149 et 150). 

135. Uno scritto postumo del Steinschneider, ibid., 135-139. —T. à p., 

Florence, 1908, 5 p. (compte rendu de sa Rangstreitlileratur). 

136. Quand commençait le Nouvel an chez les Israélites? (pol.), Izrae- 

lita, XL1II, 381-382. 

137. 131 wNi, Festschrift zura Ehren des Dr Harkavy, Pétersbourg, 

1908, vi p. 

138. VlKlI^p ^D3N, ibid., 175-220. T. à p., Varsovie, 1909, 4 + 42 + 1 p. 

139. Bibliographie der Schriften und Aufslitze A. Harkavy's herausge- 

geben v. A. Magid, erganzt und berichtigt v. Dr. Samuel 
Poznanski, ibid , p. ix-lii. T. à p., Pétersbourg, 1909, 4 + 44 p. 

140. 1» d^cib» : *aio i»N73 . traïKan ncipnb ûwiei û^ita ûT33> 

mbs •vovn, Hakédem, II, 24-51 ; 91-113. 

141. "piBKl in«735 D'Oipm rnboiïl, ibid., 114-116. T. à p. des n os 124, 

140 et 141, Varsovie, 1909, 70 p., avec le titre : Studien zur 
gaonàischen Epoche, I Heft. 

142. Lettre à l'éditeur du livre msia rOD73 bs 3k"01 ÎDITD, éd. Wer- 

theimer (hébr.), Jérusalem, 5668, p. 2. 

1909 

143. Die karàische Literatur der letzten dreissig Jahren (1878-1908), 

Zf.H.B., XIII, 110-118; 140-152; Nachtrag, 180-181. T. à p., 
Francfort, 1910, 27 p. (v. n° 153). 



192 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

144. Einein Slerbenden das Kopfkissen wegziehen, Archiv fur Religions- 

wissenschafl, XII, 414-415. 

145. Les ouvrages linguistiques de Samuel Hanaguid, R. É. J., LVII, 

253-267. 

146. Encore les ouvrages linguistiques de Samuel Hanaguid, ibid., 

LVIII, 183-188. 

147. Kala'at Hammad, ibid., 297-298. 

148. Steinschneidernek egy posthumus irata, Magyar- Zsidô Szemle, 

XXVI, 34-37. 
148 bis. Mélanges Hartwig Derenbourg, Rivista Israelitica, VI, 183-94. 
T. à p., 12 p. (compte rendu). 

149. Aggiunte e Gorrezioni, Rivista Israelitica, VI, 198-199 (sur Nnbr373 

&T3DT et n° 134). 

150. Note ed Aggiunte, ibid., 240-241 (sur n os 140 et 134). 

151. Na-|J» ^m STM, Hed-Hazman, Vilna, III, n os 284, 287 (v. n° 66). 

1910 

152. Weitere Untersuchungen iiber Mose Taku's û^ttn 3n3 . M. G. W.J., 

LIV, 600-602. 

153. Zweiter Nachtrag zur « Karàischen Literatur der letzten dreissig 

Jahren » (n° 143), Z. /". H. B., XIV, 57-61; 93 $> ; 112-115; 
153-154. T. à p., p. 29-40. 

154. Geschichte der Sekten und der Halacha, « Abraham Geiger », 

Leben und Lebenswerk, Berlin, 1910, p. 352-387. 

155. Die nordfranzôsische Exegetenschule, ibid., p., 388-399. 

156. Il nome Barhun, Rivista Israelitica, VII, 66-71. 

157. Il nome Meborak, ibid., 171-179 ; 214-224.— Aggiunte, ibid., VIII, 33. 

T. à p., Florence, 1911, 19 p. 

158. "iw^a DmaN nNtt D*n73fc«3 nanap, éd. v. S. Poznanski, Varsovie, 

1910-12,408 p., Bibliotheka Gedola, Mil, éd. «Tuschiah», n os 24, 
25, 45, 54, 73. La tin des notes additionnelles de Ginzberg, l'index 
et la biographie de Geiger n'ont jamais paru. 



1911 

159. Zum aramâischen Original der Halachot Pesoukot, Z. f. H. B., 

XV, 186. 

160. Zu Band I, 238, Der Islam, II, 292-293 (sur un ouvrage de médecine 

arabe du Caraïte David b. Salomon). 

161. Israël Gaon, II. É. J., LXII, 120-123; additions et rectifications, 

LXIII, 160 etxi8. 

162. Le Commentaire du Pentateuque d'Ephraim b. Simson, ibid., LXII, 

123-125. 



SAMUEL POZNANSKI 193 

163. Fouilles importantes dans Tan tique Samarie (pol.), Nowa Gazeta, V, 

Nauka i Zycie, n 09 3, 26, II. 

164. rabttT-p WW p ûmas Wprt, Hagoren, VIII, 58-75. T. à p., 

Berditschew, 1012, 20 p. 

165. N3-iJtt -iaan NTwbn, V, Haibri, II, 175-177 (v. n° 66). 

166. wwna '1 E|Or '-13 E|0"n 'nb ->bia?û idd b* »W»D, herausgegeben 

v. A. Bamberger mit Anteil v. Dr. S. Poznanski, Mekize Nirdamim, 
Berlin, 1911, XXIII, in-8° de 196 p. V. particulièrement Einlei- 
tung, XXI1-XXI1I et 192-196. 

167. Lettre à l'éditeur du livre ^ppirra '"«s û* Imn ^îawin !TB»n 

?"3&nn by ïwm, v. J.-L. Krinski, £wc/i Schemot (hébr.), 
Petrikau, 1911, 11-14. 

1912 

168. Aus Mose ibn Chiquitilla's Psalmenkommentar, Zeitschrift f. Assy- 

riologie, XXVI, 38-60. 

169. Récent Karaite Publications (Gohn, Des Samuel al-Magrebi's 

Abhandlung iïber die Pflichten der Priester, etc., Berlin, 1907, 
et Weisz, Die Incestgesetze bei den Karâern von Samuel al- 
Magrebi, ibid., 1911), /. Q. R., N. S-, II, 445-451. 

170. More about Schechters « Fragments of a Zadokite Work », Jeivish 

Review, II, 443-446. 

171. L'original araméen des Halachot Pesoukot, R. É. /., LXIII, 232-244 ; 

additions et rectifications, LXIV, 160. 

172. Karâisch-tatarische Literatur, Keleti Szemle (Revue Orientale pour 

les études ouralo-altaiques), XIII, 37-47; Nachtrag, ibid., 360; 
Zvveiter Nachtrag, ibid., XIV, 223-224. 

173. Sull' onomastica ebraica, III. Il cognome Kanzi, Rivista Israelitica, 

IX, 115-120. T. à p., Florence, 1912, 8 p.; Aggiunta, ibid., 212-213 
(v. n 08 156, 157). 

174. Dawid Henryk Millier (Souvenir posthume) (pol.), Noiva Gazeta, 

VII, n° 595. 

175. Quelques observations sur l'art, de J. Smolinski « Les Garaïtes et 

leur temple de Luck », Ziemia, III, 304-307. 



1913 

176. Die karâische Familie Firuz, M. G. W.J., LVII, 44-58. T. à p., 

Varsovie, 1913, 19 p.; Nachtrag, 620 (v. n° 210). 

177. Zu dem Ausdruck ttbua "pK Jes. lxii, 4, Z.A.T. W., XXXIII, 81-82. 

178. Mitteilungen, etc., VIII. Aus Abu-1-Barakah Hibat Allah's arabischem 

Kommentar zu Koheleth, Z. f. H. B., XVI, 32-36. 

179. Zu den Bemerkungen Marmorsteins, Z. f. H. B., XVI, 126-127. 

T. LXXIV, n° 148. 13 



194 REVUE DES ETUDES JUIVES 

480. Eine wertvolle hebrâische Handschrift, ibid., 178-186. 

181. Allegorische Gesetzauslegung bei den àlteren Karâern. Studies in 

Jewïsh Literature issucd in honour of Prof. K. Kohler, etc., 
Berlin, 1913, p. 237-259. T. à p., 23 p. 

182. Sur quelques noms propres dans des documents de la Gueniza 

récemment publiés, R. É. /., LXV, 40-46. 
182 bis. Les cinq Isaac, ibicL, 312-15. 

183. Deux listes commémoratives de Gueniza, ibid., LXVI, 60-74. 

184. Développement du journalisme juif contemporain (pol.), Moriah, 

Lemberg, XI, 111-121. 

185. Introduction à « Cylkow, Livre des Juges » (pol.), Cracovie, 1913, 

X-XI (Literatura) . 

186. Introduction à « Cylkow, Livre de Samuel » (pol.), Varsovie, 1913, 

XI-XII (Literatura). 

187. ^po bt»:n '-n npjn 'nb "rrnn "nttbn „ cnpb^ Y'y, Hazofé 

mè-Erez Hagar, Budapest, III, 1-22 ; Corrigenda, ibid. 97-98. 
T. à p., Budapest, 1913, 24 p. (v. n° 206). 

188. ûtmma -\-\mri û^Dn, Haschiloach, Odessa, XXVIII, 96 (sur la 

prétendue conversion de Maïmonide). 

189. La Société Mekizè Nirdamim (hébr.), Schaare Tora, VII, 202-204. 

190. trbtDTVa tranpn ma^nn nnwn, Jérusalem de Luncz, X, 

83-116; 321-323. T. à p., Jérusalem, 1913, 41 p. 

191. ^srwbnw w^btf wb nu:r nm bapîm by iDi-po zum ersten 

Maie herausgegeben,MitEinleitung und Anmerkungen versehen, 
Mekize Nirdamim, Varsovie, 1909-1913, in-8° de clxvi+230 p. 

192. Brief an den Herausgeber des Bûches EjODn un (de Josef Caspi, 

éd. Last), Londres, 1913. 



1914 

193. rtçaD-iptt und «aantt'ïl, Z. f. H. B., XVII, 18-19. 

194. Zur Geschiclite der palestinensischen Geonim, Z. D. M. G., LXVIII, 

118-128. 

195. Zum Datum des jùdischen Grabsteines im Ungarischen National- 

muséum, ibid., 721. 

196. Notes of the Poem of Elhanan b. Shemaryah, /. Q. R., IV, 481-483. 

197. Deux notices massorétiques, R. É. J., LXVII, 131-132. 

198. Sur lesfragments delà Gueniza édités par M. E.-N.Adler,i6id., 288-292. 

199. Babylonische Geonim im nachgaonàischen Zeitalter nach hand- 

schriftlichen und gedruckten Quellen (Schriften der Lehranstalt 
fur die Wissenschaft des Judentums, t. IV, fasc. 1-2), Berlin, 
1914, ix+l + 144p. 

200. Wilhelm Bâcher (pol.), Przeglad Codzienny {Revue Quotidienne), 

II, n° l(h 



SAMUEL POZNANSKt 195 

201. Sur L'abatage rituel du bétail (pol.), ibid., n° 98. 

202. Introduction à « Cylkow, Livre des Rois » (pol.), Varsovie, 1914, 

p. x-xm (Literatura). 

203. Quatre Méthodes. Instruction pour le premier jour de la fête des 

Azymes (pol.), Varsovie, in-8° de 14 p. 

204. [-n? nsu: -omn marin rrcm], Hazefira, XL, n°5. 

205. n^nn? litDba nrDN nba», Hazofeh mè-Erez Hagar, IV, 163-165. 

206. "•V'po b«Mn 'na apy 'nb min ^nwbn uipbTi biz5 "îmiBN-i. 

T. à p. de la Prof. S. Maybaum Festschrift, p. 191-208, Berlin, 
1914, 18 p. (voirn 187). 



1915 



207. R. Eizik Hirsch Weiss (5575-5675) (hébr.), Hazefira, XLI, n° 26. 

208. L'Œuvre scientifique du prof. Abraham Berliner (hébr.), ibid. 

n os 131, 144, 221, 222,234,240; XLII, 1916, n° 1. 

209. Prof. S. Schechter (hébr.), ibid., n os 210-212. 



1916 



210. Zweiter Nachtrag zur Karaischen Familie Firuz (n° 176), M. G.W.J., 

LX, 149-152. 

211. Zu EjailÔ ErittJ, Z. A. T. W., XXXVI, 119-120. 

212. Nachtrage und Bemerkungen zu Stcinschneiders Verzeichnis der 

jùdischen Aerzte, Z. f. H. B., XIX, 22-36. 

213. Karaische Kopisten und Besitzer von Handschriften, ibid., 79-122; 

Nachtrage, ibid., XX, 1917, 79-83. T. à p., Francfort, 1918, 49 p. 
Sous-titre : Beitrâge zur karaischen Handschriften und Bùcher- 
kunde I. 

214. Hebrâisch-arabische Sprachvergleichungen bei Jehuda ibn Barâm, 

Z. D. M. G., LXX, 449-476. Nachtr., LXXI, 1917, 270. 

215. Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration des deux cours 

supérieurs le samedi Vayichlah 5776 (20 décembre 1915) (pol.), 
Varsovie, 1916, in-8° de 11 p. 
210. Discours prononcé à la Synagogue Tlomackie à Varsovie pour com- 
mémorer l'anniversaire du 3 mai, Varsovie, 1916, in-4° de 8 p. 

217. rmrnb rm*n, Hazefira, XLII, n» 63. 

218. M. Steinschneider (5576-5676) (hébr.), ibid., n° 79. 

219. rabatt ï-pn mb«© b* *p«:i rrH*0 an maiiûn, ibid., n os 175, 176, 

180, 183, 188, 190, 192, 19/., 196, 199, 203, 205. T. à p., Varsovie^ 
1916, 40 p. (v. n° 120). 



196 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



1917 



220. Weitere Nachtrâge zu Steinschneiders Vcrzeichnis der jùdischen 

Aerzte, Z. f. H. B., XX, 69-71 (v. n° 212). 

221. Die Anfânge des palestinensischen Gaonats, Festschrift Adolf 

Schwarz zum 70 Geburtstag 15 Juli, 1916 gewidmet, Berlin et 
Vienne, 1917, 471-487. T. à p., xvn p. 

222. Discours sur la tombe du D r Zamenhof, créateur de l'Espéranto 

(pol.), Glos Zydowski, Wloclawek, I, n°ll. 

223. Discours de bienvenue du D r S. Poznanski, communiqué de la 

Société de Secours aux Juifs victimes de la guerre (pol.), Var- 
sovie, 15 nov. 1917, p. 1-2. Le même, ibid., en yidich. 

224. rranna "na* nsra ^mn„ maria ûiaw) bmw ^ton nwbob ï-ps 

(T2"-in ma* Y'3 dt-2, Hâzefira, 1917, n os 5-12 (Joseph Halévy, 
Zuckermandel et Ber Ratner). 

225. difcOntt ^U5*M, ibid., n os 14, 15, 17. T. à p., Varsovie, 1917, 20 p. 

(compte rendu du Siphré, éd. Iiorowitz). 

226. Le Professeur Graetz (hébr.), ibid., n os 37, 38. 

227. rYTOïPïl ÏTOTW, ibid., n° 44 (compte rendu de la Germania 

Judaica). 

1918 

228. Der Name Sar Schalom, M. G. W. /., LXII, 195-198. 

229. Nachtrâge und Berichtigungen zum Verzeichnis von H. Graetzens 

Schriften und Abhandlungen, ibid., 267. 

230. Verzeichnis der Schriften und Abhandlungen Abraham Epsteins, 

Z. f. H. B., XXI, 18-25. 

231. Karaische Drucke und Druckereien, ibid., 32-48; 66-83; XXIII, 

1920, 63-68. 

232. Zu den von Dalman besprochenen Inschriften aus Palastina, Zeit- 

schrift des Deutschen Palastina- Vereins, XLI, 57-58. 

233. Zu dem Namen BepÇeXaïoç, O. L. Z., XXI, 155. 

234. Abraham Epstein, Ost und West, XVIII, col. 207-212. 

235. Zu Jahrbuch XI, Jahrbuch der Jiidisch-Literarischen Gesellschaft, 

Francfort, t. XII, 329 (sur le maître de David Alroï et sur 
Graciano). 

236. Eine neue Hypothèse iiber die Entstehung des Kol Nidre, Dr Bloch's 

Oesterreichsche Wochenschrift , XXXV, n os 18, 19. T. à p., 
Vienne, 1918, in-8° de 12 p. 

237. Les perspectives de la science juive dans la Pologne renaissante. 

Almanach juif pour l'année 5678 (1917-18) (pol.), Wieden, 1918, 
225-229. 



SAMUEL POZNANSKI 197 

23S. Discours prononcé au service funèbre au temple Tlomackie le 
9 décembre 1918 (pol.), Varsovie, 1918, in-8« de 8 p. 

239. Les Poùrim postérieurs (pol.), Menora, Varsovie, 1918, 16-23. 

240. Moïse Schwab (hébr.), Hazefira, 1918, n° 10. 

241. Û'ittD ^d:^, ibid., n° 20. 

242. a^iiwn ncrpru bfcntû^a mns "HO"^, Jleschoumoth, Odessa, I, 

207-216. 

243. "ibra nrantt ncoi mb£"> p ysn an, Hamizrachi, I, n os 1, 2, 3, 

5, 6, 8. 

1919 

244. Ein unbekannter kariiischer Gelegenheitsdruck, Z. f. H. B. f XXII, 

18-21. Suppl., p. 89-90. 

245. Le jour des prémices (Yom-Habikkourim) (pol.), Zycie Zydoivskie, 

III, 1919, n os 4-5. 

246. Les aspirations juives dans leur développement historique (pol.), 

ibid., n os 11-14. T. à p., 13 p. 

247. La voix de la flûte (pol.), ibid., n° 21. 

248. Une université hébraïque à Jérusalem (pol.), Dziennik Poranny, 

II, n° 30. 

249. Parallèles historiques (pol.), Dziennik Noioy, I, n° 15. 

250. Deux courants dans le Judaïsme (pol.), ibid., n° 125. 

251. mznn nn3 in nunn nbnp, Hazefira, 1919, no 5. 

252. ?rrmt30tt D^npn û^El* ir^, ibid., n os 10, 12, 13, 15, 16, 19, 20, 

23,24. Introduction au livre ...ÏTUN msp IN Dip^S "DT, n°285. 

253. Abraham Harkavy (hébr.), ibid., n<> 25. 

254. Vnia&t yiN nioiD, Erez- Israël, I, 8-9. 

255. Prol*. Jacob Gutmann, Hamizpa, Cracovie, XVI, n° 7. 

256. Kasn rniaan D^ain "O^n, Hamizrachi, I, n° 15. 

257. ^i:nn Yy rwwnn, ibid., n os 19-21. 

258. La langue hébraïque dans la politique internationale (en yidisch), 

Dos Jùdische Folk, VII, n° 63. 

259. Juifs polonais et lithuaniens (yidisch), ibid., n° 77. 

260. Les Deunmeh à Salonique (yidisch), ibid., n"134. 

261. ornabn "ps midnsi* N"H, ibid., n° 146. 



1920 

262. Nochmals der Name Barzilai, O. L. Z. , XXIII, 128-129. 

263. Moses b. Samuel of Safed, a Jewish Katib in Damascus, Journal of 

Royal Asiatic Society, janvier 1920, 97-99. 

264. Remarks on « Early Karaite Critics of the Mishnah », /. Q. II., 

N. S., XI, 237-257. 



198 REVUE DES ETUDES JUIVES 

265. Obadia le Prosélyte, R. É. J., LXX, 70-73 (cf. 282). 

266. Ignaz Goldziher (1850-1920) (pol.), Nasz Kurjer, II, n° 137. 

267. L'éthique du Judaïsme (pol.), ibid., n° 305. 

268. Le jour de repos (pol.), Tygodnik Zydowski, II, n os 11, 13. 

269. mu^biDn i-rb^rj, Hazefira, 1920, n° 96. 

270. Nmia nbDianïi mbiabruon, ibid., n° 109. 

271. nifcbnrt mstp, ibid., n° 125. 

272. Prof. Ignaz Goldziher (pour son 70 e anniversaire) {hébr. ), ibid., n e 138. 

273. "trana ^p»,, mann nbi^D nnznnnn, ibid., n° 208. 

274. h^ma 'a dit?) û^wittîn, ibid., n° 233. 

275. n-ittbnïi nnstt, ibid., n° 244. 

276. D r S. Eppenstein (hébr.), ibid., n° 258. 

277. lUîin^sai tripla triznn d^nso, I, ibid., n° 278 (compte rendu de 

Biblia, Samuel). 

278. b"Dd, II, ibid., n° 284 (compte rendu de S. L. Gordon). 

279. Prof. I. Friedlander (hébr.), Haolam, II, Londres, n<> 40. 

280. -oopnpn by nitznn 'nrrpn ,û%snpn nnbinb, Haibri, New- 

York, X, n 06 5, 7. (Même article dans Mizrachi, I, n os 52, 53.) 

281. ""F mm», ibid., n os 9, 10 (abrégé de l'article du Mizrachi, II, 

n os 2, 3, 4). 

282. n^n rmai?, ibid., n° 8. (Même article dans Mizrachi, II, n os 9,10.) 

Cf. 265. 

283. Prof. I. Friedlander (hébr.), Hatekoufa, VIII, 483-488. 

284. Prof. Mardochée (Marcus) Brann (hébr.), ibid., 488-491. 

285. ■vposNabiD Sjoii *ja wna -wnpttb rrw« mrp in D^nis naî nso, 

Zum ersten Maie herausgegeben, mit Anmerkungen und Ein- 
leitung versehen (avec titre en polonais), Varsovie, 1920, in-8° 
de 123 p. (v. n° 252). 



1921 

286. Zu Jahrgang 61, S. 222 ob., M. G. W. J., LXV, 87 (compte rendu de 

J. N. Epstein). 

287. Der Karaer al-Mu'allim (oder al-Mellamed) Fâdil und seine Bear- 

beiter, ibid., 131-150; Corrigenda, p. 372. 

288. Citations de Saadia ou attribuées à Saadia chez les exégètes de la 

France septentrionale, R. É. J., LXXII, 113-134. 

289. Une liste d'ouvrages caraïtes, ibid., 184-191. 

290. Remarques sur les « Deux Manuscrits caraïtes », ibid., 202-205. 

291. Ignaz Goldziher (pol.), Nasz Kurjer, III, n° 332. 

292. ittin*<sai Nnptta û^znn D">nDO, III, Hazefira, 1921, n° 12 (voir 

nos 277-8), compte rendu de Torczyner. 

293. m**n bilî nfc», ibid., n° 19. 

294. D r S. F. Rosenthal (hébr.), ibid., n° 75. 



SAMUEL POZNANSKI 199 

•20:;. nay nrtta bamy nttsnb y"D^, ifoY/., n° 130. 

296. nmSlBbl Û'Wipb -«abttTV, Hamizpa, XVII, n° s 13-15. 

•297. o^ainnsn baa ^an»a, z^Y/., n os 30-33. 

298. nvia m-iDOT riD^ rmso, Yeschourun (Bucarest), 11,4-7. 

299. ïNvrptt apan ma D^oa na^anb D^nno nba» nso 1» tra*ipb, 

Hazofeh le-Chochmath Israël, Budapest, V, 177-193, 294-301 
(inachevé). 

300. D r S. H. Hurwitz (hébr.), Hatekoufa, X, 507-510. 

301. b"T HNpONp lanâb^Tl n"i, D r Wilfïed Kotkow (yidisch), Najer 

Hajnt, 1921, n° 75. 






ARTICLES D'ENCYCLOPEDIES 



I. Jewish Encyclopedia (New-York, 1903-1904). 

T. IV. 1. Daniel bon Moses al-Kumisi. 

2. David (Abu Sulejman) al-Kumisi. 
T. VI. 3. Habib, Moses b. Shem-Tob Ibn. 

4. Hasan b. Mashiah. 

5. Isaac (Abu Jacob) bar Bablul. 

6. Ishmael of Akbara. 
T. VII. 7. Jabali, Abu-1-Tajib. 

8. Jacob b. Rcuben. 



II. Encyclopedia of Religions and Ethics 

(Edinbourg, 1910-1914). 

T. III. 4. Calendar (Jewish). 

T. V. 2. Festivals and Fasts (Jewish). 

T. VII. 3. Karaites. 



III. Wielka Encyklopedya Ilustrowana 
(Grande Encyclopédie illustrée). Série I (A-M). 

(Varsovie, 1903-1908.) 

T. XIX : 1. Eli; 2. Eliasz b. Salomon ; 3. Eliasz b. Samuel; 4. Eliezer ; 5. Eliezer 
b. Hyrkanos; 6. Elim ; 7. Elisah ; 8. Elotiim; 9. Endor. — T. XX : 10. Essenczycy; 
11. Ezdrasz ; 12. Ezechiasz ; 13. Ezechiel. — T. XXIII : 14. Gaba ; 15. Gabaon ; 
16. Gad ; 17. Gadara ; 18. Galaad. — T. XXIV : 19. Galilea ; 20. Gaon ; 21. Gaza; 
22. Gedalja ; 23. Gehenna; 24. Gersom; 25. Gersom b. Jehuda ; 26. Gerson. — 
T. XXV : 27. Gog i Magog ; 28. Goj ; 29. Goldman Izaak ; 30. Gordon Léon. — 
T. XXVI : 31. Gratez (H.). — T. XXVII : 32. Haran ; 33. Harkavy (A.); 34. Hasdai. 
Kreskas. — T. XXVIII : 35. Hebreowie ; 36. Hebron ; 37. Heilperin Jechiel ; 38. Heller 
Lipman; 39. Herzfeld (L.); 40. Hillel ; 41. Hillel b. Samuel; 42. Hirsch (S. R.); 
43. Herzl Teodor. — T. XXIX : 44. Hirsz b. Azriel ; 45. Hirsz z Rzeszowa ; 46. Hiszp.- 
zydowska literatura ; 47. Holdheim (S.); 48. Horyci. — T. XXX : 49. Hurwicz, 
Zalkind; 50. Hurwitz (Abr.) ; 51. Hyrkan ; 52. Ibn Cbiquitilla ; 53. Ibn Daud 
(Abraham) ; 54. Ibn Ezra (Abr.) ; 55. Ibrahim ibn Jakub ; 56. lmru al-Kais. — 
T. XXXI : 57. Izebel ; 58. Izraeli Izaak; 59. Issachar ; 60. Issacllar Bar b. Naftali 
Kohen ; 61. Isachar Bcr w Zloczowie ; 62. Isserles Mojzesz ; 63. Izaak b. Abr. z Trok ; 
64. Izmael ; 65. Izrael b. Sabbatai z Kozienic ; 66. Izraelici ; 67. Izraelskie Krôlestwo ; 
68. Jakùb ; 69. Jakûb Jozue Falk b. Hirsz; 70. Jakob Izrael Hallevi ; 71. Jakob 



SAMUEL POZNANSKI . 201 

b. Wolf Krantz; "2. Jakob b. Jakôb Mojzesz; 73. Jakut ibn Abdallah. — T. XXX11 : 
74. Japet; 75. Japhet b. Ali Hallevi ; 76. Jastrow Markus ; 77. Jebusejczycy ; 
78. Jechielides Natan ; 79. Jehowa ; 80. Jebu ; 81. Jehuda Ha-Nasi ; 82. Jehuda 
b. Samuel Hallevi ; 83. Jehuda b. Nissan ; 84. Jehuda b. Abraham Jakûb ÏTnïT "OSE ; 
85. Jehuda Arje Lob b. Jozue Haszki, ÎT^nN nb ; 86. Jehuda b. Mojzesz z Lublina, 
P3U3 "HD ; 87. Jehuda Lob bon Zeebh ; 88. Jehuda Lob b. Mojzesz Edl ; 89. Jellinek 
(Adolf); 90. Jerobeam; 91. Jerycho ; 92. Jibbum; 93. Joab ; 94. Joachaz ; 95. Joas ; 
96. Joël ; 97. Joël Manuel. — T. XXXIII : 98. Jojachim ; 99. Jojakim ; 100. Jom 
Kippur; 101. Joram ; 102. Jost Izaak Markus ; 103. Jotham ; 104. Jozafat ; 105. Jôzef; 
106. Jozue ben Jôzef ïrobtt) K^72 ', 107. Jozyasz ; 108. Juda ; 109. Judyta; 
110. Kaab ibn Zuheir ; 111. Kabbala ; 112. Kac cz. Katz ; 113. Kaddisz ; 114. Kades ; 
115. Kaleb ; 116. Kalir Eleazar ; 117. Kalonymos.— T. XXXIV : 118. Karaici ; 119. Karo 
(Jozef). — T. XXXV : 120. Katzenelenbogen ; 121. Kaufmann David ; 122. Kayserling 
Meir; 123. Kazuini ; 124. Ketuba ; 125. Kibla; 126. Kiddusz ; 127. Kiinchi. — 
T. XXXVI : 128. Kirjath Jearim ; 129. Kleiner Symcha Arjel ; 130. Kohen ; 131. Kohn 
Szalom ; 132. Kohn Naftali ; 133. Kojdanower (A. S.). — T. XXXVII : 134. Kol Nidre. 

— T. XXXVIII : 135. Kore mp. — T. XXXIX : 136. Koszer. — T. XL1II : 137. Letteris 
Meir; 138. Lewinsohn (I. B.) ; 139. Lewi ; 140 Lewi ben Gerson ; 141. Lewiatan ; 
142. Lewici ; 143. Lewin Mendel ; 144. Lewita Eljasz ; 145. Lewysohn ; 146. Lightpool 
(Jan) ; 147. Lilith. — T. XLIV : 148. Loeb (Izydor) ; 149. Lot ; 150. Lowe b. Becalel ; 
151. Luria (Salomon) ; 152. Luria (Izaak) ; 153. Luzzatto (M. Ch.) ; 154. Luzzatto(S. D.). 

— T. XLV : 155. Maca ; 156. Machabeuszowie ; 157. Machzor ; 158. Madyan ; 
159. Mahanaim ; 160. Majmonides ; 161. Makkari ; 162. Makkrizi ; 163. Malachjasz ; 
164. Manasses syn Jôzefa ; 165. Manasses krol judzki ; 166. Mandaici. — T. XLV1 : 
167. Masora ; 168. Masudi ; 169. Matuzel ; 170. Medeba ; 171. Megilla ; 172. Meir; 
173. Meir ben Samuel z Szczebrzeszyna ; 174. Meirb. Gedalja z Lublina; 175. Meisels 
Baer; 176. Melchisedech ; 177. Menasseh b. Israël; 178. Menasseh zllji; 179. Mesa ; 
180. Mezuza; 181. Michaelis (J. D.) ; 182. Micheasz ; 183. Midrasz. — T. XL VII : 
184.Mizpa; 185.Moab; 186. Moabickie starozytnosci ; 187. Moallakah ; 188. Mohr (A.M.); 
189. Mojzesz; 190. Mojzesz ibn Ezra ; 191. al-Moktadir Billahi ; 192. Montefiore 
Mojzesz; 193. Mordechaj ben Naftali Hirsz; 194. Mordechowicz Kalman ; 195. Morenu ; 
196. Moria. — T. XLVIII : 197. Muharram ; 198. Muller (D. H.); 199. Munster 
Sebastjan. § 

Série II (N-O) (Varsovie, 1903-1908). 

T. I : 1. Nabaioth ; 2. Nabulus ; 3. Nachmanides; 4. Naftali; 5. Natan b. Mojzesz 
Hannover ; 6. Nebo, gôra. — T. II : 7. Neubauer (Adolf). — T. III : 8. Noe ; 9. Noemi ; 
10. Obadjasz ; 11. Obadjasz z Bertinora ; 12. Obed. — T. IV : 13. Ochozja. — T. V : 
14. Omajjadzi ; 15. Omar b. Abi Bebia; 16. Onjasz ; 17. Onkelos ; 18. Oppenheim (D.). 



IV. Jewrejskaja Enzyklopedja (Encyclopédie juive) 

(Saint-Pétersbourg, 1908-1913.) 

T. I : 1. Aaron ben Jehuda Kosdini ; 2. Abelej Zion ; 3. Abu-Bajjan al-Mudawwir ; 
4. Abu-Imran al-Tiflisi ; 5. Abu-Isa al-Isfahani ; 6. Abu-Tajib al-Dschabali ; 7. Abu-1- 
Faradsch Harun ben al-Faradsch ; 8. Abraam (Abu Isaak) ben Ata ; 9. Abraam ben 
Jehuda ben Abraam ; 10. Abraam ben Josif Solomon Lutzkij ; 11. Abraam ben Joschija 
Jeruschalmi; 12. Abraam Sefardi ; 13. Aga, Benjamin ben Samuil ; 14. Ali ben 
Abraam al-Tawil ; 15. Ali ben Sulejman; 16. Ali ben Hassan. — T. II (Corrections 



202 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

aux articles du tome I.) — T. III : 17. Afcndopolo, Kaleb ben Elijahu beu 
Jehuda ; 18. Babowitsch Simcha ben Solomon ; 19. Bagi ; 20. Bali Abraam ben 
Jakob; 21. Baschjatzi. — T. IV : 22. Bejm, Solomon Abraamowitsch ; 23. Ben Zuta 
(ili Ben Zita) ; 24. Beracba ; 25. Bochtan (ili Buclitan). — T. V : 26. Benjamin ben 
Ilja ; 27. Benjamin ben Mojsiej Nahawendi. — T. VI : 28. Gibbor Jehuda ben Ilja ben 
Josif ; 29. Gurzalani (Abraam) ; 30. David ben Abraam AM'assi ; 31. David ben Boaz ; 
32. David (Abu-Sulejman) al-Kumissi; 33. David (Abu-Fadlj ben-Solomon ; 34. David 
(Abu-Sulejman) ben Chusejn; 35. David ben Schalom ; 36. Daniil ben Mojsiej Kumissi. 
— T. VII : 37. Daii, Mojsiej ben Abraam ; 38. Dunasch (Abu-Sagl) ibn Tamim ; 
39. Ibn al-Giti ; 40. Ibn Sakaweihi ; 41. Ibn al-Taras. — T. VIII : 42. Izrail ben Daniil; 
43. Izrael ba-Maarabi ; 44. Ilja ben Aron ben Mojsiej ; 45. Ilja ben Abraam ; 46. Ilja 
ben Baruch ; 47. Isaak (Abu-Anan) ben Ali ben Isaak ; 48. Isaak (Abu-Jakub) ben 
Bachlul; 49. lssaja ben Uziah Hukkoben ; 50. Ismail al-Okbari ; 51. Jefet ben David ibn 
Sabir ; 52. Josif ben Mojsiej ; 53. Josif (Abu-Jakub) ben Noach : 54. Josif ben Samuil 
ben Isaak ; 55. Josif Solomon ben Mojsiej Lutzkij ; 56. Joschiah ben Saul ben Anan ; 
57. Juda ha-Tarsi. — T. XIV : 58. Taurizi, Juda Meir ben Abraam. 



V. Ozar Israël (New-York, 1908-1913), 



.wb« p abs ibianasN 


î. 


T. 


II. 


• kïtt la in nuit la 


2. 


T. 


m. 


.^abart *>vn 


3. 
4. 
5. 


T. 


IV. 


.mbr^ p yen 
.pvunïi ïiib» p ima-iu 


6. 

7. 


T. 


V. 


.rp-p p nmbN p m a a rmim 


8. 
9. 






■•nrûa p tpv 

.^pifib ï-nuw p n»biû tp-n 

.pian ï-pî* p iïtw* 

.^a-i^n bfcnti^ 


10. 
11. 
12. 
13. 






.po p fm» 

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14. 
15. 
16. 


T. 

T. 
T. 


VI. 
VII. 
VIII 


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17. 






.rrro 


18. 






.•>iiynn i-ira p baréta 
.-fyy p barauj 


19. 
20. 
21. 


T. 
T. 


IX. 
X. 


.■pnbN p im»uj 


22. 

23. 







LISTE DES COMPTES RENDUS 



Acten iiber Juden, Vilna, 1901, M. G. W. J., XLVI, 489-90. 

Aller (E.-N.). About Hebrew Mss., Oxford, 1905, Z. cl. M. G., LX, 697-99. 

Apfelbaum [X.). Rabbi Azaria Piccio, Drohobycz, 1907, Haolam, I, 243-44. (N° 123 de 

la Bibliogr.) 
Arcbiv (Polniscbes) fur Orientalistik (en polonais), I, 1, Cracovie, 1914-15, Theol. 

Literaturzeitung, XLII, 73-76 ; Mysl Polska, III, 117-119. 
Astruc. En Salomo, ÏT"nnn "UJTT^a, éd. Eppenstein, Berlin, 1899, Z. f. h. B., 

IV, 132-35. 

Bâcher (W.). Agada der Tannaiten, 1', Strasbourg, 1903, Hazefira, 1904, 83-85. (N°77.) 

— Anfânge der bebrâischen Grammatik, Leipzig, 1895, J.Q.R., VIII, 499-505. 

— Poésie (Die hebrâische u. arabische) der Juden Jemen's, Strasbourg, 1910, 

O.L.Z., XIV, 1911, 156-160. 

— Tanhum Yerusbalmi, Strasbourg, 1903, O. L. Z., VII, 1904, 13-19. 

Baneth (E.). Abot mit Maimuni's Commentar, Berlin, 1905, M.G.W.J., XLIX, 

616-19. 
Barol. Menachem b. Simon aus Posquières u. sein Kommentar zu Jeremia u. Ezecbiel, 

Berlin, 1907, R. É. J., LIV, 302-5. 
Berdyczewski (M. t.). Born-Judas, I-II, Leipzig, 1916-17, Z.f.H.B., XXI, 51-54. 
Berllner (A.). Beitrâge zur Geschichte der Raschi-Gommentare, Berlin, 1903, R. É.J., 

XLVI, 310-14. 

— Gesammelte Scbriften, I, Francfort, 1913, R. É. J., LXVII, 156-60. 
Berliner-Festschrift, Berlin, 1903, R. É. J., XLVII, 133-47. 

Berson (M.). On the Old Wooden Synagogues in Poland (pol.), I-III, Cracovie, 1895- 

1903, Z. f.H. B., VII, 73-74. 
Biblia Hebraica cum commentariis criticis, éd. Abraham Kahana, Liber XII prophe- 

tarum, I, Kiew, 1906, Theologisches Literaturzeitung , 1907, 259-62. 

— Liber Samuelis, Kiew, 1919, Hazefira, 1920, n os 278, 284; 1921, n<> 12. 

Blau (L.). Léo Modena's Briefe und Scliriftstiicke, Budapest, 1905-6, Haolam, I, 
62-64, 74-76. 

— Bibliographie der Schriften W. Bachers, Francfort, 1910, Z.f.H.B., XIV, 101-2. 
Bloch (M.). Festschrift, Budapest, 1905, Haolam, I, 170-71, 185-87, 197-99. (T. à p. 

dans D^snn D"HDO "«J1B , Varsovie, 1907, 6-15.) 
Brockelmann (C.). Lexicon Syriacum, Berlin, 1894, Zeitschrift fur Assyriologie, X, 
112-20. 

— Verzeichnis der arabischen, persischen, tiirkischen u. bebrâischen Hand- 

schriften der Stadtbibliothek Breslau, Breslau, 1903, Z. f. H. B., VIII, 172-173. 

Cowley (A. E.). Jewish Documents of the time of Ezra, Londres, 1919, O. L. Z.. 

XXIV, 303-5 (posthume). 
Czernowitz. mTjbnn Tirp, Hazefira, 1925, n° 125. (N° 271.) 



204 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

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245-250. (No 86.) 

Eliézer aus Beaugency. Kommentar zu Ezechiel und den XII Kleinen Propheten, 
éd. Poznanski, Varsovie, 1913, Z.f. II. B., XVII, 99-102. 

Eppenstein (S.). Ishak ibn Baroun et ses comparaisons de l'hébreu avec l'arabe, Paris, 
1901, Z. f.ll.B., V, 134-136. 

— Ubersicbt ùber die hebraisch-arabische Sprachvergleichung bei den jiïdischen 

Autoren des Mittelalters, Francfort, 1905, Z. cl. M. G., LX, 392-396. 
r- Zur Wûrdigung der Exégèse Josef Kara, Francfort, 1907, R.É.J., LIV, 147-152. 

— Abraham Maimuni, sein Leben u. seine Schriften, Berlin, 1914, Z.f. H. R., 

XIX, 9-11. 
Epstein (A.). Eldad Hadani, Wien, 1890, Hamaguid, XXXV, n 8 17. 
Epstein (J. N.). Der gaonâische Kommentar zu Tohoroth, Berlin, 1915, M. G.W.J., 

LXI, 220-34. Cf. LXV, 87. 

Finkel (R.). Obadja Sforno als Exeget, Breslau, 1896, Uamaguid le-Israel, V, n 8 30. 
Fuchs (S.). Studien ùber Ibn Balam, I, Berlin, 1893, M. G. W.J., XXXVUI, 381-84. 

Galliner. Abraham ibn Esras Hiobkommentar auf seine Quelle untersucht, Berlin^ 

1901, Z.f. H. B., VI, 47-48. 
Gaoni Responsumok, éd. Hakis, Budapest, 1912, J. Q. R., N. S., III, 426-427. 
Germania Judaica, Francfort, 1917, Hazefira, 1917, n° 44. (N 8 227.) 
Ginzberg (L.). Gaonica, New-York, 1909, J. Q. R., N. S., III, 397-427. 

Gordon (s. l.). in^sn nso ïtoib'' "jim 'n ,iznn tin3 uy D^rnnnN cn&naa, 

Varsovie, 1920, dans Hazefira, 1920, n° 284. (N<> 278). 
Gottheil (R.). An eleventh century document concerning a Cairo Synagogue, Oxford, 

1907, Z./*. H. R., XI, 101-103. 
Graeber (S.). m-|DOrï -l}r"IN, 1891, Hamaguid, XXXV, n os 16, 19, 22, 24; 

XXXVI, n 8 ' 21, 22. 
Graetz (H.). Geschichte, t. V, 4 e éd., éd. Eppenstein, Leipzig, 1909, R. É. J., 

LX, 306-12. 

— Histoire des Juifs, traduite par St. Szenhak (pol.), 1. 1, Varsovie, 1902, Ksiazka, 

II, 148-149. 
Graetz-Rabinowitz. Geschichte der Juden(hébr.), Varsovie, VIII, 1898-1900, M. G. W. /., 

XLV, 187-90. 
Guttmann (M.). Maftèah Hatalmud, I, Budapest, 1906-7, Haolam, I, 211-13 (t. à p. 

dans n^rr y-lNtt D^tfnn Û"nDO "W, Varsovie, 1906, 16-22) ; Hazefira, 

1920, n° 244. (N° 275.) 

Hannover (S.). Festgesetz der Samaritaner nach Ibrahim Ibn Jakub, Berlin, 1904, 

J. Q. R., XVII, 187-89. 
Hartmann (R.). Palâstina unter den Arabern, Leipzig, 1915, Z. f. H". B., XVIII, 70. 
Hatekufa, I, Moscou, 1918, Z.f H. B., XXI, 2-3. 
Hé'abar, I, 1918, Hazefira, 1918, n 8 41. 
Héfes ben Yasliah, Book of Precepts, éd. Halper, Pbiladelphie, 1915, Z.f.H.B., 

XXII, 57-63; Hamizrahi, 1, Varsovie, 1918-19, nos i. 3f 5.6, 8. (N 8 243.) 
Heisz. Eine anonyme Uebersetzung. . . der Propheten Zephania, Haggai u. Zecharja, 

Berlin, 1902, Z. f. II. B., VII, 50-52. 
Hirsch (J.). Fragment einer arabischen Pentateuch-Ubersetzung, Leipzig, 1900, 

Z.f. H.B., IV, 163-65. 



SAMUEL POZNANSKl 20b 

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Londres, 1904, Z. f. H. B., VIII, 78-80. 

— Qirqisani Studies, Londres, 1918, HamizraKi, 1919, n" 52-53. (N« 280.) 
Horodetzki (S.A.). Hagoren, II-VII, Berditchew, 1900-11, Z.f.H.B., IV, 73-74; 

VI, 99-100; VII, 130-131; X, 66-70 ; XI, 2-4 ; XV, 130-32. 

Horovvitz (J.). Untersuchungen zur rabbinischen Lehre von den falschen Zeugen, 
Francfort, 1914, O. L. Z., XX, 374-76. 

Ibrahim Ibn Jaklb. Mischpatim, éd. M. Klumel, Berlin, 1902, /. Q.R., XVI, 403-5. 

Jahrbuch der J. L. G., VIII, Francfort, 1911, Z. f. H. B., XV, 167-75. 
Josèphe Flavius, etc. fpol.), Varsovie, 1906, Z. f. /7.B., IX, 170. 
Judt. Les Juifs comme race physique (pol.), 1902, Z. f.H. B., VII, 113. 

Kahle(P.). Die arabische Bibelùbersetzungen, Leipzig, 1904, Z.f.H.B., IX, 11-13. 
Kaminka (A.). Studien zur Geschichte Galiléas, Berlin, 1890, Hazefira, XVII, n° 37. 
Kantorowsky (G.). Ein anonymer hebràiscber Kommentar zu den Proverbien, Heidel- 

berg, 1907, Z. f. H.B., XI, 133-35. 
Kaufmann-Gedexkbuch, Breslau, 1900, Hazefira, 1902. T. à p. sous le titre : 

Tttb rtbnn, Varsovie, 1902, 27 p. (N° 56.) 
Kazaz, V"1wN?3 H73N 'O, I, Odessa, 1908, R. É. J., LVIII, 315-318. 
Klein (S.). Jiidisch-Palâstinisches Corpus lnscriptionum, Vienne, 1920, R. É. J., 

LXXIH, 101-104 (posthume). 
Klotz (M.). Der talmud. Traktat Ebel Rabbathi, I, Berlin, 1890, Hazefira, XVII, n° 207. 
Klumel. Mischpatim, Berlin, 1902, et Kaufmann, Traktat iiber die Neulichtbeobachtung, 

Francfort, 1903, /. Q. R., XVI, 402-408. 
Koenio (E.). Hebrâisch und Semitisch, Berlin, 1901, M. G. W. J., XLV, 569-72. 
Kokovzoff (P.). Ibn Baroun, Pétersbourg, 1893, Haassif, IV, 257-59. 

— Aus Mose Ibn Ezra's « Buch der Unterhaltung », Pétersbourg, 1895, Z. f. H. B., 

I, 29-30. 

— Notitia Codd. Hebraicorum, Pétersbourg, 1905, Z. f. H. B., X, 25-27. 

Lambert et Brandin. Glossaire hébreu-français du xm« siècle, Paris, 1905, M. G.W.J., 

L, 376-384. 
Landau (L.). Épitre historique du R. Scherira Gaon, Anvers, 1904, O.L.Z., VIII, 

506-509. 
Levy (L.). Reconstruction Ibn Ezra's zu den ersten Propheten, Berlin, 1903, Z. f. H. B., 

VII, 81-82. 

Levvin (B.). Prolegomena zu Scherira, Francfort, 1910, R. Ê. /., LXI, 151-54. 

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Neue Folge, Leipzig, Engel, 1922. In-8° de x + 131 p. 

M. F. Perles a fait paraître, il y a plus d'un quart de siècle, une série de 
notes critiques sur le texte biblique. Depuis il en a publié plusieurs 
autres dans diverses revues. Dans la suite qu'il donne à son premier 
travail, M. Perles les reproduit en renvoyant, pour le détail, aux recueils 
où elles ont paru et il en ajoute un grand nombre de nouvelles. L'auteur 
a rangé ses observations en dix chapitres : I) les fautes provenant de 
l'abréviation des mots ; II) la fausse séparation des mots et les erreurs 
analogues ; III) les confusions de lettres ; IV) la transposition des 
lettres; V) les dittographies; VI) la fausse vocalisation; VII) observa- 
tions exégétiques ; VIII) notes lexicographiques ; IX) gloses; X) divers 
(fausse coupe des phrases, transposition de mots et de versets, étymo- 
logies populaires, critique du texte des versions, trace de la connais- 
sance de l'arabe dans la Septante). Peut-être eût-il mieux valu joindre 
une partie des notes exégétiques à la lexicographie et faire une rubrique 
spéciale pour les étymologies qui ne rentrent pas dans la critique pro- 
prement dite. Le livre se termine par deux index, l'un des passages 
bibliques qui y sont traités et l'autre des mots qui y sont étudiés. 

La restitution d'un texte ancien est une tâche bien séduisante, et, dans 
les cent dernières années, un grand nombre d'exégètes, grammairiens 
et lexicographes s'y sont adonnés aussi bien dans la littérature profane 
que dans la littérature sacrée. Mais cette tâche n'est pas toujours facile, 
et il arrive parfois que les corrections proposées soient plus mauvaises 
que le texte reçu. Pour qu'une leçon nouvelle soit acceptable, il faut 
qu'elle satisfasse à la fois le contexte, la grammaire, la lexicographie, 
et, en poésie, le rythme et le parallélisme. A côté de notes critiques 
nombreuses qui paraissent dignes d'approbation, quelques-unes des 
lectures envisagées par M. Perles ne semblent pas admissibles. Par ex., 
p. 3, au point de vue grammatical, il ne suffit pas de corriger rnzrm en 
'm 12JTP, il faudrait aussi supprimer le second yod. Il vaut mieux 

T. LXX1V, n° 148. 14 



210 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ajouter 'n* 1 après ntDTP, qui est une forme rare, mais nullement impos- 
sible. — Ibid. : l'emploi de nb = tb, au lieu de "imN, serait étonnant 
même dans les Chroniques. — P. 7 : triDirt œbizî 172S (Gen., xxxvm, 24) 
serait incorrect, car il faudrait rnobia. En réalité, u:buî73 doit être un 
substantif comme naiBE. — P. 40 : bsb (Ps., cxlv, 16) pour ba est tout 
à fait courant dans les livres récents de la Bible. — P. 67 : mmanw 
(Prov., xx, 18) se rencontre habituellement avec le féminin singulier 
{Revue, t. XXXIII, p. 158). On pourrait lire dans la seconde partie du verset 
ÏTOnbE n\B*[n] mbiannai. — P. 69 : Enayn est bien un qal {Revue, 
t. XXXI, p. 133). — Au point de vue lexicographique, p. 6, "nai hy signifie 
« en raison de, en punition de », et non « par suite de ». — P. 9 : rriy 
ne signifie jamais « sauver », mais toujours « exaucer ». — P. 29 : 
ma signifie très souvent « fortifier ». Une ville peut donc être rebâtie, 
c'est-à-dire fortifiée, sans avoir été détruite. — P. 85 : Tû « secouer la 
tête » marque la compassion et non pas la moquerie. — P. 110 : maya 
devant un infinitif veut dire « afin de » et non pas « à cause de ». — 
P. 85 : l'explication de ûnto (Lament., u, 8) par « dédaigner» s'accorde 
moins bien avec le contexte que l'interprétation de ce mot par Dno 
« boucher ». — P. 65 : le rythme n'est pas sauvé par la signification 
donnée à '■jmco. — P. 112-3 : M. Perles, qui admet sans doute la théorie 
des sources pour le Pentateuque, n'en tient pas compte quand il change 
b^n dans Gen., xxxi, 13 et xlvi, 3 en bs 'm, car les passages en ques- 
tion sont élohistiques. — P. 115 : la transposition des mots dans 
II Chr., ix, 10, néglige le passage parallèle dans I Rois, x, 18. 

Parfois — et il ne faut pas le regretter — la correction indiquée par 
l'auteur en suggère une plus vraisemblable. P. 15 : il vaut mieux lire 
TM2ubt2 -naa que mabra'a dans I Rois, xxn, 10 = II Ghr., xvm, 9 (rrobj: 
est un mot récent et, en guerre, les rois ne portent pas de vêtements de 
luxe, paa paraît être une altération due à "Haa). — P. 26 : il suffit de 
supprimer le mot ^a, dittographie de bb asn (Deut., xxv, 18). — 
P. 33 : il vaudrait mieux corriger Ez., xxix, 18, d'après Zach., xn, 8, que 
faire l'inverse, car l'épaule n'est pas épilée (U173) par un fardeau, 
mais égratignée (tnili). — P. 40 : il est plus simple de lire d^JTïi ncn 
pour 'n bfctl (Lament., xix, 31) que de corriger "napan. — P. 44 : il vau- 
drait mieux reconnaître à la racine auîn le sens de «joindre, entrelacer» 
(cf. -PENH aran) que de la transformer en «ma. — P. 58 : ûibra zma se 
retrouvant dans Ez., xxxiv, 25 et xxxvn, 26, il est difficile de lire Û%btt3 
dans Nombr., xxv, 12, mais on pourrait expliquer DibtZ) vnna par « mon 
alliance complète ». Dans le second passage d'Ezéchiel, Dibro 'a est en 
parallèle avec ûbv 'a « une alliance éternelle ». — Ajoutons ici que la 
remarque faite par M. Perles (p. 72) que l'étymologie du nom de Samuel 
dans I Sam., i, 20, s'appliquerait bien mieux à Saûl se trouve déjà chez 
Budde (manuel de Marti). 

Après cette critique de la critique, nous croyons utile de signaler les 
observations les plus plausibles contenues dans le recueil de M. Perles 



BIBLIOGRAPHIE 211 

(en laissant de côté, bien entendu, les notes dans lesquelles l'auteur cite 
ses devanciers) : P. 2, 133* *ïT au lieu de 1333" (Ps., xx, 10). — Ibid., 
b^b pour r mb (Ex., xn, 42 b) [mais c'est plutôt une erreur dittographique 
due à 'n^b dans a qu'une fausse interprétation]. — Ibid., *>hy tnanart 
pour ?P by 'n (JNéh., xvi, 11). — P. 4 : lire avec la Pechitto Va pour ûva 
(Lévit., xiv, 57) [mais c'est une faute due à l'influence du v. 2]. — 
P. ."> : C"p73H pour îiTon (II Ghr., vin, 11) [mais le mot était-il abrégé?]. 

— P. 12 : nab iraan n?:n pour na baan 'n (Zach., ix, 2) [plutôt 
nab H33, le n venant de nTon]. — P. 16 : 13D1"I3 (Lament., v, 6) serait 
L'accadien nir dapinu « le joug du puissant ». — P. 17 : "non *h ïTiar 
pour "HOïlb 'T (II Ghr., vi, 42). — Ibid.", nnnbN (= nnnba « garde-robe ») 
pour nnn b« (Jér., xxxvm, 11) [plutôt rnn[b73] b»]. — P. 18 (cf. p. 34), 
■mina pour ^tni na (Ps., xlv, 11). — Ibid. (cf. p. 46), npnfc (( ta rébel- 
lion » pour "O 173 (Jér., iv, 18). — P. 19 : nsbis ntaa « le fil de notre vie 
a été tranché » pour isb ï3-itt3 (Ez., xxxvn, 11). — Ibid., datuva Epiz» 
pour D3U51 dental (Jér., xliii, 12). — P. 21 : supprimer tint* devant 
D*nann pn (Ex., xvm, 19). — Ibid., n;nNsa pour ûanNsra devant a^natE» 
(Dent., xxiv, 9; xxv, 17). — P. 22 : "pn pour ^311 (Ps., v, 9). — 
P. 23 : HNsb HND pour ncb riD (II Rois, x, 21). — P. 24 : ÏTO pour 
na (Jér., xxm, 29). — P. 29 : mVtf et rnbnatt pour mbaa (Ex., xxvm, 22; 
xxix, 15) et mbaatt {ibid., xxvm, 14). — 76id., min pour nnn (Ez., 
xxx. 4). — P. 30 : nW pour 113r (Is., xl, 27). — Ibid., DOinn7a pour 
DOian» (Ez., xvi, 6, 22). — P. 33 : iaa>at « ont émigré » pour 133" 
(Zach., x, 2). — Ibid., W73 « étendu » pour THta (Jug., v, 27). — 
P. 35 : "imsn pour îmatt (Zach., vi, 8). — P. 36 : ^ban « bannières » 
pour 'ban (Is., lu, 7; Nah., n, 1). — Ibid., mamp « en étant courbé » 
pour mamp (Mal., m, 14). — P. 37 : bai « mensonge » pour ban (Ps., 
xv, 2). — Ibid., nao (ace. sukudu « arme » pour nao (Ps., xxxv, 3). — 
Ibid:, man « bâton » pour nnan {ib., xxxix, 11). — P. 39 : "ifin^ « seront 
engraissés » pour &rn?3"i (Is., xi, 6). — P. 41 : n?a\iri « il sera indulgent » 
pour rrafol (i&., ix, 16). — P. 42 : pbb pour pnb (Ex , v, 12). — P. 45 : 
D^bj? nam nnrittl pour dbl* 'T rnn?3l (Dent., xxxm, 27). — P. 47 : 
înab?? pour raNbtt (Ez., xxvm, 13). — 7&id., DTia^n pour d^aynan 
(Micha, ni, 9). — Ibid., mban « mensonges » pour mbna (Ps., xn, 4). — 
Ibid., 2iy « champ » pour nay (Prov., xn, 9). — P. 48 : I3bn3n « que tu 
le considères (ace. dagalu) pour isbian (Job., vu, 17). — P. 49 : r;nnantz: 
pour "onanniB (Esdr., v, 3, etc.). — P. 51 : ndNittt pour ttdÉttSTa'' 
J Rois, xvm, 10). — P. 52 : m«b « à l'épervier » pour mnb (Ps.,lxxiv,19). 

— Ibid., *n73]3 pour Ti73np (iô., cxvn, 47). — Ibid., no pour nar (Prov., 
xxiv, 10). — Ibid., anp pour ann (Gant., m, 8). — P. 53 : nban tra 
pour "\'^zr t 'y (Gen., xiv, 1). — Ibid., Da^aata iioan pour DS*»S3att5i dd^tïîNn 
(Dent., xxix, 47). — 76id., 3»ana « dans la pleine force » pour "Wa 
(Is., xxxvm, 10). — P. 54 : tacri3 pour itdDna (iô., 6). — .Ibid., na*i pour 
nW Jér., ix, 21) à placer après Na (v. 20). — P. 56 : înaan (Is., i, 6) pour 
"Odn a subi l'influence de na73. — Ibid., "aïs {ib., lu, 2) est une ditto- 



212 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

graphie de ÏT3UÎ. — IbicL, "lfSH pour "isbri (Jér., xxxvi, 23). — P. 57 : 
"ittrra « quand s'effondre » pour ^wna (Ps., xlvi, 3. — IbicL, D^Bîa 
pour D^atJ (Prov., xxiv, 11). — Ibid., rnan « son origine » pour 
tT^D?? (16., xxxi, 10). — Ibid.^lUn (( qui entourent » pour *nnn (Job, ix, 9). 
- Ibid., mttS « captivité » (ace.) pour rnfà3 (Lament., 1, 20). — /6it/., 
1^ 7 P po ill> 1«5nfl (Eccl., v, 5). — Ibid., TWb pour TOb (Néh., xi, 22). 

— ibid., "ifcrp"H pour larm (Gen., l, 15). — P. 58 : na/j pour "îan (Ex., 
xxiii, 7). — P. 60 : D"iTn «tu les auras en horreur » pour D^Tn (Is.,xxx, 22). 

— Ibid., D"nrp « qui soufflent » pour cnra (ib., xli, 11). — 7&ir/., 
Dltttfj pour ûTOtt (Jér., 11, 12). — P. 61 : '■jbVi pour ^bh (Jér., x, 23). 

— P. 63 : rnïna « avec un bassin » pour niana (Ps., xxi, 4). — P. 64 : 
rmh [plutôt tt*vn, de rnn] pour min (iô., xxiii, 5). — Ibid., rw pour 
nrp (?'&., lvi, 1). — P. 67 : anb « à celui qui doute » pour ahb (Prov., 
xxvi, 3). — P. 68 : nsa « cheville » pour niES (Cant., v, 5). — Ibid., Dab 
« mur d'enceinte » pour a^ao (1 Chr., xi, 8). — P. 69 : -jtBtt (Ex., xu, 21) 
veut dire « acquérir ». — Ibid., û^iai bya (Ex., xxiv, 14) « plaideur » 
(ace. bel dibabi). — Ibid., D1N72 (Ex., xxv, 5, etc.) « tanné ». — P. 71 : 
D^brû (Néh., xxiv, 6) <( palmiers ». — Ibid., ntinn (Deut., xxiv, 5) 
« fiancée ». — P. 72 : mina» (Jug., vi, 2) « galeries souterraines ». — 
P. 73 : ïrnatB (I Sam., xm, 21), nom d'une pierre dure. — Ibid., ym 
{ib., xvn, 6, 45) « couvre-nuque ». — P. 74 : Tna (II Sam., xxn, 30 == 
Ps., xviii, 30) « hauteur ». — P. 75 : IMS (I Rois, vu, 20) «pistache ». 

— Ibid., CP^aba (ib., x, 11, 12) « aloès». — Ibid., jnioi miû (ib., xvm, 27) 
« fossé et haie », c'est-à-dire « empêchement ». — P. 76 : pTH (i&.,xix, 11) 
« tempête » (substantif). — Ibid., "ininn (II Rois, xu, 8) « vous deviez le 
donner». — Ibid., mT* (Is., xxxi, 2) « cour» (de ?nT*). — P. 77 : 
aba Ep* (ib., lxvi, 3) « sodomite ». — nn&p (Jér., vm, 5), adjectif, non 
participe ni^al. — P. 79 : -nst» (Hab., 11, 1) « frontière ». — P. 82 : 
-i]T *ba (Pr.,xx, 15) « vase de verre ». — Ibid., D^iBfcn (Job, 1, 7) « chefs». 

— P. 83 : TriNE (ib., xxvi, 9) « il recouvre ». — Ibid., mno (Gant., 11, 14) 
« déchirure ». — Ibid., macbn « arcs » pour nvebn (ib., iv, 4). — P. 84 : 
natt)73 (Lam., 1, 7) « chômage » l . — P. 85 : aien (i&., 11, 8) « a fait des 
plans », et non « a pensé ». — P. 86 : TM (I Chr., xm, 1) « tribu ». — 
P. 87 : yns (ib., xm, 2) « décider ». — P. 88 : Jizna (Gen., xiv, 2), nom 
d'un roi, signifie « puce ». — P. 89 : yen « objet » (Eccl., m, 1) est à 
comparer à l'araméen laas. — P. 90 : M3nb (Dan., m, 5, 22) « musicienne » 
(ar. Lahn « musique »). — Ibid., rrTtttt « grenier » vient de rmaNE. — 
P. 91 : nattnn (I Rois, xxi, 20, 25; II Rois, xvn, 17) « résoudre » [mais 
non Deut., xxviu, 68]. — P. 92 : m733, D"n?3D, nom de lieu, signifie 
« bassin » (d'après le sabéen). — P. 93 : "OnO (I Rois, vu, 30) « pilier» 

1. La phrase ib "IT3> "pan "lit Ta TVzy bsaa paraît interpolée, car elle 
surcharge la strophe et, dans ce chapitre, il s'agit de la désolation de Jérusalem et 
non de sa destruction. 



BIBLIOGRAPHIE 213 

(arc. surinnu). — lbid., nn? a été vocalisé d'après îrny. — P. 94 : tib 
« Large » et « sot » est à comparer à l'accadien sadalu « large » et à 
l'araméen b-ua « séduire ». — lbid., lanst (Is., vin, 8 ; xxx, 28) « bord ». — 
Vnd., nbs (Am., v, 6 ; Sira, vm, 10) « brûler » (ace. sirihtu). — P. 98 : 
nttîp, glose de nan (Gen., xxi, 20). — lbid., D^nat, glose de Dran 

archers » (Jér., xvi, 10). — lbid., û^n mnpui, glose de D'fam 
(Gen., xxx, 38). — lbid., mb»«5, glose de mcbn (i6., xlv, 22). — 
P. 99 : nwbiO, glose de 3>Ott (l Rois, vi, 7). — lbid., ûr^coi», glose de 
DS^nK « vos ennemis » (Is., lxv, 5), d'après l'accadien. — lbid., mTYUJa , 
glose de mx*733 (Jér., vu, 24). — P. 100 : û^E&o Nb d^ts, glose de 
3TD« 1733 (ib., xv, 18). — lbid., n&nr, glose de "^bb^ (Ez., iv, 12). — lbid., 
lay, glose de -in* (#'., vm, 11). — P. 103 : ibn, glose de 1T* « sa 
colère » (Esdr., vm, 22). — lbid., ïpo, glose de ïihy (Gen., vm, 11) 
devant empêcher de lire ^b*. — lbid., ■>*iB7ab « pour frotter », glose 
de nnb?an nb?an (Ez., xvi, 4). — P. 104 :-aa (Ez., xxv, 7) représente le mot 
persan 6a# «part». — P. 105 : ynan hy iD?ann, variante de y'iiatt 
■pan by (Gen., vu, 21). — P. 107 : uittn ba ban pan C]N (Ps., xcvi, 10) 
provient de xcm, 1. — P. lil : aiD ïiwn pour masn "pNtt (Lam., m, 49). 
— Z6id., dans Néh., xn, 10-11, lire "nbin pnn phT" nN "rbin a^ib&n 
w» ra. — P. 112 : omaa abn» trbbn dn» (II Sam., i, 22) doit se 
rattacher au verset 21. — lbid., au lieu de nanïi (Jér., xlvi, 16), lire 
ianrr « il l'a mis en fuite » (d'après l'arabe). — P. 113 : Ex., xi, 8-10, est 
la suite de x, 29. — P. 116 : K?3îa (Deut., xxvi, 14) répond à l'accadien 
etimmu « esprit d'un mort ». — lbid., la tendance de la Septante à 
traduire le mot hébreu par un mot semblable grec se marque dans la 
version de "JTN (Dent., xxm, 14) par Çwvtj, q 73173 (ib., xxxn, 5) par p^Ta 
et de p-n (I Sam., xm, 21) par SpÉTcavoç. — P. 120-122 : la Septante, en 
rendant le premier D1NH dans Gen., xxv, 30, par s^r^a « bouillie», l'a 
interprété dans le sens de l'arabe idâm. Dans plusieurs autres passages 
de la Bible ou de l'Ecclésiastique, la version grecque a donné à des mots 
hébreux la signification que ces mots ont en arabe : 13N « être perpé- 
tuel», rwattî «être doux », pbn «créer», bn3 «palmier», !"î<a* «donner», 
lEn « louer ». 

Pour terminer, nous relèverons quelques fautes d'impression, difficiles 
a éviter dans les chiffres des citations, et qui prouveront l'attention 
avec laquelle nous avons étudié l'ouvrage très intéressant de M. Perles : 
P. 35 : lire Zach., vi, 8 pour vi, 9. — P. 50 : Zach., xi, 3 pour xi, 13. — 
P. 53 : Ex., vu, 28 pour 24. — P. 57 : Ez., xxxvn, 14, pour 4. — lbid., 
Prov., xxix, 21 pour 11. — P. 66 : Prov., m, 35 pour 25. — P. 82 : Prov., 
xwii, 6 pour 8. — P. 101 : Mal. pour Zach. — P. 111 : Lam., n, 18 pour 
m, 18. — P. 112 : I Chr., xn, 34 pour 33 et 39 pour 38. — En outre, 
p. 120 : £•!/'/, [j. y~oç pour écp'/^axoç. 

Mayer Lambert. 



214 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Halper (B.). — Post-biblical Hebrew Literature. An Anthology. — 

Vol. I, Texts, notes and Glossary. Philadelphia, The Jewish Publication Society of 
America, 1921, in-8° de xx + 300 p. — Vol. II, English Translation, ibid., in-8° 
de 252 p. 

En 1840, Jos. Zedner, qui devait éditer ultérieurement un excellent 
catalogue des livres hébreux du British Muséum, faisait paraître un 
choix de morceaux historiques tirés d'auteurs hébreux jusqu'à l'époque 
contemporaine avec texte vocalisé, traduction allemande et notes. En 
comparaison de ce fort bon recueil, la Chrestomathia rabbinica (c. vers. 
lat. et vitis scriptorum) de C.-J. Corvé (pseudonyme de J.-H.-R. Biesen- 
thal), publiée quatre ans après, sembla bien insuffisante. Un autre 
ouvrage de ce genre laissait encore plus à désirer, c'était la Chrestoma- 
thia rabbinica et chaldaica en trois volumes de Jo.-Th. Bœlen, Louvain, 
1841-43, choix de lectures sans plan et sans valeur, fourmillant au 
surplus de fautes d'impression et d'erreurs. Quant à la Chrestomathie 
rabbinique de Heilbutt, parue à Hanovre en 1856, elle pèche par la 
limitation trop exclusive du choix, — elle ne puise, en effet, que dans 
la littérature halachique et aggadique, — et, d'autre part, elle est gâtée 
par de nombreuses fautes d'impression. Dans l'espace de quatre-vingts 
ans depuis 1840, en dépit de la grande activité déployée dans le domaine 
de la littérature hébraïque, il n'a été publié aucun manuel vraiment 
propre à servir d'introduction à l'hébreu post-biblique. C'est pourquoi 
l'on peut considérer comme très bienvenue la présente Anthologie de la 
littérature hébraïque post-biblique en deux volumes que M. B. Halper 
vient de faire paraître sous l'égide de la Jewish Publication Society d'Amé- 
rique, parce qu'elle répond de la meilleure façon à un pressant besoin. 

Les deux parties se tiennent; cependant chacune d'elles peut être 
utilisée séparément, car nulle part on ne renvoie de l'une à l'autre. La 
préface de la première partie a été reproduite au début de la seconde t 
avec de légères additions et suppressions et quelques petites modifica- 
tions. L'auteur souligne avant tout dans cette préface la vitalité ininter- 
rompue de la langue hébraïque, et cela non seulement en tant que 
langue cultuelle et expression des sentiments religieux et poétiques du 
Judaïsme, mais encore comme le seul mode possible de communication 
littéraire qui se soit maintenu pour tous les Juifs. Un fait l'atteste 
particulièrement, c'est que les traductions hébraïques faites sur l'arabe 
des ouvrages les plus réputés de la philosophie juive du moyen âge sont 
souvent imprimés et très lus, tandis que les originaux arabes ont moisi 
des siècles, inutilisés dans la poussière des bibliothèques, et n'ont été 
publiés qu'à une époque relativement récente pour un très petit cercle 
de spécialistes adonnés à la recherche scientifique. 

La présente Anthologie contient en tout soixante-cinq morceaux, les 



BIBLIOGRAPHIE 215 

uns de prose, les autres de poésie. Huit d'entre eux sont tirés du 
Talmud et du Midrasch, les cinquante-sept autres appartiennent à diffé- 
rents auteurs; le tout embrasse, dans l'ordre chronologique, la période, 
longue de plus de dix-neuf siècles, qui va de Ben Sira (Ecclésiastique) 
vers 180 avant J.-C. jusqu'à Naphtaly Herz Wessely. La plupart des textes 
sont vocalises, entremêlés de treize non ponctués. Après une courte 
notice d'orientation bibliographique sur chaque morceau, des remarques 
préalables précédant le texte hébreu au tome I, et reproduites en 
mêmes termes avant la traduction anglaise au t. II, répondent pleinement 
aux desiderata de l'étudiant. Ce qui a présidé au choix des textes, c'est 
premièrement, du point de vue littéraire, le souci de proposer ce qui 
valait le mieux comme fond, et, du point de vue pédagogique, la pensée 
de donner aux étudiants l'intelligence et le goût de la littérature 
hébraïque, de ses beautés et de ses particularités. Pour permettre de se 
rendre compte un peu de la richesse et de la variété de cette littérature, 
le choix s'est réparti sur presque tous les domaines. Alors que Zedner se 
borne aux textes historiques, on trouve ici des spécimens des Apo- 
cryphes, de la Mischna, du Talmud et du Midrasch, des textes ressortis- 
sant à la liturgie, à la poésie, à la philosophie, à l'éthique, à l'histoire, à 
la géographie, au folklore, aux récits de voyage, au genre épistolaire.etc. 
Cinq pièces de contenu liturgique, les n os IX et XI, 1-4, proviennent de la 
Gueniza et paraissent ici pour la première fois : l'un est de Saadia, quatre 
de Joseph b. Abitour. Seules la Halacha, l'exégèse et la Cabbale, de même 
que la littérature grammaticale, mathématique et médicale en langue 
hébraïque, sont restées en dehors de ce plan, pour la simple raison 
qu'à de tels textes il est difficile d'accorder une valeur proprement litté- 
raire. Ne pas dépasser H. Wessely (vers 1800) pour les temps modernes 
a paru à l'éditeur le parti le plus sage, parce que la littérature néo- 
hébraïque contemporaine, à partir du xix e siècle, devrait faire l'objet 
d'une étude spéciale. Le choix des morceaux a été bien médité, et il est 
fort heureux. Une exception seulement : au lieu du n° XLIII, texte tiré 
du Martyrologe de VEmek Habakha de Josef Haccohen, emprunté presque 
mot pour mot à un récit des Croisades du xn° siècle, il eût été plus 
opportun de choisir un autre passage pour donner une idée de la 
manière de ce chroniqueur juif. 

Les textes sont traités avec toute la conscience philologique désirable, 
ils sont établis sur les meilleures éditions, avec consultation des manus- 
crits; quelques passages altérés sont heureusement amendés par des 
conjectures lumineuses. Les notes mises en appendice aux textes 
hébreux (t. I, 205-270) contiennent, en dehors de l'indication des sources 
et des références, nombre de notes critiques et d'éclaircissements à 
l'usage du lecteur. L'Anthologie se propose avant tout d'illustrer par des 
exemples la continuité d'une langue littéraire hébraïque post-biblique 
s'étendant sur un espace de plus de deux millénaires et accessoirement, 
de montrer aussi comment les Juifs qui maniaient l'hébreu ont enrichi le 



216 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vocabulaire hébraïque par une continuelle création de mots et, en parti- 
culier, d'expressions techniques et par un emploi élargi de mots anciens 
pris dans des acceptions nouvelles. Le glossaire placé à la fin du premier 
volume (p. 273-300) est essentiellement un recueil de tous ces enrichis- 
sements. Il se borne donc aux mots qui ne se rencontrent pas dans la 
Bible ou qui y ont une autre signification. Toutefois l'auteur me semble 
être allé un peu trop loin dans l'admission au glossaire de mots étran- 
gers. Des mots comme bu^sTON (ospital) par exemple, ^biWN (insole), 
isrbs (felice), isbr* (golfo), Tmî33'lE"ns (promontorio),et d'autres qui ne 
sont pas à proprement parler des mots d'emprunt, mais des mots 
italiens écrits en lettres hébraïques, n'appartiennent pas, à mon avis, à 
un glossaire hébreu. De même, il eût mieux valu laisser en dehors les 
noms propres étrangers qui n'ont d'hébreu que la transcription ; tout au 
plus auraient-ils pu figurer dans une liste spéciale. 

La traduction donnée dans le t. II est, dans la mesure du possible, 
littérale. Ce qui, au point de vue stylistique, peut paraître un défaut est, 
au contraire, un mérite incontestable, eu égard à tous ceux qui se ser- 
viront de l'ouvrage comme d'un auxiliaire pour apprendre le néo- 
hébreu. Les notes au bas des pages de la traduction présentent, sous une 
forme très concise, les références nécessaires à l'intelligence du texte, 
avec quelques éclaircissements indispensables. 

Dans le texte hébreu comme dans la traduction, dans le glossaire et 
dans les notes, il y a plus d'un détail sujet à caution et à rectification. 
Mais ce sont là des critiques relativement peu nombreuses et de peu 
d'importance qui ne sauraient diminuer l'éloge que mérite à tous égards 
l'ensemble du travail. 

Pour mes citations des textes hébreux du t. I, je me sers, dans ce qui 
suit, de la lettre H en y ajoutant le numéro du morceau et celui de la 
ligne. La lettre T, suivie de l'indication de la page, désigne les passages 
de la traduction anglaise du t. II. 

H. I, 3, 1. 15, rrOiJtt b*, et ibicL, 1. 19, rron?» est traduit (T. 22) par 
(allar)-fires. Ce mot signifie plus exactement un tas de bois, ivoocl-pile. 

H. II, 1, 1. 19 : isno b* bon lïm*. La note à ce sujet, p. 206, dit : 
the suffix is pleonastic. Ce serait exact si le suffixe se rapportait au 
mot 50. Mais je crois qu'il se rapporte à la personne de l'offrant. — 
H. II, 2, 1. 18 : nnai nriN rob mnbio ^ini. Au lieu de ^nai ttin, il 
faut lire nnitfn nnto, car il y avait quatre Soulamot à chaque Menora. 
La traduction dit ici, très correctement (T. 27) : four ladders were 
placed, near eacfi candleslick. Dans le même texte, les mots nTnba: 
(1. 1), man (1. 12) et D"HO (1. 19) sont uniformément traduits par pilcher. 
Ne convenait-il pas de varier la traduction? — H. IV, 1, 1. 17 : ntt by 
"pb "jiN"*3n ; cette lecture est d'après le ms. de Munich, tandis que les 
éditions imprimées ont ici : "jcob *|N^n ■»». La véritable leçon me 
semble être : lob "paran ntt b*. La forme "J3 pour *JN0 se lirait ici 



BIBLIOGRAPHIE 217 

exactement comme a la 1. 22. — H. V, 1, 1. 62 : tT a* by M -pbsn typn. 
La note, p. 211, dit : literally cause to surround, that is, cross. Le vrai 
sons est : rapproche étroitement tes pieds l'un de l'antre. Où- cette 
signification du verbe ^pri apparaît le plus clairement, c'est dans le 
terme grammatical tpptt, nom donné au trait d'union qui joint un mot 
au suivant. Même Eppïi, « prêter », rappelle, comme son synonyme 
mbrr, le sens primitif de « lier, joindre étroitement ».— H. VII, 19 suiv., 
au lieu de Yipl, lire Tip'n; au lieu de nnntû'n, lire nnnttrn. — 
Ibid , 24 : Dirrn "mm est traduit dans la note de la p. 214 par in the 
costal mountains, de même T. 50 : the mouniains of the sea-coasi. Mais 
Dinn ne signifie jamais « côtes ». L'expression est ici manifestement un 
nom propre, de même qu'à la ligne 27 : "Oi iTH. — Ibid., 1. 48, mjfta 
n'est pas, comme l'explique la note de la page 214, littéralement une 
erreur, la désignation méprisante d'une fausse religion, cela signifie lieu 
de pèlerinage, comme le mot D'JHïan, dans les relations hébraïques des 
croisades. et ailleurs, signifie « pèlerins ». C'est dans ce sens qu'il faut 
corriger, T. 51, 1. 8 du bas, the idolatry of Ishmaelites. — Ibid., 1. 74, 
•0"Ô"P est traduit dans la note de la page 215, ainsi que dans le glossaire 
[S. v. *jbn) et dans T. 53 par they ivill destroy. Admettre un arabisme 
pour "jbîf, dans le sens de « périr », ne me paraît pas s'imposer, car la 
première traduction qui s'offre de iD^bv « ils les emmèneront en capti- 
vité » (cf. Dent., xxviii, 36), donne un sens parfaitement satisfaisant. — 
Ibid., 1. 48, U3D3 ijaw est traduit (T. 51) : of abhorred soûl. Mais ûi?T 
est une forme pa'oul avec sens actif comme, p. ex., "mia (VII, 23), 
"1130, ms-i, "nniD et bien d'autres. Il faut donc traduire : of iv rat h fui 
soûl. 

H. IX, 16 : *jn3ï5 Kbn b3n iiafcpai. Gomme on peut voir d'après la note 
de la page 216, le ms. a bsn ^p3i. Je crois donc qu'il faut lire 
mtpsn et corriger ^nsia ab?3 en ^na© ^12 (cf. Ps. xix, 5). — Ibid., 
1. 18, Drvpnnb. L'éditeur remarque (T. 60, n. 6) qu'après ce mot finit un 
feuillet du ms., et comme le mot suivant ne concorde pas avec le pré- 
cédent, il semble qu'il manque ici quelques folios. Pourtant il est visible 
que les mots qui suivent immédiatement ûrmnïib appartiennent étroi- 
tement à ce qui précède. La lacune du ms. ne commence donc très 
certainement qu'après le mot Dm (ms. : D"im). Au lieu de mNn mi3 
(H. IX, 18), ne faudrait-il pas lire "PINH min? — Ibid.,']. 19, m» ^3 
Dm Dn72U:3 min. Le ms. a : min nn (v. p. 216, note). Pour moi, 
in n'est qu'une dittographie. des deux premières lettres du mot suivant 
min. — Ibid., 1. 41, au lieu de ariznri (ms. mznn), il faut lire KttHn, 
comme Gen., 1, il. — Ibid., 1. 42, au lieu de T»3l25rn, lire T>3tt)rn. — 
Ibid., 1. 53, au lieu de nten, je lis Itfpn, le voyant, car Saadya n'a pas 
dû mettre ici un b à la place du Xû exigé. — Ibid., 1. 02, bbptt by 
n33" Nim est très difficile. La traduction de bbpn par the éloquent 
(T. 63) ne convient pas. Le mot n3on qui suit (cf. Dent., xxvn, 9) 
autorise peut-être à corriger bbprr en bnpn. Cependant la lecture 



218 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ripp^T ne me parait pas admissible. D'abord une forme passive de 
rintransitif nsorj est très invraisemblable, sinon tout à fait inconcevable. 
Et, deuxièmement, dans tout l'alphabet des lignes 54 à 65, tous les verbes 
sont au participe, à l'exception du seul verbe nsoH ; ce dernier devrait 
donc, en tout cas, être modifié en msott, à moins d'y voir une altéra- 
tion d'un tout autre mot. Le sens de la phrase serait donc que le nom 
divin qui est invoqué sur (... by nDTDn, ibid., 1. 54) la communauté 
l'amène à écouter. — H. X, 53, Tï33 g trama dm doit, d'après la note p. 219, 
signifier mot à mot : they déport themselves respect fully. Mais an: ne 
signifie pas ici se conduire, mais prouver, témoigner. Donc la traduction 
littérale serait plutôt : they do honor. Dans le glossaire, p. 287, am 
1133 est correctement rendu par paid homage. — Ibid., 1. 69, la cor- 
rection de Nbi en i^N me paraît superflue. 

H. XI, 1, 1. 15 et 16 : 'iai n-aa ^n n^an na> ^pwttb p->33»n nna. 
La traduction (T. 70) est tout à fait erronée. Ce n'est pas : Prépare a 
feast for them that are benign to the guildless people, — sharp 
arroivs, etc., mais donne la mort comme lot à ceux qui préparent pour le 
peuple pieux des flèches aiguës, etc. ma ne veut pas dire ici feast, 
mais, comme dans Is., xxxiv, 2 et 6, massacre. Il faut donc traduire : 
Prépare a massacre for them that are preparing for the guildless people 
sharp arrows. — H. XI, 2, 1. 5 : yitt "nba ba> naanb ro ^N est traduit 
(T. 71) : woe to the daughter who dérides the ancients of the earth. 
Je crois que y-)N ^"nb3, par quoi les Juifs sont raillés, doit être traduit 
par the ragged of the earth, « les gueux de la terre ». — H XI, 3, 1. 21 
suiv., est très corrompu : 

•piirn -»3*n -nos ^imp» 

■prrno ira n?3in •unm 

^pma yjaiBNi yibaw ^a?a 3^30 

T>3ma -nbi2r> dt:i3i-p Dibia ib^ii) 

La traduction (T. 72, 1. 3 d'en bas et suiv.) ne donne pas un sens plei- 
nement satisfaisant. Je présume que "^sn doit se lire non "Dît , mais 
■^■j; au lieu de "^"im (ms. ->am3), je lis Tins (cf. Zach., 11, 9) ; au lieu de 
y»i2)Ni yiby» *patt, lire a>^2i2)Ni yhyit ^îio. On obtient ainsi un bon 
texte et un sens clair. — Ibid., 1. 27 : ■pmmMD, qui ne donne point de 
sens satisfaisant, est peut-être altéré de *pmrsi2). — Ibid., 1. 35, 
'jba^m min ns}T72 manan est sûrement corrompu. Peut-être doit-on 
lire : ^ba*H3 mnn nss» riann. Meçappé, celui qui espère, comme 
Ps., v, 4.' T 

H. XII, 17 : D'HIT» ra npm est traduit (T. 76) : and visit them ivith 
a cure, comme si TiT» signifiait « remède ». Mais ce mot, comme dans 
Hos., v, 13, ne peut signifier que « maladie ». — Ibid., 1. 20, la répétition 
du mot 3-ipm à la rime est surprenante. Peut-être doit-on lire la pre- 
mière fois 3ip"n ? — Ibid., I. 21 (v. la note de la page 224 et la traduction 



BIBLIOGRAPHIE 219 

p. 76, 1. 20 suiv.), D^tDDN r>N'"p doit, selon moi, se comprendre au sens 
objectif <( la peur devant les hommes », de môme *pns signifie non pas ta 
crainte, mais la crainte de toi (cf., p. ex., Dent., n, 25). Le sens obtenu, 
grâce à cette traduction, me semble bien plus plausible que celui auquel 
l'éditeur arrive. — Ibid., 1. 22 : Taon "pio ^nn ba rrn&n ne signitie 
sûrement pas : do nol seize the bridle of a lion (T. 76), car il ne peut être 
question d'une bride pour un lion. Le mot pi signifie ici, comme dans 
Job, xli, 5, 1301 bsaa, morsure ; traduire donc : do not seize the teeth 
of a lion. — H. XIII, 1, 1. 15, 13153 nstt nN nsnfin est traduit (T. 78) : 
the borders of the désert I ivill join. Comment nsn&n peut arriver à 
signifier / tcill join, c'est ce que n'explique aucune note, ni le glossaire. 
Je lis "îBriNi, « je veux explorer », cf. Deut., i, 22. — H. XIII, 2, 1. 35, 
rraw nmp est traduit (T. 80) par accursed monster of the deep. Dans la 
note (p. 225), ce mot est mis en rapport avec l'arabe m^p , lion ou 
chameau. Dans le glossaire aussi, nmp est expliqué comme bald-animal, 
sea-monster. Je ne crois pas que cette explication soit fondée. Je lis 
nnpn au lieu de nmp, et j'explique le mot, d'après Job, xli, 2, 
nnpntta ditt)" 1 D" 1 , dans le sens de « mélange écumant ». Gela donnerait à 
rn3"i*T nnpi la signification pleinement satisfaisante de « soulèvement 
de flots ». 

H. XIV, 2, 1. 25 : ne pas lire ^bro (mot qui, d'ailleurs, n'a pas été 
traduit), mais tbpD, comme un bijou. — H. XIV, 3, 1. 24 : in^n *]b to 
biE^UJ n'est pas exactement traduit (T. 87), je crois, par for how can the 
One fall? Je lis "W (cf. Eccl., x, 16, ynN ^b *N) et j'entends par in^n 
non le Dieu un, mais l'homme isolé (comme Eccl., iv, 10) inNii "ib*w 
biD^tf). — H. XV, 3 : au lieu de ^njlBTa et ■praip», je lis ^njiBTp 
et woipja. — H. XVII, 1, 1. 19 : ûbi^m "Hbn arn TnfiN "pN mONtt ma 
bnD 17:3 est traduit (T. 100) : Since my brother is gone my world is no 
more ivide, etc. Mais le suffixe de mn« peut difficilement se rapporter à 
la personne du frère défunt ; il ne peut se rapporter qu'aux mots précé- 
dents -nONH ma. Il faudrait donc traduire : une détention que ne suit 
aucun élargissement, telle est ma vie, etc. C'est seulement si l'on effaçait 
■p^, auquel cas le mètre exigerait de changer "noNln en D*mONn, qu'on 
pourrait conserver à TnriK le sens de « après sa mort ». Voici quelle 
serait, en ce cas, la traduction : la longueur de ma vie, maintenant 
qu'il n'est plus, me semble une prison. — H. XVII, 2, 1. 69 et 70 
sont des hémistiches parfaitement parallèles : "DHT yaœn bai "pan 
rr»tt "i-pm nwp-i b«i indt | n»NE, « un collier pour sa robe tissée d'or 
soit ma parole, et un ornement à la bigarrure de son collier soit mon 
discours ». Le vav explétif de ban est ajouté les deux fois pour les 
besoins du mètre. La traduction (T. 103) me semble bien forcée. — 
H. XVIII, 3,1. 47 : naiann pn nffla -iibco nmanrr pin pi. Et donne 
une pleine mesure de travail comme lorsqu'il y avait pleine mesure 
d'intelligence, pn ici est formé de la racine *pa, et toute la phrase est 
une allusion à Ex., v, 13 et 18. — Ibid., 1. 53 : an?n n« Tianynm 



220 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ne veut pas dire : / mingled ivith the ihrong (T. 113), mais j'ai tenu tête 
à la foule, cf. "^ÎN nN ND aiJntt (II Rois, xvm, 23 et Is., xxxvi, 8). — 
Ibid., 1. 65 et' 66 : mamm Ûlbvm est évidemment traduit inexactement 
(T. 114) par I conclude ivith peace. Le sens de ce souhait est que chaque 
chose finisse en paix pour le destinataire de la lettre, et que la paix soit 
la conclusion de ses affaires. — H. XXIII, 13. "jets ynaa nb mmnp 
est traduit inexactement (T. 138) par in character and time. L'addition 
de and rend déjà cette traduction suspecte. Il s'agit des conditions et des 
fondements de la doctrine divine qui la précèdent par nature dans le 
temps, yn'ûn signifie de nature. Il revient encore dans le même mor- 
ceau à la ligne 70, où le traducteur (T. 141) le rend par by natural deve- 
lopment, — by nature eut suffi. — Ibid., 1. 73 suiv. : "wn "ima nanin 
est rendu (T. 141) par an acknowledgement of the créative utterance, 
traduction inexacte à mon avis. Car "Wtt itt ne signifie jamais parole 
créatrice. Il faut lire ici "Wtt nM, et le sens est que l'observance du 

• -: - t t * 

Sabbat estime reconnaissance de la création divine et une reconnaissance 
pratique par le fait. — H. XXVI, 3 : naoa «bn signifie : et non plus par 
aucune cause particulière. La traduction (T. 152) in any . . . form est 
inexacte. — H. XXVI, 37 : D^itt bïi nm^j? signifie les choses mathéma- 
tiques, et non, comme dans le Glossaire, 285, scienlific et dans T. 154 
exact sciences. — H. XXIX, 26 : T>3"H ^nbiwa 1«1D "pND ba ^=> a été fort 
mal compris par le traducteur. La note (p. 152) renvoie avec raison, il est 
vrai, à Isaïe, ix, 4, mais l'explication donnée et la traduction sont tout à 
fait erronées. For the uproar of the tumultuous in them, that occasion 
His judgement, ne donne aucun sens. Raschi et le Midrasch ad loc. mettent 
sur la voie d'une traduction exacte : Il mesure exactement chaque mesure 
quand il envoie ses senterices. Au lieu de TibliZJn, il faut lire inbim, 
c'est-à-dire inblÉS». Qu'il ne puisse s'agir ici que de la mesure des desti- 
nées, c'est ce qui résulte clairement de la phrase qui précède immédia- 
tement : mmm: by Dsnnn ban et de ce qu'on lit à la 1. 20 : mu: mn 
mm rni2 bn by tb. — H. XXXI, 36 : min *jn» ne signifie pas, comme 
il est expliqué à la p. 288 du Glossaire : last portion of the Pentateuch. 
L'expression ne désigne jamais que la législation du Sinaï, giving of the 
Law. Même si dans ce passage, comme il est possible, rmn \r\i2 72 
ne veut pas dire jusqiïà V époque de la promulgation de la Loi, mais 
jusqu'au chapitre de la Tora contenant cette promulgation, il ne pour- 
rait être question de la dernière partie du Pentatcuque, mais d'Ex., xx. — 
H. XXXII, 29 : DV -jlb 1 ] est expliqué (n. 256) comme un arabisme. Mais 
ne su f fi t— il pas. pour comprendre cette expression, de se référer à 
Prov., xxvii, 1, Dm ib" 1 n?3 ? Et pourquoi l'éditeur ponctue-t-il ^m, qui 
ne se trouve qu'une fois dans la Bible, alors qu'on peut citer quatorze 
exemples du mot avec patah à la première syllabe? — H. XXXV, 31 : 
D^mi ttnn nmsa dnb tmz mm «b. La note (p. 260) et la traduction 
(p. 200, 9 et suiv.) donnent, il est vrai, un sens acceptable. Mais, au point 
de vue philologique, il reste encore bien des difficultés. Il saute aux 



BIBLIOGRAPHIE 221 

yeux que le texte est altéré. Je conjecture qu'il y avait û-wbnn ^m?aw 
DWT \D"in ^3183. Pour mourir d'une maladie, nous serons brisés un 
mois durant ou plus longtemps encore. Je lis *H1E3, que je tiens pour 
assuré, car le verbe suivant ftt&rû est aussi à la première personne du 
pluriel. — H. XXXVIII, 25 : û-'bnaan a-'baœn D"npa D*pp ib "pati}, 
although he has not the same permanence as the separate intelligences 
(T. 211). Mais le contexte me semble exiger absolument le changement 
de "pNiZ} en ttJ^iz) ; il faut donc traduire : because it has the same perma- 
nence, etc. — H. XXXVIII, 50 : Œjjîlïl, ainsi ponctue l'éditeur, qui écrit 
aussi bien tèpn que TWQfn (v. note sur XXIII, 41), en les tirant d'une 
prétendue racine UJip (cf. glossaire aux lettres n et p). Je crois cepen- 
dant que la ponctuation exacte est tfbprr et ïiiôpn, parce que \DpD , en 
araméen, signifie l'entre-choc (cf. Dan., v, 6) et que le mot hébreu qui 
désigne l'analogie, la comparaison, se laisse expliquer fort bien, méta- 
phoriquement, comme l'entre-choc de deux membres semblables. — 
H. XL, 50, au lieu de nitt-BH, lire mnatt. — H. XLII, 68 : mm ntzJKD 
Dip* 1 p. La supposition, exprimée dans la note sur ce passage, qu'il faut 
peut-être lire m^ au lieu de mm paraît bien invraisemblable en 
songeant à Is., vu, 7 : mnn fcôl mpn «b. — Ibid., 1. 72 : D^n mm 
nafiOitms ••biD^N "pn ba ûrwa n'a de sens que si on lit "tt^a au 
lieu de D3wa-, et qu'il laisse sur mer à sa droite, durant tout le voyage, 
les Isole fortunate. Le traducteur a mal compris (T. 234) ce passage 
ainsi que le suivant (1. 73 et 74). rrj'H ne signifie pas and proceede. 
Quiconque contourne l'Afrique en venant du Portugal ne passe pas à 
droite, mais à gauche des Iles Canaries. De plus, il est invraisemblable 
qu'Abraham Farissol ait conseillé à qui voulait aller en Arabie par mer 
en contournant l'Afrique, he should then continue on dry land by ivay 
of Cape Verde and go round Africa on dry land to the left. *pn ^tuwn 
ritt)a^a "H"m ^s«p signifie : qu'il poursuive sa route le long du Cap 
Verde sur la côte ; bwstfja miia^n ^-n Np"nDN ao-n et qu'il contourne 
V Afrique le long de la côte à gauche. — Ibid., 1. 78, mTCirin mNsnarr ba 
est traduit (T. 234) ail the new outlets, et mNatiM est considéré comme 
le pluriel du mot précédent IXS.M2 (1. 76). C'est une méprise. Que peut 
bien signifier que Farissol promette d'expliquer toutes les nouvelles issues 
dans l'avenir? Il faut lire ici niKSiftn les aventures (cf. Jos , n, 23). 
Farissol promet de donner éventuellement de nouvelles informations sur 
David Reoubéni. — H. XLI1I, 45 : nnwan est traduit inexactement 
(T. 257) par the high place. Cela ne signifie pas autre chose que dans 
V église, comme, par ex., XLII, 86, TV* 'o Flbvran nnaa, dans la grande 
église de S. Pierre, que le traducteur a rendu correctement (T. 187) par 
the great temple of S* Peter. 

Ce n'est sans doute pas par hasard, mais à dessein, que la vocalisation 
des noms transcrits en hébreu, en particulier des noms italiens, dans le 
texte hébreu et dans le glossaire, diffère souvent de la vocalisation tradi- 
tionnelle. Mais ces changements, s'il ne s'agit pas de simples fautes 



222 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

d'impression, sont erronés : p. ex., WèP'W» pour isK^r», KTBfef 
pour fcrr , Eip" , N, JTHW? P 0lir F^OTT?» n 'r^^ P 0lir ^P?*!' "'biE^r: 
pour iblwe (tenpolo), mÊ»^ pour "hN^ , ^axa^a-iis pour *bkmotHd 
(fem.pl.), vpbp pour ^pb^D. 

Dans le Glossaire, il y a plus d'une rectification à faire. Ainsi on lit 
"•TTVi, Vercle, name of a place. Mais il s'agit du Gap Vert. P. 298, sous 
[?bu3] on donne la forme bbizia. La forme correcte est bbîTD?3, cf. 
Job, xn, 17, bbirâ. 

L'attention que j'ai mise à éplucher tout ce qui m'a paru douteux et 
sujet à caution dans le texte et la traduction, dans les notes et éclaircis- 
sements, ne pourra que convaincre l'éditeur qui a eu le mérite de cette 
publication du très grand cas que je fais de son excellent ouvrage. Un 
travail qui invite le critique à descendre si complaisamment à l'examen 
des plus petits détails a démontré par là même son exceptionnelle 
valeur. La deuxième édition, qui, espérons-le, suivra bientôt, pourra tirer 
parti de mes observations dans la mesure où elles sont justifiées. 
L'anthologie d'Halper est, pour le moment, le seul manuel utilisable 
et, par conséquent, l'indispensable instrument de travail pour s'initier à 
l'hébreu post-biblique. La présentation et la correction typographique 
ne laissent rien à désirer. 

N. Porgès. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



T. LXXIII, p. 106. — La date de 882 trouvée par le D r J. Mann dans un 
fragment de la Gueniza est confirmée, de façon frappante, par ce que dit 
Saadia lui-même dans son Agron (éd. Harkavy, p. 55) : il y déclare avoir 
écrit cet ouvrage en l'an 1214 des Sél. Il était alors, ainsi qu'il l'indique 
p. 46, dans sa vingt et unième année. Harkavy, à l'époque, avait tout 
naturellement corrigé 1214 en 1224 (p. 56, n. 40; p. 28, n. 9) sur la foi 
d'ibn Daoud; une semblable correction est désormais inadmissible en 
présence de la découverte du D r Mann. — Alexandev Marx. 



Le Gérant : Julien Weill. 



TABLE DES MATIÈRES 



ARTICLES DE FOND 

Eitan (Israël). — La particule emphatique la dans la Bible 1 

Epstein (J. N.). — Gloses babylo-araméennes [suite et fin) 40 

Genevray (Pierre). — Les Juifs des Landes sous le premier Empire. 127 

Kahn (S.). — Les Juifs du Gévaudan au Moyen Age [suite et fin) .... 73 

Lévi (Israël). — Le ravissement du Messie à sa naissance 113 

Mann (Jacob). — Glanures de la Gueniza 148 

Marx (Alexander). — Samuel Poznanski 169 

Posnanski (Ad.). — Le colloque de Tortose et de San Mateo (7 fé- 
vrier 1413 — 13 novembre 1414) 17 et 160 

Poznanski (Edouard) et Marx (A.). — Bibliographie de tous les ou- 
vrages et articles du Dr. Samuel Poznanski. — Articles d'Ency- 
clopédies. — Liste des comptes rendus 184 

NOTES ET MÉLANGES 

Lauer (Ch.). — Le mot « Mané » en j udéo-allemand 104 

Lévi (Israël). — Proverbes, xxv, 27 96 

Porgès. — Le mot « Kippe » en judéo-allemand 103 

Weill Julien). — Les Juifs de Soria et Isabelle la Catholique 98 

BIBLIOGRAPHIE 

Lambert 'Mayer). — I. Les origines cananéennes du sacrifice israé- 

lite, par R. Dussaud 107 

II. Analekten zur Textkritik des alten Testaments, par Perles 
Félix; 209 



224 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Porgès (N.). — Post-biblical Hebrew Literature. An Anthology, par 

Halper (B.) 214 

Rbinach (Théodore). — Der Ursprung der Zehngebotetafeln, eine 

motivgeschichtliche Studie, par R. Ganszyniec 106 

Additions et rectifications 111 et 222 

Table des matières 223 



VERSAILLES. — IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DU MARÉCHAL-FOCH 



V 



ASSEMBLÉE GENERALE 



SEANCE DU 26 MARS 1922. 

Présidence de M. Isidore Lévy, Président. 



M. le Président, en ouvrant la séance, prononce l'allocution 
suivante : 

En m'appelant à succédera M. Israël Lévi, la Société des Etudes 
Juives m'a fait un grand honneur et m'a imposé une tâche légère. 
M. Israël Lévi, qui avait été pendant quarante ans, sous les titres de 
Secrétaire et de Secrétaire général, l'âme de l'Association et le 
principal ouvrier de ses publications, s'était attaché au cours de sa 
présidence, à rétablir la marche normale de nos travaux interrom- 
pue depuis la guerre. Il y avait réussi. Alors qu'en 1919 nous 
avions dû nous contenter d'une reprise partielle de nos publications, 
en 1920, pour la première fois depuis 1914, les quatre fascicules 
traditionnels de la Revue des Etudes Juives voyaient le jour. Le 
président de 1921 n'a eu qu'à maintenir les résultats acquis. 

L'année a malheureusement été marquée par des deuils cruels. 
La Société a perdu trois de ses amis de la première heure, 
MM. Maurice Bloch, Alfred Neymarek, et Joseph Reinach, et un de 
ses plus utiles collaborateurs étrangers, M. le D r Samuel Poznanski. 

Poznanski s'était attaché à la Revue des Etudes Juives dès 1895. 
Il lui a donné un important travail sur Anan, le fondateur du 
caraïsme, des études de haute valeur sur les grammairiens et exégètes 
du moyen âge, Saadya, Aboulfaradj, Juda ibn Balaam, Tanhoum 
Yerouschalmi, et de nombreuses recensions qui ont souvent la 

ACTES ET CONFÉRENCES A 



ACTES ET CONFERENCES 



valeur de mémoires originaux. Savant d'une érudition très vaste et 
très sûre, il était un maître reconnu dans le domaine imparfaitement 
exploré de la littérature gaonique et caraïte. Nous nous associons 
aux regrets que sa mort prématurée a suscités à Varsovie, où il était 
rabbin-prédicateur. Ses amis de France resteront fidèles à sa 
mémoire en suivant d'un même cœur les efforts de la Pologne 
reconstituant son existence nationale et ceux du judaïsme polo- 
nais luttant pour occuper une place digne de lui dans la patrie 
polonaise ressuscitée. 

Publiciste infatigable et écouté, Alfred Neymarck laisse une 
œuvre considérable d'économiste et le renom d'un esprit éclairé, 
rompu à tous les secrets de la science financière et nourri de la plus 
pure doctrine. 

Joseph Reinach avait toutes les qualités et toutes les vertus de 
l'historien. Rendant compte de son petit livre Raphaël Lèvy. Une 
erreur judiciaire sous Louis XIV, la Revue, jadis, lui fit amicalement 
le reproche de ne pas les consacrer davantage à l'étude du passé. 
Mais autre part il avait porté ses présents. Il fut un homme d'action, 
mêlé trente ans durant à tous les grands mouvements de la vie 
publique. Des périodes culminantes de sa carrière, deux vastes 
ouvrages, L 'histoire de V affaire Dreyfus, écrite au milieu de l'amer- 
tume des luttes civiles, et les Commentaires de Polyoe, rédigés dans 
la fièvre d'une juste guerre, restent d'impérissables monuments. 

Maurice Bloch est demeuré jusqu'à son dernier jour un membre 
zélé du Conseil de la Société, qu'il a présidée en 1901. Nos assem- 
blées annuelles n'ont pas connu de conférencier plus souvent mis à 
contribution et plus fêté que cet orateur tour à tour ému et narquois, 
et dont la parole avait le goût du terroir colmarien. Amené, par 
inclination privée et par carrière, à s'intéresser aux questions d'en- 
seignement, et spécialement d'enseignement féminin, ce maître 
pédagogue a fait dans son œuvre une part égale au judaïsme et à l'Al- 
sace. A son livre, qui fut couronné par l'Académie des Sciences 
Morales, sur Trois éducateurs alsaciens fait pendant sa conférence 
sur V Œuvre scolaire des Juifs depuis 1789 ; à ses Femmes d'Alsace 
correspond sa causerie sur la Femme juive dans te Roman et au 
Théâtre. L'une des conférences les plus applaudies qu'il ait faites 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 26 MARS 1922 



dans cette salle, et celle sans doute dont il était le plus fier, était 
consacrée aux Vertus militaires des Juifs. Il n'a pas vécu a^sez 
pour voir paraître le monument que des mains pieuses préparent 
aux Israélites dans l'armée française 1914-1918 et qui lui eût 
fourni la matière d'une seconde édition prodigieusement accrue. 
Du moins cet alsacien de la vieille roche a-t-il vu son drapeau 
flotter de nouveau sur Golmar et Mulhouse. 

Ce n'est pas *ans émotion que j'adresse le suprême adieu à ceux 
qui viennent de nous quitter. Leur départ multiplie les vides dans 
les rangs déjà clairsemés de ceux qui ont fondé notre Société. Ils 
appartiennent à une forte génération amoureuse du travail de la 
science et de la pensée, passionnément dévouée au bien public. Aux 
générations qui montent à recueillir le flambeau. Ingrates seraient- 
elles si elles oubliaient ce qu'elles doivent aux anciens ; coupables, 
si elles se désintéressaient des nobles causes auxquelles ils ont voué 
leur vie. 

M. Edouard de Goldschmidt, trésorier, rend compte en ces 
termes de la situation financière : 

Mesdames, Messieurs, 

Nous avons l'honneur de vous soumettre comme d'usage le 
compte rendu de notre gestion financière. 

Après avoir subi très sensiblement dans nos recettes le contre- 
coup des événements qui ont ébranlé le monde, nous avons le 
plaisir de constater que notre situation est redevenue à peu près 
normale. 

Malgré Paugmentation des cotisations que nous avons dû imposer 
à nos lecteurs, leur concours ne nous a pas fait défaut et nous 
devons vous en exprimer nos très vifs remerciements ; vous avez 
continué à seconder nos efforts, nous donnant ainsi le meilleur 
témoignage de leur utilité. 

Le résultat est d'autant plus appréciable que nous sommes encore 
partiellement privés des concours étrangers, que la guerre avait fait 
disparaître ; nous espérons que cet appoint nous reviendra petit à 
petit, que notre Revue reprendra son expansion au dehors et consa- 



IV ACTES ET CONFERENCES 

crera ainsi le bienfait du développement de la science juive 
française. 

Actif. 

En caisse au 1 er janvier 1 921 2 . 860 fr. 50 

Chez MM. de Rothschild frères 12.721 25 

Cotisations 7 . 595 » 

Coupons et intérêts 3 . 843 40 

Total 27.020 fr. 15 

Passif. 

Frais d'impression 11. 355 fr. 45 

Honoraires des auteurs 1 .537 » 

Secrétaire de la rédaction 1 . 800 » 

Timbres et frais divers 641 85 

Solde 1 1 685 85 

Total 27. 020 fr. 15 

Balance. 
Doit : 

Frais généraux 2.441 fr. 85 

Publications 11 .355 45 

Honoraires î . 537 » 

En Caisse chez MM. de Rothschild frères ... 11 .564 65 

Espèces en caisse 121 20 

Total 27.020 fr. 15 

Avoir : 

En caisse au 1 er janvier 1921 15.581 fr. 75 

Cotisations 7 . 595 » 

Coupons 3.462 65 

Intérêts ... 380 75 

Total 27.020 fr. 15 



ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 2G MARS 192: 



Le Président met aux voix les conclusions du rapport finan- 
cier, qui sont adoptées. 

On passe ensuite à la discussion de la modification proposée par 
le Conseil à l'article 10 des statuts. D'après le texte ancien, le 
président, nommé pour un an par l'Assemblée générale, n'est pas 
rééligible immédiatement. Le secrétaire donne lecture d'un texte 
nouveau qui porte que le président est rééligible deux fois. Quelques 
objections sont présentées par M. Théodore Reinach, qui demande 
que le mandat du président ne puisse excéder deux ans de suite. 
M. Israël Lévi appuie, au contraire, la modification proposée. Le 
nouveau texte, mis au voix, est adopté à la majorité, mais avec la 
rédaction suivante proposée par M. T. Reinach : Le président 
sortant est rééligible deux fois de suite. L'article 10, ainsi modifié, 
sera soumis à la ratification du Conseil d'Etat. 

11 est procédé ensuite à l'élection pour le renouvellement d'un 
tiers des membres du Conseil Sont élus : 

MM. Jacques-H. Dreyfuss, Israël Lévi, D r Henri de Roth- 
schild, Maurice Vernes, Emmanuel Weill, Julien Weill, Ray- 
mond Weill, membres sortants, et M. Edmond Fleo, membre 
nouveau. 

M. Théodore Reinach, membre de l'Institut, est élu Président 
pour l'année 1922. 

M. Maurice Liber fait une conférence sur Le Latin dans le 
Yidich et les Origines du Judaïsme européen. 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DU CONSEIL 



SÉANCE DU 16 JUIN 1921 

Présidence de M. Isidore Lévy, président. 

M. Isidore Lévy souhaite la bienvenue, au nom de la Société, 
aux membres du rabbinat alsacien lorrain qui, de passage à Paris 
à l'occasion de l'Assemblée générale de l'Association des Rabbins 
français, sont venus assister à la séance. 

Le Conseil examine différentes demandes de service de la Revue. 

M. Israël Lévi fait une communication scientifique sur le ravisse- 
ment du Messie-enfant dans l'Aggada. 

Plusieurs membres présentent des observations à ce sujet. 



SÉANCE DU 5 NOVEMBRE 1921 

L'ordre du jour appelle une proposition de modification à l'arti- 
cle 10 des statuts concernant les conditions d'élection du président. 

M. I. Lévi expose les raisons qui militent en faveur d'une durée 
plus longue du mandat de président. Le Conseil se range à son 
avis, et il est proposé que le président puisse être réélu deux fois 



PROCES-VERBAUX DES SEANCES DU CONSEIL Vil 

de suite. Une modification en ce sens sera soumise à l'approbation 
de la prochaine assemblée générale. 

M. M. Liber fait une communication sur quelques mots juifs tirés 
du bas latin de l'époque des invasions (oren, benchen, memoren, etc.). 

Est admis comme membre de la Société : M. Edmond Fleg, 
présenté par MM. Israël Lévi et J. Weill. 



SEANCB DU 24 FEVRIER 1922 

Présidence de M. Isidore Lévy, président. 

M. Isidore Lévy adresse, au nom de la Société, un hommage de 
profonds regrets à la mémoire de M. Maurice Bloch, récemment 
décédé. Il fait l'éloge de l'homme, do l'éducateur, de l'Historien, et 
rappelle en particulier ses titres à la reconnaissance de la Société, 
dont il fut président et à laquelle il donna plusieurs conférences 
particulièrement goûtées du public. 

Le Conseil fixe la date de l'Assemblée générale au 26 mars. 
M. Liber y fera une conférence sur un sujet déjà abordé par lui 
sous forme de communication scientifique, à savoir les mots juifs 
tirés du bas latin. Le titre de la conférence sera le Latin dans le 
Yidich et les origines du Judaïsme européen. 

Il sera pourvu au renouvellement d'un tiers des membres du 
Conseil. 

Le Conseil décide de proposer le nom de M. Théodore Reinach 
pour la présidence de la Société en 1922 et celui de M. Edmond 
Fleg, comme membre du Conseil, en remplacement de M. Maurice 
Bloch, décédé. 



VIII ACTES ET CONFÉRENCES 

L'échange de la Revue sera offert à la Société « Palestine Oriental 
Society » pour ses publications. 

M. N. Slousch ayant demandé l'adhésion de la Société au Comité 
de patronage de la « Jewish Palestine Exploration Society », il est 
décidé qu'on écrira au D r Yellin, président, pour l'assurer des 
sympathies de la Société des Etudes juives pour une Société ayant 
pour but l'exploration et la préservation des monuments historiques 
de la Palestine. 

Sont reçus membres de la Société : MM. Pierre Schuhl, pré- 
senté par MM. Israël Lévi et J. Weill, et Emile Paraf, présenté 
par MM. Léon Lévy et M. Liber. 

M. Liber fait une communication sur les Symboles liturgiques 
dans la mosaïque à" Aïn-Douq. 

Les Secrétaires, 

J. Baukr et M. Liber. 



Versailles. — Imprimeries Cerf, 59, rue du Maréciial-Focii. 



REVUE 



DES 



ETUDES JUIVES 



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